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 [ Alter Fofo ] Une Aku cute et en danger ! (pv Akutoku)

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Akutoku Reitōko

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MessageSujet: Re: [ Alter Fofo ] Une Aku cute et en danger ! (pv Akutoku)   Sam 21 Oct - 3:51

« Oh oui, bien sûr. Si je ne me trompe pas, c’est cette chambre là au fond, la numéro 217. »

« Ah ! Merci beaucoup, jeune fille ! Et encore désolé de vous avoir dérangé ! »

L’homme pencha très légèrement la tête avant de réajuster sa cravate en s’épongeant le front, se dirigeant en direction de la chambre indiquée par Azami sans trop se presser. Une infirmière manqua de le bousculer en passant et s’excusa rapidement, excuse par laquelle l’adulte répondit d’une petite courbette lui-même, articulant un léger sourire. Une fois devant la porte numéro 217, il toqua à celle-ci, se préparant à entrer avant de farfouiller la main dans sa veste.

Au même moment où la porte 217 s’ouvrait, Azami, comme synchronisée, poussa la poignée de la porte 214, en faisant ouvrir les yeux de son occupante. Akutoku Reitoko se frotta les yeux, étant visiblement sur le point de s’endormir avant qu’on vienne la déranger. Elle était bien trop fatiguée et fourbue (et pas assez percutante dans son état) pour s’attendre à une attaque, et ne fit que se lever pour voir qui arrivait, visiblement sacrément surprise en voyant Azami apparaître dans l’entre-brasure de la porte, alors qu’elle allumait sa lampe de chevet.

« Oh ! Mais c’est… La fille aux longs cheveux noirs et lisses de la dernière fois ! Celle du bus des amis d’Haruhiro-kun ! »

« J’imagine que tu n’attends pas la venue d’un homme adulte, je me trompe Akutoku-san ? »

« Elle m’a appellée par mon prénom ! »

Aku s’assit sur le bord de son lit en se redressant, ses chaussettes touchant tout juste le sol et ses mains restant agrippées sur la couverture en regardant dans sa direction. Farfouillant dans ses souvenirs, la jeune fille ne parvint cependant pas à mettre le doigt sur le nom de son visiteur de minuit.

« Tu… Tu es la fille de la camionnette ! S… ‘‘Sniper-chan’’ ?

« Mais heu… Un homme adulte ? Je… Non… Pourquoi donc ? »

De l’autre côté du mur, l’homme qui était venu chercher Akutoku Reitoko regarda l’homme opulent qui dormait dans son lit, baissant les yeux en direction du petit papier froissé qu’il avait sorti de sa veste. Sur le petit papier, on pouvait voir le nom et prénom de la jeune fille ainsi qu’une vielle photo dont le grain mal représenté par son rendu donnait l’impression qu’elle avait été faite par une vielle imprimante hors de la cité scolaire. L’écriture était grasse et noire, comme si pire qu’une imprimante, c’était littéralement un travail de gravure qui avait été faite, en écrasant une véritable carte sur un autre morceau de papier avec énormément de force. Mais la personne qui tenait le bout de papier ne se posa en aucun cas toute ses questions, se contentant du fait de s’assurer que la jeune adolescente sur la photo n’était pas cette personne.

« Ah bah zut, la jeune fille avait du se tromper… Ce n’est pas sa faute en même temps, elle ne travaille pas ici. Il faut vraiment que je trouve un membre du personnel… »


Il n’arrivait toujours pas totalement à comprendre pourquoi cette femme dans la rue lui avait demandé de retrouver cette jeune fille en lui donnant le bout de papier, en parlant d’une ‘‘urgence’’ qui lui demandait de se presser pour des questions administratives. Pourquoi lui, en particulier, un simple professeur dans un établissement de niveau plutôt bas ? Mais n’ayant rien d’autre à faire et étant du genre à aimer rendre service, il avait décidé de retrouver la jeune fille avant de rentrer chez lui ce soir. Qu’est ce qui pouvait bien mal se passer, de toute façon ? Mais avant que l’homme ne puisse rebrousser chemin, sa quinte de toux augmenta d’intensité, l’obligeant à se pencher en avant. Il avait tellement mal au ventre et à la gorge à présent qu’il se sentait vraiment malade. Bon point d’avoir atterris dans un hôpital, pour le coup !

« Treuh ! J’aurais du prendre un masque à l’entrée, je risque de contaminer les autres personnes avec c- »

Un gargouillement sonore termina de tordre l’estomac du professeur, qui ne put s’empêcher de poser sa main sur son cœur en agrippant un mur de la chambre numéro 217. Maintenant qu’il y réfléchissait, il ne se souvenait même pas comment il était tombé malade. Et ce qu’il avait pris froid sur le chemin ? Non, c’était autre chose. Ça devait sûrement avoir un rapport avec le moment d’absence qu’il avait eu entre le moment où il avait rencontré la femme recherchant l’adolescente. Une fois qu’il avait retrouvé ses sens, il était dans sa voiture en direction de l’hôpital. Pas le moment de se poser trop de questions. Il fallait qu’il retourne rapidement chez lui pour corriger les contrôles de ses élèves. Sortant de la salle en plaçant sa main sur sa bouche, l’homme toussa une nouvelle fois en faisant tomber quelques gouttelettes rouge sur le sol carrelé sans même le remarquer, s’approchant de la porte ouverte où était entrée Azami.




♦♦♦





{{ Bah, on dirait qu’il a choisis sa petite blonde, au final. Ça m’arrange, il va sûrement être sacrément occupé à aller la soigner. J’espère que tu ne prends rien de ce qui arrive personnellement. C’est simplement parce que tu me coures dans les pattes que ça arrive, abruti de frèrot , alors laisse-moi tranquille ! }}

Nonoka inspecta pendant plusieurs secondes la tablette de Lily que Wasp-3 lui avait échangé avant la  capture d’Ishikawa. Visiblement, quoi que la blondinette avait fait avec, ça allait être difficile de s’en occuper sans matériel, surtout que l’écran était bloqué sur une page d’identification à l’hôpital. Nonoka grogna légèrement en espérant que cette Lily s’étouffe avec son sang dans les poumons, avant de lancer la tablette derrière elle dans son cocon d’insectes mécaniques qui recevèrent le nouveau poids sans trop broncher. Dans l’autre main de Nonoka se trouvait sa tablette à elle qui lui servait à contrôler les mouvements de Wasp-3. Ça devenait extrêmement douloureux de manipuler le Wasp en plus de tout les drones Bee, et si elle continuait à le faire, elle risquait d’être rapidement overbookée.

{{ Tant pis. Même si c’est mon arme d’attaque et de défense la plus puissante, je ne peux pas bouger toutes mes pièces d’échec en même temps. Pilote automatique ! Sers-bien ta patrie le temps que je te rappelle, ma petite guêpe adorée ! }}

Un petit voyant s’illumina pendant une fraction de seconde sous la visière noire teintée de Wasp-3, indiquant qu’elle avait activée son pilote automatique. Le drone se dirigea en direction du sol et posa Ishikawa, afin de rétracter ses pinces et de pouvoir aller plus vite. Activant ses réacteurs, il s’éleva dans le trou qu’il avait creusé dans le bâtiment pour s’élever dans les airs au dessus de celui-ci, inspectant les alentours avec ses capteurs. Détectant deux sources de chaleur à proximité, il piqua vers le sol en détectant que l’économie de batterie pouvait être envisageable. Désactivant ses réacteurs, Wasp-3 se posa au sol en déployant de nouveau ses pinces pour se déplacer à grande vitesse en direction de Fuyu et Miyamoto, se postant sur la corniche d’une habitation à quelques mètres au dessus d’eux pour observer la jeune fille s’éloigner.

« Whoa whoaa, doucement, du calme ! Je veux juste discuter avec toi, Nonoka-chan, on va parler affaire si tu le veux bien, j’ai une proposition pour toi. Tu n’as qu’un mot à dire et je m’en irais »

{{ Non mais c’est qui, ce guignol ? }}

Arquant un sourcil en direction de l’apparition qui s’était posé sur l’un des drone Bee de Wasp-3 en levant une main, Nonoka Inoue répéta son ordre mental plusieurs fois afin de tenir les drones prêt à agir. Au besoin, ils pouvaient activer tous ensemble leurs chants basse fréquence pour l’empêcher d’utiliser un pouvoir d’esper, ou fondre sur lui comme une vague de petites hélices coupantes. Mais la priorité pour l’instant, c’était de protéger le cœur de l’essaim, et c’est ce que les drones firent en se rapprochant de leur reine.

« On peut t’aider à retrouver Akutoku, et surtout t’aider à la récupérer, si tu acceptes de collaborer avec nous. Je ne sais pas ce que ce fameux Bloc… J ? K ? peu importe, lui veut mais je suis persuadé qu’on peut trouver un accord qui satisfera les deux parties. Alors, qu’en dis-tu ? »

{{ Oooh ? Mais, c’est l’un des chiens qui sautillait joyeusement aux côtés de Kimura-kun ! }}

« Les choix que tu fais définissent ton avenir, tu as tout intérêt à parier sur une pièce gagnante. Lorsque ton choix ne correspond pas à ton objectif, tu ne peux que prier pour que tes actions soient à la hauteur de tes ambitions. »

Nonoka Inoue resta un instant à regarder l’adolescent qui se tenait face à elle, avant de lâcher les drones Bee qu’elle retenait, augmentant le nombre de ceux qui se trouvaient sous ses pieds pour lui assurer la stabilité. La jeune fille émit un léger bâillement en laissant une larme perler avant de rouvrir les yeux en direction du téléporteur, prenant soin d’activer tout les drones Bee assez proche de lui pour l’empêcher d’effectuer un coup fourré.

{{ Je me suis peut-être occupée d’onii-chan et de la petite princesse, mais vu comment ça allait, je risque d’avoir toute une clique d’hurluberlus dans les pattes, et je ne pourrais sûrement pas m’occuper de tout toute seule. Nakayama-san et Sumire-kun sont aussi hors-jeu . Ne pas accepter de l’aide de ce genre serait juste laisser tomber une sacrée chance ! }}

« Tu étais l’un des alliés d’Eitaro Kimura, pas vrai ? Baah, je m’en fiche pas mal, à vrai dire. Mais si votre but est de tuer Akutoku Reitoko, alors on risque de ne pas pouvoir travailler ensemble, et ça serait bien dommage. Alors je te propose carrément de changer le deal, l’ahuri. »

« Le Bloc K pourra non seulement te proposer une place à toi et ta petite copine chez eux -ce qui te retirera comme par enchantement des chaînes du Dark Side au passage-, mais en plus, on a sûrement plus à t’offrir en terme de prime que ce que peux te donner ton organisation. Alors je dois dire que j’accepte volontiers un petit coup de main, mais évidemment, au premier coup fourré, je n’hésiterais pas à t’exploser la cervelle, baboum. T’attends pas à ce que j’hésite à appuyer sur la détente. »

Nonoka fit tourner son pistolet semi-automatique autour de son doigt, avant de le bloquer dans sa main en sifflotant, sans arrêter le bourdonnement insonorisé des ondes qui martelaient l’esper du Dark Side pour perturber son pouvoir.

« Déjà, on s’entraide pour détruire tout ce qui se trouve entre nous et Akutoku, ensuite, on décide de ce qu’on en fait. Et si ça se trouve qui sait, t’arriveras à me convaincre de pas la laisser en vie ! Dans tout les cas, tu gagnes deux jolis zéros sur ton compte tant que j’arrive jusqu’à elle. Qu’est ce que t’en penses, tête d’épouvantail, tu veux bien rejoindre mon équipe de rpg ? »


{{ Et dès que j'ai plus besoin de vous, je vous utilise comme boucliers humains ! }}




♦♦♦





« La création tordue par l’homme qui se prend pour Dieu… Les mains tâchées de sang de ceux qui luttent contre une ombre qui les enveloppent… Le monde dérivant aux bords de la réalité et du cauchemard. Le temps n’est qu’un éternel recommencement. L’histoire se répète comme un écho, encore plus distordu à mesure qu’il se répercute dans la grotte noire qui le mène vers sa perte. »

Une bouteille en verre roula sur le sol alors que l’homme reposant un masque africain sur son visage n’en attrape une nouvelle, en regardant le contenu avant de le vider dans sa gorge. Il la jeta au sol en direction des trois autres bouteilles d’alcool. Des bruissements tout autour de lui se font entendre dans la quasi obscurité totale des égouts. Sur les murs et sur le sol, des animaux glissent sur les surfaces en sifflants.

«  Je dois être proche d’eux. Encore plus proche. Je dois me transposer en eux, ressentir leurs souffrances. Je suis mon ancêtre, mon ancêtre est moi. »

Faisant résonner le métal, l’homme à la peau sombre accrocha ce qui pouvait ressembler le plus proche à des genres d’entraves pour les chevilles, restreignant légèrement ses mouvements en compressant sa peau. En s’asseyant contre la paroi, il fit de même en liant ses poignets avec des chaînes de métal rouillées qui lui ouvrèrent la peau en faisant couler son sang sur les signes tracés au sol, le liquide pourpre venant effleurer les grains de sables et le blanc de la craie.

« Njengenyoka… Ngiluma. »

L’homme à la cravate leva une main en direction d’Azami et d’Akutoku, après avoir toussé une nouvelle fois, plié en deux avec des cernes se creusant de plus en plus sous ses yeux, levant le papier sur lequel on pouvait voir la photo de la jeune fille.

« Ah-... ! Attendez, c’est vous ! »
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Haruhiro Wilkowski

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MessageSujet: Re: [ Alter Fofo ] Une Aku cute et en danger ! (pv Akutoku)   Sam 21 Oct - 22:47


« Ah-... ! Attendez, c’est vous ! »


Azami se retourna en un éclair, voyant l’homme qui venait d’apparaître dans l’encadrement de la porte. Il y avait cependant quelque chose d’étrange. Il semblait souffrant et était affreusement pâle, bien plus que lorsqu’il lui avait adressé la parole deux minutes plus tôt. Rapidement, la jeune fille se concentra sur le papier que brandissait l’homme comme si sa vie en dépendait. Elle ne mit pas longtemps avant de reconnaitre une photo d’Akutoku. Ses yeux agrandirent soudainement, elle tendit le bras et recula d’un pas, comme pour mettre un rempart entre la jeune fille et l’homme qui toussa une nouvelle fois, expulsant un filet de sang directement sur le sol.

« Qu’est-ce que... une attaque biologique ? »

Était-il vraiment possible que leurs ennemis aient tenté un autre genre d’attaque ? Ces pourritures étaient prêtes à tout pour l’éliminer, quel genre de personne pouvait prendre part à ces choses là ?

« N’approchez pas ! » cria-t-elle à l’encontre de l’homme.

A quoi pensait-elle ? Des personnes monstrueuses comme ça elle en avait cotoyé, trahis et abattus à de nombreuses reprises. C’était même devenu son quotidien, sa raison de vivre. La jeune fille serra les dents, dans son état et sans équipement, sa marge de manœuvre était extrêmement réduite.

« Akutoku-san, reste derrière moi. »

Sans plus attendre, Azami attrapa le premier objet qui lui passa sous la main, à savoir un plateau repas, et s’élança vers l’homme. Son pied gauche l’atteingnit en plein ventre, le repoussant tout en le pliant en deux, ce qui eu pour effet de lui faire cracher un filet de sang relativement important. Ce fut le plateau qui accueillit le visage du pauvre homme, l’envoyant s’étaler au sol hors de la chambre. Azami jeta le plateau sur le sol et tira Akutoku dans le couloir de l’hopital, sans quitter sa victime du regard. Cet homme était probablement une victime innocente mais elle ne devait prendre aucun risque.

« Viens, tu ne dois pas rester là, tu n’es pas en sécurité… est-ce que… personne ne te protège ? »

Si leurs ennemis l’avaient retrouvée alors l’hôpital n’était plus en endroit sûr. Mais outre la faiblesse qu’elle ressentait, Azami  venait de réaliser son autre énorme point faible : elle avait très peu d’informations. Entre le moment de l’explosion qui avait faillit la tuer et son réveil dans le bloc opératoire, tant de chose s’étaient passées… quelle était la situation actuelle ? Akutoku était toujours poursuivie –visiblement, oui -? Qu’était devenue Lily ? Et cette jeune membre de judgement qui avait faillit mourir par sa faute ? Un frisson lui parcourut l’échine à  l’idée que la jeune fille ait succombé à ses blessures. Elle avait du mal à se souvenir de son visage, les souvenirs précédents son combat contre les drônes étant encore flous dans sa mémoire.

L’adolescente sentit soudain sa vision se brouiller en même temps que son équilibre la lâchait. Le couloir de l’hôpital commençant à tourner autour d’elle, la jeune fille posa une main contre le mur. Elle était essoufflée, tremblante et fortement affaiblie, trop réfléchir était apparemment proscrit pour le moment. Heureusement pour elle, elle avait la source d’information parfaite à portée de main.

« Akutoku-san, il faut que je sache ce qui s’est passé pendant mon absence, raconte moi ce qu’il s’est passé s’il te plait. »

Au milieu de toutes les interrogations qui se bousculaient dans la tête de l’adolescente, Azami avait le petit espoir qu’Akutoku saurait où était son équipement, et particulièrement son sniper.



***



« Tu étais l’un des alliés d’Eitaro Kimura, pas vrai ? Baah, je m’en fiche pas mal, à vrai dire. Mais si votre but est de tuer Akutoku Reitoko, alors on risque de ne pas pouvoir travailler ensemble, et ça serait bien dommage. Alors je te propose carrément de changer le deal, l’ahuri. »

« Le Bloc K pourra non seulement te proposer une place à toi et ta petite copine chez eux -ce qui te retirera comme par enchantement des chaînes du Dark Side au passage-, mais en plus, on a sûrement plus à t’offrir en terme de prime que ce que peux te donner ton organisation. Alors je dois dire que j’accepte volontiers un petit coup de main, mais évidemment, au premier coup fourré, je n’hésiterais pas à t’exploser la cervelle, baboum. T’attends pas à ce que j’hésite à appuyer sur la détente.  Déjà, on s’entraide pour détruire tout ce qui se trouve entre nous et Akutoku, ensuite, on décide de ce qu’on en fait. Et si ça se trouve qui sait, t’arriveras à me convaincre de pas la laisser en vie ! Dans tout les cas, tu gagnes deux jolis zéros sur ton compte tant que j’arrive jusqu’à elle. Qu’est ce que t’en penses, tête d’épouvantail, tu veux bien rejoindre mon équipe de rpg ? »


Un sourire aux lèvres, le jeune homme se passa une main à l’arrière de la tête.

« Oh oh… c’est intéressant ça, Nonoka-chan, j’étais sûr qu’on pouvait s’entendre ! Je ne peux pas te donner de réponse tout de suite pour ta proposition mais je te promets d’y réfléchir. »

Les informations sur Nonoka Inoue étaient bien gardées, mais le peu d’informations que Kimura leur avait relayé s’étaient avérées exactes. Des capacités extraordinaires pour une non-esper. A cela s’ajoutait un égo bien présent et une hésitation qui avait été détruite depuis bien longtemps.

[ On gagne même une offre d’emploi et un joli salaire. Tu sais y faire en affaires, Nonoka-chan ! ]

Le sourire de l’adolescent s’élargit légèrement, juste assez pour le rendre effrayant. Il reprit sur un volume plus bas.

« Et bien évidemment, je n’hésiterai pas non plus, restons fair-play puisque nous avons le même objectif, Nonoka-chan. »

Se redressant sur le drone qui supportait son poids, le jeune homme eut soudain une mine surprise en constatant que son pouvoir ne marchait pas. Mais son visage redevint rapidement souriant et ce fut une voix douce et gentille qui sortit de sa bouche cette fois.

« Ahaha, tu as vraiment paré à toutes les éventualités ! Mais tu dois de toute façon être un adversaire redoutable puisque tu as réussi à tenir tête à Kimura-san. »

L’adolescent sortit un téléphone de sa poche et composa rapidement un numéro. « Fuyu, c’est bon tu peux aller là où on a dit, ne sois pas en retard. »

« Compris. » fit seulement la fillette de sa petite voix claire.

« Prier ? C’est aussi valable pour toi. » commença Miyamoto en se relevant, la petite blonde toujours inconsciente dans ses bras.

« Si vous touchez à Nonoka je vous détruirai, j’espère que c’est clair. » lâcha-t-il simplement avant de partir dans la direction opposée. Fuyu le regarda s’éloigner un instant avant de se retourner elle aussi et de se diriger vers le point de rendez-vous convenu.

Les yeux verts et luisants de Ryosei se plantèrent dans ceux de Nonoka alors qu’il rangeait son téléphone.

« Bien, peux-tu rappeler l’insecte qui tourne autour de Fuyu ? Elle déteste les petites bêtes comme ça. Je lui ai donné un point de rendez-vous pour qu’on puisse échanger nos informations tranquillement. »

Sans la quitter du regard, Ryosei effectua une courbette pleine de courtoise, le bras en travers du corps et la main pointée dans une direction.

« Si tu veux bien, Nonoka-chan. »

Quelques minutes plus tard, Fuyu débouchait sur le toît d’un immeuble se trouvant derrière l’hôpital où se trouvaient ceux qui composaient désormais son équipe. Elle se dirigiea sans un mot vers Ryosei, en prenant soin de contourner Nonoka d’un large demi-cercle.

« Ne lui en veut pas, elle est un peu timide. Et il faut dire que tu as une certaine présence avec tes machines. » sourit le garçon tandis que la fillette lui agrippait le pantalon tout en se cachant à moitié derrière sa jambe gauche.

« Bien, comme promis je vais te dire ce que je sais. On prend le relai de Kimura-san donc on dispose du même soutient d’information que celui qu’il avait. Aux dernières nouvelles, Akutoku Reitoko se trouve dans l’hôpital au deuxième étage, sous haute garde. Après ce qui s’est passé, Anti-Skill ne la lâche pas d’une semelle. Les systèmes de sécurité ont été réactivés et on peut supposer qu’il y a des membres d’Anti-Skill et de Judgement un peu partout dans l’hôpital, et même à l’extérieur. »

L’adolescent posa une main sur la tête de Fuyu.

« Son pouvoir lui confère une défense solide, considère qu’elle peut passer au travers de n’importe quoi. Je pense que tu sais de quoi je suis capable pour ma part, et puis tu nous observais, pas vrai ? »

L’esper s’avança de quelques pas vers la jeune fille, les bras écartés et la tête légèrement inclinée sur le côté.

« Nonoka-chan, je te laisse élaborer le plan pour récupérer Akutoku. Si c’est un succès, tu peux considérer que nous acceptons ta proposition, avec certaines conditions que je t’énoncerai en temps voulu. Alors, marché conclu ? »

Quelques mètres derrière Ryosei, Fuyu ne quittait pas Nonoka du regard. Malgré les éloges dont son coéquipier la couvrait et la diplomatie dont il faisait preuve dans chacune de ses phrases, malgré le fait qu’elle allait devoir collaborer avec Nonoka Inoue, une seule pensée tournait en boucle dans l’esprit de la fillette. Elle n’aimait pas du tout cette fille.
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Akutoku Reitōko

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MessageSujet: Re: [ Alter Fofo ] Une Aku cute et en danger ! (pv Akutoku)   Dim 22 Oct - 1:25

Wasp-3 balaya le terrain une nouvelle fois avec ses capteurs à distance. Un nuage passa devant la lune, les lumières jaunes et bleues à travers les fenêtres et les éclairages urbains étaient devenus les nouvelles étoiles de ce ciel d’un noir d’encre. Le passage de la lumière sur les plaques de métal des fourgons et sur les armures des membres d’Anti-Skill rappelait, comme le son d’une voiture de police, que plus rien n’était laissé au hasard à présent.

Où commençait le Dark Side et où commençait la justice d’Anti-Skill ? Étaient-ils une véritable police ou de simples pantins de bois manipulés pour donner confiance aux élèves et aux visiteurs ? Les processeurs du drone n’étaient pas programmés pour se poser la question, et il décida simplement de pointer son canon en direction de la nuque de Miyamoto, qui avait réussi à survivre à un coup de feu sans difficultés. Une « menace potentielle » vint s’ajouter à la liste de la machine.

« Ahaha, tu as vraiment paré à toutes les éventualités ! Mais tu dois de toute façon être un adversaire redoutable puisque tu as réussi à tenir tête à Kimura-san. »

{{ Tu vois, Onii-san ? C’est de ça que je parlais. Je suis observée, je suis forte, je suis crainte. J’existe ! Dommage que tu sois trop stupide pour comprendre. }}

Nonoka s’asseya sur son coussin de petites machines volantes en regardant l’esper prendre son téléphone. Est-ce que ce n’était pas un choix trop risqué ? Elle se demandait si l’essaim serait assez pour s’occuper d’eux si jamais ça tournait mal. Les drone Bee étaient équipés du type de batterie capable de capter et garder le plus d’énergie électrique, leurs autonomies étaient donc incroyable et incomparable à ce qu’on pouvait trouver à l’extérieur de la Cité Académique. Même les modèles Wasp et Hornet, à cause de leurs poids et d’autres contraintes s’épuisaient à une vitesse effrayante, en comparaison. Ses minuscules hélicoptères étaient de véritables petites abeilles prête à travailler 24h sur 24 à faire du vol stationnaire au dessus d’une cible en la bombardant de basses fréquences, mais ça ne changeait pas le fait qu’elles n’étaient pas construis pour blesser directement.

« Bien, peux-tu rappeler l’insecte qui tourne autour de Fuyu ? Elle déteste les petites bêtes comme ça. Je lui ai donné un point de rendez-vous pour qu’on puisse échanger nos informations tranquillement. »

{{ P… Petites… Bêtes ?? }}

Le visage de Nonoka articula un rictus qui tiqua légèrement sur le bord de sa joue droite. Qu’est ce qu’il venait de dire ? Il venait d’appeler ce petit bijou de technologie un simple ‘‘insecte’’, une vulgaire ‘‘petite bête’’ ? Elle ressentie un léger frisson, l’exact même qu’avec Eitaro et Lily. Ses adolescents devenus mercenaires pour le Dark Side… Leur vision du monde avait été assez distordue pour qu’ils soient prêt à se mettre dans des positions pas possible, après avoir déjà vécus les pires situations. Visiblement, Ryosei ne comprenait pas à quel point les sons qui sortaient de sa gorge sous forme de mots et de phrases avaient leurs importances. Elles avaient cependant encore plus d’importances quand elles étaient captées par un cerveau pareil à un superordinateur fait pour enregistrer et traiter les informations dans le corps d’une fille de 16 ans.

{{ Toi, je te réserve une petite place personnelle, le beau parleur. Je te buterais avec le Wasp. Je veux voir ton grand sourire se déformer et tes sourcils se lever jusqu’à ton front en voyant mon drone comme dernière image avant la fin. Un joli trou fumant au milieu du ventre, je me demande si il en sortira autant de saloperies que le gros trou sur ton visage ! }}

« Si tu veux bien, Nonoka-chan. »

« Si c’est si gentiment demandé ! »

Nonoka sifflota en se relevant, tapotant sur sa tablette des directives simples à Wasp-3, toujours en pilote automatique. Un petit ‘‘bip’’ suivit l’ajout de Ryosei comme nouvelle cible prioritaire du Wasp après un signal spécifique, avant que la jeune fille ne lui demande enfin de se replier, prenant connaissance du poids et de la taille de l’autre mercenaire du Dark Side à l’aide des capteurs de la machine. Qui sait, ça pouvait servir de savoir précisément combien de millimètres de peau elle pouvait avoir sous la main si Eitaro Kimura revenait nettoyer tout pour récupérer Aku à lui tout seul.




♦♦♦




« Comme si j’en avais quelque chose à foutre, de vos spéculations ! »


« S-sempai, ce n’est pas une raison pour être aussi grossier ! Avec Anti-Skill déployé tout autour, il n’y a aucune raison qu’il lui soit arrivé quelque chose, n’est-ce pas, Onigawara-san ? »

Oshiko Onigawara cligna des yeux en regardant le garçon en béquilles, lunettes rectangulaires et bandages et autres pansements disséminés un peu partout sur son visage et son cou. Comme si elle n’avait que ça à faire, ils avaient terminés leur mission et elle avait déjà donné assez de sa personne dans cette histoire de fou ! Elle jeta un œil à Koide en lui indiquant bien, dernière la mèche qui lui cachait un œil, qu’elle n’avait absolument aucune envie de continuer la discussion avec un type qui ne voulait tout simplement pas entendre raison. Elle finit par tourner les talons, repartant d’où elle venait en direction d’un fourgon d’Anti-Skill. Les paroles d’Eitaro Kimura lui résonnaient encore en mémoire. Elle ne survivrait pas à une nouvelle entrevue avec quelqu’un de son calibre.

« Hé, ne partez pas comme ça, vous ! Je vous dis que c’est quelque chose de louche, elle répond toujours à son téléphone ! »

« Ça doit être bien d’avoir une petite amie, sempai… »

Kousuke Horikawa articula un soupire en se détournant de Koide pour marcher en direction de l’hôpital, alors que celui-ci passait un regard à gauche puis à droite en voyant que tout le monde s’en allait sauf lui. Horikawa leva le regard en direction du ciel noir, en y revoyant les images de Nakamura, Haruhiro et le garçon au chapeau. Ils avaient tous finis sur un lit d’hôpital de nouveau, comme si c’était la case prison d’une partie de Monopoly sur laquelle chacun revenait après avoir fait un tour. Pas question qu’il tombe de nouveau en pièces détachées, il allait retrouver Ishikawa et la porter sur son dos autant de jours qu’il faudrait jusqu’à ce que les alentours de la Cité Scolaire semblent totalement sûr. Quelle idée de l’avoir laissée prendre des risques dans cette opération ! Tout était de sa faute à lui !




♦♦♦




« P-plateau repas ? Est-ce que c’est une genre de… Ninja ? Si jamais je me retrouvais a manger à la cantine avec elle, je prendrai sûrement mes distances maintenant… »

L’homme à la cravate ne compris pas du tout ce qu’il venait de se passer, et même si il avait pu le voir, cela ne l’aurait sûrement pas avancé à grand-chose. Allongé sur le sol et plié en deux après s’être fait attaqué avec un plateau, il avait besoin d’un peu de temps pour remettre ses idées en place. Est-ce qu’il faisait si peur que ça ? Peut-être qu’il avait vraiment fait un très mauvais choix en décidant de ne pas prendre un masque buccale avant de rentrer dans l’hôpital. La main d’Azami avait été plus rapide que les jambes d’Aku, et le duo d’adolescentes étaient déjà en dehors de la salle.

« Viens, tu ne dois pas rester là, tu n’es pas en sécurité… est-ce que… personne ne te protège ? »

« Heeu… Ils… Ils sont tous blessés et… Enfin, je trouve que tu te débrouilles bien… »

Akutoku sursauta en voyant Azami chanceler et se rattraper de peu à l’aide du mur. Visiblement, elle aussi n’était pas à l’hôpital pour rien, elle devait avoir été blessée après tout ça en voulant la protéger elle aussi. Aku se pinça les lèvres sans pouvoir faire quoi que ce soit à une personne qui s’était encore acharné à la protéger. Décidément, c’était vraiment une avalanche de pitié : elle n’arrêtait pas de se retrouver à tenir par la main des gens qui tombaient les uns après les autres en restant à ses côtés. Était-ce elle qui était maudite ? Peut-être que si elle s’était laissée se faire prendre tout simplement… Rien de tout ça ne serait arrivé…

« …Akutoku-san, il faut que je sache ce qui s’est passé pendant mon absence, raconte moi ce qu’il s’est passé s’il te plait. »

« Hum, je… Je ne sais pas trop combien de temps ça a duré… Mais… Haruhiro s’est battu contre les garçons et il a été gravement blessé, et puis j’ai été emmené dans une voiture… Au final, on s’est retrouvé mais sempai a réussi à me faire oublier des scientifiques, alors ils ne chercheront plus à m’attraper, normalement… Et enfin, il y a eu l’attaque à côté de l’hôpital et Nakamura-san et sempai ont été embarqués par les médecins… Haruhiro-kun par Anti-Skill. »

Ne sachant pas trop si Azami avait compris un traître mot de ce qu’elle venait de dire, Akutoku se mordit les lèvres et repris, en agitant les mains.


« Désolé, je ne me rappelle plus de tout, et je ne sais même plus vraiment à partir de quel moment tu es partie ! Mais tout ceux qui voulaient me capturer devraient être enfermés maintenant, normalement, à part… A part les deux esper qui se sont enfuit dans l’attaque de l’hôpital. Mais je ne crois pas que ce monsieur soit quelqu’un de dangereux, il avait l’air… Malade… »

« Ho ! Akutoku Reitoko ! »

Faisant résonner ses béquilles sur le carrelage, Kousuke Horikawa releva vivement son regard surpris en voyant les deux jeunes filles débouler sur son chemin. Akutoku ouvrit la bouche en ‘‘o’’ en le voyant arrivé, ne s’attendant pas à voir un visage familier de ce genre après tout ce temps. Combien de temps, d’ailleurs ? Mais Azami ne l’avait pas visiblement remarqué et elle l’avait bousculé en passant, le faisant tomber par terre. Celui-ci se retourna rapidement, regardant dans leurs directions sans se soucier de ce qui lui était arrivé.

« Je… Je cherche Ishikawa, elle a disparue depuis l’incident sur le pont ! »

Mais juste au moment où il s’apprêtait à demander à Aku qui était cette fille à ses côtés, un téléphone bleu qui avait roulé jusqu’aux pieds d’Azami se mit à sonner.



♦♦♦



Wasp-3 se posa sur le toît de l’immeuble avec une ombre entre les pinces, non loin de l’essaim stationnaire autour de Nonoka Inoue. La jeune fille passa un regard distrait en direction de Fuyu après la petite explication de Ryosei. Que cette gamine ne souhaite pas étendre les relations sociales était bien le cadet de ses soucis, tant qu’elle se rendait utile dans l’opération.

« Nonoka-chan, je te laisse élaborer le plan pour récupérer Akutoku. Si c’est un succès, tu peux considérer que nous acceptons ta proposition, avec certaines conditions que je t’énoncerai en temps voulu. Alors, marché conclu ? »

« Ça me semble être un bon arrangement, ouais, yeux-verts. Mais à t’entendre parler, on dirait que tu pensais que j’allais sauter dans l’hôpital. »

« Et en ce qui concerne le plan, j’en ai déjà un : continuer à utiliser les pièces en ma possession jusqu’à ce que je capture la reine de l’autre côté du plateau. Vous, vous êtes mon fou et mon cavalier, alors restez au aguets et prenez exemple. »

Nonoka attrapa le téléphone rose à motifs d’étoiles que Wasp-3 lui avait laissé tombé d’en haut en passant prêt d’elle. Une lumière dans la nuit éclaira l’ombre portée par le drone : c’était Ishikawa Michi, toujours inconsciente. La jeune fille attendit en sifflotant que quelqu’un réponde, avant, en entendant décrocher d’allonger un grand sourire sur son visage.

« Salut ! J’ai le lapin rose et je voudrais les couettes bleues. On fait un échange ou je dois venir les chercher moi même ? Et pour information, la petite blonde m’a déjà fait me déplacer, et Anti-Skill doit encore être en train de compter les morceaux.~ »
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Haruhiro Wilkowski

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MessageSujet: Re: [ Alter Fofo ] Une Aku cute et en danger ! (pv Akutoku)   Dim 22 Oct - 22:41

« Hum, je… Je ne sais pas trop combien de temps ça a duré… Mais… Haruhiro s’est battu contre les garçons et il a été gravement blessé, et puis j’ai été emmené dans une voiture… Au final, on s’est retrouvé mais sempai a réussi à me faire oublier des scientifiques, alors ils ne chercheront plus à m’attraper, normalement… Et enfin, il y a eu l’attaque à côté de l’hôpital et Nakamura-san et sempai ont été embarqués par les médecins… Haruhiro-kun par Anti-Skill. »

« Désolé, je ne me rappelle plus de tout, et je ne sais même plus vraiment à partir de quel moment tu es partie ! Mais tout ceux qui voulaient me capturer devraient être enfermés maintenant, normalement, à part… A part les deux esper qui se sont enfuit dans l’attaque de l’hôpital. Mais je ne crois pas que ce monsieur soit quelqu’un de dangereux, il avait l’air… Malade… »


Un schéma mental se dessina dans l’esprit d’Azami. Si Akutoku n’était plus poursuivie par les scientifiques du pont, quel était son nouvel ennemi, ces deux espers de l’attaque qui avait détruit une partie de la façade de l’hopîtal ? Dans tous les cas, Nakamura était en vie bien que probablement sévèrement blessée, ce qui soulagea légèrement la jeune fille. Il en était de même pour son senpai et Haruhiro avait finit par se faire emmener. Restaient Ishida, Lily et son chauffeur désagréable.

[La situation est encore pire que ce que j’avais imaginé… non seulement tous c eux qui la protégeaient sont au tapis mais ceux qui veulent l’éliminer continuent de lui tourner autour comme des charognards. ]

Un garçon qui semblait avoir fait une triple chute dans les escaliers attira soudain son attention.

[ Qu’est ce qu’il fait sur le sol avec ses béquilles ? Mais.. ça ne serait pas ce garçon… ]

« Je… Je cherche Ishikawa, elle a disparue depuis l’incident sur le pont ! »


« Comment ?! »

Azami se figea en entendant les paroles du garçon à lunettes. Ishika, la fille aux cheveux roses du pont, la camarade de Chō, est-ce qu’il lui était arrivé quelque chose à elle aussi ? Avant qu’elle n’ait eut le temps de poser la moindre question, un téléphone sonna. Sorti de nulle part, il ne semblait pas appartenir au garçon ou à Akutoku. Avec un mauvais pressentiment, Azami le ramassa et décrocha.

« Salut ! J’ai le lapin rose et je voudrais les couettes bleues. On fait un échange ou je dois venir les chercher moi même ? Et pour information, la petite blonde m’a déjà fait me déplacer, et Anti-Skill doit encore être en train de compter les morceaux.~ »

Le visage de la jeune fille s’assombrit soudainement et sa mâchoire se serra. Alors Lily était morte… Bien. Ça lui ferait une vie de moins à prendre. Mais le problème restait entier, à l’instant même où on lui avait annoncé la disparition d’Ishika, elle venait de la retrouver, captive et en danger. Les yeux d’Azami passèrent d’Akutoku au garçon à lunettes. Il y avait un risque qu’ils acceptent de se jeter dans la gueule du loup pour récupérer Ishika, elle ne pouvait pas leur dire qu'elle avait été capturée, c'était définitivement trop dangereux. Cette folle avait une otage, hors de question de lui en donner d'autres.

[Quel est mon but, quelle est ma mission…?] récita intérieurement la jeune fille comme quelque chose qu’elle avait répété maintes et maintes fois. Relevant la tête, elle transperça le garçon aux béquilles du regard.

« Tout est bon pour arriver à mes fins… »





***



La petite Fuyu toujours accrochée à son pantalon, Ryosei regardait Nonoka d’un air intrigué.

« Dis moi, tu as l’air vachement convaincu par ce que tu racontes, c’est si bien que ça au Bloc K ? »

Ses lèvres s’arquèrent en un large sourire.

« Tu sais qu’au fond tu n’es pas différentes des autres n’est-ce pas ? Tu es ut- oh… on dirait que c’est un refus… »

Sur l’écran du téléphone, Nonoka pouvait maintenant voir le journal des appels, la communication était terminée.

« Alors, quel est le plan B ? »



***



Les mains tremblantes à la fois de colère et à cause du stress, Miyamoto s’affairait autour de Lily, soignant ses plaies du mieux qu’il le pouvait, désinfectant et enroulant des bandages un peu partout sur son corps, là où il y avait du sang. Un téléphone coincé entre son épaule gauche et sa tête, il grommela.

« Putain, t’es sûr que je peux pas l’emmener à l’hôpital pour sa jambe ? C’est soigné à l’arrache là ! »

« Évite pour l’instant, je vais m’en occuper. » répondit une voix grave, électroniquement modifiée provenant du téléphone.

Miyamoto ignorait tout de la personne qui était à l’autre bout du fil, sinon que c’était une personne de confiance. Malgré le peu d’informations qu’il disposait, si Lily lui faisait confiance alors il pouvait bien en faire autant. Et puis, il n’avait pas le choix.

« Bon et pour le reste ? Il faut que je retrouve Nonoka et vite ! »


Miyamoto cru un instant que la personne à l’autre bout du fil avait raccroché, mais la voix modifiée et désagréable à l’oreille se fit de nouveau entendre au moment où il prenait le téléphone dans sa main.

Quelque part à Gakuen Toshi, dans une pièce sombre éclairée par seulement un écran et où les seuls sons étaient le bruit du ventilateur et le son des doigts tapant sur les touches du clavier mécanique, quelque chose remua légèrement. La multitude de fenêtres ouvertes sur l’écran de l’ordinateur se reflétèrent sur les verres des épaisses lunettes de la personne assise là.

« Très bien, je vais t’aider. Mais seulement parce que Lily est dans cet état. Tu pourras lui dire qu’on est quittes quand elle se réveillera. »

Après avoir couvert la fillette avec une couverture, Miyamoto se redressa, regardant par la fenêtre de la petite pièce.

« On va l’avoir cette discussion, petite sœur… » grogna-t-il, les poings serrés.



***



« Tout est bon pour arriver à mes fins… excepté sacrifier des personnes innocentes. » lâcha Azami en écrasant le bouton de fin d’appel. Elle fit deux pas en direction du garçon aux lunettes, n’accordant pas même un regard à Akutoku, et l’empoigna par le col, le repoussant jusqu’au mur derière lui.

« Toi, tu es membre de Judgement pas vrai ? Tu dois savoir où est mon sniper. Si tu veux récupérer Ishika, il va falloir que tu me dégotes une arme. »

[Je ne négocierai plus jamais avec ces pourritures…]
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Akutoku Reitōko

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MessageSujet: Re: [ Alter Fofo ] Une Aku cute et en danger ! (pv Akutoku)   Lun 23 Oct - 2:34

{{  Une voix de fille ... ? Non… La voix du sniper que j’ai abattue… }}

« Dis moi, tu as l’air vachement convaincu par ce que tu racontes, c’est si bien que ça au Bloc K ? Tu sais qu’au fond tu n’es pas différentes des autres n’est-ce pas ? Tu es ut- oh… on dirait que c’est un refus… »

Nonoka Inoue baissa légèrement son bras droit retenant le téléphone qu’elle avait dans sa main, son visage caché par l’ombre de ses cheveux et d’un nuage obscurcissant la lune, obligeant à Wasp-3 de régler la sensibilité de sa caméra pendant un instant. La jeune fille appuya sur le bouton éteignant le portable en le rangeant dans une poche de son sweat à capuche vert.

« Alors, quel est le plan B ? »

{{  Alors comme ça, elle n’était pas morte… }}

Un rayon de lumière passa comme un néon sur le visage de Nonoka qui relevait la tête en direction de l’hôpital, révélant son fidèle sourire de conquérante qui commençait à rythmer chacune de ses découvertes de la journée. Apparemment, la fille qu’elle pensait avoir tué dans l’immeuble avait survécu… Qui avait pu appeler Anti-Skill dans ce bâtiment en particulier pour qu’ils la retrouve aussi vite ? En tout cas, ce n’était visiblement pas une simple personne du genre à trop compter sur son pouvoir ou d’autres caractères extérieurs à son équipement. En un sens, Nonoka avait trouvé enfin un ennemi qui lui ‘‘ressemblait’’, après tout ses esper de haut niveau du Dark Side.

{{ Alors, c’est décidé… Je dois travailler dur pour que tout l’monde soit fier de moi ce soir ! }}

Nonoka jeta le téléphone d’Ishika du toit avant d’attraper sa propre tablette et de lancer le mode appel de celui-ci. En même temps, elle récupéra une partie de la vidéo qu’avait prise sa microcaméra du bâtiment où s’était déroulé l’attaque de Miyamoto. Malgré avoir tiqué légèrement en revoyant l’image du scientifique mort baignant dans son sang, elle l’envoya en pièce jointe en lançant son appel.

« Tu vas voir que le Bloc K, malgré ne pas se vanter d’être une grosse organisation, sait comment s’arranger pour toujours faire du mieux qu’ils peuvent. Ça inclut évidemment donner le matériel et le financement disponible à l’évolution de leurs sujets de test. »

« Oui, Tobata a été tué, et j’ai une cible qui a des informations sur le Bloc, je dois vite m’occuper de ça. J’ai juste besoin de mon petit chouchou en pilote auto, et je termine ça avant que le soleil ne se lève. Anti-Skill ne posera pas de problème, pas vrai ? »

Le sourire de Nonoka s’agrandit encore alors qu’elle arrêtait l’appel avec les scientifiques du Bloc. Elle fit sauter la tablette sur la gauche pour la faire changer de main, faisant quelques pas vers le vide pour se rapprocher de l’hôpital, suivit par son escadron de petits drone volants. Elle huma l’air en posant les mains sur ses hanches, émettant un soubresaut dans les lignes de Bee formant son essaim, qui se séparèrent en deux colonne, l’une sur la droite et l’autre sur la gauche de la jeune fille. Nonoka tourna la tête derrière pour regarder Fuyu et Ryosei, débloquant l’usage de leurs capacités en arrêtant les ondes projetés par les drones.

« Bon, vous allez finir par rouiller à force de rester là à me regarder. Ah oui, le plan B ? Désolé mais pour moi, on est toujours dans le plan de départ. La seule différence, c’est que je  réserve personnellement  à mon fusil un des lapins ! »

« Eitaro Kimura-kun a la fâcheuse manie d’être beaucoup trop flashy et d’aimer les challenges. Si on veut vraiment capturer quelqu’un, il ne faut pas avoir la moindre considération pour les cibles qu'on chasse. On va ramasser des déchets, alors il faut les considérer comme cela. Le téléporteur, tu t’occupera de rapatrier Akutoku dans le parking souterrain de l’hôpital avec ta capacité. On rentrera par là, alors tu pourras avoir une bonne idée de la structure des lieux pour pas te prendre un pilier. Le Bulldozer, tu vas refermer le piège en les attirant vers la position de l’Épouvantail. Et moi, je m’occuperais d’empêcher les cibles de répliquer et j’attendrais le colis dans le parking avec notre véhicule. »

Non loin derrière, Ishikawa s’était réveillée, se massant le visage en clignant des yeux, relevant le visage en direction du trio sans trop comprendre. Nonoka ne la regarda même pas en rechargeant son pistolet, pendant que derrière les yeux grands ouverts d’incompréhension de la membre de Judgment aux cheveux roses, Wasp-3 volait à quelques mètres au dessus du toit, son canon et ses pinces en direction de la jeune fille.

« Tssk, et qu’est ce qu’on va bien pouvoir faire de toi ? Même en tant qu’otage, tu ne sers à rien… Vous deux, occupez-vous en. Notre carrosse est arrivé. »

Un grand coup de vent souleva les cheveux des adolescents sur le toit, alors qu’une grande masse de plastique blanc semblable à l’armature des drones Bee et des Wasp s’éleva devant Nonoka qui se retournait pour lui faire face. C’était seulement quatre petits réacteurs sous la base de la longue machine pourvue d’une sorte de « tête » à l’avant couverte d’une couche de verre noir teinté de la même façon que le Wasp, mais son corps entier mesurant plus de  2 mètres de long, il était beaucoup plus imposant. Pourvu de deux sortes de longues caisses rectangulaires de chaque côté, il semblait cacher plus qu’il ne laissait paraître.

« Ceux qui n’ont pas d’ambitions restent dans leurs trous, mais ceux qui voient grands sont ceux qui changent le monde. Et je suis de ce genre de personnes ! Dragon Fly, déploiement ! »

Les deux caisses s’ouvrirent sur les côtés de la machine en provoquant un nouveau coup de vent, alors que le monstre déploya quatre immenses ailes qui devaient être encore plus longue que son corps tout entier, malgré être assez fines, elles semblaient faites d’une matière à moitié translucide plutôt résistante. Nonoka se retourna vers le trio en gardant ses mains derrière son dos après avoir rangé son pistolet dans son pantalon comme l’avait fait son frère plus tôt. Elle articula un grand sourire avant d’écarter les bras, comme si elle invitait ses nouveaux alliés à avancer.

« C’est l’heure de commencer la chasse, team ! »





♦♦♦





« Toi, tu es membre de Judgement pas vrai ? Tu dois savoir où est mon sniper. Si tu veux récupérer Ishika, il va falloir que tu me dégotes une arme. »

Le garçon à lunettes qui se releva avec l’aide d’Akutoku cligna des yeux en entendant Azami, la regardant dans les yeux sans trop savoir à qui il avait affaire, mais elle lui faisait carrément penser à Haruhiro, et ça n’augurait rien de bon. Mais ce à quoi Aku et Kousuke pensait surtout, c’est non seulement qui avait appellé, mais qu’est ce que signifiait la phrase de l’adolescente ? Dans tout les cas la détermination qu’on pouvait lire dans son regard prouvait que ce n’était pas des mots en l’air, ce qui donna un peu plus de confiance en l’étudiante de Nagatenjouki.

« C’est… C’est vraiment gentil de bien vouloir m’aider à retrouver Michi, mais je suis désolé pour ton arme, au cas où tu n’aurais pas remarqué, on est dans un hôpital, pas un bureau d’Anti-Skill… Tu ne trouveras pas d’arme ici, et la tienne a sûrement été embarquée. »

« Hum... Moi j’ai ça… »

Akutoku passa sa main dans sa veste en tirant la langue, avant de la sortir avec le taser de Nakamura, sans perdre son expression innocente et détâchée, à côté des deux autres qui ne semblaient pas trop savoir pourquoi et depuis quand elle se trimbalait avec ça dans ses vêtements.

« Hé, ne me regardez pas comme ça ! Je l’ai ramassé par terre et je voulais le rendre à Nakamura, mais on ne m’a pas laissé la voir… »

« Heu, désolé de vous déranger, mais lui, c’est un de vos amis aussi ? »

Le doigt levé à moitié adossé au mur, Kousuke Horikawa et son regard dubitatif était pointé en direction d’un homme à cravate et avec la petite trace rouge d’un plateau sur la joue. D’une démarche vacillante en manquant de tituber d’un côté où de l’autre, le professeur qui avait l’air conscient la dernière fois qu’il avait apparu aux jeunes filles n’avait plus rien à voir avec ce qui se tenait devant eux. Le teint légèrement pâle semblable à celui d’un mort se rapprochant de la rigidité cadavérique, des cernes sous les yeux à demi absents dont les pupilles dilatées ne semblait même pas les regarder : tout en l’homme rappelait un véritable monstre de fiction.

« Un… Un… Un… ! »

« …Un zombie ?! »

Au même moment, un signal sonore se fit entendre dans l’hôpital, à la manière d’une sirène, avant que des instructions étranges ne résonne dans les haut-parleurs. Il ne semblait déjà plus y avoir de personnel qui courait dans les couloirs, ni de bruit du tout aux alentours du petit groupe. Un simple regard en direction d’un des écrans donnait une réponse simple : le signe de confinement bactériologique avait été donné et toute les salles avaient été fermées et le personnel confiné avec les patients. L’hôpital du District 7 subissait parfois des entraînements afin de pouvoir parer à toute éventualité, et si parfois un danger réel survenait, il était réglé très rapidement. Ce qui était plus étrange cependant, c’était que le groupe d’adolescents n’avaient pas été remarqués par les caméras et rapatriés.




♦♦♦




« Huu… C’était pas dans le plan ça. »

Un groupe d’au moins une douzaine d’individus, des étudiants d’université et des adultes qui semblaient être des agents d’entretiens se tenait devant la porte debout mais à moitié pliés en deux, marchant d’un pas mal assuré pour garder l’entrée de l'hôpital dans le parking souterrain, avant de remarquer Nonoka, Ryosei et Fuyu. La jeune fille leva son pistolet alors que l’essaim de drone Bee foncèrent en direction du groupe de zombie qui se mettaient à accélérer la cadence en direction de la jeune fille aux cheveux verts, tirant un coup de feu dans l’épaule d’une femme à la jupe serrée qui semblait être une professeur.

« Est-ce qu’on est tombé dans un casting de film de zombie ou c’est une illusion super crédible ? Dans tout les cas, nettoyez-moi ça qu’on puisse avancer ! »
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Haruhiro Wilkowski

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MessageSujet: Re: [ Alter Fofo ] Une Aku cute et en danger ! (pv Akutoku)   Sam 28 Oct - 0:28

« Eitaro Kimura-kun a la fâcheuse manie d’être beaucoup trop flashy et d’aimer les challenges. Si on veut vraiment capturer quelqu’un, il ne faut pas avoir la moindre considération pour les cibles qu'on chasse. On va ramasser des déchets, alors il faut les considérer comme cela. Le téléporteur, tu t’occupera de rapatrier Akutoku dans le parking souterrain de l’hôpital avec ta capacité. On rentrera par là, alors tu pourras avoir une bonne idée de la structure des lieux pour pas te prendre un pilier. Le Bulldozer, tu vas refermer le piège en les attirant vers la position de l’Épouvantail. Et moi, je m’occuperais d’empêcher les cibles de répliquer et j’attendrais le colis dans le parking avec notre véhicule. »

Fuyu plissa les yeux, continuant de fixer la jeune fille d’un regard hostile. Nonoka Inoue. La fillette avait envie de faire quelque chose, elle ne savait pas exactement quoi, seulement que l’envie de réagir la démangeait. Une nouvelle petite tape sur haut du crâne de la part de Ryosei lui fit cependant comprendre qu’elle devait se contenir.

« Tssk, et qu’est ce qu’on va bien pouvoir faire de toi ? Même en tant qu’otage, tu ne sers à rien… Vous deux, occupez-vous en. Notre carrosse est arrivé. »


Le jeune homme leva les sourcils, visiblement Nonoka était sûr d’elle et n’hésiterait pas à mettre la membre de Judgement à mort. Ses yeux se posèrent sur la jeune fille aux cheveux roses. Il était temps de prouver sa loyauté pour grimper dans la hiérarchie. Peut-être même que les prochains événements lui permettraient de se hisser aux côtés de Kimura, qui sait ?

Après avoir fait un petit geste intimant à Fuyu de rester où elle était, Ryosei se dirigea lentement vers Ishika. Fuyu était trop jeune pour ce genre de choses, un combat à mort était une chose, une exécution en était une autre.

« Bonsoir, jeune demoiselle, c’est Ishika-chan, c’est ça ? » Dit-t-il avant de s’arrêter, une fois arrivé à sa hauteur.

L’adolescente cligna des yeux, semblant avoir encore un peu de mal à comprendre la situation. Ryosei se pencha en avant, proposant sa main à la jeune fille pour l’aider à se relever. Cependant, au moment où elle s’apprêtait à l’attraper, le jeune homme avança brusquement sa main en la pivotant, attrapant Ishika au niveau du cou. Il se redressa, forçant la jeune fille à se relever en même temps puis la força à reculer jusqu'à atteindre le bord du toit.

« N’y vois rien de personnel, je n’ai aucune envie particulière de te tuer, c’est juste que je dois le faire, tu comprends ? » dit le mercenaire d’une voix douce, qui aurait pu paraitre gentille dans une autre situation. Un sourire se dessina sur son visage, dévoilant ses dents d’un blanc immaculé.

Lentement, il commença à se pencher en avant, faisant peu à peu basculer Ishika en arrière jusqu’à ce qu’elle ne soit retenue plus que par sa main, les pieds touchant encore le rebord de toit. Les deux yeux verts et presque brillants de Ryosei firent un rapide aller-retour entre vide juste en dessous et les yeux de la jeune fille.

« Je suis désolé, sincèrement. Mais ne pleure pas, peut-être que tu étais simplement destinée à mourir ce soir, qui sait ? »

Sur ces derniers mots, il lâcha le cou de la jeune fille en se retournant, la faisant tomber dans le vide.

« C’est l’heure de commencer la chasse, team ! »

« Oui, chef. » répondirent les deux yeux verts brillants dans la nuit.



***



« Huu… C’était pas dans le plan ça. »


Une expression étonnée sur le visage, Ryosei regardait le groupe de personnes qui semblaient plus mortes qui vivantes. Etait-ce l’œuvre d’un pouvoir d’esper ? Probablement pas, rien ne correspondait à de tels effets sur le corps humain. Un coup de feu de la part de Nonoka le tira hors de ses pensées un peu plus brusquement que ce qu’il aurait voulu.

« Est-ce qu’on est tombé dans un casting de film de zombie ou c’est une illusion super crédible ? Dans tout les cas, nettoyez-moi ça qu’on puisse avancer ! »

Coupant la phrase de Nonoka en son milieu, Fuyu se tourna vers l’adolescent.

« Ryosei, qu’est-ce qu’on fait ? »

L’adolescent baissa la tête vers la fillette en esquissant un sourire.

« On s’en tient au plan, ce n’est pas notre problème. 3ème étage, Fuyu. »

Aussitôt, la fillette s’élança, activant son pouvoir. Tout comme l’auraient été des quilles au bowling, le groupe de zombie fut balayé en son milieu par la jeune mercenaire qui disparut après avoir pénétré dans le couloir derrière la porte d’entrée. Les mains dans les poches, Ryosei tourna la tête en direction de Nonoka.

« On te laisse t’occuper de ça, compte sept minutes maximum avant notre retour. » dit-il en esquissant un dernier sourire avant de disparaitre d’un seul coup, laissant la jeune fille seule avec ses drones et les personnes zombifiées qui commençaient déjà à se relever.



***



Les mains agrippant toujours le col de Horikawa, Azami regardait Akutoku, la bouche légèrement entre-ouverte. Depuis quand… ? Et comment... ?... Pourquoi ?

« Hé, ne me regardez pas comme ça ! Je l’ai ramassé par terre et je voulais le rendre à Nakamura, mais on ne m’a pas laissé la voir… »

« Omae na… »

« Heu, désolé de vous déranger, mais lui, c’est un de vos amis aussi ? »

Les deux filles tournèrent simultanément la tête en direction de l’homme qui s’était fait assommer un peu plus tôt. Ce fut Akutoku qui réagit en premier, ce qui donna l’impression à Azami qu’elle venait de lire dans ses pensées, comme le faisait cette fille de Judgement, Nakamura.

« …Un zombie ?! »

La sirène d’alarme qui retentit immédiatement après effaça l’espace d’un instant toutes les pensées de la tête d’Azami, lui vrillant littéralement les tympans. La jeune fille serra les dents.

[ Alors c’était bien une attaque bactériologique !?]

D’un mouvement, elle attrapa le taser des mains d’Akutoku et s’élança puis direction de « l’homme-zombie ». Si même l’hôpital confirmait son hypothèse, ils devaient sortir d’ici au plus vite. Alors que son bras amorçait à peine un mouvement circulaire, Azami pressa le bouton du taser qui émit des arcs électriques jusqu'à entrer en contact avec le cou de l’homme qui émit un craquement sinistre à l’impact. La jeune fille s’éloigna d’un bond en arrière, regardant l’homme étendu au sol en se massant le bras. Un frisson la parcourut, est-ce qu’elle venait de lui briser les cervicales ? Azami fit quelques pas en arrière en voyant l’homme remuer légèrement puis se relever, la tête penchée sur le côté.

« Mais qu’est-ce que c’est que… ça ? »

Avant même que la jeune fille n’ait eu le temps de se demander si elle avait des hallucinations ou si elle était encore dans le coma ou bien en train de rêver, le mur explosa derrière Horikawa et Akutoku. Les yeux grands ouverts, Fuyu venait d’apparaître, dérapant sur le côté jusqu’à atteindre le centre du couloir. A peine s’arrêta-t-elle qu’elle se mit à courir et passa entre Akutoku et Horikawa, éloignant la jeune fille du garçon aux lunettes. Au moment où Horikawa était repoussé vers le mur derrière lui, une ombre apparut derrière Akutoku et lui toucha l’épaule.

Lorsqu’Azami se retourna, elle se retrouva nez-à-nez avec Fuyu qui était en train de la dépasser, la regardant droit dans les yeux. La fillette ne ralentit cependant pas l’allure.

« Que ! Où est Akutoku ?! »

La jeune fille poussa un juron en voyant l’expression surprise du garçon. Sans plus attendre, elle se mit à courir derrière la fillette.

« Vite, dépêche-toi ! » cria-t-elle à l’encontre du garçon sans se retourner.

Elle n’allait pas la lâcher, quoi qu’il arrive, elle devait retrouver Akutoku et nettoyer les rues de Gakuen Toshi de ses parasites, à n’importe quel prix.



***



Les dents serrées dans une grimace visiblement due à l'effort et à la douleur, Miyamoto se retenait d’une main plaquée contre le mur à côté de l’ouverture de la fenêtre. Son bras droit avait traversé le verre et était tiré vers le bas, à l’extérieur de l’immeuble. Il jeta un rapide coup d’œil par l’ouverture. Du sang coulait le long de son avant bras au bout duquel il retenait fermement une jeune fille par les vêtements.

« Tu l’as ? » demanda une voix modifiée dans son oreillette.

« Laisse moi… deux secondes… » grogna-t-il avant de bander ses muscles et de tirer la jeune fille à la seule force de son bras, la faisant passer par la fenêtre brisée. Essoufflé et ruisselant de sueur, Miyamoto s’écroula sur le sol, obligeant Ishika à faire de même.

« C’est bon… tu vas bien, Ishika-san… c’est ça ? »
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Akutoku Reitōko

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MessageSujet: Re: [ Alter Fofo ] Une Aku cute et en danger ! (pv Akutoku)   Mer 1 Nov - 3:57

Le vent était glacé et rentrait dans les vêtements de la jeune fille de tout les côtés, faisant tressaillir sa peau, comme si les tremblements liés à la peur n’étaient pas assez. Elle jeta un regard derrière elle, face au vide. Elle allait souffrir ? Elle plissa ses yeux devenant humides, s’accrochant désespéramment à la dernière chose qui la retenait au dessus de la mort, tournant une dernière fois son regard suppliant dans sa direction, sans arriver à dire quoi que ce soit, sa main lui enserrant la gorge.

« Je suis désolé, sincèrement. Mais ne pleure pas, peut-être que tu étais simplement destinée à mourir ce soir, qui sait ? »

« Huguh-… »

Ishikawa leva une main en l’air, mais le ciel continuait à s’éloigner inexorablement, comme si il l’évitait. Qu’est ce qu’elle avait mal fait ? Quelle importance ça avait, à présent ? Ishikawa pensa à sa maison et plongea dans le noir.





♦♦♦





« On te laisse t’occuper de ça, compte sept minutes maximum avant notre retour. »

« Sept minu-… Hé, une seconde ! »

Nonoka leva une main dans la direction de Ryosei, mais c’était déjà trop tard, ils s’étaient tout deux mis en route. En un sens, c’était effectivement le plan, mais c’était le plan sans compter les invités surprises aux bras ballants. L’étudiante aux cheveux vert avait activé l’alerte de confinement et hacker les caméras, mais elle ne s’attendait pas à ce qu’il y est réellement un danger bactériologique. Elle imagina le téléporteur se faire transpercer par Wasp-3 et réussit à se calmer un peu les nerfs, avant de remarquer que derrière la poussière, les individus louches s’étaient déjà relevés. La gamine au pouvoir télékinétique avait réussit à les projeter dans tout les sens, alors cela ne devait pas être une illusion… Cela ne pouvait alors être que deux choses pour Nonoka : un pouvoir d’esper de contrôle mental tordu ou un véritable incident impliquant un produit chimique.

« Non sérieusement, qu’est ce que c’est que cette connerie ? »

L’adolescente releva son pistolet en tournant son regard vers Wasp-3, qui volait non loin d’un pilier. Pourquoi est-ce qu’il n’agissait pas ? Les cibles ne représentaient-elles pas un danger pour ses capteurs si perfectionnés ? La jeune étudiante soupira en tirant au sol devant les pieds de l’un des ‘‘zombies’’. Il n’avait pas reculé ni ne s’était arrêté. Ils n’avaient donc réellement aucune volonté de protéger leurs propre corps ? D’un rapide coup d’œil, Nonoka avisa les personnes qui avançaient dans sa direction : la plupart étaient des adultes, l’une devait être un professeur, la majorité du reste des agents d’entretiens, et deux enfin devaient être des élèves d’université. Tout cela n’avait vraiment aucun sens.

{{ Et ce que je risque d’avoir des problèmes si j’en tue un ? }}

Mou. C’était la chose qui venait d’apparaître dans l’esprit de la jeune fille. Elle baissa les yeux vers le sol, avant de remarquer que son pied gauche, en reculant, s’était posé dans une sorte de vase boueuse. Nonoka fronça les sourcils en baissant son arme, alors que Wasp-3 finissait enfin par arriver dans sa direction. Elle était parfaitement sûr que ce n’était pas là quand ils étaient arrivés. Alors d’où était arrivé cette flaque de boue ? En avisant son regard autour d’elle, l’adolescente dû s’y reprendre à deux fois pour s’assurer qu’elle ne rêvait pas. Dans le parking souterrain, sur les murs, les piliers et le sol, à quelques endroits éparses, de la mousse et de la vase étaient apparu. Une illusion. C’était un pouvoir d’esper manipulant l’esprit. Nonoka se mit à sourire, laissant ses drone Bee s’écarter d’elle.

« Ahah ! Incroyable, incroyable ! Alors, c’est ça, les télépathes de niveau 4 de Nagatenjouki ? Ouah, c’est vraiment impressionnant, franchement, chapeau ! Mais dommage pour vous, j’ai une mission à accomplir, là. Il est temps d’ouvrir les yeux, tu devrais plutôt aller aider Aku-chan… Avant que mes deux nouveaux copains ne lui tombent dessus. »

Le silence. Et une odeur de pourriture qui semblait venir de partout à la fois. Sans pouvoir le contrôler, la jeune fille se mit elle aussi à trembler. C’était beaucoup trop réel. Depuis quand est-ce qu’elle avait été plongée dans cette illusion ? Et si elle l’avait été depuis bien plus longtemps qu’elle le pensait ? Et si elle était actuellement enfermée dans un rêve manipulé par télépathie, la faisant croire qu’elle venait de vivre tout ça ? Depuis quand ? Depuis quand ? Des larmes vinrent au yeux de Nonoka, alors qu’elle expérimenta pour la première fois la plus grande faiblesse de son incroyable cerveau. Si elle était un génie pour trouver des solutions, elle l’était autant pour trouver des problèmes.

{{ Non, non, non non non ! Reprends-toi, reprends-toi ! Trouve… T… Trouve la solution, trouve la solution ! Comme une souris dans un labyrinthe ! Il y a une explication, il y a une sortie, toujours, toujours ! Trouve, trouve la solution ! Concentre-toi, trouve l’explication logique ! }}

Les mains des zombies se refermaient sur Nonoka, l’entourant de partout. Elle tenta de lever son arme, mais ses muscles étaient pris de tremblements à cause de son état de panique qui avait atteint un niveau cardiaque, et elle l’avait lâchée. Sa respiration commençait à s’accélérer, beaucoup trop, jusqu’à ce que l’adolescente puisse sentir son cœur tenter de sortir de sa poitrine. Nonoka gesticula dans tout les sens, alors qu’elle perdait le contrôle des drones Bee qui s’écrasaient les uns après les autres autour d’elle à cause de son incapacité à donner des ordres mental clairs. Elle émit un cri étouffé en tournant la tête vers Wasp-3, mais celui-ci faisait du vol stationnaire à quelques mètres du groupe de zombie, sa caméra posée sur elle.

« Wasp-3, Wasp-3 ! Commande vocale ! Aide-moi ! Aide-moi, Wasp-3, élimine les menaces ! Danger… Danger de mort imminente ! »

Mais sa voix étaient étouffée par les grognements des monstres qui l’assaillaient de toute part. Dans un dernier recours, elle tenta d’attraper sa tablette dans sa veste pour commander le Wasp ou même appeler son autre drone, mais elle lui échappa des mains et vint tomber par terre, émettant quelques grésillement en frappant la boue au sol qui avait continué à s’accumuler. Après quelques secondes de suffocation sous les corps des monstres, elle leva une main vers le haut, submergée par la masse de chair.

{{ Quelqu’un… Onii-chan… }}




♦♦♦




« Mais qu’est-ce que c’est que… ça ? »

Aku soupira de soulagement en voyant qu’Azami ne s’était pas fait mordre, ou n’avait pas déclenché quelque chose d’encore pire. Se surprenant à être soulagée par le fait qu’une personne soit gravement blessée, la fillette aux couettes bleus ne put s’empêcher cependant d’être encore une fois assez impressionnée par la force de la ‘‘ninja au plateau repas’’. Le mur non loin d’elle céda, la tirant instantanément de sa rêverie et l’empêchant de remarquer que la victime du taser était encore consciente. Horikawa avait retourné la tête en premier et essayait de comprendre ce que cette petite fille avait à voir avec le trou béant dans le mur, et surtout la raison pour laquelle son dos venait d’atteindre le mur de gauche.

« Qu’est ce qu-... ?! »

Aku rouvrit les yeux les lèvres pincées, alors que la poussière se soulevait autour d’elle. Aussi triste que cela puisse paraître, elle n’arriva pas cette fois à être totalement surprise lorsqu’elle elle vit son sempai à lunettes projeté contre le mur par la fille à la sphère. Tant qu’elle était avec d’autres gens, ils n’étaient pas en sécurité, c’était assuré. Plus elle tenterait de s’échapper et plus on l’aiderait, plus elle blesserait les gens autour d’elle. Haruhiro, Nakamura-san, combien de fois avaient-ils pu frôler la mort ? Le regard de la jeune fille aux cheveux bleus croisa celui d’Horikawa. Elle baissa le regard et fit un pas en arrière. Elle n’allait plus lutter, alors. Au même moment ou une main se referma sur sa jambe, elle se sentit flotter.

« Que ! Où est Akutoku ?! »

« Je… »

Kousuke se redressa contre le mur, en avisant ses béquilles projetées au sol. Non, il y avait plus important : Akutoku venait de se faire enlever sous ses yeux par une esper qui semblait puissante, et surtout, qui semblait préparée, exactement ce qu’il avait du mal à être depuis quelques heures. Il releva instantanément son regard vers Azami en serrant les dents et en fermant un œil : elle n’avait pas l’air de vouloir discuter sur qu’elle jeune fille était plus importante à aller chercher.

« Vite, dépêche-toi ! »

« Ah- Un instant !»

Kousuke attrapa rapidement ses béquilles en se mettant à la suite d’Azami. Ses jambes ne lui faisaient pas mal, mais il avait l’impression que sans soutien, il ne contrôlait pas du tout son équilibre, tellement elles lui paraissaient lourdes et engourdies. La ninja devant lui commençait déjà à accélérer, l’obligeant à grogner, avant qu’il ne balance ses béquilles derrière lui pour tenter de se mettre à courir lui-même, essayant de rattraper la cadence de l’adolescente.

« Attends, tu connais cette personne ? Tu… Qu’est ce qu’on devrait faire ? Et c’est quoi, cette odeur ? »

Horikawa se retint le nez en marchant, il y avait bien une genre d’odeur de marécage dans le couloir, sûrement un problème de canalisation après la percée de cloison de cette esper-taureau. Si c’était une alerte confinement provoquée par ses types, alors ça voulait dire qu’il suffisait de désactiver l’alarme ou de prévenir le personnel qu’il se passait un nouvel attentat, mais Azami ne semblait visiblement pas aimer cette idée, puisqu’elle continuait de courir dans la direction de la ligne que laissait la petite fille sur son chemin. Kousuke se mit à tiquer un instant, en baissant les yeux vers cette trace. Qu’est ce qu’elle pouvait bien déplacer sur son passage, sur du carrelage blanc, du sang ?

« De… La boue… ? »

Après son rapide coup d’œil sur la très fine couche brune sur le sol, il n’y avait aucun doute, c’était une légère couche de boue que Fuyu coupait en fonçant, apparemment les résidus de son attaque du mur. Au moins, ça allait être simple de suivre son chemin. Mais des grognements rappelèrent à l’ordre les sens du garçon derrière Azami. Apparemment, la jeune esper venait d’essayer de passer par l’un des couloirs de l’hopital, mais un mur sombre empêchait son pouvoir de la faire avancer. Après un clignement d’yeux, Horizawa remarqua que ce mur avait des bras, des jambes et… Des têtes.

« Ce sont… Des gens. »

Contre la sphère, les zombies avaient formés une chaîne involontaire qui avait obstruée le virage en direction de l’escalier de l’hôpital, menant aux étages inférieurs. Une pression de plus, et c’était sûrement des morceaux de chairs plutôt que des morceaux de ciment qui allaient être projetés par une nouvelle accélération de l’esper à la sphère, cette fois. Le seul point positif que l’adolescent à lunettes avait trouvé c’était que maintenant qu’Azami s’était arrêté, il allait pouvoir reprendre quelques bouffées d’air.





♦♦♦





Aku rouvrit les yeux : elle était encore dans l’hôpital mais… Apparemment, elle avait été téléporté hors du hall de l’hôpital, dans un étage inférieur qui devait être une salle d’entreposition de médicaments vu toutes les étagères garnies autour d’elle. Un simple regard en arrière confirma ses craintes : ce n’était d’autre que le garçon de l’attaque qui l’avait téléporté, sa main encore sur son épaule. Mais la pression qu’elle avait ressentie sur sa cheville elle, n’avait pas cessée, et lui intima un nouveau regard, plus bas cette fois, qui lui intima un cri d’effroi. Le zombie du couloir, l’homme malade était agrippé à sa cheville et la regardait d’en bas, alors que la moitié de son corps était enfoncée dans le sol. Ce devait être une erreur de téléportation : Son agresseur n’avait pas dû calculer qu’il viendrait ajouter un poids supplémentaire à la charge.

« Ah… Aaaaaah !! »

La poigne autour de sa cheville s’était resserrée : l’adulte était encore conscient… Partiellement conscient. Déjà une autre main se levait en direction de la jupe d’Aku, comme si il tentait de l’attirer avec lui vers le sol, une véritable vision d’effroi qui fit totalement oublier à la jeune fille son agresseur dans son dos. Et comme si ce n’était pas assez, l’endroit dégageait une horrible odeur de marécage, qui devait sûrement venir des flaques de boue qui semblaient avoir apparut de nulle part dans la pièce. La jeune fille, en sentant de l’autre côté la main du téléporteur se raffermir d’autant plus sur son épaule, tenta de se débattre en donnant des coups d’épaules et de jambes pour se défaire de l’étreinte des deux mains qui commençaient à se faire trop insistante.

« Je… Je veux bien venir avec vous, alors arrêtez de faire du mal à mes amis et laissez ses gens tranquilles !! »

Aku parvint sans même réellement le calculer, à loger un coup de boule dans la mâchoire du téléporteur, qui la lâcha pour faire quelques pas en arrière, bousculant une étagère sur roulette en la faisant s’écrouler. Dans le mouvement, Aku s’effondra elle aussi à terre pour atterrir sur les fesses, sa jambe continuant à être tirée, le zombie n’ayant pas lâché prise. L'adolescente continuait d'essayer de faire lâcher prise au zombie avec ses mains, avant qu'une goutte ne tombe sur la joue de Ryosei, le faisant lever la tête vers le haut en direction de la ventilation. Des ombres grouillantes semblaient se débattre dans le conduit, avançant inexorablement en direction de leur salle. Après un instant, une vipère s’échappa d’entre les barreaux de plastiques pour venir tomber sur l’épaule du garçon aux yeux verts.




♦♦♦




Le sang battant dans les tempes d’Ishikawa et les sons nocturnes de la Cité Académique à travers la fenêtre la fit émerger du lac noir dans lequel elle sentait qu’elle se perdait, sans pouvoir s’échapper.

« Laisse moi… deux secondes… »

Un bruit de verre cassé et l’air frais dans ses cheveux termina de faire revenir la jeune étudiant de Shidarezakura du pays des rêves. Elle cligna des yeux en se sentant emmener à terre par les bras qui s’était refermés sur elle pour la soutenir. Elle suivit la courbure de l’épaule et papillonna une dernière fois des cils avant de regarder le visage de celui qui l’avait sorti de ce cauchemar.

« C’est bon… tu vas bien, Ishika-san… c’est ça ? »

« Vous… Vous êtes l’homme du pont… »
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Haruhiro Wilkowski

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MessageSujet: Re: [ Alter Fofo ] Une Aku cute et en danger ! (pv Akutoku)   Ven 22 Déc - 17:12

« Vous… Vous êtes l’homme du pont… »

Miyamoto se redressa en position assise, puis s’étira le bras droit avec une grimace.

« ‘Taku, c’est plus fait pour cogner qu’autre chose. Mh ? »

Le chauffeur détailla la jeune fille de la tête aux genoux, bien que légèrement perdue, elle semblait en bonne santé, sans blessure apparente.

« Oui, c’est bien moi, j’étais avec cette fille là, Azami-san et Lily. Tu peux m’appeler Miyam- »

« Tu comptes vraiment lui donner ton vrai nom ? Elle est membre de Judgement tu sais. »

Miyamoto ferma la bouche, visiblement agacé par la voix doublée et grave qui sortait de l’oreillette pour lui faire des reproches à tout va.

« Michi Ishikawa, 17 ans, étudiante à Shidarezuka Academy, membre de Judgement et esper de niveau… hm, considère la comme un niveau 3. Sa capacité est intéressante, elle pourra probablement te servir. D’après ce que j’ai sous les yeux, elle entretient également une relation avec Kousouke Horikawa, qui est aussi impliqué. Je t’envoie son dossier et des éléments supplémentaires sur ton téléphone. »

Immédiatement après que la voix ait finit de parler, le téléphone de Miyamoto vibra brièvement, signalant la réceptiondu message. Après une brêve lecture, Miyamoto soupira puis se releva avant de poser son regard sur la jeune fille.

« On manque de temps alors j’ai besoin que tu enregistres vite tout ce que je vais te dire. Je dois retrouver ma sœur, celle qui t’as capturée. Elle est actuellement avec ses deux complices dans l’hôpital où sont tes amis, probablement en train d’essayer de récupérer Akutoku. Si tu veux les sauver il va falloir que tu me files un petit coup de main. »

L’homme aux boucles d’oreilles fit quelques pas vers la cage d’escaliers, les mains dans les poches, avant de se s’immobiliser pour reprendre la parole, sans se retourner.

« D’ailleurs, il semblerait que ton petit copain soit dans l’hôpital également, il était parti à ta recherche. A toi de faire ce que tu veux de cette information. »

Et sans ajouter un mot de plus, Miyamoto commença à descendre les marches.




***




« Ah… Aaaaaah !! »

Ryosei ne fit pas attention que cela au cri de la jeune fille aux cheveux bleus, préférant regarder en l’air et autour de lui d’un air étonné. Le plafond de la petite pièce était assez haut mais les murs étroits et plutôt rapprochés, ce qui faisait qu’il était presque collé à l’adolescente. La luminosité était faible, la seule source de lumière étant le néon de sécurité fixé contre un mur, ainsi que la lumière provenant du couloir qui s’infiltrait autour de la porte, à l’autre bout de la pièce.

« Eeeeh… il semblerait qu’il y ait eu un petit souci, j’ai du changer mes calculs à la dernière seconde… »

Tandis qu’Akutoku gesticulait de plus en plus nerveusement, le mercenaire regarda par-dessus l’épaule de la jeune fille et baissa le regard jusqu’à voir l’homme qui était réapparu à moitié dans le sol, toujours solidement aggripé à la jeune fille aux cheveux bleus.
Cette dernière s’était mise à parler mais Le jeune homme ne l’écoutait pas, un grand sourire plaqué sur le visage.

« Oooh, alors c’est toi qui t’es invité au voyage ? Il fallait me prévenir, je t’aurai évité d’apparaître dans le sol… dis-moi, tu m’as l’air d’être dans le même était que tes amis en b- »

La tête de la lycéenne heurta violemment son menton avant qu’il ne puisse finir sa phrase. Une main gantée sur le bas du visage, Ryosei fit quelques pas en arrière avant de se coller au mur derrière lui, ses yeux verts brillants désormais fixés sur Akutoku.

« Itai na, Aku-chan… Tss tss tss, il ne faut pas frapper ses amis, voyons. Tu es une vilaine fille. »

Le sourire du mercenaire était réapparu, tout de même visible malgré la main plaquée contre son menton. Alors qu’il faisait un pas en avant vers la jeune fille, la goute sombre qui s’écrasa sur sa joue lui fit lever la tête vers le haut. Au même moment, quelque chose lui tomba sur l’épaule, juste à côté du cou. Quelque chose de froid et visqueux. Ryosei se figea, seuls ses yeux bougèrent, jusqu’à se poser sur la vipère qui venait d’atterir à quelque centimètres de son cou.

Pendant un instant, l’adolescent ne bougea pas, sentant le serpent gesticuler et siffler doucement juste à côté de sa chair. Ses yeux s’agrandirent soudain et dans un bruissement de vêtements, le mercenaire plaquait sa main contre le mur à sa droite et fixait un point entre son index et son pouce, là où la tête du serpent dépassait. Doucement, il approcha sa main gauche qui tenait désormais un couteau, jusqu’à ce que la pointe touche la peau écailleuse de l’animal.

« Meurs, prédateur. »
susurra-t-il au moment où la lame tranchait la tête du reptile, lui éclaboussant le visage d’un liquide écarlate froid.

Un cri étouffé attira son attention, Akutoku était sur le sol et continuait d’être traînée par le zombie à moitié emmuré. Déjà, ses mains atteignaient la cuisse de la jeune fille qui se débattait de toutes ses forces, visiblement au bord de la crise de panique. Le téléporteur lâcha le corps inerte de la vipère qui s’écrasa au sol et s’accroupit juste à côté d’Akutoku, fixant l’homme aux yeux vides qui la tirait vers lui sans faiblir. Sans changer d’expression, Ryosei plongea son couteau dans le poignet droit du zombie, qui ne relâcha pas son étreinte pour autant.

« Oi oi… ce n’est pas comme ça qu’on s’y prend avec une Lady, O jisan… »

Lentement, à mesure que l’esper y mettait de la force, le couteau commença à tourner dans le poignet de l’homme.

« Il faut y mettre plus d’effort, de délicatesse . »

Crac~

Forçant encore un peu plus sur son couteau, Ryosei trancha complètement les tendons du poignet du mort-vivant et libéra la cheville d’Akutoku de son étreinte.

« Voilà… on commence à se comprendre, pas vrai ? »

D’un coup sec, Ryosei retira le couteau de ce qui restait du poignet de l’homme et planta sans ménagement les dix-sept centimètres de lame dans la mâchoire du professeur, par le dessous. L’esper émit un grognement de mécontentement en comprenant que ça ne suffirait pas à faire lâcher prise au zombie qui gesticulait toujours. Fronçant légèrement les sourcils, il retira le couteau de la tête qui se pencha sur le côté, entraînée par son propre poids, puis planta la lame ensanglantée directement dans la main toujours accrochée à la cuisse de la jeune fille, sans entailler la peau de cette dernière. Il fallut quelques secondes supplémentaires pour que la seconde main lâche prise à son tour, libérant Akutoku.

« C’est répugnant » lâcha simplement le jeune homme en aidant Akutoku à se relever. Derrière eux, la grille en plastique du conduit d’aération craqua, avant de se décrocher de son supoprt, emportée par une marée sombre qui s’écrasa au sol. De nouveau, le téléporteur posa une main sur l’épaule de sa captive, et tous deux disparurent de la petite pièce.




***




Fuyu continuait de courir, les sourcils froncés et le regard fixé sur la masse diforme qui lui bloquait le passage. Si traverser un pan de mur rigide était un jeu d’enfant, passer au travers d’une matière plus « molle » et visqueuse à l’aide de son champ télékinétique était beaucoup plus compliqué. Enfermée dans sa sphère télékinétique tel un hamster dans sa boule et littéralement bloquée dans la marée humaine, la fillette perdait de l’énergie cinétique de seconde en seconde, malgré sa course en surplace continue.

« Ce sont… Des gens. »

« Tch ! »

Derrière elle, Azami Miura et Kousouke Horikawa regardaient le tas que formaient les personnes empilées les unes sur les autres. D’un geste vif, la fillette se retourna et écrasa son pied droit contre le sol de toutes ses forces, désactivant sa sphère mais utilisant son pouvoir de façon plus localisée. L’impact du pied contre le sol carrelagé de l’hôpital provoqua l’effet d’un tremblement de terre dans le couloir. Les couches de matériaux les plus fines sur les murs se fissurèrent aussi bien que la céramique dont était composée le sol, projetant des filets de boue et de vase venue de nulle part dans les airs.

Azami recula d’un bout au moment de l’impact et tira le garçon aux lunettes par le col pour éviter qu’il ne reçoive un morceau de carrelage dans le visage. Cependant, l’adolescente non plus n’avait pas prévu les émissions de boue puantes provenant du sol et des murs et leva instinctivement les bras pour se protéger les yeux. Outre l’onde de choc, la puanteur libérée par la vase lui provoqua un haut-le-cœur qu’elle eut du mal à réprimer, une piqûre de rappel pour son état physique encore précaire.

Fuyu se décala également de sa position lorsqu’un homme au physique de crevette, vêu d’une blouse blanche manqua de lui tomber dessus en expirant bruyamment. S’étant beaucoup rapprochée du duo, la fillette sauta à pieds joints et activa son pouvoir au moment où elle retombait, à l’endroit exact de l’impact qu’elle avait créé à l’instant d’avant. Cette fois ci ce ne furent pas les murs qui se craquelèrent mais un véritable trou qui se créa dans le sol, faisant tomber la jeune fille dans le couloir du deuxième étage, juste en dessous.

« Anmh ! »

Lâcha la mercenaire en se réceptionnant dans une roulade. Après un dernier coup d’œil aux deux adolescents, elle se remit à courir à toute vitesse et disparu de leur champ de vision.

« Merde, je peux pas descendre… »
articula Azami en se tenant le ventre à deux mains.

« Vite viens, recule ! »

Ajouta la jeune fille en criant à plein poumons avant de détaler aussi vite que possible en sens inverse, voyant que la masse d’hommes et de femmes commençait à se mouvoir dans leur direction. S’ils étaient pris dans cette marée humaine… qui sait ce qu’il leur arriverait. Seraient-ils étouffés, ou dévorés ? Azami serra les dents à cette idée, sentant qu’à cette allure, elle allait rapidement rendre son dernier repas.




***




Non loin de la position de repli du groupe de mercenaires, Miyamoto progressait discrètement, Ishika sur ses talons. Il avait partagé tous les éléments –ou du moins les plus importants- dont il disposait avec la jeune fille. Le fait que lui et Lily, ainsi que ceux qui en avaient après Akutoku faisaient partie d’une organisation ainsi que pourquoi il était à la recherche de sa sœur également membre d’un organisme pas spécialement bienveillant.

« Tu es conscient que lui avoir révélé ton nom ainsi que celui de ta sœur va t’attirer des ennuis ? Je ne m’impliquerai pas d’avantage pour réparer tes erreurs. »

« Je sais et je m’en tape. Si nous mettre en taule tous les deux lui fait réaliser ce qu’elle est devenue, ça vaudra le coup. Et puis ça aidera peut-être à la tenir éloignée de ces connards. »

Miyamoto avait également mi la jeune fille au courant pour leur allié inconnu, pour qu’elle ne doute pas de ce qu’il lui avait raconté et, accessoirement, qu’elle ne pense pas qu’il conversait avec des voix dans sa tête.

« J’ai accès aux caméras de l’hôpital, il y a quelque chose d’étrange quelques mètres devant toi, je ne vois pas bien ce que c’est, on dirait que quelque chose a coulé sur l’objectif de la caméra. »

L’homme aux boucles d’oreilles fronça un sourcil et leva l’autre puis palpa l’arrière de son jean pour y sentir la crosse de son pistolet, comme pour se rassurer.

[De quoi il parle, ce type…]

Si jamais il devait pointer encore une fois une arme sur sa petite sœur, il sentait qu’il allait péter les plombs. Miyamoto inspira un bon coup, ne laissant rien paraître de son anxiété, ça n’était pas le moment.

« Petite, si jamais ça tourne mal, je te conseille de courir, et vite.

« Il y a des drones écrasés que ta petite sœur utilisait, aussi. »

Les yeux de Miyamoto s’écarquillèrent à l’entente de cette dernière phrase. Sans ajouter un mot et oubliant soudainement tout masque, il se mit à courir dans la direction que lui indiquait la voix. Le bruit mat de ses chaussures contre le béton se transforma peu à peu en un bruit semblable à celui d’un pas dans quelque chose de mou. Au bout de trois pas supplémentaires, l’aîné des Inoue se figea, fixant la masse informe devant lui.

« Hein… quoi.. ? » articula-t-il d’une voix tremblante.

Les yeux du jeune adulte passèrent sur les drones écrasés au sol, puis sur la tablette qui avait glissé un peu plus loin.

« Qu- qu’est-ce qu’ils font, ces gens ? Où est Nonoka, est-ce qu’elle est… »

Dans la masse de corps empilés et enchevêtrés, une couleur apparu, se démarquant légèrement du reste aux yeux de Miyamoto. Du vert.

« Bordel ! NONOKA ! »

Et Miyamoto Inoue s’élança, sourd à la douleur qui lui causait son pied à peine soigné. L’avant de sa basket s’imbiba de sang jusqu’à se teinter de rouge, mais il ne le remarqua pas. Celui qui n’était désormais qu’un chauffeur occasionnel pour le compte de Lily ressentit quelque chose qu’il n’avait pas éprouvé depuis longtemps. Un signal électrique partit de son cerveau jusqu’à son bras droit, au moment où il frappa la masse de corps.

« RHAA ! »

Quatre corps volèrent dans les airs, deux s’écrasèrent contre le mur à gauche et deux autres disparurent dans le large trou sombre créé par le passage de l’escouade de Nonoka.

« Rendez-moi ma sœur, bande de MONSTRES ! »

Ryosei cligna des yeux, une expression de surprise sur le visage. Il était réapparu pile au moment où quatre des zombies s’étaient envolés, et avait été chaleureusement accueillit par un hurlement de la part de Miyamoto. La main gauche sur l’épaule d’Akutoku, il resta planté à quelques centimètres du mur du fond sans bouger. Miyamoto continuait de faire voler les corps, réduisant peu à peu amoncellement de personnes devant la voiture. C’était curieux, comment faisait-il pour les balayer comme ça ? L’esper aurait pu se poser bien d’autres questions puisqu’il semblait que le grand frère de sa boss ne l’avait toujours pas remarqué, mais un détail le coupa dans sa réflexion. Des cheveux roses. Prenant quelques secondes supplémentaires pour réaliser la chose, le mercenaire aux mains gantées planta son regard sur Ishika.

« B-BWAHAHAHAHA ! AHAHAHA !! »

Un rire aigüe, presque dément s’échappa de la gorge du jeune homme alors qu’il se pliait en deux, visiblement hilare.

« Ahaha... hahaha… aaaah… c’est toi qui l’a sauvée, n’est-ce pas, Miyamoto Inoue-san ? »

reprit-il d’une voix d’un coup bien plus sérieuse. L’adulte le regarda, mais avant qu’il n’ait eu le temps de prononcer une syllabe, Ryosei reprit avec son sourire amical, s’adressant à la jeune fille cette fois-ci.

« Tu sais, c’est la première fois que quelqu’un survit à la mort que je lui donne. Nous nous reverrons très bientôt, j’espère. »

Ryosei s’avança légèrement, laissant Akutoku derrière lui. Les personnes présentes pourraient penser qu’il se surestimait en pensant pouvoir laisser sa cible sans surveillance, en parlant déjà du futur de la sorte mais non, ça n’était pas le cas. Non, il ne se surestimait pas, il savait qu’il pouvait gérer seul toutes les personnes présentes sans aucun problème. Pensant à ce qu’il s’apprêtait à faire, le mercenaire sourit à pleines dents puis fléchit légèrement les jambes.

La téléportation qui suivit envoya les talons de l’esper droit dans le visage de Miyamoto qui fut repoussé en arrière par la violence du choc. Un gloussement grossit subitement dans la gorge du téléporteur alors qu’il se laissait tomber dans la masse humaine, bras et jambes écartés et le regard planté dans le plafond.

« Ahahahahahaha !! »

Au moment où l’adolescent tomba au milieu des zombies, des bras commencèrent à le recouvrir et à l’attraper de toute part, cachant peu à peu son corps, son visage, même ses yeux verts. La main droite de l’esper entra en contact avec une tête chevelue sur lesquels il raffermit sa prise. Aussitôt, la masse humaine s’affaissa en son centre lorsque le téléporteur utilisa son pouvoir pour réapparaitre juste à côté d’Akutoku, retenant Nonoka par les cheveux en la plaquant contre un mur.

« Oho… tu m’en dois une maintenant, boss non… Nonoka-chan. » murmura l’adolescent contre l’oreille de la jeune fille. Avant de lancer sa main en direction d’Akutoku et de la serrer par le col pour l’empêcher de bouger.

Lançant un dernier regard en arrière, le mercenaire sourit de nouveau.

« Je vous dis à plus tard, chers amis. »

Et le trio disparut.

Quelques mètres derrière Ishika et Miyamoto, des bruits de pas résonnèrent dans le parking. Les semelles autrefois d’un blanc immaculé des baskets de la fillette étaient sales et abîmées, tout comme le reste de ses vêtements. À y regarder de plus près, la jeune fille était couverte d'égratignures, ses cheveux s'étaient détachés pour tomber dans son dos. Son regard inexpressif verrouillé sur ses nouvelles cibles, Fuyu se mit en position.
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Akutoku Reitōko

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MessageSujet: Re: [ Alter Fofo ] Une Aku cute et en danger ! (pv Akutoku)   Sam 23 Déc - 0:10

« Tant de gens liés à une seule personne… Des enfants. Des enfants qui lient leur trace avec leur sang et leurs pleurs. Mais ça n’a pas d’importance, ce sont des dommages collatéraux… Oui, c’est vrai, je parle comme eux. Comme ceux qui vous ont fait du mal. Qui nous ont fait du mal, mes frères, mes soeurs. Mais je dois y arriver, pour moi. Pour vous. Pour nous. Ensemble... »

La seule chose à laquelle il pensait, c’était qu’il avait enfin réussit ce qu’il cherchait à faire. Il se leva malgré les liens qu’il s’était lui même affublé, et malgré les nombreuses morsures de serpent qui couvraient ses bras et ses jambes nues. D’un mouvement du pied, il défit le dessin formé à la craie au sol, retirant l’aura pesante qui entourait et écrasait l’hôpital et ses occupants. Tout autour de lui, comme à l’unisson, les sifflements des reptiles se firent entendre dans l’ombre de la zone d’épuration d’eau désaffectée où il se trouvait.

« ...Comme une grande famille. Comme une grande famille liée par les traces de sang et des pleurs. J’ai la fillette. J’aurais la ville. »




♦️♦️♦️






« Hu... »

Tout cela était difficile à avaler pour la membre de Judgment. Mais si l’homme du pont en savait autant, et qu’il l’avait sauvée… Alors ça voulait dire qu’elle n’avait pas le choix si elle voulait arriver à retrouver Horikawa et les autres, à aider Lily et Akutoku… A tous les aider, elle devait aussi y donner du sien, quitte à de nouveau faire confiance à une personne qui ne semblait ni être totalement du bon côté, ni du mauvais. Alors que les pas de Miyamoto se mirent à accélérer la cadence, derrière lui, Ishikawa fit de même pour tenter de le rattraper, titubant un peu car encore sous la pression des derniers évènements et de sa chute vertigineuse.

« U-Une seconde ! Je vous… Je vous suis, alors... »




♦️♦️♦️






« Merde, je peux pas descendre… »

« … Alors, ralentis un p- Wha ! »

Les chocs répétés contre les murs et le sol, et les projections de débris et de boue avait fait perdre à Kousuke Horikawa toute notion de repérage. Où, comment et pourquoi, il n’avait plus aucune réponse, et cherchait surtout à retrouver son équilibre en faisant en sorte qu’Azami reste elle aussi en un seul morceau, mais dans son état, il était plus un poids inutile qu’autre chose.

« Vite viens, recule ! »

Tiré par la jeune fille, il ne demanda pas son reste et détala en la suivant. Il ne put cependant s’empêcher de lancer un coup d’oeil derrière lui, en sentant l’empressement de la jeune femme et sa crispation. Et il vit l’ombre s’élever sur eux. La masse d’individus incontrôlable était, telle une vague prête à s’écraser sur le duo. Kousuke n'arrive même pas à réfléchir et se contenta de pousser Azami un peu plus loin histoire qu’elle réussisse à s’échapper, alors que de nouveau impuissant, il s’écroula au sol. Fermant les yeux, il attendit que la lame de fond s’abatte sur lui. Mais à la place du bruit qu’il attendait, il ne recueillit que des chocs mats sur le carrelage ciselé. Il rouvrit les yeux, pour voir que toute la boue sur les murs avait disparue, l’hôpital était redevenu blanc et immaculé, seulement les dégats causés par Fuyu étaient restés.

Se tournant vers Azami, il lança un soupire de soulagement et regarda autour de lui. Les chocs mats qu’il venait d’entendre, c’était les corps des gens qui étaient tombés autour de lui. Ils n’avaient plus l’air de macchabés tout droit sorti d’un film d’horreur, mais bien de malades. Il huma l’air pour voir que l’odeur de putréfaction avait aussi disparue. Qu’est ce que ça pouvait bien être qui avait causé tout ses évènements étranges ? Si c’était un pouvoir d’esper de haut niveau, Kousuke n’en avait jamais entendu parler. Mais ce dont il était sûr quand il se releva en même temps que les lumières se rallumaient, c’était qu’il n’avait pas de temps à perdre.

« On… On doit faire quelque chose ! On doit vite la rattraper, ils ont pris Akutoku, et si ça se trouve… Si ça se trouve, ils ont Ishika aussi ! »

Kousuke pris la main tendue par Azami pour se relever, qui semblait encore moins comprendre les choses que lui, vu son expression.


« Je… Je ne compte pas être un poids mort non plus alors… J’ai une idée. Mais il va falloir que tu m’aides à me diriger. Tu as déjà vu ce garçon qui va très vite en utilisant des explosions ? »




♦♦♦





« B-BWAHAHAHAHA ! AHAHAHA !! »


Les yeux d’Ishika se mirent lentement à se rouvrir en direction du cri, après être resté à distance, sans comprendre, de la masse informe d’individus que Miyamoto était en train de creuser. Tous les évènements qui s’étaient déroulés lui revinrent en mémoire et lui faisaient tellement mal à la tête qu’elle aurait préféré rester dans le vide. Elle ne put même pas s’empêcher de regarder l’adolescent dans les yeux. C’était lui. Sa gorge se noua. Il retenait Akutoku. Et d’une façon ou d’une autre, elle sentait qu’il la retenait encore, comme si elle était encore sur cette immeuble, plongée dans ses yeux verts.



« Ahaha... hahaha… aaaah… c’est toi qui l’a sauvée, n’est-ce pas, Miyamoto Inoue-san ? »


Ishika regarda Akutoku, utilisant son pouvoir pour vérifier qu’elle était blessée. Son regard et son expression était empreinte de douleur, mais elle ne semblait pas avoir été grièvement blessée… Et pourtant, il y avait quelque chose d’étrange… Son rythme cardiaque, sa respiration… Son étrange blessure à la jambe.... Mais désactivant ses yeux en atteignant sa limite, Michi releva son regard humide vers Ryosei.


« Tu sais, c’est la première fois que quelqu’un survit à la mort que je lui donne. Nous nous reverrons très bientôt, j’espère. »

« A-... Attends- ! »

L’esper de Judgement leva la main dans la direction du téléporteur, mais un léger souffle de vent la fit revenir à la réalité. Plus loin, il venait de réapparaître comme une image sur écran, écrasant ses chaussures sur le visage de Miyamoto, prêt à plonger dans la mer de mains grouillantes.

« Ahahahahahaha !! »

Comme si sa vie en dépendait, l’adolescente fonça dans la mer de personnes sans même réfléchir, l’image d’une petite fille aux cheveux blonds se jetant d’un pont figé dans la tête. Qui sait ce qu’il pouvait se passer maintenant… Mais elle avait un choix à faire, se jeter pour l’empêcher de tuer tout ses gens et tenter de l’arrêter ou sauver Akutoku. Mais c’est l’instinct de l’entraînement de Judgment qui pris le dessus et l’obligea à se rapprocher de la masse informe… Avant qu’un nouveau bruit d’air aspiré se fasse entendre. L’adolescent aux yeux verts n’étaient déjà plus là.


« Je vous dis à plus tard, chers amis. »




♦️♦️♦️






Nonoka rouvrit les yeux, le vent lui giflant le visage et faisant voleter ses mèches vertes en tout sens. Elle inspira l’air en papillonnant des paupière, tournant la tête autour d’elle. Elle était adossée à un muret sur le toit de l’immeuble un peu plus loin de l’hôpital, là où elle avait recruté officiellement les deux esper. Elle se massa le visage avant de se relever. Ryosei regardait au loin proche de la corniche, une main sur l’épaule d’Akutoku, l’autre sur son arme. Il attendait sûrement sa camarade. Ou peut-être pas. Nonoka Inoue regarda ses vêtements et fut surprise de voir qu’elle n’était plus boueuse et qu’elle n’avait que des éraflures et des égratignures. Cela voulait dire… Oui, ça n’avait aucun doute. Ryosei l’avait sortie de cet enfer.


« C’est toi qui... »

{{ Ce type… Je l’ai sous-estimé depuis le début. Comparer tout le monde à Kimura-san était peut-être tout simplement stupide… Efficacité, puissance de frappe, tactique… Ce gars… Il n’est pas n’importe qui. }}

« … Vous avez réussi à récupérer Akutoku… Tu m’as ramené à l’endroit du rendez-vous… Bordel, je déteste les gens qui me surpassent en quelque chose. Bien joué… On dirait bien que c’est… »

Nonoka Inoue soupira longuement, encore sous le choc elle aussi des derniers évènements. Elle avait réellement succombé à la terreur dans ce parking, sous cette masse d’ombre… Mais c’était terminé maintenant, elle avait de nouveau les idées claires, et elle avait de nouveau son plan en tête. Elle grimaça à Ryosei lorsqu’il se tourna vers elle, comme si elle était vraiment incapable de répondre à son sourire. Elle cligna des yeux en levant la tête vers lui après qu’il se soit approchée d’elle avec Akutoku, puis fit quelque chose qu’elle n’avait pas montré depuis un certain temps : un vrai bon gros sourire franc et chaleureux à l’adolescent aux yeux verts.

« … Mission accomplie ! »

Un coup de feu s’échappa de l’arme de Nonoka, après qu’elle l’ai levé en un instant sous le menton de Ryosei en un éclair. Elle allongea son sourire en posant son regard sur la trace de sang qui s’écoulait de sa joue et dont des gouttelettes tombaient sur sa veste vert flashy. Elle se retourna vers l’esper. Il s’était téléporté juste à temps en faisant les bons calculs, et avait réussit à prendre de la distance tout en récupérant Akutoku. Incroyable réflexe, incroyable déduction, incroyable vitesse d’éxécution. Ce salopard était un pro. Il releva sa lame ensanglantée par le rouge pourpre qui s’écoulait de la joue de Nonoka.

« Pfffhaha, donc tu savais que j’allais t’attaquer, hein ? T’es vraiment intelligent, toi. Bah, quelle putain d’importance. J’ai déjà dis que j’étais certainement pas juste une petite level 0… Mais à force de se comparer à Kimura-san, on apprendra rien. Retiens juste ça. Je suis meilleure que toi. Parce que j’avais encore un coup d’avance. »

Un puissant souffle de vent obligea l’esper aux yeux verts à détourner son attention une seconde derrière lui. Le gigantesque drone Dragonfly, semblable à une libellule aux fines ailes de plastique battant dans les ailes à une vitesse incroyable s’élevait dans les airs, avec Akutoku entre ses pinces rétractables. Deux compartiments s’ouvrèrent sur les côtés. Derrière Ryosei, Nonoka releva son arme à feu, tirant un coup que l’esper évita en se téléportant vers le drone pour récupérer Akutoku. Mais ce qui était contenu dans les compartiments s’était échappé au même moment, et celui-ci du poser les pieds sur un muret pour ne pas se prendre les deux fusées de plein fouet.

Deux véritables missiles téléguidés fonçaient en direction de l’adolescent téléporteur en déchirant l’air avec leur réacteur dorsal. Il avait fallu d’un instant pour que Nonoka s’élance vers le drone pour se poser sur son dos, accrochant une main au véhicule, l’autre sur son casque qui contrôlait les drone Bee.

« Ahah ! Des types comme toi et ta copine ne pourront jamais rejoindre le Bloc K ! Vous n’êtes que des pions sans désir et sans volonté ! Des moutons décérébrés ! Comparés à moi, vous êtes encore moins que des insectes, aucune ambition… Aucun de vous deux ne voit l’arbre derrière la forêt ! C’est pour ça que c’est moi qui gagne, et vous qui perdez ! »

Les missiles se mirent à accélérer, semblant se rapprocher dangereusement de Ryosei. Celui brandissait son arme en se téléportant vers Nonoka qui tentait de s’échapper avec Akutoku et son drone, mais après sa réapparition près de l’engin, un vilain bruit de statique lui vrilla les tympans. L’air avait changé. Non, ça venait de derrière lui. L’un des missile, bien plus proche que l’autre, avait ouvert les parties qui l’entouraient, ressemblant maintenant à une fleur mécanique. Les “pétales” semblaient envoyer des ondes dans l’air, ce qui avait pu altérer ses calculs.

« Les téléporteurs n’utilisent pas que des calculs de psychokinesis, mais ça fera l’affaire. Si tu vois la blondinette de l’autre côté, fait lui un câlin de ma part, l’épouvantail.~ »

Le missile floral, une fois avoir atteint une certaine distance de l’esper aux yeux verts, explosa en créant une déflagration violente et projeta des fragments en tout sens, comme lors de l’explosion des drones Hornet.  Ryosei avait réussit à l’éviter sans trop d’encombre, mais le surnom que Nonoka lui avait donné pris enfin sens, puisqu’avec ses cheveux dans tout les sens et les fragments de sharpnels fichés dans ses vêtements, il ressemblait plus à un épouvantail qu’à un mercenaire. Il eut le temps de tourner la tête vers Nonoka sur son drone avant que le deuxième missile, transperçant la masse de fumée grisâtre de l’explosion, n’ouvrit ses pétales en fonçant sur Ryosei, prêt à le réduire en morceaux.

{{ Tssk, ce type… Il va sûrement s’en tirer, mais il devrait passer assez de temps à échapper au téléguidage. J’ai bien fait de le scanner, je savais pas que je réussirais aussi vite à passer à la seconde phase. }}

Nonoka passa son pouce sur sa plaie sanglante à sa joue gauche, il ne l’avait pas raté avec sa maudite arme, si ça avait été plus profond… Mais elle avait plus important à faire, tout d’abord. Elle devait supprimer Fuyu avec les armes du Dragonfly, avant que le duo ne se retrouve. Non seulement la mort de cette fille allait sûrement lui faire du mal et donc le déstabiliser, mais ils étaient sûrement encore plus difficile à avoir en 2 versus 1. Mais un deuxième objectif supplémentaire s’était ajouté à la chasse : Azami. Pas question de laisser cette sniper s’en tirer une deuxième fois des griffes de Nonoka. Cette fois, elle allait lui prouver qu’elle était meilleure.

« Ce sale esper pensera sûrement pas que je reviens vers l’hôpital… Je vais en profiter pour faire d’une pierre deux coups. Ca fait coup d’être aussi populaire, Reitoko-san ? Tu me raconteras ça quand- Hu ? »

Nonoka baissa la tête vers Akutoku Reitoko qui avait perdue connaissance entre les pinces du Dragonfly. Elle semblait fiévreuse et son visage était légèrement crispé. Regardant plus bas, la soeur de Miyamoto Inoue se mit à cligner des yeux. Sur sa jambe, il y avait une morsure de vipère. Au moment même où Nonoka avait relevé la tête vers la route, s’échappant de la fenêtre, Kousuke Horikawa et Azami filait dans les airs en s’arrêtant de tournoyer, fonçant dangereusement vers Nonoka et son drone. Le regard des deux adolescentes mercenaires se croisa.

« Quuu- ?! »

« Merde merde merde… Azami, accroche-toi quelque part ! ça paraissait tellement plus simple quand il le faisait ! »




♦️♦️♦️




La vitre en verre qui séparait Haruhiro de l’autre partie de la cellule semblait plus résistante qu’elle n’aurait dû. De chaque côté de sa chaise où il était assit, menotté, il y avait deux enceintes qui diffusait un rythme incessant de vibrations anti-esper à haute fréquence. Le matériel du Reformatory. On lui avait dit que quelqu’un allait venir le voir, maintenant qu’on lui avait fourni tout les soins qu’on prodiguait à ceux qu’on allait rapidement remettre dans leurs cellules. La porte s’ouvrit finalement sur une jeune femme adulte de taille plus grande que la moyenne, d’au moins vingt-cinq ans, mais ses traits restaient assez doux et féminins, accentués par son léger sourire. Habillée de bleu marin, d’un calot et d’une jupe serrée, il était difficile de dire qu’elle était sa profession. Sûrement enseignante.

« Ara ara… Bonsoir, Haruhiro-kun ! Ce n’est vraiment pas les meilleures conditions pour se rencontrer, je te l’accorde… Tu peux m’appeller Shiina. »

La femme vint tirer la chaise devant la vitre, puis s’asseya devant Haruhiro. Elle se racla la gorge puis se remit à lui sourire. Son mince sourire semblait assez franc, si bien qu’il était totalement impossible, même pour le plus des détectives, de détecter sans autre information si elle était animée de bonne intentions ou de mauvaises. Une chose était sûr, elle était en pleine maîtrise de ses moyens.

« Tu ne me connais pas, mais il se trouve que moi, je te connais. Comment te dire… Disons que suis la soeur d’une fille que tu as déjà rencontré… Non, plus que ça, vous vous connaissez tout les deux un peu maintenant non, vous avez dû déjà échanger, pas vrai ? Elle porte une casquette et vient de Nagatenjouki, ça te rappelle quelque chose, pas vrai ? »

Voyant le regard du garçon, elle fut d’abord un peu étonné par son expression qui ne semblait pas vraiment agressive, à première vue. Elle inspira, puis se remit à sourire, cette fois, elle avait l’air plus déterminée.

« Et bien si tu vois de qui je parle. Il se trouve qu’après t’avoir rencontrée, elle s’est retrouvée gravement blessée… Je ne sais pas si tu l’as revue à l’hôpital… Durant l’attaque peut-être ? Elle va mieux, à présent. C’est bien, mais ce n’est pas d’elle que je suis venu parler… Je n’ai pas beaucoup de temps, alors il va falloir que l’on fasse plus court… Haruhiro-kun, j’aimerais que tu me parles un peu plus des deux personnes qui l'accompagnaient, les deux jeunes filles sans identité, avec toi, ma soeur, et Akutoku. »

« La jeune fille aux cheveux blonds, et celle qui portait un fusil. Si tu fais ça pour moi, je te dirais aussi des choses qui vont t’éclaircir et je répondrais peut-être même à tes questions… Mais mieux que ça, je t’aiderai à sortir d’ici en un seul morceau. » Son sourire s’accentua pour venir corroborer la franchise de ses dires. « Alors, tu veux bien m’aider, Haruhiro-kun ? »




♦♦♦




A plusieurs dizaines de mètres de la cellule de communication extérieur, dans une cellule pourtant identique, mais avec un haut parleur de plus, Eitaro Kimura attendait lui aussi la visite en même temps que l’adolescent aux cheveux en bataille. Enfin, la porte s’ouvrit. Mais la figure, dans l'entre brasure de la porte, resta dans l’ombre. Sa voix, à demi-masquée, était difficile à identifier clairement.

« Sempai… ça fait un petit moment… Mais quand j’ai appris que vous étiez retenu ici… Au départ, ce n’était pas toi que je voulais voir, mais ma soeur ne m’a pas laissée. Elle savait ce que j’aurais fait si j’étais rentré dans l’autre cellule… Celle avec le garçon. »

La voix de jeune fille chevrottante résonna de nouveau, alors que l’ombre se rapprocha d’Eitaro. Elle était calme et réservée, mais il y avait quelque chose dans le ton qui marquait un respect profond envers l’esper aux pouvoirs ferrokinétiques.

« Vous vous souvenez de moi, n’est-ce pas… ? A Nagatenjouki Academy, lors de la visite des anciens étudiants… C’est vous qui m’aviez donné tout ses conseils. C’est grâce à vous que j’ai réussi à avancer jusqu’ici… Mais aujourd’hui, je veux aller plus loin. Un évènement m’a… Ouvert les yeux. »

Finalement, la jeune fille se retira de l’ombre, faisant quelques pas en direction de la vitre. Dans son masque respiratoire transparent, ses lèvres minces se remirent à bouger doucement, alors que sa main se posa sur la vitre derrière laquelle se trouvait Eitaro Kimura. Ses longs cheveux eurent un petit soubresaut. La lumière clignotante de la cellule illumina enfin le visage de l’étudiante de Nagatenjouki et ses yeux magentas.

« Je veux savoir. Je veux tout savoir. Je vais partir sauver Akutoku Reitoko-kun. Et je vais détruire tout ce qui sera sur mon chemin. Ancien alliés ou pas. Je vais ouvrir moi même le chemin. »

« Sempai… Qui est là bas ? Et où sont-ils ? Je vais leur faire payer. Et je vais peigner la ville… Peigner la ville avec le sang d’Haruhiro et des autres raclures. »

Otaki sumire souffla une volute de vapeur d’eau chaude, faisant ressortir la trace de buée sur la vitre en plongeant ses yeux dans ceux d’Eitaro.
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Haruhiro Wilkowski

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MessageSujet: Re: [ Alter Fofo ] Une Aku cute et en danger ! (pv Akutoku)   Dim 31 Déc - 2:26

« Ara ara… Bonsoir, Haruhiro-kun ! Ce n’est vraiment pas les meilleures conditions pour se rencontrer, je te l’accorde… Tu peux m’appeller Shiina. »

Haruhiro fixait la jeune femme sans ciller, un air désagréable sur le visage. Il ne l’aimait pas, le ton de sa voix, sa dégaine, cette supériorité qu’elle essayait d’imposer, rien de tout ça ne lui plaisait. Enfin, ça n’était probablement pas le but, après tout.

« J’ai l’air d’en avoir qulque chose à foutre ? »

« Tu ne me connais pas, mais il se trouve que moi, je te connais. Comment te dire… Disons que suis la soeur d’une fille que tu as déjà rencontré… Non, plus que ça, vous vous connaissez tout les deux un peu maintenant non, vous avez dû déjà échanger, pas vrai ? Elle porte une casquette et vient de Nagatenjouki, ça te rappelle quelque chose, pas vrai ? »

A l’évocation d’une casquette, des images assaillirent aussitôt l’esprit de Haruhiro, rouges, pleines de sang. Le trou béant dans le ventre de Nakamura Cho, ses entrailles qui… D’un froncement de sourcils, le jeune homme s’intima de stopper son flux de pensée.

[ Cho Nakamura ? ]

« Et bien si tu vois de qui je parle. Il se trouve qu’après t’avoir rencontrée, elle s’est retrouvée gravement blessée… Je ne sais pas si tu l’as revue à l’hôpital… Durant l’attaque peut-être ? Elle va mieux, à présent. C’est bien, mais ce n’est pas d’elle que je suis venu parler… Je n’ai pas beaucoup de temps, alors il va falloir que l’on fasse plus court… »

[ Nan, c’est pas Cho… plus ou moins tous ceux qui ont croisé ma route ont été blessés, et gravement. Mais vu sa gueule, c’est la sœur de l’autre tarée du tunnel… avec ses yeux de- ]

«... Haruhiro-kun, j’aimerais que tu me parles un peu plus des deux personnes qui l'accompagnaient, les deux jeunes filles sans identité, avec toi, ma soeur, et Akutoku. »

Un sourire se dessina sur les lèvres de Haruhiro qui planta son regard droit dans celui de la jeune femme, relevant la tête.

« La jeune fille aux cheveux blonds, et celle qui portait un fusil. Si tu fais ça pour moi, je te dirais aussi des choses qui vont t’éclaircir et je répondrais peut-être même à tes questions… Mais mieux que ça, je t’aiderai à sortir d’ici en un seul morceau. Alors, tu veux bien m’aider, Haruhiro-kun ? »

« Dis-moi, «Shiina » Commença Haruhiro après un petit moment, se courbant en avant pour rapprocher son visage de la vitre. « Est-ce que j’ai une gueule de perroquet pour toi ? »

Le sourire du jeune mercenaire persista un instant avant de disparaitre. Laissant de côté le côté joueur et amusé, Haruhiro reprit d’une voix plus grave, regardant toujours la jeune femme dans le blanc des yeux.

« Ce que je veux ce n’est pas une garantie sortie du fion de n’importe qui, si tu veux tes infos, va falloir me faire sortir de là et rapidement. Je sais bien plus de choses que ce que tu semble croire, et sur bien plus de monde que seulement la petite blondasse et l’autre idiote. Tu as l’air satisfaire de ta position de supériorité, onee-san, mais tant que je suis enchaîné ici, mes lèvres son scellées. »

Sur ces derniers mots, l’adolescent s’adossa lentement contre le dossier de sa chaise, le regard rivé contre la vitre épaisse. Le message était clair, des informations contre sa libération. Il lui avait qu’il trouverait une solution, et il était bien déterminé à tenir sa promesse.




***




Pendant un moment, personne de bougea. La fillette aux yeux inexpressifs sortit une barre énergiétique de la poche de son sweat et mordit dedans avec ses molaires, laissant l’emballage glisser tout seul. Lentement, l’emballage tomba, et à l’instant même où le papier qui recouvrait le snickers toucha le sol, Fuyu disparu de sa position initiale, la barre énergétique sortant toujours à moitié de sa bouche.

Miyamoto réagit au quart de tour, se redressant d’une seule impulsion. Cette fille était avec le téléporteur, c’était celle qui lui avait proposé de se joindre à eux. Ironiquement, peut-être qu’il aurait accepté son offre dans le cas présent... mais cette dernière n’était visiblement plus d’actualité.

« Où est-elle ?! » hurla-t-il, braquant son poing alors que la fillette se rapprochait à grande vitesse.

[ Je vais te balayer ! ]

Miyamoto frappa de toutes ses forces, visant la tête de la jeune esper. Mais son poing heurta un mur invisible, à vingt centimètres du visage de Fuyu. Un son sourd retentit à l’impact avant qu’une onde de choc de crée un puissant courant d’air dans les trois mètres entourant les deux ennemis. Une multitude de gouttelettes de sang furent projetées vers Miyamoto qui pu presque apercevoir son reflet dans l’une d’entre elles. Le jeune adulte écarquilla les yeux en croisant le regard de Fuyu et sauta en arrière pour reprendre des appuis stables, toujours repoussé par la fillette à peine freinée dans sa progression.

[ Putain mais qu’est-ce que…  merde ! ]

Lorsque le pied gauche de Miyamoto toucha le béton, ce dernier se craquela, des éclats de sol volèrent dans tous les sens tandis que, la jambe tendue, l’homme aux boucles d’oreilles creusait un profond sillon dans le béton, reculant sur deux bons mètres avant de finalement s’immobiliser.

« Stabilisé à 78% du pouvoir maximum… » grogna Miyamoto, transperçant la fillette du regard, une grimace sur le visage. De la surprise apparu dans les yeux de la jeune esper qui continuait de courir, en surplace.

« Bordel, saloperie de hamster de merde ! »

Fuyu désactiva instantanément sa bulle psycokinétique et pivota pour porter un coup de pied circulaire à l’adulte, mais l’ainé des Inoue échangea ses appuis au même moment et bloqua l’attaque avec sa jambe gauche. Un bruit métallique retentit.

« Tch ! »

Le poing de Miyamoto atteignit la fillette en plein visage, la faisant décoller sur plusieurs mètres avant qu’elle ne roule sur le béton, inerte.

Miyamoto se redressa en position normale, à travers son jean en piteux état, sa jambe fumait, de même que son bras droit, jusqu’à l’épaule. Il posa son regard sur sa main droite, rouge de son propre sang. Au centre, figée dans la chair, se trouvait toujours la balle qu’il avait interceptée avec sa paume, cachant une part de lui qu’il ne voulait certainement pas montrer.

« Fait chier. C’est quoi ce pouvoir ? …Redémarrer à 78% hein ? »

Une lueur nouvelle dans le regard, Miyamoto se tourna vers la jeune fille aux cheveux roses.

« Viens Ishika-san, on va aller chercher Akutoku. Et ma sœur avec. »

Un coup d’œil en direction de là où était étendue Fuyu lui confirma que le petit bruissement de vêtement qu’il avait entendu à l’instant n’était pas du à son imagination. La jeune fille avait disparu.
Cachée un peu plus loin derrière une voiture, Fuyu cracha un peu de sang avant de s’essyer la joue, un énorme ématôme sur le côté gauche du visage.

[ Il faut que je retourne voir Ryosei, vite. Cours, cours, cours ! ]

Disparaissant hors du parking, la fillette accéléra de plus en plus, ignorant la douleur, le froid et le gout du sang dans sa bouche.

[ Il faut que je lui dise ! ]

Plusieurs centaines de mètres plus loin, un gloussement retentit dans l’ombre.

« Huehehe... hehehe… »

Un sourire crispé plaqué sur les lèvres, le visage noircit et les cheveux ébouriffés, le téléporteur ne parvenait pas à calmer son rire nerveux. Une quinte de toux se chargea cependant de l’interrompre. Après l’attaque surprise de Nonoka et ses deux missiles à tête chercheuse, le mercenaire avait finit par se téléporter dans une ruelle, à l’abri.

« Nonoka-chan… tu as mal choisi ton camp. »

L’esper se redressa et attrapa entre deux doigts l’un des éclats noirs qui s’était accroché à sa veste suite aux explosions. Il tourna le petit triangle cramoisi encore et encore, le fixant avec fascination.

« Tu n’as pas réussi à battre Kimura-san… tu ne m’auras pas non plus. Je vais te descendre, petite boss. »

Sentant quelque chose vibrer dans son pantalon, Ryosei sortit un téléphone à l’écran fêlé en deux de sa poche puis décrocha rapidement.

« Tu as terminé ? Oh... je vois. Bien ce n’est pas grave. Ca tombe même très bien, on va changer d’approche. »

Un sourire démoniaque s’afficha sur le visage de Ryosei. Il était temps de remettre les enfants à leur place.




***




« Merde merde merde… Azami, accroche-toi quelque part ! ça paraissait tellement plus simple quand il le faisait ! »

« Tu te FOUS de moi ?! » hurla la jeune fille en retour, par-dessus le vent qui soufflait à ses oreilles. Horikawa ne l’avait peut-être pas entendue, et même si cela importait peu vu la situation dans laquelle elle était actuellement, la jeune fille sentit un sentiment de frustration monter en elle.

[ Bon sang ! Je suis sortie de l’hopital il y a à peine quelques heureeeees ! ]

Lorsque dans un moment de flottement, Azami croisa le regard de la jeune fille aux drones, toute sa détresse disparu soudain, sa colère et sa haine furent les seules émotions qui occupaient son esprit, et elles étaient redirigées vers la jeune fille aux cheveux verts.

L’adolescente se courba en avant, effectuant un salto aérien, si bien que ce furent ses pieds qui entrèrent en contact avec la cage thoracique de Nonoka Inoue. Azami se réceptionna tant bien que mal sur le dessus du Dragon Fly, le choc contre son dos lui arrachant tout de même un cri de douleur. Immédiatement, la jeune fille se releva, voyant que Nonoka se redressait également, une main plaquée sur la poitrine. Elle plissa les yeux, foudroyant la cadette des Inoue du regard. Elle avait tenté de la tuer et avait presque réussi, l’envoyant dans l’autre monde pour au moins quelques minutes. Sans oublier que l’explosion du drône allait lui laisser une large brûlure dans le dos, impossible à effacer. Les cheveux détachés et battants dans le vent recouvraient par moment le regard hostile de la jeune fille. Elle allait neutraliser cette ennemie, coûte que coûte.

[ Malgré son âge, c’est une pourriture comme les autres, formatée comme un objet. Elle est prête à tout, elle n’a pas peur. C’est une meurtrière. ]

Durant un court instant, le regard d’Azami s’assombrit encore un peu plus. La seconde d’après, son pied fusait droit vers l’adolescente aux cheveux verts, lui balayant la main et lui faisant lâcher l’objet qu’elle avait attrapé dans le vide. Sans attendre, l’adolescente aux cheveux sombres se rapprocha de son ennemie et fit mine de vouloir lui assener un coup de paume, avant de stopper son geste pour attaquer réellement. Des arcs électriques illuminèrent la nuit, grillant les circuits du casque de la jeune fille ainsi qu’une mèche de cheveux verts au passage. Azami était certes affaiblie et sans équipement, mais les arts martiaux ne trahissaient jamais un disciple dévoué, telle était la vérité sur laquelle la mercenaire avait parié.

Un coup de pied latéral dans les jambes de Nonoka balaya ses appuis, la faisant trébucher à cause de ses sens perturbés. Elle manqua de tomber par-dessus bord mais un bras la retint, s’enroulant solidement autour de son cou. Serrant de plus en plus fort, Azami se cabra en arrière, soulevant Nonoka de quelques centimètres au dessus du Dragon Fly. Sentant la jeune fille se débattre pour reprendre une inspiration, la jeune mercenaire prit la parole.

« Regarde bien, c’est ta mort que tu es en train de vivre. Tu as causé assez de mal en ce monde, tu dois disparaitre pour tes crimes. »

Un sourire amer se forma sur les lèvres d’Azami alors qu’elle ajoutait, plus bas.

« Tout comme moi. »

Retournant Nonoka et lui libérant le cou, l’adolescente aux cheveux noirs adressa un dernier regard à celle qui avait tenté de la tuer, avant de la pousser dans le vide.




***




« On commence Fuyu. Ne te rate pas et ne blesse pas la jeune fille. Je serai en colère si tu le fais. »

« Wakarimashita. »

Le vent ballota les cheveux de la fillette qui fit un pas dans le vide, se laissant tomber du haut de l’immeuble. Le corps droit comme un i et les bras à peine écartés, la fillette gardait les yeux baissés vers le sol au fur et à mesure qu’il se rapprochait. Là, ici. Son point d’impact était décidé.
Le point de rencontre désigné par Ryosei n’avait pas été choisi au hasard, l’immeuble était légèrement plus proche de l’hôpital que celui sur lequel il avait ramené Akutoku et Nonoka, mais offrait également une vue imprenable sur la sortie du Parking souterrain. Ses deux yeux illuminant la nuit d’un vert fluorescent, Ryosei disparu subitement.




***



Dans la pièce du Reformatory où Eitaro était enfermé, quelqu’un avait enfin décidé de se montrer. Le mercenaire plissa les yeux, se concentrant sur la forme sombre qui se détachait légèrement de la pénombre, de l’autre côté de la vitre. Cette voix, il l’avait déjà entendue auparavant.

« Vous vous souvenez de moi, n’est-ce pas… ? A Nagatenjouki Academy, lors de la visite des anciens étudiants… C’est vous qui m’aviez donné tout ses conseils. C’est grâce à vous que j’ai réussi à avancer jusqu’ici… Mais aujourd’hui, je veux aller plus loin. Un évènement m’a… Ouvert les yeux. »

La lumière s’alluma soudain, révélant l’identité de la mystérieuse jeune fille. Malgré le changement brusque de luminosité en face de lui, Eitaro garda les yeux bien ouverts, ses pupilles se rétractant soudainement.

« Sumire Otaki. Alors c’était bien toi. »

Lorsqu’il était arrivé sur le pont, en soutient à Moguzo et à ses hommes, les traces sur le goudron avaient rappelé à l’esper celles laissées par un certain pouvoir, celui d’une personne qu’il avait déjà rencontré par le passé : la jeune fille qui se tenait désormais devant lui.

« Je veux savoir. Je veux tout savoir. Je vais partir sauver Akutoku Reitoko-kun. Et je vais détruire tout ce qui sera sur mon chemin. Ancien alliés ou pas. Je vais ouvrir moi même le chemin. Sempai… Qui est là bas ? Et où sont-ils ? Je vais leur faire payer. Et je vais peigner la ville… Peigner la ville avec le sang d’Haruhiro et des autres raclures. »

Otaki semblait aussi frêle qu’une brindille avec son masque respiratoire sur le visage, et pourtant elle était animée d’une telle volonté de destruction… c’était en accord avec la nature de son pouvoir, après tout. Le prisonnier rendit son regard à la jeune fille, Otaki n’était pas affiliée au Dark Side à sa connaissance, elle ne l’était pas lors de leur première rencontre tout du moins. Ou est-ce qu’il n’avait pas été mis au courant ?

« Sumire-san. Essayer de soutirer des informations à un senpai n’est pas très correct, tu le sais ? »

« Tu as dit que ta sœur ne t’avais pas laissé voir ce garçon, l’assassin. Explique-moi, comment se fait-il que tu sois aux services de cette organisation, si ta propre sœur travaille au Reformatory ? Il y a des choses que l’on nous cache, je n’ai pas toutes les informations. »

Malgré ses poignets menottés à la chaise, Eitaro joignit les bouts de ses doigts, prenant une position plus confortable contre le dossier.

« Mais je suis prêt à te dire tout ce que je sais, à toi seulement. En revanche je ne peux pas te laisser détruire toutes les vies sur ton chemin pour sauver cette fille. Mes équipiers sont là bas et il semblerait que mon employeur me tienne responsable de leurs actions, ainsi que de leurs états de santé… et il y a cette fille qui travaille pour les mêmes gens que toi, celle avec ses jouets volants. Un intéressant personnage. »


Les lèvres du jeune homme s’arquèrent en un coin alors qu’il reprenait la parole.

« Le dernier élément est Haruhiro, crois moi je comprends ce que tu ressens. Cependant, ne penses-tu pas que l’utiliser pour arriver à tes fins est une meilleure idée ? Et une fois que l’on a plus besoin d’un outil, on s’en débarrasse, ensemble. »

« Pour toutes ces raisons, j’aimerai avoir une discussion avec ta grande sœur, Sumire-san. Peut-être pourrons-nous trouver un arrangement qui nous conviendra à tous. »

La présence de caméra dans les deux pièces était confirmée, celle de micros l’était également. De sa position, le néon au plafond illuminait suffisamment le visage d’Eitaro pour que la jeune fille puisse le voir dans les moindres détails, tout en le rendant trop lumineux pour que la caméra puisse capter quoi que ce soit d'inhabituel, l’angle idéal.

Alors que plus aucun son ne sortait de sa bouche, les lèvres d’Eitaro Kimura remuaient toujours. De l’autre côté de la vitre, Otaki n’avait aucun mal à comprendre le message silencieux délivré par le mercenaire.

Et si ce n’est pas le cas, on en trouvera un nous-même.




***




Nonoka tombait, le visage tourné vers les nuages. Le casque qui avait absorbé la majorité de la décharge électrique du taser ne refusait de fonctionner, les circuits grillés. Soudain, juste au dessus d’elle, une forme apparu, cachant la lumière de la lune. Avant que l’adolescente ne puisse prononcer quoi que ce soit, une main se plaqua sur sa bouche, entraînant d’autant plus vite vers le sol. Deux lanternes vertes se verrouillèrent sur les yeux de la jeune mercenaire.

« Un petit plongeon dans le vide, boss ? Je vais t’aider un peu… en remerciement. »

Une rangée de dents blanches se dévoila, tandis que les deux adolescents continuaient de tomber, se rapprochant dangereusement du sol tel un missile prêt à exploser à l’impact.

Plusieurs dizaines de mètres plus bas, Miyamoto et Ishika avançaient à la lueur des lampadaires, sans se douter une seule seconde que ce qu’ils cherchaient était en train de leur tomber dessus, littéralement.

« Concernant ce qui s’est passé dans ce parking… je sais que je n’ai pas de faveur à te demander mais… j’aimerai que tu gardes ce que tu as vu pour toi, Ishika-san. Une fois que tout sera fini, j- »

Juste devant le duo, une explosion retentit, soulevant un nuage de poussière dans les airs. Avant même que l’aîné des Inoue ne puisse esquisser un geste, quelque chose lui rentra dedans, le propulsant droit dans une voiture quelques mètres derrière. Miyamoto cracha un épais filet de sang et releva doucement la tête, peinant à garder les yeux ouverts. Encastré comme il l’était il ne parvenait pas à bouger d’un centimètre, mais déjà sa conscience le quittait.

La semelle de la basket blanche et rose se reposa doucement sur le goudron, à la position exacte où se tenait l’homme aux boucles d’oreilles cinq secondes plus tôt.

« Je l’avais dit à tes amis mais pas à toi. Si tu te mets en travers de mon chemin, tu risques de mourir. »

Les yeux bleus inexpressifs de la fillette vinrent se poser sur Ishika alors qu’elle reprenait la parole de sa voix monotone.

« Ne fuis pas, tu ne pourras pas m’échapper, et je ne dois pas te faire de mal. »

Au moment où Fuyu terminait sa phrase, quelque chose sembla heurter le sol non loin d’elle mais disparut juste avant, sans aucun bruit de choc. Nonoka roula à pleine vitesse sur le goudron avant de s’immobiliser, couverte d’égratignures et d’ecchymoses. Moins d’une seconde plus tard, Azami et Horikawa apparurent à leur tour, visiblement désorientés et dans l’incompréhension la plus totale. Enfin, Le téléporteur déposa délicatement Akutoku sur le sol, légèrement à l’écart du reste des personnes présentes.

« Fuyu. »

« Hai. »

Un coup de poing renforcé s’enfonça dans le ventre d’Azami aussitôt l’ordre donné, lui faisant rendre tout ce qu’elle avait pu ingurgiter dernièrement alors qu’elle tombait à genoux devant la fillette, qui restait complètement imperméable à ce qu’elle venait de voir. Son regard se posa sur le garçon aux lunettes.

« Gomenasai, mais il vous a sauvé la vie. Alors n’essayez pas d’interférer, sinon je vais être forcée de vous tuer. »


« Hai hai, il serait dommage de gâcher une si belle seconde chance, non ? »
Ryosei fit quelques pas en direction de Nonoka et s’arrêta juste devant la jeune fille, toujours étendue au sol. « Otto, tu n’avais pas une arme toi ? Tu ne m’a pas l’air très en forme, c’est la chute ? Et bien alors, qu’est-ce que tu me disais si fièrement déjà ? »

L’esper leva un index vers le ciel, esquissant soudain un sourire chaleureux.

« Ah oui voilà, "Retiens juste ça. Je suis meilleure que toi. Parce que j’avais encore un coup d’avance.", pas vrai ? » ajouta-t-il en imitant grossièrement la voix de la jeune fille.
Ryosei disparu et réapparu soudain penché au dessus de Nonoka, la regardant droit dans les yeux.

« Oups, est-ce que ça fait mal ? »

Une tige métallique d’une quinzaine de centimètres à l’extrémité recourbée sortait désormais de la paume de l’adolescente, qui ne tarda pas à se recouvrir de sang.

« Tu vois, les deux extrémités sont recourbées, comme ça. L’autre bout est dans le sol, pour que tu ne puisses pas bouger. C’est astucieux tu ne trouves pas ? C’est ma petite vengeance, bossu. »

« Évidemment que te comparer à Kimura-san ne t’apportera rien, tu es une petite level 0, tu n’es rien. Comment pourrais-tu apprendre quoi que ce soit de quelqu’un comme lui ? »

Le téléporteur se redressa puis s’avança lentement vers la deuxième personne qui portait le même nom de famille, tirant plusieurs autres tiges de la poche interne de sa veste abîmée.

« Nonoka-chan, regarde bien. Tu vois, je suis assez curieux de nature. Et ton sourire m’a un peu ébloui tout à l’heure… sur le moment j’y ai vraiment cru... Et cela m’a amené à réfléchir à la question suivante : comment pouvait-on aussi bien cacher ses intentions, ses pensées ? Hm ? Comment une petite fille comme toi peut-elle aussi bien y parvenir ? »

Trois tiges de métal semblables à celle qui maintenait la jeune fille au sol se réapparurent dans la chair de Miyamoto en même temps que Ryosei se décalait de 10 centimètres en avant avec son pouvoir. La douleur aigüe dans l’épaule de Miyamoto le sortit brusquement de son état d’inconscience par un hurlement, bientôt couvert par la voix mielleuse du téléporteur.

« Que penses-tu de ton cher Onii-chan ? Il est venu à ton secours, tu sais ? J’aimerai savoir ce qui se cache derrière ton masque, connaître tes vrais sentiments, No-no-ka-chan. »


Le regard du mercenaire se détourna de l’homme à sa merci qui perdit de nouveau connaissance pour se poser sur celle qui l’avait accompagné : Ishikawa Michi. Ryosei s’avança lentement vers la jeune fille aux cheveux roses.

« En parlant de sentiments, Ishika-chan, j’espère que tu pourras me pardonner ce spectacle… »

Au fur et à mesure que le mercenaire s’avançait, l’adolescente était forcée de reculer, un pas après l’autre, jusqu’à ce que son dos n’heurte un mur. S’arrêtant juste devant elle, Ryosei reprit plus bas, parlant de moins en moins fort à mesure qu’il se rapprochait.

« …Parce que tu sais, c’est la première fois que ça m’arrive, comme ça... aussi subitement. »

L’adolescent fit un pas supplémentaire et posa une main contre le mur, restreignant presque totalement les mouvements de la jeune fille. Doucement, il se rapprocha encore, jusqu’à ce que son corps ne touche le sien.

« Je crois que tu m’as volé mon cœur. » chuchota-il d’une voix presque inaudible.

L’écart diminua encore, les yeux plongés dans ceux de la jeune fille, Ryosei sentit le front d’Ishika toucher le sien.

*Smack*
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Akutoku Reitōko

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MessageSujet: Re: [ Alter Fofo ] Une Aku cute et en danger ! (pv Akutoku)   Dim 31 Déc - 23:38

Eitaro Kimura-san avait bougé. Là maintenant, c’était la personne en qui Otaki Sumire avait le plus confiance pour l’aider à atteindre ses objectifs. Le garçon télépathe avait bouleversé ses pensées mais elle avait réussit à garder un point d’attache avec ses souvenirs scolaires de Nagatenjouki Academy. Grâce à eux, elle était parvenu à retrouver tous ses souvenirs… Alors pas question de s’arrêter là.

« Sumire-san. Essayer de soutirer des informations à un senpai n’est pas très correct, tu le sais ? »

« Non, ce n’est pas… »

« Tu as dit que ta sœur ne t’avais pas laissé voir ce garçon, l’assassin. Explique-moi, comment se fait-il que tu sois aux services de cette organisation, si ta propre sœur travaille au Reformatory ? Il y a des choses que l’on nous cache, je n’ai pas toutes les informations. »

Otaki Sumire cligna des yeux, semblant comprendre l’écho dans les paroles de Kimura-san. Elle aussi, elle sentait qu’elle n’avait pas toutes les pièces du puzzle et que sans celles-ci, elle ne pouvait tout simplement pas se résigner à avancer plus. Voir son sempai dans un état de faiblesse semblable au sien lui fit un peu mal à l’estomac. Elle réussit à placer une phrase avant la sienne pendant qu’il changeait de position.

« Shiina-san ne travaille pas au Reformatory. Mais elle m’a convaincu de ne pas aller voir Haruhiro… Cependant, elle sait comment faire sortir les élèves comme les y envoyer. »

« …Mais je suis prêt à te dire tout ce que je sais, à toi seulement. En revanche je ne peux pas te laisser détruire toutes les vies sur ton chemin pour sauver cette fille. Mes équipiers sont là bas et il semblerait que mon employeur me tienne responsable de leurs actions, ainsi que de leurs états de santé… et il y a cette fille qui travaille pour les mêmes gens que toi, celle avec ses jouets volants. Un intéressant personnage. »

[ Inoue-kun. Si cette peste se met en travers de mon chemin, je serais obligé de m’en occuper aussi. Elle est trop incontrôlable et trop gourmande. ]

Nonoka Inoue avait peut-être des qualités impressionnantes mais elle restait un niveau 0, si Academy City ne voyait pas d’intérêt dans ses capacités c’était qu’il devait y avoir une raison. Mettre une arme dans les mains d’un singe ne le met pas au niveau de l’homme, ça le transforme juste en singe dangereux. C’était le fil de pensée principal d’Otaki Sumire et elle n’avait absolument aucun doute que si la gamine aux cheveux verts décidait de prendre le contrôle, en temps que level 4, elle n’aurait aucun mal à lui rappeler qui était le chef si elle le devait.

« Le dernier élément est Haruhiro, crois moi je comprends ce que tu ressens. Cependant, ne penses-tu pas que l’utiliser pour arriver à tes fins est une meilleure idée ? Et une fois que l’on a plus besoin d’un outil, on s’en débarrasse, ensemble. Pour toutes ces raisons, j’aimerai avoir une discussion avec ta grande sœur, Sumire-san. Peut-être pourrons-nous trouver un arrangement qui nous conviendra à tous. »

Otaki suivit les lèvres d’Eitaro Kimura-san sans avoir de difficulté particulière à comprendre son message. Dans les paroles du garçon, la jeune fille reconnue celles d’une autre personne. Ce qui était sûr, c’est que Kimura-san était un allié d’une performance et d’une efficacité tout simplement indétrônable.  Le fait de ne pas lui demander assistance était totalement stupide et de le laisser moisir dans une cellule pour servir seulement d’informateur un manque cruel d’intelligence. La jeune fille cependant ne put s’empêcher de se crisper à sa dernière volonté. Visiblement, l’idée de se mettre sa sœur à dos n’était pas bien venu et elle tenta bien de le faire comprendre à Eitaro qu’avec ses petits yeux magentas plongés dans les siens.

« J’ai bien fait de venir vous voir, sempai. Je vais vous sortir de là. J’ai besoin de vous pour me guider, j’en suis persuadée, maintenant. Mais c’est moi qui mènera la danse. »

Otaki Sumire retira son masque d’assistance respiratoire portatif pour faire un mouvement de la tête et laisser ses longs cheveux violets se balancer autour de son visage. Elle regarda son sempai et sorti un téléphone de sous sa veste après avoir fait une courbette. Une fois l’entrevue finie, elle sortie par la porte avec le téléphone à son oreille.


♦♦♦


« Ce que je veux ce n’est pas une garantie sortie du fion de n’importe qui, si tu veux tes infos, va falloir me faire sortir de là et rapidement. Je sais bien plus de choses que ce que tu semble croire, et sur bien plus de monde que seulement la petite blondasse et l’autre idiote. Tu as l’air satisfaire de ta position de supériorité, onee-san, mais tant que je suis enchaîné ici, mes lèvres son scellées. »

Haruhiro n’était pas du genre à se laisser embobiner par n’importe qui et n’importe quoi, mais il n’était pas non plus du genre à laisser la tâche facile à la femme de l’autre côté de la vitre. Shiina Sumire n’avait au final pas très bien pris l’adresse à son prénom qu’avait fait le garçon sûrement à cause de son ton, et le reste de ses paroles avait transformé son sourire franc en un air passablement contrarié. La femme réajusta son calot d’une seule main en utilisant l’autre pour tapoter la tablette avec un stylo plume argenté, alors qu’elle tournait le regard sur le côté. Visiblement, elle réfléchissait.

« Je vois… Oui, tu as raison, Haruhiro-kun. Ma demande était bien trop vague pour que l’on puisse l’accepter, et je te comprends bien après tout ce qu’il t’es arrivé. Dans ce cas là…  »

Shiina arrêta de tapoter la table avec le crayon et se mit à hocher la tête en passant sa main dans sa veste qui semblait aussi serrée que sa jupe. Elle en sorti un téléphone sur lequel elle se mit à appuyer jusqu’à ce qu’elle l’appose contre son oreille en regardant le garçon avec ses yeux qui, maintenant qu’elle s’était approché un peu plus, avaient une jolie couleur gris métallique.

« Oui, c’est moi. Préparez tout pour que Wilkowski puisse sortir sans encombres.  Oui, c’est réglé, il ne représentera plus un danger. »

Malgré le fait qu’elle ne souriait pas, la jeune femme semblait satisfaite et releva son téléphone en augmentant le volume pour que Haruhiro puisse entendre la personne à l’autre bout du fil accepter sa requête en lui disant que tout était prêt. Elle rangea son téléphone et se remit à tapoter avec son crayon.

« Wilko… Haruhiro-kun, tu pourras sortir dans une dizaine de minutes, à présent. Maintenant que c’est assure de notre côté, j’aimerais que l’on continu notre discussion. Je suis sûr que si on travaillait ensemble, nous pourrions changer beaucoup de chose et enfin arrêter toutes ses destructions… »

« Pour tout te dire, je sais qu’un des alliés qui vous a aidé durant les différentes attaque est en fait à l’origine de tout ce qui arrive à Akutoku Reitoko depuis le début… Et que tout le monde l’ignorait, apparemment. Cependant, pour t’assurer totalement de tout ça toi et tout le monde, il va falloir que tu m’aide. Qu’est ce que tu peux me dire que j’ignore encore, Haruhiro-kun ? »


♦♦♦


« Ouch. »

Accroché à une aile de l’espèce de libellule mécanique géante, Kousuke Horikawa avait du mal à en croire ses yeux. Azami était en train de rouer de coup sans aucune pitié la fille sur laquelle ils avaient failli tomber. Les coups pleuvaient rapidement et même si l’adolescente aux cheveux verts avait plusieurs fois essayé de répliquer ou de se protéger des coups, la différence de force physique et de maîtrise du combat au corps à corps était évidente.

Horikawa regarda en dessous de la machine une fois qu’Azami avait réussit à faire perdre ses appuis à l’adolescente armée, et fut sacrément étonné de voir qu’Akutoku Reitoko s’y trouvait, assoupie. Il se releva rapidement (d’abord parce qu’il avait un peu peur du vide, à force) afin de l’indiquer à Azami mais celle-ci était occupé à retenir la fille aux cheveux courts au dessus du vide avec son bras.

« Regarde bien, c’est ta mort que tu es en train de vivre. Tu as causé assez de mal en ce monde, tu dois disparaitre pour tes crimes. »

« … Toi… »


« Tout comme moi. »


Nonoka regarda dans les yeux la jeune fille qui l’avait tant intéressée. Une autre esper de niveau 0 qui arrivait à sortir du lot autour de tout ses chouchous du prof, c’était sacrément excitant. Mais ça ne devait absolument pas se finir comme ça. Ça ne pouvait absolument pas se finir aussi vite ! La jeune fille ferma un œil en tentant d’attraper Azami avec sa main malgré le fait qu’elle était un peu sonnée, cependant, juste au moment où elle étendait la main, elle était déjà dans le vide, tombant sous les yeux d’Horikawa Kousuke qui ne savait plus qui était bon et qui était mauvais.

Alors qu’elle s’évertuait dans les airs à tout faire pour trouver un moyen de s’en sortir en gigotant dans tout les sens et en triturant son casque clignotant autour de la tête, une pair d’yeux vient remplacer celle d’avant avec une expression totalement différente mais au moins autant de haine que celle d’avant. Cette fois, son pourcentage de survie avait chuté drastiquement.

« Un petit plongeon dans le vide, boss ? Je vais t’aider un peu… en remerciement. »

[ Merde merde merde pas tout d’suite pas tout d’suite ! ]


♦♦♦

*Ting ting ting clack*

Tout semblait bien fonctionner et l’objectif était clair, comme une croix à l’horizon. Ce n’était rien de plus qu’une nouvelle variable à réduire à zéro avec les méthodes donc il était capable. Il était le seul maintenant de toute façon et n’avait rien de plus à sa disposition. Il s’accrocha encore un peu et se rapprocha de sa destination.


♦♦♦


« Vous… Vous allez bien ? »

Ishikawa Michi se mit à tousser en posant les mains autour d’elle jusqu’à ce qu’elle retrouve son serre-tête et qu’elle le replace sur ses cheveux. Elle se redressa ensuite instantanément pour foncer vers Miyamoto qui semblait encore un peu essouflé. Après tout, il avait le droit, la membre de Judgment ne savait pas trop comment, mais il avait réussit à tenir contre cette esper qui semblait être de haut niveau, vu la puissance qu’elle était capable de développer. Elle revint rapidement vers lui et cligna des yeux en s’assurant qu’il n’avait aucune blessure interne au passage.

« Concernant ce qui s’est passé dans ce parking… je sais que je n’ai pas de faveur à te demander mais… j’aimerai que tu gardes ce que tu as vu pour toi, Ishika-san. Une fois que tout sera fini, j- »

Mais avant même qu’il ne puisse finir sa phrase, Miyamoto Inoue disparue de la vision d’Ishikawa et fut remplacer par la petite fille, alors qu’un grand bruit d’éclatement suivit sa pénétration dans l’un des murs du parking. La membre de Judgment fit un pas de recul en levant un avant bras devant elle, prête  à réagir au quart de tour si elle le devait. Après tous ses évènements s’enchaînant les uns après les autres, elle n’allait pas se retrouver inactive de nouveau, elle ne pourrait pas se le permettre.

« Je l’avais dit à tes amis mais pas à toi. Si tu te mets en travers de mon chemin, tu risques de mourir. Ne fuis pas, tu ne pourras pas m’échapper, et je ne dois pas te faire de mal. »

Un nouveau choc violent pris Michi par surprise alors qu’elle s’apprêtait à maîtriser la petite fille comme elle l’avait fait avec Lily. Elle tourna la tête sur le côté pour voir ce qui avait semblé tombé du ciel et avait du mal à se persuader de ce qu’elle voyait. Un cortège de personnes avait atterrit aux côtés d’une machine volante à la forme d’insecte, et parmi ses personnes… Akutoku, Kousuke et le garçon téléporteur ! La jeune fille ouvrit de grand yeux en se relevant, avant de remarquer que les deux autres jeunes filles étaient celle à qui elle avait tendue la main pendant l’attaque du pont et l’adolescente qui contrôlait les drones. Elle ne savait même plus où donner de la tête et se concentra sur l’image d’Horikawa qui ne l’avait pas encore remarquée.

« Fuyu. »

« Hai. »

Ishikawa et Horikawa croisèrent leur regards en ne pouvant s’empêcher de sourire malgré la surprise, si bien que chacun d’entre eux ne remarqua pas directement qu’Azami s’était écrasé au sol non loin par la force de la petite fille aux cheveux bleu. Kousuke se releva tant bien que mal en posant les yeux sur Azami, puis la jeune esper devant lui.

« Gomenasai, mais il vous a sauvé la vie. Alors n’essayez pas d’interférer, sinon je vais être forcée de vous tuer. »

L’esper aux yeux verts semblait parler à la jeune fille aux cheveux courts, mais le couple ne s’en occupa pas vraiment. Ishika vérifia l’état de Kousuke avec son pouvoir et se mordit la lèvre en découvrant la côtes cassées et les fractures qui semblaient être revenue comme des mauvais souvenirs dans le corps de l’adolescent. Elle leva son regard dans sa direction mais il avait l’air tellement insouciant et content de la retrouver saine et sauve qu’il arrivait à lui faire disparaître la majorité de ses angoisses. Nonoka, quand à elle, se mit à rouvrir les yeux en serrant les dents.

« Tu ne m’a pas l’air très en forme, c’est la chute ? Et bien alors, qu’est-ce que tu me disais si fièrement déjà ? … Ah oui voilà, "Retiens juste ça. Je suis meilleure que toi. Parce que j’avais encore un coup d’avance.", pas vrai ? »

« Oups, est-ce que ça fait mal ? »

« Gh-aaah ! »

Nonoka ferma un œil, la douleur de l’attaque lui martela la tête et la sensation était comme transportée dans tout son bras. Elle regarda sur le côté pour voir le morceau de métal traverser sa main pour se planter dans le bitume en colorant le sol d’une couleur vermeille.

« Tu vois, les deux extrémités sont recourbées, comme ça. L’autre bout est dans le sol, pour que tu ne puisses pas bouger. C’est astucieux tu ne trouves pas ? C’est ma petite vengeance, bossu. »

[ Arrrgh, bon sang- ! Non, c’est pas bon, c’est pas bon ! Ce n’était pas du tout comme ça que ça devait se passer, pas du tout… Tout ça c’est à cause de Miura et du garçon à lunettes… Merde merde merde ! ]

« Nonoka-chan, regarde bien. Tu vois, je suis assez curieux de nature. Et ton sourire m’a un peu ébloui tout à l’heure… sur le moment j’y ai vraiment cru... Et cela m’a amené à réfléchir à la question suivante : comment pouvait-on aussi bien cacher ses intentions, ses pensées ? Hm ? Comment une petite fille comme toi peut-elle aussi bien y parvenir ? »

Le cri de son frère réveilla Nonoka de ses calculs mentaux et de ses vaines tentatives pour ne pas écouter Ryosei. Miyamoto était acculé et blessé contre le mur, mais même si Nonoka avait tenté tant de fois de lui faire mal… Pourquoi maintenant, elle ressentait quelque chose de différent ? Comme si ça n’avait rien à voir avec avant. Pourtant elle avait failli le blesser gravement plusieurs fois, elle l’avait sûrement déjà blessé gravement psychologiquement avec son attaque violente de la dernière fois. Et pourtant, ce n’était pas pareil. Cette fois, elle avait mal pour lui.

« Que penses-tu de ton cher Onii-chan ? Il est venu à ton secours, tu sais ? J’aimerai savoir ce qui se cache derrière ton masque, connaître tes vrais sentiments, No-no-ka-chan. »

« Non… Tu… ‘Omprends pas… Kkkh… »

« En parlant de sentiments, Ishika-chan, j’espère que tu pourras me pardonner ce spectacle… »

En voyant ce qu’il avait fait au couple de frère et sœur, Ishikawa Michi ne put s’empêcher de reculer en voyant Ryosei s’approcher. Mais apparemment, celui-ci était déterminé à ne rien laisser passer. Kousuke Horikawa leva d’abord un sourcil puis les fronça, faisant plusieurs pas vers le duo avant d’être arrêté par le regard de Fuyu. Il serra les dents et releva la tête vers Ishikawa qui semblait terrifiée. D’une main, il récupèra dans son dos un morceau d’asphalte pointu qui s’était détaché du sol avec la chute du Dragonfly.

« …Parce que tu sais, c’est la première fois que ça m’arrive, comme ça... aussi subitement. »

« A-Attends ! Ne t’approche pas ! »

La main de Ryosei se posa contre le mur, bloquant le passage de la jeune fille qui de toute façon ne pouvait plus regarder ailleurs que le visage du garçon, les lèvres pincées. Elle avait levée une main pour le séparer d’elle mais il s’était désormais trop rapproché et la tension de son avant bras avait lâché, il s’était donc plié et le garçon écrasait sa poitrine avec son torse, réussisant à briser entièrement toute barrière invisible entre les deux. La crispation du visage apparue en même temps sur le visage de Kousuke et Michi qui ferma les yeux en essayant de détourner le visage un peu trop tard.

« Je crois que tu m’as volé mon cœur. »

L’étudiante de Shidarezuka rouvrit les yeux alors que les lèvres de l’esper se posèrent sur les siennes. Elle fronça les sourcils alors que ses yeux devinrent humide, tentant de repousser le garçon avec des petites pressions des mains mal calculées. Il tenait bon.

« ISHIKA ! »

Kousuke Horikawa s’élança en direction du duo en un quart de tour, et alors que Fuyu se retourna vers lui prête à répliquer, il posa la main au sol. Une pièce de cinq mètres de diamètres tourna sur elle-même sur le sol en creusant un sillon tout autour, en pivotant les positions de Miyamoto et Fuyu. Le morceau de béton dans lequel avait été encastré le grand frère de Nonoka était désormais hors du pan de mur principal avec son prisonnier, et Fuyu se retrouvait désormais dans la cavité laissé par le morceau déplacé par Horikawa. Celui-ci serra les dents et fonça en direction de Ryosei qui tourna la tête vers lui en se retirant d’Ishikawa, un mince filet de salive les liant encore. Sur le chemin, il remarqua le regard implorant de Nonoka dont la blessure à la main semblait empirer.

« Non-… Att… »

« Lâche-la tout d’suite ! »

Horikawa projeta le morceau d’asphalte avec sa main alors que celui-ci se transforma en arme de destruction massive. Utilisant les forces qu’il lui restait, Kousuke transforma le projectile en perceuse virevoletante une fois qu’il était arrivé assez proche de Ryosei. Mais celui-ci, retenant la jeune fille aux cheveux rose, se téléporta avant d’être attiré par la bourrasque et que le projectile ne s’arrête finalement de tourner après avoir déchiqueté ce qu’il y avait à l’ancienne position du téléporteur. Le projectile tomba au sol en roulant, fûmant. Mais au moment où Ryosei s’était téléporté, Horikawa avait permuté l’utilisation de son pouvoir pour se projeter en combinant la manière d’Ishida avec une ligne précise, et d’Haruhiro en faisant tourner l’air derrière lui pour qu’il converge. Désormais à côté de Ryosei et donc d’Ishida, le garçon à lunettes tenta d’envoyer un coup de poing au visage du téléporteur malgré son état. Et puis, là où regardait Nonoka, à l’opposé de l’action, le mur explosa.

Wasp-3 avait désintégré le mur devant lui et était placé en direction du trio, canon levé. Nonoka se crispa en regardant vers les étudiants alors qu’un rayon laser vert incandescent ne s’échappe du drone en vol stationnaire pour filer en direction de Ryosei qui se téléporta en retenant Ishika. Le rayon avait traversé le mur d’en face et y laissa un grand trou, montrant qu’il avait traversé plusieurs surfaces de différents matériaux, y compris l’acier. Kousuke regarda les différents trous dans les pans de mur, puis tourna la tête vers Ishikawa qui avait les larmes aux yeux et qui était accrochée à Ryosei. Pourquoi et ce que tout l’monde le regardait, d’un coup ? Il baissa la tête vers son ventre pour trouver l’origine de sa douleur, laissa un filet de sang s’échapper de sa bouche avant de tituber en arrière jusqu’à ce qu’il s’effondre.

« Comment- »

Le drone en forme de guêpe ne s’était pas arrêté et fila de nouveau à une vitesse effroyable vers Ryosei. Il fit courir un nouveau tir qui découpa un pilier en traçant une ligne rouge sur un nouveau mur alors que le téléporteur ne s’évade avec une nouvelle téléportation et la fille sous le bras, qui se débattait en criant le nom du garçon. Mais au moment de la téléportation de Ryosei, un nouveau rayon laser le frôla et arracha une mèche de cheveux à Ishikawa. Le wasp avait prédit l’endroit où il se serait téléporté de quelques centimètres. Le téléporteur fit apparaître un débris dans le drone, qui ne perdit pas une seconde pour découper sa propre patte avec son laser pour foncer de nouveau vers le duo.

Ishikawa tira le bras du garçon aux yeux verts dans tout les sens pour qu’il la lâche en criant des mots qui ne semblaient pas assez organisés pour faire une phrase complète. Se téléporter dans le bâtiment plutôt qu’à l’extérieur avait au départ paru judicieux mais un rayon vert passant à côté de Ryosei lui intima de continuer à bouger en tirant la fille avec lui. Mais le poids de la fille avait changé et la tension sur son bras aussi. Le téléporteur tourna la tête derrière lui pour voir que le Wasp avait accroché ses pinces autour du cou de la jeune fille et que, caché derrière son corps, il chargeait un nouveau rayon meurtrier prêt à traverser Ryosei et sa captive.

« C’était pas comme ça… Que ça devait se passer… »

Les flaques rouges des deux adolescents au sol se rejoignirent, alors que tout deux, maintenant que l’hémorragie s’était aggravée, commençaient en même temps à perdre connaissance, leur cœur battant avec un sang qui semblaient baisser à vu d’œil.




Nonoka gonfla sa joue en serrant la main qui la retenait, augmentant un peu la cadence de ses petites jambes. Ses cheveux noirs coupés en un carrés courts virevoltait dans tout les sens malgré les nombreuses barrettes dans ses cheveux alors qu’elle se retourna vers son grand frère en manquant de lui donner un petit coup avec son sac d’école primaire.
« Mpf ! De toute façon, je suis forte maintenant ! J’ai plus besoin que tu me suives tout partout ! »

L’air fleurait bon l’été et les feuilles de cerisier tapissaient le chemin de Academy City, autour des grandes éoliennes qui, si blanches qu’elles étaient, irradiaient tout autour d’un aura qui avait semblé réveiller toutes les cigales des parcs alentours. La petite fille lâcha la main de Miyamoto une fois qu’ils étaient arrivé devant l’école, avant qu’elle ne se retourne de nouveau vers lui en retenant son gros sac à dos avec ses mains pour lui tirer la langue en souriant d’un air insouciant, qu’un rayon de soleil illumina en lui donnant un aspect radieux.

« Quand je serais grande je serais riche et je me marierais avec toi ! Tu pourras même pas refuser cette fois, onii-chan ! »


---


La salle de classe s’était vidée beaucoup plus vite et croiser une Nakamura Cho toute stressée et hyperactive avait bien fatigué le garçon. Il soupira en se demandant qui pouvait bien être ce garçon mystère qui l’intéressait temps. Et ce qu’elle avait vraiment sortir avec ce type, où est ce que c’était juste un prochain camarade de torture ? Bah, voir la télépathe sourire était déjà assez amusant, et il avait décidé de se focaliser sur autre jeune fille, pour l’instant. C’est sûrement pour cela que le garçon dévala les escaliers plus vite pour rejoindre Ishikawa devant le portail de l’établissement. Ils parlèrent de tout et de rien, puis se turent tout les deux dans un silence gênant qui leurs firent échanger un sourire. Tout d’un coup, Ishika détourna le regard en rougissant un peu.

« Horikawa-kun… Pou… Pourquoi m’avoir choisie moi, au juste ? »

Kousuke releva ses lunettes, visiblement pris par surprise. Il toussota, puis réussit à reprendre en levant une main pour se calmer un peu.

« Parce que t’es super jolie, bien sûr ! »

« Ah, ne fait pas comme si tu le savais pas, hein ! »

Ishika se tourna vers lui en se pinçant les lèvres, un sourire piégé au visage. Elle lui lança un petit coup de coude tout doux qui le fit rigoler, avant qu’il ne redevienne un peu sérieux.

« Nan, à vrai dire… C’est un peu embarassant, mais disons que… Je t’ai toujours cru innacessible avec ce groupe de fille… Le genre d’étudiantes qui n’est tout simplement pas à mon niveau parce qu’elle se croient toutes supérieures et plus matures. Le genre à se croire au dessus de tout le monde, à mépriser les garçons comme moi. Et puis… »

« … Et puis j’ai vu qu’à Judgment tu aidais tout l’monde, et même en dehors du service et j’ai compris qu’en fait l’abruti, c’était moi. C’est moi qui… Qui jugeait les gens sans savoir, tu vois ? A pas voir au-delà des apparences… Ouais, un truc du genre. C’est débile, hein ? Mais je te voyais t’acharner pour aider les gens, et je me suis dis, tiens, je pourrais essayer, moi aussi. »

« Si je le fais, peut-être qu’à moi aussi, un jour, elle me souriera comme ça. »

Kousuke Horikawa faillit perdre ses moyens en voyant que devant elle, Ishikawa, qui la regardait, avait les yeux embrumés par des larmes. Nakamura posa une main sur la vitre en regardant à travers celle-ci sans arriver à s’empêcher de sourire, alors que le petit couple était l’un dans les bras l’un de l’autre comme si ils venaient de se rencontrer pour la dernière fois.




♦♦♦



Exactement 11 minutes plus tard, les portes derrières Haruhiro s’ouvrirent. Il passa entre les agents d’entretiens comme un roi, avant d’être dirigé vers Shiina Sumire, qui lui souria en le voyant. Elle emprunta le chemin après avoir semblé vouloir guider Haruhiro, mais celui-ci semblait visiblement plus pressé de sortir qu’elle et accéléra le pas. L’esper de niveau 3 ressentait une opression palpable dans l’air, dû aux nombreux dispositif anti pouvoir installés dans les couloirs de l’endroit. En moins de temps qu’il ne fallait pour le dire, le duo était dans le parking extérieur.

« Nous y voilà, Haruhiro-kun ! Pour ce qui est du temps, je pense que le soleil ne va pas tarder à se lever. J’espère que l’on pourra faire du mieux que nous pouvons ensemble. »

Haruhiro ne semblait pas vraiment l’écouter, mais elle ne s’en occupa pas vraiment en continuant de sourire. Elle dévissa l’arrière de son stylo plume argenté et y plaça une nouvelle capsule. Elle réajusta son calot alors qu’une camionette blanche attira l’attention du garçon, entourée de scientifiques qui semblaient l’attendre. Récupérant tout juste ses moyens, il prépara une compression pour s’éloigner des hommes qui s’approchaient de lui, mais quelque chose de pointu l’empêcha de terminer sa manœuvre. Il tourna la tête derrière lui pour voir que la pointe du stylo plume de Shiina s’était plantée dans son cou, alors que celui-ci s’était allongé comme un lasso. Il n’eut le temps que de retirer la pointe avant de perdre l’équilibre et s’écrouler dans les bras des scientifiques.

« Et bien voilà, Haruhiro Wilkowski. Te voilà sorti du Reformatory. Voyons ce qu’on va bien pouvoir faire de toi, maintenant… Je t’ai dis que nous allions travailler ensemble, alors donne-tout ce que tu as. »
Shiina Sumire soupira longuement sans sourire, avant d’emboiter le pas des scientifiques qui placèrent Haruhiro dans la fourgonnette blanche après qu’il ait perdu connaissance.


♦♦♦


« De ce côté. »

Otaki Sumire n’avait pas mentie. Un petit moment après Haruhiro, Eitaro Kimura était dehors sans même qu’il ne puisse totalement le réaliser. Dans l’enceinte du Reformatory, même après avoir quitté les gros speaker balançant le Capacity Down, les pouvoirs d’esper étaient toujours extrêmement difficile à utiliser, et c’était facile de le ressentir. Otaki dirigea Kimura-san dans un couloir meletonné alors qu’autour, le personnel semblait faire comme si son ‘‘évasion’’ était totalement normale. Mais au bout du couloir, un garçon dans une chaise roulante et tout sourire les attendaient. Il tiqua un peu en voyant Eitaro mais se recentra sur Otaki, comme si il avait quelque chose plus important à régler.

« O-otaki Sumire-kun… C’est… C’est incroyable de te voir ! Dès que j’ai entendu que tu étais sortie, je suis venu te voir instantanément haha je… Il paraît que c’est Nonoka Inoue qui a récupéré Akutoku, elle a même sortie sa libellule pour la rapatrier de l’hôpital ! »

Otaki jeta un regard à Eitaro Kimura-san, avant de poser le sien vers Nakayama Hiroto. Son genou avait été tellement détruit qu’il ne serait  sûrement plus jamais en mesure de marcher… Une blessure qui avait été infligée par Haruhiro Wilkowski. Le garçon en fauteuil roulant avança de plus belle vers Otaki qui s’était arrêtée en le voyant. Visiblement, elle ne l’attendait pas. Il releva son front ruisselant vers la jeune fille aux longs cheveux violets, continuant de sourire.

« Otaki… Il faut… Il faut qu’on se débarasse de Haruhiro-kun ! Tu as vu ce qu’il m’a fait, pas vrai ? On peut travailler ensemble ! Je vais vous aider à le capturer, à l’empêcher de bouger, et là, et là on pourra en faire ce qu’on voudra ahah ! Il n’échappera jamais à mon pouvoir ! »

Sumire fit les derniers pas qui la séparait de Nakayama Hiroto et le regarda d’en haut de là où elle se trouvait. Elle se pencha en avant et souffla une volute d’air chaud sur le visage du garçon semblant habité d’une volonté démente d’en finir avec Haruhiro.
« Nakayama Hiroto. »

« Tu es celui qui avait des vues sur Akutoku Reitoko. Tu es celui qui a alerté Judgment. Tu es celui qui a permi à l’opération du pont de tourner en fiasco. De plus… Le Bloc K n’a plus vraiment d’intérêt pour moi. Ce qui fait de toi… »
« …Un outil inutile. »

Le sourire du garçon se mit à disparaître alors qu’il se mit à se crisper, son regard cherchant presque même à l’aide du côté d’Eitaro Kimura, puis de revenir, implorant, à celui d’Otaki Sumire.

« A… Attends une seconde, Sumire-kun ! Je peux encore vous être utile ! Mon pouvoir fonctionne encore ! Je… je peux encore-… ! »

Le doigt de Sumire vint se poser sur le front de Nakayama, avant de lentement descendre jusqu’à son œil gauche. Il serra les dents en suant à grosse goutte, gesticulant presque sur sa chaise.

« Et tu es un tricheur, un manipulateur et un menteur. Ce sont le genre de personnes que je déteste le plus. Les personnes comme toi servent mieux quand elles n’ont pas de volonté. Mais maintenant, tu as un objectif, et tu es déterminé. Malheuresement pour toi, c’est à moi qu’il est destiné. Adieu, Nakayama-san.»

« O… OTAKI SUMIRE-KUN !! »

Il n’avait pas fallu beaucoup d’énergie. Juste une détonation comme pour allumer un fût de poudre. Les vaisseaux sanguins de l’œil de Nakayama avaient servit de vecteur pour que le reste de son sang se mette à bouillir, l’eau à l’intérieur se mettant à décompresser de plus en plus rapidement. Le garçon se mit à s’agiter sur sa chaise en essayant d’attraper Otaki alors que la jeune fille releva la tête en enlevant son doigt. Le sang de Nakayama continua à bouillonner jusqu’à ce que les bulles formées dans son sang n’apparaissent sur sa peau. Un léger « bang » se fit entendre alors qu’il retomba contre sa chaise, inerte.
Une goutte de sang sur la joue, la jeune fille se retourna vers Eitaro Kimura en se remettant à marcher. Son visage était dépourvu de la moindre émotion et le meurtre du garçon ne semblait pas l’avoir affectée plus que cela.

« Il semblerait qu’un esper ait perdu le contrôle de son pouvoir et est eut un accident. Voilà, nous allons sortir du côté parking est. »

Otaki Sumire essuya le sang sur sa joue avec son après plusieurs minutes. Dans ce différent couloir où les parois étaient faites de verre, on pouvait voir au loin une femme habillée de bleu suivre des scientifiques qui emportaient Haruhiro dans une camionnette. La jeune fille tourna la tête vers son sempai en voyant qu’il regardait à travers la vitre. Elle inspira légèrement en voyant sa sœur et Haruhiro, mais ne sembla que passablement dérangée.

« On dirait que toi et ma sœur réfléchissiez de la même manière. Moi, je l’aurais sorti d’ici pour l’affronter et le tuer. Mais au moins, ça veut dire que vous vous entendrez bien… »

« Ça sera toujours ça de pris, maintenant qu’ils disent qu’un mercenaire inconnu aux capacités étranges s’est aussi mis à rechercher Akutoku.  »
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Haruhiro Wilkowski

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MessageSujet: Re: [ Alter Fofo ] Une Aku cute et en danger ! (pv Akutoku)   Dim 7 Jan - 2:31

Haruhiro huma l’air, durant les quelques heures qu’il avait passé enfermé dans la salle d’interrogatoire, c’était comme si l’air autour de lui l’avait étouffé lentement, peut-être était-ce du aux dispositifs anti-esper. L’adolescent ferma les yeux et prit une grande inspiration, laissant l’air frais entrer dans ses poumons comme pour le nettoyer, en savourant l’instant. Derrière lui, la voix de Shiina Sumire le ramena rapidement à la réalité.

« Nous y voilà, Haruhiro-kun ! Pour ce qui est du temps, je pense que le soleil ne va pas tarder à se lever. J’espère que l’on pourra faire du mieux que nous pouvons ensemble. »


« J’ai jamais dit que j- »

Haruhiro tourna la tête vers la jeune femme, sentant une piqûre dans son cou. Il put voir une sorte de tige sortir du stylo de la jeune femme jusqu’à son cou. Elle avait osé le piéger ? Une rage démesurée monta en lui mais se calma aussitôt, emportée par une puissante sensation de sommeil. Avant d’avoir pu prononcer un mot, le prisonnier perdit connaissance.



***



« Nakayama Hiroto. Tu es celui qui avait des vues sur Akutoku Reitoko. Tu es celui qui a alerté Judgment. Tu es celui qui a permis à l’opération du pont de tourner en fiasco. De plus… Le Bloc K n’a plus vraiment d’intérêt pour moi. Ce qui fait de toi…Un outil inutile. »

Eitaro posa son regard sur Otaki à l’entente de ces derniers mots. Il regarda la jeune fille toucher le visage de Nakayama qui commençait à montrer une forte peur. Souhaitait-elle le troubler au point qu’il lui obéisse au doigt et à l’œil ? L’esper semblait pourtant déjà suffisamment intimidé par la jeune fille. Dans ce cas il y avait une autre possibilité…

« Et tu es un tricheur, un manipulateur et un menteur. Ce sont le genre de personnes que je déteste le plus. Les personnes comme toi servent mieux quand elles n’ont pas de volonté. Mais maintenant, tu as un objectif, et tu es déterminé. Malheureusement pour toi, c’est à moi qu’il est destiné. Adieu, Nakayama-san.»

« O… OTAKI SUMIRE-KUN !! »

Le mercenaire ne détourna pas le regard lorque la vie disparu brusquement des yeux de Nakayama, mais se contenta de tourner la tête vers la jeune fille après un court instant.

« Il semblerait qu’un esper ait perdu le contrôle de son pouvoir et est eut un accident. Voilà, nous allons sortir du côté parking est. »

« Tu es sûre de toi ? Il aurait pu nous être utile, malgré sa personnalité. »

Mentalement comme en force, l’adolescente avait bien évolué depuis l’époque où Eitaro avait fait sa visite à Nagatenjouki. L’utilisation de sa capacité au milieu des brouilleurs ainsi que son absence d’hésitation en étaient la preuve. Elle était sans aucun doute devenue une puissante alliée. Le duo pénétra dans un couloir de verre et aussitôt, le regard d’Eitaro fut attiré par du mouvement à l’extérieur, sur sa droite. Un peu en contrebas, sur le parking extérieur, une scène ressemblant à un enlèvement avait lieu. La victime ? Haruhiro Wilkowski, l’assassin du pont.

« On dirait que toi et ma sœur réfléchissiez de la même manière. Moi, je l’aurais sorti d’ici pour l’affronter et le tuer. Mais au moins, ça veut dire que vous vous entendrez bien… »

« Ça sera toujours ça de pris, maintenant qu’ils disent qu’un mercenaire inconnu aux capacités étranges s’est aussi mis à rechercher Akutoku.  »


« Je vais avoir besoin d’un briefing concernant ce nouvel élément et nos alliés, ou plutôt ceux du Bloc K, pour évaluer notre force de frappe et notre potentiel défensif. Nous auront tous les deux ce que nous voulons lors de cette intervention, à condition de préparer notre irruption dans la danse. »

Sans s’arrêtter de marcher, Eitaro baissa les yeux pour les poser sur la jeune esper.

« Hâte de travailler avec toi, Otaki Sumire-san. »

Pas moins d’une minute plus tard, le duo sortait dans la froideur de la nuit. Une camionette, noire contrairement à la précédente, les attendait. Eitaro s’avança vers le véhicule sans hésiter, les mains glissées dans les poches de son pantalon de laine. Il semblait que tout avait déjà été préparé pour eux. Est-ce que l’organisation avait décidé de mettre son grain de sel dans l’histoire ? Cela signifiait qu’il n’était pas viré, et que la capture d’Akutoku était toujours d’actualité. Visiblement, même eux ne pouvaient pas se passer de ses services. Sans dire un mot, l’esper aux pouvoirs magnétiques fit coulisser la porte latérale et entra dans le véhicule.



***



*BIIIIIIIIIIIIIIIIIP-*

Un son strident vrilla le tympan gauche de Miyamoto, le forçant à ouvir les yeux dans une grimace.

« Je n’ai pas de visuel, explique moi la situation si tu veux de l’aide, Inoue-san. »

« F-Ferme là… je sais ! »

« Comment- »

Quelques mètres devant lui, un garçon aux lunettes portant le brassard de Judgement venait de s’effondrer en avant, un trou béant dans le ventre. Les yeux écarquillés, Miyamoto tourna légèrement la tête vers un visage familier : Azami, la jeune fille au sniper. Elle affichait une expression troublée, comme si elle émergeait d’un rêve assez chaotique. Son regard se posa ensuite sur Nonoka, littéralement clouée au sol par un genre de pique lui transperçant la main.

« Qu’est-ce que… »

L’aîné des Inoue ne mit pas longtemps à faire le lien entre la blessure de l’adolescent et l’expression qu’affichait sa petite sœur. Si l’instant avant de perdre connaissance il était seul avec Ishika, il y avait maintenant bien plus de monde autour de lui. Et où était-elle d’ailleurs ? Miyamoto serra les dents, le reste importait peu : Nonoka avait infligé une blessure mortelle à quelqu’un et il était hors de question que sa petite sœur prenne une vie, c’était tout ce dont il était sûr maintenant.

[ Tout ça à cause de ces enfoirés ! ]

L’homme aux boucles d’oreille se redressa et sentit de la résistance au mouvement ainsi qu’une forte douleur au niveau de son épaule droite. Trois tiges métalliques aux extrémités recourbées sortaient de sa chair. Miyamoto plissa les yeux, il n’avait pas le temps. Un cri retentit sur sa gauche mais il n’y prêta pas attention. Ces tiges, et probablement tout le reste, c’était l’œuvre du téléporteur. La colère commença à monter chez l’ainé des Inoue, il allait lui régler son compte une bonne fois pour toutes.

Le bras droit de Miyamoto eut quelques soubressauts, les mêmes qu’ont deux engrenages lorsqu’un objet se glisse entre eux et gène l’emboîtement des pièces et leur mouvement. Il força sur son articulation et soudain, un bruit de section métallique retentit et les trois tiges furent expulsées de son épaule, en même temps que de petits filets de sang.

« Y avait un muscle sur le chemin, connard. »

L’homme aux boucles d’oreilles traversa rapidement les quelques mètres qui le séparaient d’Horikawa et retourna le garçon inconscient sur le dos avant de faire une grimaçe en voyant sa blessure au ventre. Son regard se posa de nouveau sur sa petite sœur. Derrière lui, des bruits émits par le drône retentirent, Nonoka ne semblait pas le contrôler. Un pilote Automatique ?

[ Et merde ! ]

Miyamoto fit quelqus pas vers Nonoka et s’arrêta devant elle pour la regarder droit dans les yeux, dominant la jeune fille de toute sa hauteur. Du sang continuait de couler de sa blessure à la main, toujours retenue contre le sol et elle semblait s’affaiblir de minute en minute. Lentement, Miyamoto sortit son pistolet de sa ceinture et le pointa sur sa petite sœur, sans ciller.

« Ne me fais pas regretter ça, Nonoka. »


À seulement quelques mètres de là Ryosei serrait les dents, retenant toujours Ishika contre lui. Le temps passait au ralenti mais malgré tout, il voyait déjà le laser du drône les transpercer, lui et la jeune fille. La veine sur son front gonfla instantanément, ses dents grincèrent tant il serrait la mâchoire. Une manœuvre d’urgence était nécessaire dans la demi-seconde qui allait suivre, sinon il allait mourir. Mais ça il en était hors de question et déjà, le cerveau de l’esper calculait à plein régime.

« Téléportation de zone ». Un mode de téléportation qui ne déplaçait pas un corps mais un espace, un mouvement beaucoup plus risqué qu’une simple téléportation et aux chances de réussite très faibles. À la moindre erreur, un morceau de la « zone » pouvait manquer à la réapparition, il n’y avait plus aucune sécurité, seulement un gros risque d’échec.

Le stress était monté d’un seul coup et des gouttes de sueur commençaient déjà à perler sur le front de l’esper. Ce n’était pas comme au moment du coup de taser, ou de l’attaque de Nonoka. Cette fois-ci la mort était encore plus proche. À la fraction de seconde où les limites tridimensionnelles de la « zone » furent fixées, Ryosei se téléporta, emportant Ishika ainsi que les pattes robotisées de Wasp-3 avec lui. Au moment où ils réapparurent, le laser transperçait déjà un pilier sur sa trajectoire. Ryosei baissa immédiatement les yeux vers l’engin. Il n’avait pu les transposer que d’un mètre verticalement au dessus de leur position initiale.

Wasp-3 se retrouva soudain sans point d’accroches, séparé de ses pates toujours accrochées au cou d’Ishika, et commença à tomber lui aussi vers le sol. Son petit objectif pouvait voir, juste au dessus de lui, le dos de la jeune fille avec une tâche sombre d’où s’échappait un peu de fumée, résultat du laser qui avait déjà commencé à brûler la première couche de vêtement sur son chemin.

« F-Fyu ! » s’étrangla Ryosei alors qu’il tombait droit sur la ligne verte, incapable de recalculer une téléportation aussi vite après l’effort qu’il avait du fournir.

D’un seul coup, le faisceau vert s’éteignit, en même temps qu’une semelle de basket renforcée par psycokinésie s’enfonçait dans l’armature de Wasp-3. Fuyu était en colère, très en colère, et elle tenait à le montrer. La petite esper relâcha d’un coup toute l’énergie cinétique qu’elle avait emmagasinée en sautant de l’immeuble, la faisant converger vers son pied droit. Le résultat fut une disparition immédiate de Wasp-3, qui traversa le mur du fond du parking avec assez de vitesse pour ne pas être discernable à l’œil nu.

Fuyu atterit en même temps que Ryosei et Ishika qui s’écroulèrent sur le sol, juste à côté d’elle. Sans adresser un regard à son acolyte, la fillette se contenta de placer ses mains dans les poches ventrales de son sweat et de leur tourner le dos pour marcher lentement vers la sortie du parking.

« Et bien, c’était vraiment limite cette fois-ci. Merci Fuyu, je t’en dois une belle dirait. » sourit le téléporteur en se redressant.

La petite esper ne répondit pas, visiblement contrariée par quelque chose, et se contenta de reprendre sa marche après s’être brièvement arrêtée. Sa réaction transforma le sourire de son acolyte qui se relocalisa sur le coin droit de sa bouche. Mais son expression changea rapidement en voyant qu’Ishika s’était mise à courir et avait dépassé Fuyu pour se ruer en dehors du parking. Ça n’était pas tant la réaction de la jeune fille qui dérangeait le mercenaire, elle allait simplement au chevêt de son ami –ou petit-ami, à en juger par sa réaction... excessive-. Non, ce qui le dérangeait était l’incroyable efficacité de l’engin qui avait manqué de le couper en deux. Lui, le téléporteur le plus efficace sous le commandement d’Eitaro Kimura.

[ Du matériel anti-esper, hm ? Ça explique pourquoi Kimura-san a eu du mal contre elle. En plus de son intelligence elle a accès à une véritable petite armée. Elle est peut-être sans défense actuellement mais une fois entourée de ces machines… Nonoka Inoue représente sans l’ombre d’un doute un danger non négligeable. ]

Miyamoto avait tiré sans montrer la moindre peur ou hésitation et regardait la balle qui s’était figée dans le bitûme, à peine quelques centimètres derrière Nonoka. La partie supérieure de la tige métallique roula quand-à-elle sur le goudron, puis fit un ultime tour sur elle-même avant de s’immobiliser.

Miyamoto rangea rapidement le pistolet dans sa ceinture et retira la main de l’adolescente de la tige, avant d’enrouler rapidement autour de la plaie le bandage qu’il portait jusque là sur sa propre main droite. La balle tirée plus tôt par le scientifique, encore emprisonnée entre le tissu et la chair, tomba aux pieds du duo et rebondit quelques fois sur le goudron. Le jeune adulte ferma sa main en un poing.

« Ne fais pas plus de conneries, petite-sœur. »

Sans accorder plus de temps à la jeune fille, Miyamoto traversa les trois mètres qui le séparaient du garçon et retira sa veste en vitesse puis la roula en boule pour la plaquer avec force sur la blessure sanglante.

« Hé, toi là, blessure importante à l’abdomen, grande quantité de sang… Je crois que ça l’a traversé… »

« Je ne suis pas médecin, est-ce que son cœur bat encore, au moins ? »

Aussitôt, Miyamoto plaqua deux doigts contre le cou du jeune homme. Pas de poul. Il commença aussitôt un massage cardiaque, les deux mains sur la cage thoracique de l’adolescent. Ses sourcils se levèrent et ses yeux s’agrandirent lorsque son regard repassa sur le visage du garçon. Horikawa Kousouke, le petit ami d’Ishikawa, c’était bien lui. Le jeune adulte jura intérieurement. Et elle, où était-elle ? C’était lui qui l’avait amené ici, et si elle se faisait attaquer par le drone elle aussi ?

Les pensées confuses par l’urgence de la situation, Miyamoto releva la tête pour regarder ce qu’il y avait à l’intérieur du parking souterrain. Ses yeux s’agrandirent encore lorsqu’il vit la jeune fille aux cheveux roses sortir du parking sombre en courant. Derrière elle, les deux espers étaient toujours en un seul morceau et se rapprochaient lentement, semblant attendre quelque chose avant d’agir.

« Alors, « Nonoka », c’est ça ? Qu’est ce que ça fait, de tuer quelqu’un comme ça, de savoir que c’est ton œuvre ? Est-ce que tu l’avais déjà expérimenté par le passé ? Sans parler de l’état d’Akutoku, est-ce qu’elle va mourir elle aussi ? Je suis sûre que ton grand frère ici présent n’est pas au courant de tout ça. Tout comme il n’est pas au courant que tu m’as tuée, l’autre jour. »

Azami s’avançait doucement vers Nonoka, son taser dans la main gauche. Elle fusillait la jeune fille du regard, un dégout très explicite dans les yeux.

« D’une simple pression sur un bouton, alors que tu étais confortablement installée devant tes écrans. Boom le drone a explosé. Je suis restée morte plusieurs minutes, avant que les médecins ne s’arrangent pour que mon cœur se remette à battre. »

Azami serra le taser dans sa main puis se détourna de Nonoka et le jeta à Miyamoto qui l’attrapa au vol, stoppant son massage cardiaque sur le moment.

« Il reste une charge. » ajouta-t-elle simplement avant de s’adosser contre le lampadaire le plus proche. « Entre prendre une vie ou en sauver une, je préfère encore choisir la seconde option. »

Miyamoto, visiblement perturbé par les paroles de la jeune fille se reconcentra sur l’état du garçon sur le sol. Sa veste était imbibée de sang.

« T-toi, la voix… vite, fais descendre le personnel de l’hôpital, on est à l’entrée du parking, ce gamin a un putain de trou dans le ventre. »


« C’est fait, un groupe sera là dans 2 minutes. »

« Deux minutes, c’est trop long… » son regard se posa sur Ishika, la jeune fille en pleurs semblait dévastée, inconsolable. Pesant bien ses mots, Miyamoto s’adressa à l’adolescente.

« I-Ishika-san, il faut que tu m’aides... avec ton pouvoir… si tu voyais ce qui est atteint, ça serait plus… »

« Ara, tu ne comptes pas la défendre ni la tuer ? » demanda calmement Ryosei en dépassant Azami qui garda les yeux fermés et les bras croisés.

« Tu seras jugé pour tous tes crimes, assassin, même celui-là. »

Une pression énorme pesait sur les épaules de Miyamoto qui se sentait sur le point d’exploser. Ryosei et Fuyu étaient maintenant tout proches de Nonoka. Ils ne semblaient pas se presser, mais plutôt savourer l’instant présent. De son côté, Azami ne bougeait pas, regardant simplement la scène, jugeant probablement qu’elle serait inutile au sauvetage de Horikawa, elle ne comptait visiblement pas bouger le petit doigt pour aider Nonoka. Si ce qu’elle avait dit était vrai alors…

Ryosei regarda brièvement Ishika en passant devant le trio au sol mais recentra rapidement son regard sur la cadette des Inoue.

« Le travail avant le reste. Tu sais Nonoka-chan, je suis une règle : je ne prends jamais deux fois la même vie… Quelle chance que je n’ai pas encore essayé de te tuer, n’est-ce pas ? »

Un sourire s’allongea sur les lèvres de Ryosei tandis qu’il sortait trois autres tiges métalliques de la poche intérieure de sa veste. Un peu en retrait, Fuyu observait la scène, ayant visiblement eu l’ordre de ne pas interférer.

« Plus de trois minutes se sont écoulées depuis qu’il s’est fait transpercer, si tu veux faire quelque chose, c’est maintenant, Inoue-san. »


Miyamoto se sentait sur le point d’exploser : sa sœur était face à un meurtrier juste derrière lui mais il ne pouvait pas simplement abandonner le garçon mourant. Il n’avait pas d’arme, pas à part ce taser modifié, dans sa main. S’il s’en servait contre le téléporteur… Non, il n’en avait pas besoin. Pas du tout.

« Bordel de merde ! » hurla-t-il en écrasant le taser contre la cage thoracique de Horikawa et de de presser la détente, déclenchant une puissance décharge dont les arcs électriques illuminèrent soudainement la nuit. Une petite partie du courant fut redirigée vers son bras, à travers sa main et lui électrocuta le bras, lui faisant lâcher le taser, complètement vidé de sa dernière charge.

A peine le taser avait rebondit une première fois sur le sol que déjà Miyamoto s’élançait vers Ryosei. Ce dernier eut tout juste le temps de tourner la tête qu’un poing aussi dur que de l’acier entra violemment en contact avec sa mâchoire. Derrière, Fuyu qui n’avait pas réagit continuait de sautiller rapidement sur place, comme pour s’échauffer, fixait Miyamoto d’un regard noir. Elle s’interrompit cependant en voyant quelque chose d’étrange au moment de l’impact. De petits arcs électriques avaient parcouru le bras du jeune adulte, envoyant une décharge dans la mâchoire de Ryosei lors de l’impact.

Le mercenaire fit quelques pas en arrière, une main plaquée contre le visage et regardant la sœur et son grand frère. Un gargouillement inintelligible sortit de sa bouche lorsqu’il voulu parler, le choc électrique lui ayant temporairement engourdit les muscles de la bouche.

« Sac à merde, approche-toi encore une fois d’elle et je ferai en sorte qu’on puisse même plus t’identifier avec ton empreinte dentaire. »

Miyamoto, un regard mauvais sur le visage, se plaça devant sa petite sœur puis fléchit les jambes et monta sa garde, empruntant une position de combat.

« Attention c’est dangereux. Ryosei, celui-là est étrange. »

« Je crois que j’ai compris » sourit Ryosei en s’essuyant la lèvre d’un revers de main. Il inclina la tête en avant, ses yeux verts luisant toujours autant dans la faible luminosité nocturne.

« Dis-moi… tu n’aurais pas fait un séjour dans l’armée toi par hasard ? »


A quelques mètres de là, un groupe de médecins en blouse blanches transportant un brancard à roulettes sortit de l’hôpital et se mit à courir en direction du petit groupe d’adolescents.
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Akutoku Reitōko

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MessageSujet: Re: [ Alter Fofo ] Une Aku cute et en danger ! (pv Akutoku)   Dim 7 Jan - 5:28

[ Il n’y a plus de plan à partir de maintenant… Il n’y a plus rien… ]

Nonoka rouvrit les yeux en sentant l’ombre qui venait de grossir au dessus d’elle. Elle cligna des paupières, la vision légèrement brouillée. Elle remarqua des courbes au visage et une silouhette qu’elle reconnu rapidement sans difficultés avant que son regard ne redevienne clair. Les souvenirs de cette silouhette revinrent eux aussi. Ils avaient jusqu’alors été associés à un mur à dépasser, l’ombre qui s’élevait au dessus de la jeune fille était noire d’encre, malveillante. Mais cette fois, elle était différente. Miyamoto leva l’arme en direction de sa sœur, alors que leurs yeux se reflétaient les uns dans les autres.

« Ne me fais pas regretter ça, Nonoka. »

La détonation de l’arme avait fait sursauter la jeune fille, qui tourna la tête à l’endroit où le canon s’était dirigé. Voir tout le sang qui entourait le sol de nouveau et qui était le sien n’était vraiment pas une vision agréable, mais l’impact du tir de son frère avait fracturé le bitume et creusé un petit puits qui vint rapidement faire s’écouler le sang à l’intérieur. La jeune fille suivit le mouvement du morceau de métal qui traça une ligne dans le pourpre en roulant sur le côté. Elle ferma les yeux en sentant le froid de l’air lui fouetter les joues.

[ … Et si il n’y a plus rien, alors il n’y a plus de raison de combattre. ]

Et puis l’ombre se remit à engloutir Nonoka, lui attrapant la main. Cette fois, elle était chaude et rassurante. Nonoka rouvrit les yeux une dernière fois pour s’assurer de la sensation qu’elle ressentait autour de sa main. La vision de son frère enroulant le bandage autour de sa main lui fit naître un goût sucré dans la bouche pour remplacer celui du sang des coups d’Azami. Comme les images d’un film, elle se rappella de ses chutes à l’école primaire et des pensements que lui avait donné la même personne. De ce que son frère lui avait dit la fois où elle s’était gravement éraflée le front en tombant d’un arbre, quelque chose comme « Ne fais plus de bêtises, petite-sœur. » Qu’est ce qui avait pu se passer entre ses moments et maintenant pour qu’elle en arrive au même point ?

« Ne fais pas plus de conneries, petite-sœur. »

Nonoka ne put réprimer un sourire amer en voyant l’image du souvenir se superposer avec la réalité. Et puis, en suivant le mouvement de Miyamoto, l’adolescente posa les yeux sur le garçon à lunette qui s’était pris le tir de son drone. Elle avait vraiment tout détruit, cette fois.


« Alors, « Nonoka », c’est ça ? Qu’est ce que ça fait, de tuer quelqu’un comme ça, de savoir que c’est ton œuvre ? Est-ce que tu l’avais déjà expérimenté par le passé ? Sans parler de l’état d’Akutoku, est-ce qu’elle va mourir elle aussi ? Je suis sûre que ton grand frère ici présent n’est pas au courant de tout ça. Tout comme il n’est pas au courant que tu m’as tuée, l’autre jour. »

« D’une simple pression sur un bouton, alors que tu étais confortablement installée devant tes écrans. Boom le drone a explosé. Je suis restée morte plusieurs minutes, avant que les médecins ne s’arrangent pour que mon cœur se remette à battre. »

Nonoka se releva comme elle le put, restant un genou à terre en reprenant sa respiration. Elle brandit la tête en avant afin d’être face à Azami pour l’entendre, un œil restant clos. La fille qu’elle avait tant estimé mais aussi tant voulu défaire, l’autre mercenaire de niveau 0 plongée dans ce chaos sans nom. Elle s’attendait à prendre un nouveau coup mérité qui l’aurait renvoyé au tapis, mais il ne vint pas, alors elle se contenta de regarder en direction du taser qu’elle retenait dans la main. Qu’est ce qui allait se passer, maintenant ?

« Il reste une charge. Entre prendre une vie ou en sauver une, je préfère encore choisir la seconde option. »

L’adolescente aux cheveux vert se sentit toute petite dans son sweat à capuche, et un éclair la frappa au moment de la réplique de la jeune femme. La seule qui n’avait pas changé de « plan », c’était elle. Depuis le début, elle continuait inlassablement à faire la même chose comme un de ses drones… A la manière de Wasp-3, Nonoka avait détruit et continué à détruire, ne créant que poussière et souffrance, continuant d’avancer comme si tout cela ne la concernait pas. Comme une machine. Autour d’elle, le monde continuait de tourner, accablé par son existence chaotique.

[ Je… Je n’suis pas… Je n’suis pas une machine… ]

Nonoka Inoue se releva, serrant ses mains contre le col de sa veste, ses phallanges touchant son menton et son regard bloqué en direction du sol. Elle ne releva même pas son pied après avoir remarqué qu’elle écrasait son casque de contrôle à distance endommagé. Qu’est ce qui la distinguait d’une machine, après tout ? D’une intelligence artificielle produite pour ramener Akutoku en tuant les cibles néfastes ? Elle continua à réfléchir en usant de toutes les capacités dont elle était capable pour trouver une réponse, une affirmation assez convaincante pour la différencier totalement des robots qu’elle utilisait, quelque chose de véritable et de pur, d’indubitable, une liste de termes se formant dans son esprit.

[ … J’ai… Conscience… Du temps… J’ai des sentiments… J’ai… ]

Cette fois, se fut les oreilles de la jeune fille qui lui fit lentement tourner la tête sur le côté.

« K… Kousuke-kun ! Kousuke-kun… Kousuke-kun, réponds-moi… S’il te plaît… »

Kousuke était devenu lentement froid. C’était la première fois qu’Ishikawa ressentait cela en lui tenant les mains. Avant, elle n’avait jamais vraiment fait attention. C’était tellement simple et banal, avant… Mais maintenant, tout était différent. Tout s’enchaînait de plus en plus vite et c’était devenu si rapide qu’elle n’avait même pas eut le temps de comprendre ce qui s’était passé. Qui avait tiré, avait-elle pu éviter cela ? Son esprit était embrumé et elle était incapable de réfléchir correctement. Elle avait envie de vomir en regardant la blessure d’Horikawa, mais le seul fait d’avoir cette pensée la faisait se détester.

« I-Ishika-san, il faut que tu m’aides... avec ton pouvoir… si tu voyais ce qui est atteint, ça serait plus… »

La jeune fille aux longs cheveux roses décoiffés n’attendit même pas et activa son pouvoir au maximum de ses capacités en scannant l’entièreté du corps de celui qu’elle aimait. La blessure était profonde et extrêmement étendue, beaucoup trop. Le foie et l’estomac avaient été percé de part en part. La peau avait été cautérisé tout autour de l’ouverture, alors maintenant qu’elle était couverte, les chances d’infections avaient peut-être baissés, mais pas celles de l’anémie. L’hémorragie avait été si intense que le vêtement utilisé par Miyamoto s’était presque instantanément gorgé de sang. La perte de sang était beaucoup trop importante, la pression artérielle d’Horikawa était descendue au minimum et son cœur…

Ishikawa porta une main à la bouche, les larmes qu’elle avaient aux yeux se mirent à glisser sur ses joues. Son cœur ne battait plus. Les derniers mouvements de son organe avaient servit à imbiber le vêtement de sang. L’adolescente fut prise de tremblements qu’elle ne put contrôler, alors qu’elle glissa sa vision qui commençait à lui piquer la rétine en direction de la tête du garçon. Pas assez de sang. Pas assez de sang pour l’irrigation du cerveau.

[ …J’ai le choix… ]

« Le travail avant le reste. Tu sais Nonoka-chan, je suis une règle : je ne prends jamais deux fois la même vie… Quelle chance que je n’ai pas encore essayé de te tuer, n’est-ce pas ? »



♦♦♦



« Enfin, on respire… Je n’en pouvais plus, de ce bâtiment. Si vous pouviez accélérer un peu, je ne veux pas que l’on perde plus de temps. »

Shiina Sumire regarda longuement le visage d’Haruhiro Wilkowski derrière le masque respiratoire qu’il portait. Il semblait beaucoup plus calme, maintenant qu’il dormait, et elle se surprit même à se demander à quoi ce garçon pouvait bien rêver. Elle se mit à bailler, passant son regard à la fenêtre de la camionette arrière. Le ciel était encore sombre, mais cela n’allait pas tarder longtemps. Quelque chose de lourd semblait avoir empli l’air, et c’était rentré jusque dans le véhicule. La femme en jupe retira son calot et passa un vague regard du côté du conducteur.

« Le temps va se couvrir. J’ai comme un mauvais pressentiment… Comment va Otaki ? »



♦♦♦



« Bordel de merde ! »

Les deux chocs électriques l’un après l’autre avaient jaillis devant les yeux de Nonoka, éclairant deux endroit différents, d’abord à côté de l’élève de Nagatenouki, puis de Ryosei et des projectiles mortels qu’il portait avec lui. C’était son frère qui avait agit, mais elle n’avait pas vraiment eut besoin de quelque chose de plus pour le savoir. Le regard du téléporteur qui avait titubé en reculant était glacial et fit frémir Nonoka, contrairement à elle il semblait toujours aussi déterminé et rien ne semblait pouvoir le faire vaciller, pas même l’action explosive de Miyamoto.

« Sac à merde, approche-toi encore une fois d’elle et je ferai en sorte qu’on puisse même plus t’identifier avec ton empreinte dentaire. »

Le dos de son frère apparu à la jeune fille, tâché de sang mais stoïque comme une barrière entre elle et les deux esper. Elle-même fit un pas de recul en le voyant prendre place, ne sachant toujours pas de quelle façon réagir, elle se contenta de rester à sa place en retenant son poignet. Il fallait qu’elle retrouve sa concentration.  Le duo s’échangèrent de rapides répliques sur son frère qu’elle ne daigna pas écouter. Il fallait qu’elle trouve un moyen, n’importe quoi. Quelque chose qui puisse la sortir de là. Wasp-3 avait été vraisemblablement mis hors service, elle pouvait le sentir. Mais il y avait encore un espoir, la commande vocale. Mais pas dans ses conditions… Elle jongla rapidement son regard d’Azami au couple, puis aux trois personnes devant elle. Qu’est ce qu’elle pouvait faire, elle ?

« O… Onii-chan-… »

Une goutte de pluie se posa sur sa joue, la faisant lever la tête. Un choc violent se fit entendre peu après derrière l’attroupement. Une gigantesque masse sombre avait surgie pendant que le groupe se faisait face, tel une montagne de plusieurs dizaines de mètres qui surplombait l’extérieur de l’hôpital. Une sorte de colonne grouillante s’agitait après avoir brisé une bouche d’égout, filant en direction d’Akutoku Reitoko. En s’approchant un peu plus du groupe qui s’était retourné pour le distinguer, le monstre se mit à siffler : des centaines de serpents bourdonnait dans le pilier qui se saisit de la jeune fille aux couettes bleu, la souleva en la brandissant à plusieurs mètres du sol, avant de l’engloutir dans sa masse et de repartir d’où elle était venu, en direction des égouts.

«B… Baissez-vous ! DragonFly, ENVOL D’URGENCE ! »

La bourrasque de vent que souleva le drone de Nonoka servit de deuxième piqure de rappel. Les ailes de la machine se mirent à vibrer en tous sens, projetant les gouttelettes d’eau de la pluie qui redoubla d’intensité, lavant le sang pour l’amener jusqu’aux égouts. Nonoka se saisit de la main de Miyamoto en serrant sa paume bandée contre la sienne. Elle se mit à courir du plus vite qu’elle le put en direction du véhicule qui se mettait à décoller au dessus du sol. Elle sauta sur celui-ci avec son frère, mais les diversions n’avaient eu qu’un effet de courte durée. Déjà, Ryosei et Fuyu fonçaient dans leur direction, Azami semblant elle aussi prête à empêcher Nonoka de s’échapper.

La jeune fille ne chercha même pas à comprendre qui était ses alliés et qui était ses ennemis et donna un coup de pied violent dans un côté de la machine qui décolla au dessus du sol. La petite portière qu’elle venait d’ouvrir laissa tomber comme un colis un objet de la forme d’une fusée. Comme si Ryosei le connaissait déjà, il fit en sorte que Fuyu n’approcha pas plus : en touchant le sol et après avoir déployé des sortes de pétales, le projectile explosa violemment, projetant des petits morceaux pointus et un souffle de poussière qui fit décoller les cheveux des esper encore au sol. Nonoka ouvrit un panneau sur son drone alors que celui-ci tourna sur lui-même avant de filer encore plus vite après avoir dépassé les 10 mètres au niveau des fenêtres. Le téléporteur réussit à se téléporter dans leur direction, mais un puissant coup de poing de Miyamoto leur permit d’accélérer leur repli en hauteur, stationnaire. Déjà, Nonoka tournait la tête vers son frère. Apparemment, elle ne pouvait pas diriger le Dragonfly plus que cela.

« O… Onii-chan… Sortons… Sortons d’ici ! Aide-moi s’il te plaît ! »

« DragonFly, mode défensif ! »

Comme si il contenait des speaker, des vagues d’airs venaient frapper le sol autour de Fuyu, Ryosei et Azami, dirigeant l’humidité de l’air en une petite tempête tout en perturbant leur pouvoir d’esper. Quoi que ça puisse être, ce devait être l’alliance entre une onde à basse fréquence et des systèmes des projections d’air. Cela devait être assez pour empêcher l’un d’eux de tirer dans leur direction ou de foncer comme cette petite fille l’avait déjà faite plusieurs fois en usant de sa psychokinésie. Un mélange en somme parfait entre une défense contre les pouvoirs et une défense contre une offensive technologique… Cependant, de cette façon, la libellule ne pouvait pas s’envoler plus. Se protéger de façon défensive ou s’échapper, il fallait choisir, mais le véhicule semblait encore renfermer des capacités qui pouvaient être utilisé de manière intelligentes. Et peut-être même servir aux Inoue d’assez de temps pour trouver quelque chose… Quelque chose comme un plan.

Le personnel qui avait été appelé était déjà là et avait décidé de ne pas s’occuper de l’action bruyante non loin : la priorité était de rapatrier les adolescents blessés. Cependant, Ishikawa ne pouvait tout simplement pas se décider à rester. Sauver Akutoku, aider ses amis, tout cela n’existait plus. Il n’y avait plus rien qu’un vide blanc derrière elle et elle ne se décida même pas à regarder. Elle serra la main froide d’Horikawa et se mit à la suite des médecins. Elle hoquetait et ses pleurs se répandaient au sol en se mélangeant avec la pluie. Qu’importe ce que pouvait être cette colline de serpents, qu’importe ce que pouvait être cette histoire et ses personnes qu’elle ne connaissait pas. Kousuke Horikawa, la personne qu’elle aimait le plus au monde venait de mourir.



♦♦♦



« Ils disent que c’est un esper… Mais personne n’en est vraiment sûr. Il serait derrière la véritable ‘‘bataille’’ de l’hôpital, celle qui se passe encore maintenant. On aurait vu une personne observant sur un toit, puis des gens se déplacer bizarrement, des gens disparus resurgirent… C’est quelqu’un qui n’a de mercenaire que la part de mystère par rapport à ses intentions. Personne ne sait vraiment ce qu’il veut mais des télépathes d’Academy City ont parlé de quelque chose de noir et de grouillant, comme un serpent. Ce doit être lui-même un télépathe ou… »

« … Ou quelqu’un qui possède un dispositif permettant d’influencer les gens, de leur faire voir ce qu’il veut. Les informations que ma sœur a pu récupérer ne sont vraiment pas assez. Au fait… Shiina-chan travaille avec le Bloc K mais aussi pour d’autres groupuscules scientifiques. Elle possède une main un peu partout, ça lui permet de faire beaucoup de chose et de savoir beaucoup de chose. »

Otaki Sumire soupira longuement en regardant à travers la vitre de la voiture noire dans laquelle elle se trouvait. Le siège était confortable, et s’asseoir près de son sempai la réchauffait quelque peu. Cependant, la pluie violente qui s’écrasait et dégoulinait sur la vitre avait réussit à lui remonter quelque chose d’étrange dans la bouche, comme un goût de sang désagréable qui la fit se mordre la lèvre inférieure. Elle regarda son téléphone puis tourna la tête vers Eitaro Kimura-san.

« Je sens que quelque chose se passe et qu’Akutoku est en danger. »
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Haruhiro Wilkowski

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MessageSujet: Re: [ Alter Fofo ] Une Aku cute et en danger ! (pv Akutoku)   Lun 22 Jan - 23:09

« O… Onii-chan… Sortons… Sortons d’ici ! Aide-moi s’il te plaît ! »

« DragonFly, mode défensif ! »


Miyamoto était stupéfait. Nonoka s’était remise à bouger, jonglant entre un ton doux et adorable qu’il avait tant cherché à entendre et un ton autoritaire qu’il continuait de découvrir. Si la jeune fille n’avait pas vraiment repris le contrôle de la situation, elle avait cependant réussi à leur créer une porte de sortie.

Quelques mètres plus bas, Ryosei s’écrasa au sol après s’être de nouveau téléporté. Face contre terre, il émit un grognement en remuant légèrement. Du sang sécoulait de sa bouche et se mêlait à la pluie sur le goudron. Un rictus tordu sur le visage, l’esper se releva péniblement.

« Ça fait deux fois, ma très chère Inoue Family. » cracha-t-il en même temps qu’un filet de sang.

Depuis le DragonFly, Miyamoto rendit le regard aux deux lumières vertes en contrebas. Un regard à la fois emplit de colère et de crainte, mais surtout de sérieux. Sans quitter l’esper des yeux, l’aîné des Inoue sorti le pistolet de sa ceinture et s’aggripa à la carroserie du drône géant.

« Quitte le mode défensif, tu te souviens de ce vieux parc de jeu près de notre ancien appartement à strange ? Emmène nous là bas ! Je m’occupe d’eux. »

Cinq balles et deux chargeurs pleins dans sa ceinture étaient toutes les munitions qui lui restaient… il allait la protéger, coûte que coûte ! Sans prendre la peine de viser précisément, Miyamoto commença à tirer sur les formes sombres au sol.

« Ryosei ! » cria Fuyu en tirant sur le bras du garçon, essayant visiblement d’éviter qu’une balle ne le touche, alors que le drône s’éloignait déjà dans la pluie battante.

L’adolescent se laissa faire sans quitter l’engin des yeux une seule seconde jusqu’à ce qu’il disparaisse de son champ de vision, sa grimace comme incrustée dans son visage.

« Ah haaa~ ils sont partis. »

Se dégageant soudainement de l’étreinte de la fillette en se redressant, le mercenaire regarda autour de lui avant de reprendre la parole.

« Usagi-chan est partie aussi. Ah ? Azami-chan tu dis ? »

Fuyu se contentait de fixer son coéquipier de ses deux grands yeux bleus dénués d’émotion. C’était quelque chose qui se passait de temps en temps, Ryosei n’avait besoin que de la regarder pour comprendre ce qu’elle voulait dire. Dès lors, parler n’était pas nécessaire.

« Bon ça n’est pas très important… »
reprit l’esper avant de se mettre à parler très vite, soudain animé d’une excitation nouvelle.

« Mais tu sais ce qui l’est ? Ce que je vais faire ! Une fois que je les aurais retrouvés, je m’occuperai d’abord de ce cher Onii-chan, je le tuerai juste devant la petite pour qu’elle comprenne qui domine en ce monde. Et ensuite, je m’occuperai d’elle... lentemen- »

Le téléporteur s’interrompit en voyant le petit regard énervé de Fuyu, qui semblait bien peu intéressée par son monologue. Après un sourire bienveillant, le mercenaire posa sa main sur la petite tête et la caressa doucement.

« Je sais je sais, le travail d’abord. Il faudrait récupérer Akutoku en priorité, c’est ça ? »

[ Cette chose. Qu’est-ce que c’était ? Ça ne ressemblait à rien de ce que j’avais déjà vu, c’était comme si cet amas noir était… vivant. ]

Ryosei  regarda en direction du trou dans le sol menant aux égouts. L’étrange pouvoir avait emporté Akutoku par là, comment un esper pouvait seulement créer quelque chose du genre ? Etait-ce de la manipulation de tissu organique ? Ou bien…

Lentement, le regard du garçon bifurqua pour se retrouver axé sur l’hôpital. C’était là bas qu’Ishikawa était partie.

« Mais on pourrait tout de même aller voir ma petite colombe à l’hopital là bas avant, après tout, elle doit nourrir une colère noire contre Nonoka-chan après ce qu’elle a fait, il ne faudrait pas rater l’occasion de- »

Sentant que cette fois-ci un simple regard ne suffirait pas, Fuyu écrasa son talon sur le pied du jeune homme, un air énervé sur le visage.

« Aïe ! »

« Baka. »

Sans arrêter de le fixer, la fillette tendit son téléphone à Ryosei, lui montrant l’écran qui l’éblouit momentanément. Malgré la pluie et l’eau qui s’écoulait sur le verre, Ryosei parvint à lire le message affiché à l’écran. Un sourire malfaisant illumina son visage.

« Je pense que je vais devoir remettre notre rendez-vous à plus tard alors, aha ! Le vrai boss est de retour, c’est reparti ! »




***




Malgré les larmes et les sanglots, le groupe de médecins n’avait pas laissé entrer Ishika dans le bloc opératoire, la laissant de l’autre côté de la double-porte qui menait au couloir de salles d’opérations. Comme abandonnée sur le banc dans le haul de l’hôpital, la jeune fille était inconsolable et continuait de pleurer à chaudes larmes, sans pouvoir s’arrêter.

Azami hésita à s’approcher en voyant la scène mais rejoignit tout de même l’adolescente après un instant d’indécision. La situation était critique, elle devait essayer. S’asseyant à côté d’Ishika, elle lui prit la main et la regarda droit dans les yeux.

« Ishika-san, je sais que c’est dur mais… il faut que… »

La jeune fille garda la bouche ouverte mais ne pu prononcer une syllabe de plus. La détresse dans les yeux de l’adolescente était énorme. Au fond d’elle-même, elle savait très bien que ça ne servirait à rien. Si le garçon aux lunettes ne savait rien à propos de son équipement, elle non plus n’aurait aucune information à lui donner. Sans oublier qu’Azami se savait très mauvaise pour tout ce qui touchait au tact et au réconfort d’autruit.

[ C’est inutile… si je veux faire quelque chose, si je veux récupérer mon arme… ]

La mercenaire se leva soudain, lâchant la main de l’adolescente en pleurs. Une puissante lueur de détermination s’alluma dans son regard.

[ Je dois aller négocier directement, je dois penser à ma mission, mon devoir. Je ne peux pas oublier. ]

Azami fit quelques pas en avant avant de s’arrêter, dos à la membre de judgement.

« Je vais régler ça, tu peux me faire confiance. Je ne tolèrerai pas cette injustice. Je te promets de ramener le coupable et de le livrer, si tel est ton souhait. Le cas échéant… je débarrasserai le monde de cette pourriture. »

La jeune fille se remit à avancer, elle avait pris une décision. C’était un risque à prendre mais son identité était déjà dévoilée, rien ne serait plus comme avant désormais. Elle devait tenter le tout pour le tout. S’immobilisant devant le téléphone de l’accueil, la jeune fille souffla longuement avant de décrocher et de composer le numéro d’urgence d’Anti-Skill.

« Je suis Azami Miura, celle à qui appartient le sniper que vous cherchiez tant. Passez-moi votre supérieur, j’ai un marché à vous proposer. »

Un ton sec et tranchant. Lorsque l’on n’a plus d’alliés, il faut en chercher chez l’ennemi. Contradictoire ? Peut-être, c’était certainement l’entreprise la plus dangereuse de toute sa vie. Si elle réussissait, une bonne partie de l’ombre installée à Gakuen Toshi serait lavée. Si au contraire elle n’était pas suffisamment convaincante, ça serait un aller simple pour l’enfer.




***




Dans la pièce sombre, la lumière bleue des écrans se reflétait sur les épais verres supportés par une monture d’acier. Dix doigts pianotaient inlassablement sur le clavier.

« C’est fait. Mais je suis surpris, je croyais que tu ne l’appréciais pas. »

Sur le moniteur, l’onde sonore s’affola à mesure que la personne avec laquelle la communication était établie parlait. Dans un coin de l’interface, un compteur affichait le temps de l’appel : 2 minutes et 34 secondes exactement.

« Hm, je vois. Et tu ne penses pas qu’il vaut mieux prévenir Inoue ? Autant pour ça que pour les oreillettes, elles sont létales, je t’ai donné les commandes.  »


De nouveau, le l’onde s’amplifia et se mit à varier quelques secondes avant de redevenir une droite.

« Bien, je te recontacterai. »

D’une simple combinaison de touches, la personne qui se tenait là ferma une fenêtre de communication et afficha la seconde, en grand.



***



Miyamoto porta une main à son oreillette, l’air soudainement surprit.

« Hein ? Mais pourquoi ? Y a quoi là dedans ? »

La pluie avait finit par devenir si faible qu’il n’en restait plus que de fines gouttes inoffensives, plus semblables à une légère brume qu’à une véritable pluie. Les Inoue marchaient depuis maintenant quelques minutes, après s’être posés en catastrophe non loin des ruelles de Strange. Le DragonFly avait été plus ou moins caché malgré son piteux état, et recouvert d’une grande bâche en cas de nécessité d’une fuite en urgence.

Voilà donc à quoi ressemblait le quartier dans lequel le frère et la sœur avaient vécu il y avait quelques années de cela. L’endroit n’avait pas beaucoup changé aux yeux de Miyamoto et même l’ancien parc de jeu, à maintenant quelques mètres devant eux, semblait avoir été figé dans le temps, avec la rouille qui le rongeait et les tags qui l’avaient recouvert.

Une multitude de souvenirs revenait dans l’esprit du jeune adulte. En y repensant, c’était ici que tout avait commencé pour lui. Il avait progressivement commencé à disparaitre pour des semaines puis des mois après s’être retrouvé seul à la charge de sa petite sœur. Petit à petit, de la distance s’était installée entre les Inoue, sans que l’un ou l’autre ne freine réellement le processus. Mais ça n’était pas à ce moment là que sa vie avait basculé. Non c’était après, le jour où il était parti pour ne réapparaitre que six mois plus tard et avait retrouvé l’appartement vide. Dès lors il avait été difficile de garder le contact avec Nonoka. Mais suite à des recherches intensives et quelques pots-de-vin, il avait finalement réussi à retrouver Nonoka. Mais Miyamoto en était conscient. S’il avait fini par retrouver Nonoka, sa petite sœur était disparue depuis bien plus longtemps.

[ Il faut qu’on en parle. ]

Le jeune adulte aux boucles d’oreilles poussa la petite porte métallique du parc de jeu sans dire un mot et se laissa tomber sur un banc, bras et jambes écartés et l’air épuisé. Sous le banc, il récupéra un petit paquet marron, grossièrement scotché sur le dessous de la planche.

Miyamoto regarda le paquet un moment avant de soupirer bruyamment et de le poser à côté de lui. Son regard se recentra sur Nonoka.

« Il faut qu’on parle Nonoka. »

Retirant son oreillette du bout des doigts, l’aîné des Inoue se pencha en avant, les coudes sur les cuisses et un air soudain très fatigué sur le visage.

« Écoute, je sais que ce n’est pas le meilleur moment pour en parler mais… j’ai l’impression que si on ne le fait pas maintenant on n’osera plus jamais aborder le sujet. Je sais que je n’ai pas été là pour toi, que j’ai disparu sans prévenir. Mais justement pour ça, demande-moi n’importe quoi, je te dirai tout ce que tu veux savoir. »




***




Peu après que les deux espers ne soient entrés dans la camionnette noire, l’un des deux hommes assis dans le compartiment avant fit passer un téléphone et un dossier cartonné qu’Eitaro récupéra sans dire un mot. Le jeune homme tapota rapidement un message sur l’écran tactile en même temps qu’Otaki partageait ses informations.

Le mercenaire ouvrit ensuite le dossier qui contenait diverses pages, agrémentées de photos de visages et d’informations générales concernant les hommes désormais sous son commandement.

« On sait très peu de choses, donc. Il va falloir être prudents mais tout devrait bien se passer. Peu importe à quel point cette personne est douée, je doute fort qu’elle puisse rivaliser avec deux niveaux 4 et dix hommes entraînés à chasser et abattre les espers. »

Au même moment, deux camionnettes rejoignirent celle dans laquelle se trouvait le duo, formant un cortège sombre de trois véhicules.Mais Eitaro n’y prêta pas vraiment d’attention, visiblement concentré sur le dossier qu’il avait entre les mains. Juste à côté de lui, Otaki pouvait également tout voir, lire et enregistrer.

Il y avait un profil semi-détaillé pour chaque membre des deux escouades, allant d’une analyse psychologique courte aux compétences propres à chacun, en passant par l’expérience et des informations concernant le service militaire. C’était une condition qui avait été fixée par Eitaro pour les missions de ce type. Personne d’autre que lui ne devait commander les hommes qui l’appuieraient pour l’opération. De son côté, il devait mémoriser les informations de chaque individu, afin de dresser une stratégie et utiliser le potentiel de chaque élément au maximum. La tâche n’était pas si difficile en réalité, l’esper connaissait une bonne partie des hommes pour avoir déjà travaillé avec eux, les nouveaux profils seraient mémorisés facilement.

« De quoi parles-tu ? » marmonna Eitaro à l’attention de la jeune fille, les yeux rivés sur la fiche d’un nouvel élément aux yeux pétillants sur la photo du trombinoscope.

« Il se passe forcément quelque chose de gros, c’est pour ça qu’on est là. Je crains qu’Akutoku ne sera jamais vraiment en sécurité tant qu’on ne l’aura pas récupéré. Quand à ce qu’il adviendra d’elle ensuite, ce n’est plus notre problème. La récupérer en vie est en revanche une nécessité. »


Posant le dossier sur la banquette à côté de lui, le mercenaire tourna la tête vers la jeune fille puis reprit la parole.

« Mes employeurs ont tout organisé, as-tu déjà participé à une opération militarisée, Sumire-san ? »

Seulement quelques minutes plus tard, les trois camionettes s’immobilisèrent non loin de l’hôpital. Les portes latérales coulissèrent simultanément et le duo sortit en même temps qu’une dizaine d’hommes, équipés de fusils mitrailleurs, gilets pare-balle et protections anti-espers, en plus d’un équpement militaire classique.

« Kimura-san ! Ah c’est bon de te revoir, je savais bien qu’ils ne pourraient pas te retenir trop longtemps. Et te voici en plaisante compagnie, Otaki-chan je présume ? »

« Tu as fait beaucoup de bruit, pour un téléporteur. »
lâcha simplement l’esper aux cheveux verts en réajustant le haut de son costume.

« Sumire-san, voici Ryosei et Fuyu, mes subordonés. Ils nous aideront à passer en cas d’imprévus. »

Posant délicatement une main sur sa poitrine et se courbant en avant comme pour saluer une princesse, Ryosei dévoila une rangée de dents blanches.

« C’est un honneur de travailler avec toi, j’ai beaucoup entendu parler de tes… prouesses. »

Fuyu posa son regard inexpressif sur son coéquipier avant de le recentrer sur Otaki. Elle n’avait pas encore décidé si elle appréciait cette fille mais ne semblait en tout cas pas disposée à ouvrir la bouche pour se présenter.

Ignorant la scène, Eitaro attrapa les deux radios noires qui venaient de lui être lancées et en tendit une à Otaki.

« Tu commanderas une escouade de cinq hommes, n’hésite pas à solliciter leur aide en cas de besoin. Ce sont des professionnels tu n’as pas à t’inquiéter. »


L’un des mercenaires en tenue paramilitaire, visiblement le chef d’escouade, enfonça le chargeur dans l’emplacement prévu de son fusil mitrailleur puis donna le top départ à l’opération, faisant bouger les troupes comme un seul homme.

Il ne fallut que deux minutes pour que l’ensemble du groupe ne pénètre dans les égouts, se rapprochant petit à petit de leur cible : Akutoku Reitoko.
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Akutoku Reitōko

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MessageSujet: Re: [ Alter Fofo ] Une Aku cute et en danger ! (pv Akutoku)   Mar 23 Jan - 2:25

L’index de la jeune fille se posa contre la vitre teintée. Elle vint tracer une ligne sur la couche de buée humide du côté intérieur de la vitre, semblant toujours autant préoccupé. Eitaro Kimura-sempai semblait bien plus assuré cependant, et ses propos énoncés sans aucune hésitation avec sa voix de baryton qui emplissait les poumons d’Otaki d’une chaleur oppressante qui lui rappela pour quelle raison elle avait décidé de faire confiance au mercenaire. A ses côtés, elle ne pouvait tout simplement pas imaginer le fait d’abandonner ou de rater la mission. Il prenait la place de la figure masculine et forte qui lui servait de guide, exactement ce dont elle avait besoin actuellement dans son état tumultueux.

« Mes employeurs ont tout organisé, as-tu déjà participé à une opération militarisée, Sumire-san ? »

« J’ai déjà démonté des militaires en opération, oui. »

L’adolescente accompagna Eitaro une fois sorti de leur véhicule. Le cortège de voitures noires n’impressionnait pas vraiment Sumire, c’était plutôt le fait que son sempai la dirige qui la surprenait. Décidément, il y avait encore beaucoup de chose qu’elle ignorait. Il semblait y avoir beaucoup d’organisation dans cette opération, si bien qu’Otaki en vena même à se demander quel était sa place dans tout ça, avant de se rappeler de ses propres capacités. Elle inclina prestement la tête en posant les yeux sur les deux personnes qu’Eitaro se mit à présenter après les avoir salués. Ils devaient sûrement être d’autres membres qui allaient participer dans le raid mais ils intéressaient très peu l’adolescente.

« C’est un honneur de travailler avec toi, j’ai beaucoup entendu parler de tes… prouesses. »

Otaki Sumire ferma ses yeux magentas en inclinant de nouveau rapidement la tête, respectueusement mais sans trop rester penché pour ne pas donner une impression de faiblesse ou d’une politesse trop présente. Une fois la tête levée elle garda son regard neutre et ses yeux perçant sur le duo pour les dévisager l’un après l’autre sans manifester d’intérêt particulier. Visiblement, elle comptait simplement que tout se passe sans accroc et qu’ils fassent leur boulot.

« Ce n’est rien d’incroyable. Je suis aussi pressée de travailler avec vous, Ryosei-san, Fuyu-san. »

Otaki Sumire vérifia le contenu de son sac, trois grandes bouteilles d’eau déminéralisées et une bouteille en métal remplie de propane. Tout était là, assez de matériel pour faire un trou dans le front de chaque élève de son Académie. Elle inspira en se relevant et en redressant sa sacoche en bandoulière sur son épaule gauche. Voyant qu’après être arrivé à sa hauteur, il lui tendait une radio, elle la récupéra. Le souvenir de la radio ensanglantée du groupe d’Endo lui parvint à l’esprit en un éclair, mais elle l’oublia bien vite.

« Tu commanderas une escouade de cinq hommes, n’hésite pas à solliciter leur aide en cas de besoin. Ce sont des professionnels tu n’as pas à t’inquiéter. »

Posant l’une de ses mains sur la lanière de sa sacoche en bandoulière et l’autre le long du corps pour venir caresser les pans de la jupe de son uniforme scolaire, Otaki Sumire jeta un regard derrière elle puis devant elle en faisant un premier pas dans le système des égouts. C’était la première fois qu’on lui donnait l’opportunité de commander un groupe dans une opération importante de ce genre, et c’était la première fois qu’elle faisait parti d’une escouade aussi importante et organisée. Oui, beaucoup de première fois. Et l’étudiante était bien décidé à faire de toutes ses premières fois une réussite totale.

« Si vous êtes le chef des opérations, sempai, je n’ai absolument aucune inquiétude. »

Après quinze minutes de recherche assidue dans les égouts en dessous de l’hôpital, les radios du groupe vinrent résonner pour se synchroniser de nouveau sur les informations qu’elles avaient put recueillir. Malheureusement, les équipements de traçage de technologie et de résidus d’AIM laissée par un pouvoir d’esper n’avaient rien donnés, et il n’y avait aucune trace de vie humaine dans ce système de contrôle des eaux souterrains. Le complexe souterrain possédait des systèmes de caméras et de détecteurs de mouvements situés tout autour et à l’intérieur de la zone où Akutoku Reitoko avait disparu. Eitaro Kimura demanda rapidement aux troupes sur place d’inspecter ses systèmes quitte à les hacker pour en tirer tout ce qu’ils pouvaient récupérer.

[ Ça n’a aucun sens… Ses types là ont un équipement 3, non 4… 5 fois plus performant et sophistiqué que tout ce que j’ai pu voir jusqu’à maintenant, le Bloc K n’est qu’un projet d’étudiants à côté… Et pourtant, pas une seule trace ? ]

Tout d’un coup, la radio dans la main d’Otaki Sumire se mit à grésiller. La jeune fille l’activa en énonçant sa présence, pour entendre que l’un des membres de l’escouade qu’elle contrôlait avait découvert, en même temps que celle d’Eitaro, une période blanche dans le système de détection souterrain. Pendant plus de 5 minutes, un à un, tout les équipements de détections sur le chemin de « ça » s’étaient arrêtés d’enregistrer tour à tour comme si du brouillage, sous la forme d’une vague, s’était propagée en désactivant les systèmes sur son chemin. Ce qui n’avait aucun sens cependant, c’est que ses systèmes étaient équipés de logiciels capable de localiser le problème, de l’analyser et de l’enregistrer dans leurs archives. Cependant, ses mêmes logiciels sensés être infaillible et à la pointe de la technologie d’Academy City avaient eux aussi décidés de cesser de fonctionner sur la route qu’avait entreprit cette chose.

« Qu’est ce que c’est que ce délire... Ça passe à travers la sécurité des égoûts de la Cité Académique comme si il éteignait des lampadaires sur son chemin… Otaki Sumire activa le bouton de sa radio pour se remettre à communiquer avec le reste du groupe sans attendre une seconde de plus Kimura-san, Fuyu-san, Ryosei-san, on doit continuer les recherches à tout prix. Il faut localiser la direction qu’a pris cette chose pour trouver son dernier point d’arrêt et tracer un périmètre de recherche à ce point précis ! Alpha-2, Alpha-4, Alpha-5, continuez de chercher des traces d’adn avec les autres escouades. Akutoku n’a pas pu voyager sans rien laisser sur son chemin ! »

Otaki Sumire avait vu juste, mais ce fut Ryosei qui trouva le premier. Une mèche de cheveux bleu. Ce qui continua à brouiller les pistes plus qu’autre chose pour le groupe qui s’apprêtait à ressortir des égouts après cette traque infructueuse. La mèche de cheveux était à moitié encastré dans un tuyau d’acheminement d’eau tout juste assez grand pour charrier une adolescente de 16 ans pliée en deux. Quoi que ça puisse être, cette chose s’éloignait chaque seconde supplémentaire de la définition d’un être humain.




♦♦♦




Le chef de la branche 11 d’Anti-Skill relu de nouveau le dossier qu’on lui avait parvenu. Il regarda la jeune fille menottée se tenant devant lui d’un air flegmatique. Il avait visiblement totalement marre d’avoir affaire à cette personne et comptait bien le lui faire comprendre après un nouveau looong soupire et un roulement des yeux en la voyant de nouveau s’égosiller en amenant l’un après l’autre des arguments passionnés sur ses objectifs et la raison de son ‘‘combat’’. Tout ce que le membre d’Anti-Skill voyait devant lui, c’était une fille qui avait décidément perdue une case.

« Je dois te l’avouer petite, c’est la première fois que quelqu’un se retrouve à cette table de son propre plein gré en ayant appelé Anti-Skill pour venir réclamer un set d’équipement paramilitaire de pointe pour… Attends, tu permets que je réutilise tes mots… ‘‘Nettoyer la Cité Académique des ténèbres qui la surplombe’’. »

Voyant que la jeune fille allait réitérer un argument cinglant et plein de détermination, l’adulte barbu l’arrêta en levant la paume de sa main dans sa direction.

« Écoute, le seul fait t’accusant directement est contenu dans tes propres paroles. On a pas retrouvé tes empreintes digitales sur les armes qu’on a placé dans l’armurerie parce qu’elles étaient pleines de poussière métallique et de cendres. J’ai aucune envie de t’envoyer  au Reformatory pour l’usage, y’à déjà assez d’enfants qui ont perdus les boulons là bas pour qu’une fille avec des grands fantasmes vienne s’ajouter à la liste. Alors c’est simple, cet arme ne t’appartient pas. Si jamais tu continues d’argumenter sur le fait que c’est faux, alors je te garde en observation pendant qu’on l’incinère. Soit tu repars tranquillement chez toi les mains vides, soit tu restes ici toute la soirée les mains vides. A toi de choisir… » L’homme prit un petit instant pour jeter un regard désintéressé sur le dossier qui tenait devant lui. « …Azami Miura-chan, esper de level 0 sans établissement scolaire connu. »

Le chef de branche fit signe à un de ses coéquipiers dans la salle d’interrogatoire de retirer les menottes de la jeune fille puis de l’accompagner vers la sortie de la salle. La porte se referma derrière Azami et l’attention qu’on lui portait dans l’office disparue très rapidement. Comble de l’ironie, en venant se livrer elle-même, personne ne la prenait au sérieux à cause des nombreux cas plus importants qu’avait causé Akutoku sur son passage, rendant Anti-Skill totalement overbooké. Cependant, Azami ne semblait pas du tout avoir lâché l’affaire et avait relevé la faute de débutant de celui qui l’avait interrogé : elle savait à présent que ce qu’elle recherchait était dans l’armurerie. Se dirigeant discrètement vers celle-ci dans le remue-ménage du bureau secondaire d’Anti-Skill, Azami fut obliger de s’arrêter dans un couloir menant à la salle contenant son arme. Une personne adossée à un mur s’en détacha, les bras croisés, pour lui faire face.

C’était une étudiantes aux longs cheveux d’un noir de jais et aux yeux d’un brun clair qui semblait presque rouge avec les lumières du couloir au dessus d’elle. Munie d’un brassard d’Anti-Skill et de chouchous rouges liant ses cheveux en sorte de couettes plus mature que celles d’Aku, la jeune fille détentrice du Heavy Shocker de niveau 3 releva le menton pour regarder l’adolescente devant elle d’un peu plus près, la détaillant brièvement sans sembler trop se soucier de son apparence.

« Si tu as pu te reposer assez, c’est parfait. Onigawara Oshiko, enchanté de faire ta connaissance. J’ai entendu l’appel que tu as envoyé à cette station alors que je m’y rendais. Tu veux l’équipement qui est retenu ici, pas vrai ? Si tu sais quelque chose sur le garçon qui contrôle le métal, je peux arranger ça. Mais je crois qu’il ne va pas tarder à s’échapper du Reformatory, et mes coéquipiers de Judgment comme Anti-Skill ne veulent pas m’écouter. Ça te branche de me donner un coup de main en échange ? »

Spoiler:
 




♦♦♦



Une faible lumière dans un monde sans énergie ni aucune possibilité de mouvement, comme si il était coulé dans du béton. Des grésillements comme des bruits qui résonnaient dans ses tympans, un concert assourdissant qui devait sûrement lui frapper sur le système.

« Je vois. C’est parfait, on le garde en sommeil alors. Préparez tout pour qu’on puisse le réveiller dans 48 heures. Je vais appeler Taki-chan et son petit copain pour voir où ils en sont avec leurs recherches… Connaissant Otaki, elle a déjà dû créer le couple idéal en plus de trouver notre mystérieux invité surprise. Emmennez-le dans la salle 310. »

Les lumière s’éteignirent avant que le monde ne disparaisse de nouveau, faisant plonger Haruhiro dans un océan noir sans son ni odeur.



♦♦♦


De l’autre côté du miroir, Nonoka Inoue respirait difficilement. Le choc émotionnel et son hémorragie importante à la main lui avait fait perdre tout repère, sans l’aide de son frère, le véhicule volant se serait sûrement écrasé contre un immeuble.[ Tu te souviens de ce vieux parc de jeu près de notre ancien appartement à Strange ? Emmène nous là bas ! Je m’occupe d’eux. ] Ses simples mots avaient suffit pour diriger Nonoka jusqu’à l’endroit où elle se sentait désormais parfaitement calme. Un endroit où elle allait pouvoir réfléchir à tout ce qui s’était passé jusqu’à maintenant.

« Il faut qu’on parle Nonoka. Écoute, je sais que ce n’est pas le meilleur moment pour en parler mais… j’ai l’impression que si on ne le fait pas maintenant on n’osera plus jamais aborder le sujet. Je sais que je n’ai pas été là pour toi, que j’ai disparu sans prévenir. Mais justement pour ça, demande-moi n’importe quoi, je te dirai tout ce que tu veux savoir. »

La jeune fille regardait ailleurs, cachant son expression à Miyamoto Inoue alors que le vent frais du matin venait faire s’élever et s’abaisser ses mèches de cheveux vertes et sa veste à capuche flashy déchirée et trouée par endroit. Elle ne répondit pas à son frère, retenant sa paume enroulé dans du tissu avec son autre main. Elle se sentait fatiguée, extrêmement fatiguée. La seule chose dont elle avait envie, c’était de dormir. Est-ce que tout ce qui s’était passé jusqu’à maintenant était la réalité ? Elle avait fait de son mieux, n’est-ce pas ? Elle n’était pas un simple outil du Bloc K, elle faisait ça de son plein gré… N’est-ce pas ?

« … Onii-ch… » Nonoka se mordit la lèvre inférieure, gardant son visage détourné. « …Onii-san. »

Nonoka Inoue pivota pour faire face à son frère. Son visage était crispé et en même temps semblait faible. Des genre de cernes avaient commencés à se creuser légèrement sous ses yeux maintenant qu’un peu de son maquillage était parti et à force de se mordiller la lèvre, une petite goutte rouge écarlate scintillait sur celle-ci. Elle planta son regard effacé dans les yeux de Miyamoto, réussissant à articuler quelques mots désordonnés démontrant bien son épuisement.

« …Je suis fatiguée… Laisse-moi me reposer, onii-san. On… On parlera de tout ça après… Laisse-moi me reposer, d’accord ? Juste un peu… »

Nonoka se laissa tomber contre le DragonFly, s’y adossa en fermant les yeux, puis après un soupire, s’assoupit contre la grosse masse de plastique blanc.



♦♦♦




Comme un venin dans le sang, quelque chose qui bat comme un cœur, qui s’insinue comme un serpent:
 

L’air et le sol étaient humide et lourds comme des éponges et leur contact désagréable. Après avoir ouvert les yeux, la jeune adolescente se massa le front, piqué d’un vilain mal de crâne. Elle inspira en réussisant à se relever, avant d’enfin décider de regarder autour d’elle. Il faisait sombre. Un bruit de liquide s’écoulant parvint à son oreille. Un tuyau… Non, plusieurs… Ou… Peut-être une rivière ? Le peu de lumière grésillante permit à l’étudiante en jupe d’enfin distinguer les grosses masses sombres autour d’elle.

« Des… Arbres ? Où… Où suis-je ? »

Comme seule réponse, une lumière s’alluma au dessus de la jeune fille, illuminant quelque chose derrière elle dans cette espèce de jungle humide éclairée par des lumières de souterrain. Elle fit quelque pas sur le sol mousseux et boueux pour distinguer une silhouette non loin. Elle accéléra le pas en croyant voir une jeune fille et valide sa thèse en arrivant jusqu’à celle-ci. Adossée à un arbre les fesses sur le sol, une petite fille d’au moins douze ans à la peau très noire regarde Akutoku, ses poignets et ses chevilles liés par des chaînes d’esclave.

« Oh… Oh ! Ne- ne bouge pas ! Je vais te libérer ! »

Sans même plus y réfléchir, Akutoku Reitoko s’élança vers la petite fille se mit à genoux, tentant de la défaire de ses liens. Le visage calme et presque souriant de la jeune fille à la peau noire reflétait l’impuissance de l’étudiante de Nagatenjouki. Celle-ci tenta d’utiliser son pouvoir, mais le violent mal de crâne la repris de nouveau en l’obligeant à poser une main sur son front en baissant la tête et en serrant les dents. Elle continua de forcer sur les chaînes en prononçant des paroles rassurantes à la petite fille, mais continuait de se débattre avec des liens contre lesquels elle ne pouvait tout simplement rien.

« Ton nom est Akutoku Reitoko, n’est-ce pas ? Quoi que tu fasses, tu ne peux rien faire pour me libérer. »

« Qui… Qui es-tu ? Et où est-ce que l’on est ? Qui t’as enchaînée ici ?! »

En entendant la jeune fille, Aku serra les dents mais continua d’essayer de l’en sortir par tout les moyens. Elle chercha d’où était accrochés les chaînes avant de remarquer qu’elles étaient plantées dans le sol. La jeune fille se mit alors à creuser dans le sol avec ses petites mains, s’écorchant les doigts, se piquant les mains et se cassant les ongles sur l’espèce de mi terre-mi boue-mi mousse-mi béton qui servait de sol à cette espèce de fausse forêt plongée dans la quasi obscurité. La jeune fille étrangère à la peau sombre articula un nouveau sourire en la voyant se faire du mal.

« Tu peux m’appeler comme tu veux. Mais Damballa est le nom que me donne l’homme maudit qui hante ses lieux. Akutoku Reitoko… Je suis lié à toi. Et je sens ta faiblesse. Ta faiblesse vient du fait que l’on t’as caché des choses… Non, on t’as effacé la connaissance qui était la sienne. Ta mémoire n’est plus. Mais… Je sais quoi faire pour que tu puisses me libérer… Et te libérer toi aussi. »

Akutoku s’arrêta de creuser dans les petits sillons de sang qu’elle avait formé, relevant son visage plein de terre et ses cheveux désordonnés partant en tout sens en direction de la jeune fille.

« Que-… Quoi ? Comment… Qu’est ce que je dois faire… ?! »

« … Tout dépend de ce que tu désires. Je ne veux rien t’imposer. Akutoku Reitoko… Souhaite-tu pouvoir toi aussi te défendre, pouvoir toi aussi venir en aide à tes amis sans leur faire du mal, sans qu’aucun ne soit blessé ? Tu peux y arriver… Si tu désires récupérer ta mémoire, récupérer les connaissances qui auparavant étaient tiennes. Que désires-tu au plus profond de ton cœur, Akutoku Reitoko ? Veux-tu pouvoir venir en aider à Haruhiro-kun ? »

La jeune fille aux cheveux bleus s’essuya le front en clignant des yeux, sa vision devenant trouble. Pendant un instant, elle crut que des pupilles de serpents occupaient l’intérieur du regard de la fillette lui souriant.

« Ha… Haruhiro… Nakamura… Sempai… Il faut que je les aide… Il faut que je les retrouve… Sinon… Oui… Je veux savoir… »

D’une voix faible et avec les forces qui lui restaient, Akutoku tenta d’étendre la main vers la fillette. Un bruit de tintement de métal cependant la fit s’arrêter. Des pas lourds résonnèrent sur le sol, et le bruissement des arbres et des feuillages de cet endroit qui ressemblait à une forêt dense et marécageuse. Une immense sombre se dressa derrière Aku, l’engloutissant toute entière en lui cachant la lumière. Un immense homme à la peau noire de plus de 2mètres de haut et portant un masque étrange et un bâton posa un dernier pied dans la direction d’Aku, ses chevilles elles aussi enchaînées par des liens d’esclave. D’une voix grave et semblant dénuée d’âme, des mots s’échappèrent de la gueule de la créature qui leva une main vers la trace de morsure de serpent à la jambe de l’adolescente.

« Que tes désirs soient exaucés… Et que tu récupères ta mémoire. Laisse-moi te guider sur le chemin de la connaissance et du savoir, Akutoku Reitoko. Ouvre les yeux, respire et vie. »

He is here.:
 
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Haruhiro Wilkowski

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MessageSujet: Re: [ Alter Fofo ] Une Aku cute et en danger ! (pv Akutoku)   Sam 27 Jan - 18:37

Azami était tout sauf satisfaite. Cet homme était encore plus inutile que ce qu’elle avait pu imaginer. Se jeter droit dans la gueule du loup et tout avouer aux autorités était bien plus que « risqué » mais elle n’avait pas eu le choix. Ou du moins c’est ce qu’elle ne cessait de se répéter en boucle depuis la fin de son interrogatoire.

« Une fille avec des grands fantasmes… espèce d’idiot. Si tu ouvrais ne serait-ce qu’un petit peu les yeux tu te rendrais compte de tout ce qui t’entoure… si Anti-Skill faisait réellement ce qu’il était censé faire, il n’y aurait pas besoin qu’une adolescente prenne les armes elle-même pour arracher des vies empoisonnées chaque jour. Et il n’y a pas de Azami Miura-chan pour toi, imbécile. » marmonna la jeune fille visiblement bien remontée.

[ Franchement... même le fait que j’en sache autant ne lui a même pas semblé louche une seule seconde… je savais qu’Anti-Skill ne suivgait pas la cadence, mais à ce point ? ]

Soudain, une adolescente apparu devant Azami qui se pétrifia sur place. Elle ne l’avait pas remarquée à force de ruminer sur les paroles de l’homme barbu, devait-elle faire semblant de s’être perdue ?

« Si tu as pu te reposer assez, c’est parfait. Onigawara Oshiko, enchanté de faire ta connaissance. J’ai entendu l’appel que tu as envoyé à cette station alors que je m’y rendais. Tu veux l’équipement qui est retenu ici, pas vrai ? Si tu sais quelque chose sur le garçon qui contrôle le métal, je peux arranger ça. Mais je crois qu’il ne va pas tarder à s’échapper du Reformatory, et mes coéquipiers de Judgment comme Anti-Skill ne veulent pas m’écouter. Ça te branche de me donner un coup de main en échange ? »


L’adolescente se détendit en comprenant la situation puis se redressa, plongeant son regard dans celui de la fille aux chouchous rouges. Après un petit instant de réflexion, elle répondit à l’adolescente.

« Deal. Tu es de Judgement, donc ? Je ne pourrai te faire confiance qu’une fois mon équipement récupéré, je pense que tu peux comprendre ça. »


Rien n’indiquait que cette fille disait la vérité, mais le simple fait qu’elle ne l’avait pas déjà dénoncée à un membre d’Anti-Skill était déjà un début. Azami plissa les yeux, dans tous les cas elle n’avait pas le temps de prouver les paroles de cette Oshiko.

Une fois les deux jeunes filles un peu à l’écart du reste du monde, Azami se décida à reprendre la parole, non sans une pointe d’hostilité et de suspicion dans la voix.

« J’espère que tu ne comptes pas me doubler, Onigawara-san. Saches qu’avec ou sans toi, j’obtiendrai ce matériel. »


[ Elle a l’air sérieuse. L’armurerie doit disposer d’un système de sécurité avancé. Si elle peut réellement m’aider à y pénétrer, alors autant parier sur cette maigre espérance. ]

Souflant par le nez et regardant droit devant elle, la jeune mercenaire décida finalement de donner à Oshiko ce qu’elle voulait. Elle ne pourrait pas avancer sans ça, semblait-il.

« Eitaro Kimura. Un esper aux capacités terrifiantes. Je ne connais pas les données exactes mais il mérite bien son statut de niveau 4. C’est un mercenaire expérimenté et méticuleux mais il n’a pas beaucoup de meurtres à son actif. Il semblerait qu’il ne tue qu’en cas de dernier recours. »

Azami passa une main derrière sa tête et se massa brièvement la nuque avant de recentrer son regard sur la membre de Judgement.

« Et saches qu’il est probablement déjà dehors à l’heure qu’il est. Si tu comptes l’affronter tu ferais mieux de prendre garde à ses deux chiens de garde également. Un téléporteur horriblement efficace et une petite fille d’à peine… dix ans. »

Le regarde de l’adolescente sembla se perdre un instant alors qu’elle prononçait ces derniers mots mais la mercenaire se reprit presque immédiatement.

« …elle… elle utilise un genre de pouvoir télékinétique autour de son corps pour foncer en ligne droite et traverser tous les obstacles, entre autres. Ce duo est très dangereux. Si tu es seule tu ne pourras rien contre eux, autant te prévenir. »

Avisant la porte de l’armurerie, Azami serra les dents. Elle avait besoin de son équipement, son identité avait déjà été dévoilée mais elle ne pouvait pas s’arrêter maintenant, pas en si bon chemin.

« Cette porte, tu peux l’ouvrir ? Je t’ai donné ce que tu veux, maintenant c’est ton tour. »




***




« … Onii-ch… Onii-san. »

L’entrain de Miyamoto chuta subitement de plusieurs crans. Il sentit que sa petite sœur avait replacé une sorte de barrière entre eux, minuscule et invisible mais tellement difficile à franchir.

« …Je suis fatiguée… Laisse-moi me reposer, onii-san. On… On parlera de tout ça après… Laisse-moi me reposer, d’accord ? Juste un peu… »

« Ah... o-oui, repose-toi. »

L’adulte se sentit embarrassé. C’était évident, elle était à bout de forces, il n’en avait même pas tenu compte tant il avait voulu lui parler. Maintenant qu’il voyait sa petite sœur endormie, il réalisait à quel point les dernières 24 heures avaient du être éprouvantes pour elle. Nonoka s’était battue encore et encore sans jamais s’arrêter, elle était forcément exténuée. Lui-même commençait à sentir une forte fatigue peser sur tout son corps, ils avaient besoin de repos, tous les deux. Le reste du monde pourrait bien aller au diable.

Une vingtaine de minutes plus tard, Miyamoto poussait la porte d’entrée d’un appartement avec son dos, Nonoka toujours endormie dans ses bras. Voilà qu’ils revenaient dans cet appartement du quatrième étage près de 3 ans après l’avoir quitté. Pas grand-chose avait changé depuis la dernière visite de Miyamoto, la porte était restée verrouillée et la clé pour l’ouvrir n’avait pas bougé de la petite fissure dans le mur de la cage d’escalier. L’ainé des Inoue porta Nonoka jusqu’à son ancienne chambre et la déposa sur le lit, non sans l’épousseter au préalable, puis lui retira sa doudoune en lambeaux et la couvrit avec sa propre veste, il n’y avait plus de couverture depuis un moment mais ça ferait l’affaire.

Les mots acides de que Nonoka lui avait crié au visage dans la salle d’Anti-Skill résonnèrent dans l’esprit de Miyamoto alors qu’il s’affairait sur sa main, nettoyant la plaie et appliquant un nouveau bandage avec ce qu’il avait pu trouver dans la salle de bain. Elle risquait de la piquer un peu au réveil mais à partir de là, la blessure devrait se mettre à cicatriser efficacement. Après avoir fait de même avec sa propre main, Miyamoto reposa son regard sur sa petite sœur, un petit sourire sur les lèvres. Elle lui ressemblait bien plus que dans ses souvenirs, dans sa façon de parler et son style vestimentaire. Elle avait même réussi à se blesser à la main droite, exactement comme lui.

« Évite de trop prendre exemple sur onii-chan, tu veux. » dit-il doucement avant de sortir de la pièce et d’ouvrir les fenêtres dans le salon. Il avait l’impression de revenir en arrière en quelque sorte, à l’époque où Nonoka était encore toute petite et à sa charge, où elle lui demandait de rester avec elle pour toujours.

« ‘Taku, c’était la galère, hein ? » lâcha-t-il pour lui-même, un brin de nostalgie dans la voix et le regard. Une brise agréable pénétra dans la pièce, lui soufflant les cheveux en arrière. Inspirant puis expirant longuement, Miyamoto se laissa tomber sur le sofa, en face de la fenêtre




***




Ryosei leva la main un peu plus haut que son visage, une mèche de cheveux bleus entre le pouce et l’index. Le mercenaire affichait une expression perplexe, comme si la mèche était un objet défiant encore plus les lois de la nature que les espers de Gakuen Toshi.

« Nee nee… Kimura-san, Otaki-chan il y a comme un petit souci là… »
dit il une fois le groupe réuni autour de lui, toujours accroupi devant le tuyau.

« Je veux dire, même Fuyu aurait du mal à passer là dedans, c’est sacrément étroit pour une étudiante. »

Eitaro regarda le large tube métallique puis ferma les yeux, activant son pouvoir. Dans son esprit, tout était noir, hormis les objets métalliques l’entourant, comme s’ils étaient lumineux et s’affichaient dans un modèle virtuel en trois dimensions. Le mercenaire élargit encore son rayon d’action, suivant le trajet du tuyau, avant de finalement ouvrir les yeux à nouveau.

« Ce tuyau n’est pas utilisé depuis un moment, il mène presque à la surface. La chose qui a emmené Akutoku est passée par là, on va continuer les recherches. »


Son regard s’assombrit un instant. « Peu importe ce qu’on essaye de nous faire croire, ce n’est pas une fausse piste. »

« Il y a un couloir parallèle à celui-ci qui nous emmène plus loin dans la direction du tuyau. On va garder les explosifs pour plus tard si besoin. Fuyu, crée-nous un passage. »

« Hai. » fit la fillette, regardant Eitaro puis Ryosei à tour de rôle, l’air légèrement hésitant.

Il fallut finalement trois charges et un solide coup de pied renforcé pour briser le mur séparant les deux couloirs. Une fois que la fillette eut terminé, Eitaro redonna des ordres au groupe.

« Reprenez la formation et restez sur vos gardes. Fuyu et Sumire-san, restez derrière moi et l’escouade Bêta, vous riposterez immédiatement en cas d’attaque surprise. On se rapproche de la position d’Akutoku alors restez tous sur vos gardes et gardez vos capteurs allumés. »

Ils avaient maintenant un seul chemin à suivre, un couloir. Pour autant de personnes, un espace linéaire aussi réduit était un gros désavantage. Le précédent chemin finissait en cul de sac à peine une centaine de mètres plus loin tandis que celui-ci continuait sur plusieurs kilomètres. Pour avancer, ils n’avaient guère d’autre choix. Mais les hommes étaient armés et entraînés, du métal était présent dans chaque mur et il y avait suffisamment d’eau dans les environs pour qu’Otaki puisse se déchaîner sans limitation. Sans compter Fuyu et Ryosei qui n’avaient pas besoin de matériel particulier.
Le groupe progressa sans ralentir pendant près d’une heure et demie avant de remonter à la surface, où les trois camionnettes noires attendaient déjà.

[ A quelle vitesse cette chose a-t-elle pu avancer ? Jusqu’où a-t-elle pu aller ? Est-ce qu’on a dépassé un indice, un chemin ? Non, je n’ai pas fait d’erreur. ]

« On va diviser les groupes de recherches et se relayer, les fourgons progresseront en même temps que les escouades sous-terre, depuis à la surface. On va les retrouver, même si on doit passer tous les égouts de cette ville au peigne fin. »

Eitaro enregistrait les informations au fur et à mesure qu’elles lui parvenaient via sa radio. Trois autres indices prouvant le passage d’Akutoku avaient été retrouvés jusque là, ils étaient donc bien sur la bonne piste. Le mercenaire avait pris le commandement mais devait veiller à ce que les troupes soient en forme lorsqu’ils retrouveront Akutoku.

Actuellement les 4 espers étaient « au repos » dans la première camionette du convoi, tandis que deux équipes de trois mercenaires progressaient parallèlement dans deux chemins sous-terrains. Fuyu avait finit par s’endormir sur Ryosei qui profitait de son temps libre pour nettoyer ses couteaux, les bras autour de la fillette. Voilà à quoi ressemblaient les enfants nés du Dark Side, son équipe d’élite.

Respirant doucement et visiblement sous l’emprise d’un rêve, Fuyu aggripa la chemise d’Otaki de sa petite main et la serra contre elle, sans que Ryosei ou Eitaro ne semblent s’y intéresser. Ce dernier passait en revue les informations dont il disposait, tentant de dresser le profil de celui ou celle qui avait enlevé Akutoku. Qui était ce nouvel ennemi à qui il devait faire face cette fois, qui affrontait-il ? Quel était ce pouvoir incommensurable qui lui avait permit d’enlever la jeune fille ? Et plus important encore, à quel point était-il puissant, pour l’amener à réfléchir de la sorte ?



***



Il était presque quinze heure de l’après-midi quand Miyamoto poussa de nouveau la porte d’entrée de l’appartement, un sac plastique dans la main. Il avait dormi près de huit heures avant de se réveiller et d’aller faire un tour à la supérette la plus proche. Après vérification, le Dragon Fly était toujours caché et personne ne semblait avoir trouvé leur nouvelle position ni l’avoir surveillé ou suivit, c’était le calme plat.

L’aîné des Inoue ouvrit doucement la porte de la chambre où dormait Nonoka et vit qu’elle avait fini par se réveiller.

« Ah, tu es réveillée. Bien dormi petite sœur ? J’ai acheté de quoi manger si tu as faim. »
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Akutoku Reitōko

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MessageSujet: Re: [ Alter Fofo ] Une Aku cute et en danger ! (pv Akutoku)   Dim 28 Jan - 1:01

« Ah, tu es réveillée. Bien dormi petite sœur ? J’ai acheté de quoi manger si tu as faim. »

Apparemment, Nonoka Inoue n’avait pas entendue la porte s’ouvrir, puisqu’elle tourna la tête en quatrième vitesse en direction de celle-ci en entendant son frère rentrer. Elle était assise sur le lit dans lequel elle avait dormi et tenait dans sa main ce qui lui avait servi de couverture, et sur le lit non loin, il y avait un genre de minuscule téléphone, comme une oreillette sophistiquée qui devait lui appartenir. Son visage était crispé, ses yeux légèrement rouges et de grosses larmes roulaient sur ses joues. En voyant Miyamoto, elle se mordit la lèvre et détourna son visage de la porte pour lui cacher son visage, regardant le mur d’en face en plaçant son bras sur ses yeux pour faire disparaître ce qui venait de se passer. Elle lâcha un grand soupire, cachant toujours son expression à son frère, mais sa voix restant chevrotante.

« Pfff… J’espère que tu as acheté des sucreries, sinon tu peux repartir… »

Elle marqua un temps, puis replaça son regard droit devant elle comme si elle regardait au loin. Elle avait réussit à faire disparaître absolument tout les indices qui pouvaient laisser à penser qu’elle avait pleuré juste avant, ses yeux étaient redevenus plus clairs et il n’y avait pas de traces visibles de larmes ou d’une ancienne grimace qu’aurait pu faire son visage. A présent, elle semblait juste être ailleurs. Elle frotta le sol avec une de ses chaussettes en laissant son ainé rentrer sans piper mot. Sur le minuscule téléphone, on pouvait voir un voyant rouge qui devait signifier que la connexion avait été perdue ou que l’appel avait été arrêté. Sans crier gare, la voix de Nonoka retentit de nouveau, détachée et sans la moindre chaleur.

« On dirait qu’ils n’ont plus besoin de moi. Je ne sais pas ce que je vais faire maintenant. J’ai tout raté. »

Le vent souffla dans la chambre de l’immeuble des Inoue, et vint parcourir la maison des fenêtres du salon jusqu’aux cheveux de Nonoka, qui voletèrent pour accompagner sa nouvelle phrase, lâchée comme un soupire.

« Peut-être que je devrais juste mourir. »

Spoiler:
 




♦♦♦



Oshiko Onigawara, membre de Judgment, semblait toujours aussi déterminé d’empêcher Eitaro Kimura-san de nuire. Après avoir entendu ce qu’il lui avait dit après l’attaque de l’hôpital, elle n’avait aucun doute qu’il allait se remettre à tuer, et peut-être même redoubler ses crimes d’intensité pour se venger de l’échec que lui avait fait subir la jeune fille. Elle n’avait tout simplement pas réussi à faire disparaître l'image des deux membres d’Anti-Skill se faisant transpercer dans la camionnette. Cette chose ne devait absolument pas se reproduire. Mais malgré son acharnement, Oshiko n’avait pas réussi à convaincre ses coéquipiers et la police de la cité. Qui d’autre pouvait bien l’aider ?

« J’espère que tu ne comptes pas me doubler, Onigawara-san. Saches qu’avec ou sans toi, j’obtiendrai ce matériel. »

[ Elle est du type déterminée, mais elle à l’air de mon côté. Sa tête me rappelle les autres filles de mon lycée. ]

« Eitaro Kimura. Un esper aux capacités terrifiantes. Je ne connais pas les données exactes mais il mérite bien son statut de niveau 4. C’est un mercenaire expérimenté et méticuleux mais il n’a pas beaucoup de meurtres à son actif. Il semblerait qu’il ne tue qu’en cas de dernier recours. »

Onigawara raffermit les muscles de son visage en entendant la phrase d’Azami. Alors les meurtres de la fourgonnettes étaient ‘‘un dernier recours’’ ? C’était vrai qu’il l’avait laissé vivre elle, mais en tant que son otage, il avait sûrement intention de l’utiliser ou de jouer avec elle jusqu’au bout. En tout cas, le ton de la voix de la fille était du genre de ceux qu’on arrive à trouver dans tous les mouvements de soulèvement et les manifestations. Directe et sans langue de bois, cette pseudo justicière arrivait au moins à convaincre Oshiko qu’elle savait de quoi elle parlait.

« Et saches qu’il est probablement déjà dehors à l’heure qu’il est. Si tu comptes l’affronter tu ferais mieux de prendre garde à ses deux chiens de garde également. Un téléporteur horriblement efficace et une petite fille d’à peine… dix ans. »


« …elle… elle utilise un genre de pouvoir télékinétique autour de son corps pour foncer en ligne droite et traverser tous les obstacles, entre autres. Ce duo est très dangereux. Si tu es seule tu ne pourras rien contre eux, autant te prévenir. »

« Oh, oui. Je les ai déjà vu eux… C’était ceux de l’attaque de l’hôpital… Kh, c’est embêtant. »

Onigawara avait lâché ça sans même le remarquer, en train de réfléchir la tête penchée sur la gauche et le regard posé sur le mur d’à côté. C’était les deux autres esper de haut niveaux qui avaient semés le grabuge, mais ils avaient apparemment été maîtrisés par la ‘‘garde rapprochée’’ d’Akutoku Reitoko. Non seulement Oshiko doutait de pouvoir réussir à ne serait-ce qu’avoir de nouveau la chance de tenir tête à Eitaro Kimura toute seule, mais encore moins d’arriver à prendre tout son petit groupe par surprise.

« Cette porte, tu peux l’ouvrir ? Je t’ai donné ce que tu veux, maintenant c’est ton tour. »

Onigawara se remit droite en entendant son interlocutrice, gardant pour sa part une expression neutre malgré la légère surprise qui s’y lisait. Apparemment, Azami Miura était pressée de récupérer ses outils et la discussion n’iraient nulle part sans qu’Oshiko ne fasse sa partie du job. Celle-ci hocha lentement la tête, puis tourna le dos à Azami sans même lui répondre en se dirigeant vers la lourde porte de métal. Elle savait que son interlocutrice suivait non loin dernière et s’embêta pas à vérifier. Une fois devant la porte, Oshiko l’avisa rapidement de haut en bas, puis posa son pied dessus. A l’instant où son pied entra en contact avec la porte, un minuscule arc électrique horizontal se forma à partir des deux extrémités de la porte, avant qu’une longue trace de rouille ne vienne courir le long de la diagonale sous la chaussure de la jeune fille aux cheveux noirs coiffés en fines couettes.

La membre de Judgment inspira par le nez puis se pencha en avant la jambe toujours plié puis appliqua de la pression avec son pied sur la porte qui commença à vibrer puis qui s’effondra toute seule droit dans la salle dans un grand « crash », en soulevant une sorte de poussière d’un brun caractéristique du métal rouillé. Avisant la porte tombée sans sembler heureuse que cela ait fonctionné le moins du monde, Oshiko rabaissa son pied en entrant dans la salle, marchant sur la lourde porte rongée par la rouille.

« Il n’y a pas de portes en métal qui puissent tenir tête à une étudiante de Kirigaoka Girl’s Academy. Et ne t’occupes pas de la sécurité de la porte, ce n’est pas la base centrale d’Anti-Skill, leurs dispositifs anti-esper sont super standards, donc ils ne sont pas à jours avec les capacités rares de la Cité Académique. Mon Shocker a assez d’énergie pour transformer n’importe quel alliage métallique basique en oxyde, et cette porte n’était même pas renforcée tant que ça. Autant dire que la sécurité qui devrait indiquer ‘‘la porte en métal a été forcée’’ ne s’activera pas, parce que pour autant qu’elle s’en souvient, il n’existe plus de porte en métal. »

[ Je me sens comme une délinquante maintenant, c’est plus excitant que je le pensais… Il ne faut pas que j’y prenne goût. Quand j’aurais attrapé Eitaro Kimura, ça sera sûrement assez pour repayer la porte. ]

La membre de Judgment avança dans l’armurerie contenant de très nombreuses armes d’Anti-Skill dont un espèce de fusil à pompe marron clair qui avait l’air plutôt ancien et qui faisait assez tâche autour de toutes les fusils d’assauts standardisés. Elle continua d’avancer en regardant un peu partout avant de remarquer qu’elle ne savais pas ce qu’elle devait trouver. Se tournant vers sa camarade de crime, elle remarqua que celle-ci s’était arrêté devant des armes et des gadgets prisonniers d’accroches métalliques. Onigawara demanda à la jeune fille si c’était cela et après avoir eut une réponse positive, elle mima un pistolet avec deux doigts et visa les attaches en métal. Apparemment, pour des effets plus précis et localisés, elle utilisait cette méthode pour viser.

Après quelques coups, toutes les attaches en métal n’étaient plus et Oshiko jeta un coup d’œil sur le côté, avançant vers la porte effondrée, déjà prête à sortir.

« Si on pouvait se dépêcher un peu… Mon pouvoir détruit le métal, mais pas les humains (et leurs menottes sont en polymère super complexe). Au fait, en parlant de pouvoir, quel est le tien ? Et tu aurais pas d’autres amis qui pourrait nous donner un coup de main ? Pas que je te sous-estime ou quoi, mais je doute qu’à nous deux on soit assez… »



♦♦♦



« C’est l’heure d’ouvrir les yeux, Wilkowski-kun. C’est comme cela que ça se prononce, n’est-ce pas ? Je n’aimerais pas écorcher un nom étranger. C’est polonais ou allemand, d’ailleurs ? Je pencherais plutôt sur le polonais, mais je ne suis pas experte. »

Haruhiro ouvrit enfin les yeux, en même temps qu’une lumière agressive ne viennent lui écorcher la rétine. C’était la lumière de spot au dessus de lui qui éclairaient en direction de son visage, mais il y avait d’autres lumière en hauteur qui plongeaient la salle dans lequel il se trouvait dans une atmosphère oppressante et sinistre. Tout était entièrement blanc et dénué de la moindre individualité du sol au plafond. Deux gigantesques écrans prenaient l’entièreté de l’espace du mur devant lequel se trouvait Shiina Sumire, la femme qui avait kidnappé le garçon. Celui-ci tenta de bouger avant de remarquer qu’il était enchaîné à une chaise, poignets, chevilles et bassin. Sur sa bouche se trouvait le même dispositif qu’on lui avait mis dans la fourgonnette d’Anti-Skill, l’empêchant de parler.

« Je suis vraiment désolé d’avoir dû en arriver à de tels moyens... Mais je crains que tu ne serais pas tout simplement resté là sagement à m’écouter, alors j’ai dû prendre des mesures drastiques. Vois-tu, j’ai besoin de ta participation, Haruhiro. »

Les écrans derrière Shiina s’allumèrent. Sur ceux-ci, on pouvait voir une retransmission d’images plus ou moins floues venant apparemment directement du regard d’une personne. Lorsqu’une mise au point partielle était faite, on pouvait disitinguer les gens qui se trouvait autour. Le regard se releva vers Eitaro Kimura, l’esper aux pouvoirs magnétiques, puis vint se tourner vers le téléporteur aux yeux verts de l’attaque de l’hôpital. Après un temps, le regard se posa sur la petite fille aux cheveux bleus qui agrippaient aux vêtements du porteur des ‘‘caméras’’.

« Ce que tu vois n’est d’autre que... Le regard d’Otaki Sumire à travers ses lentilles. Tu connais ce nom j’imagine ? C’est celui de ma petite sœur, mais j’imagine que tu es déjà arrivé à cette conclusion, tu n’es pas vraiment du genre lent à la détente. Elle et d’autres esper ont formés une alliance pour retrouver… Akutoku Reitoko. »

Apparemment, ce nom prononcé avait énervé légèrement le garçon puisqu’il releva la tête vers Shiina. Ce faisant, un petit bruit se fit entendre au niveau de son cou. Quelque chose avait claqué alors qu’il relevait la tête. En baissant ses yeux du mieux qu’il pu, Haruhiro pu remarquer que son menton entrait en contact avec un espèce de petit choker autour de sa gorge, un genre de collier noir en carbone et en plastique. Quoi que ça puisse être, c’était assez serré, juste assez pour ne pas pouvoir y glisser le moindre objet, mais juste assez lâche pour ne pas qu’il ne le sente sans bouger la tête. Shiina articula un mince sourire qui semblait presque exprimer de la pitié, comme si elle regardait un petit chien abandonné dans la rue.

« Tu l’as remarqué n’est-pas ? Nous t’avons accroché ça histoire d’avoir une petite garantie pour que tu fasses ce que nous attendons de toi. C’est un dispositif spécial qui s’active lorsqu’on essaye de l’endommager ou de le retirer. Il y a une petite caisse de résonance au niveau de ta nuque, et elle résonnera instantanément si ses conditions sont relevées. Il enverra des ondes basses fréquences le long de ton hypothalamus jusqu’à ton système nerveux et te fera ressentir une douleur très intense jusqu’à ce que ton cerveau décide d’éteindre cette partie. J’imagine que je n’ai pas besoin de te faire un dessin. Il paraît qu’en Russie, certains utilise cette technologie pour ouvrir des serrures électroniques. »

Shiina fit quelques pas vers Haruhiro en faisant un mouvement avec le stylo argenté dans sa main droite. L’écran derrière elle se mit à changer d’image. Cette fois, on pouvait voir de nombreux diagrammes et des mesures de toute sortes, ainsi qu’une photo d’Otaki Sumire. Apparemment, c’était une genre d’étude sur elle et ses capacités à la manière d’une fiche détaillée de la Data Bank.

« Haruhiro Wilkowski-kun... Sais-tu le moyen principal de monter de niveau ? La première réponse logique serait sûrement les études et les produits chimiques donnés par la Cité Académique, n’est-ce pas ? Et bien, ce n’est pas totalement faux… C’est d’ailleurs une grande partie de la vérité. Mais nous savons tout les deux ce qui fait la base d’un level. La compétition. Mettre sur une échelle comparative d’opposition les esper est après tout la base des ‘‘Levels’’. »

Shiina se rapprocha un peu plus du garçon avec un nouveau mouvement de son stylo argenté. L’image des écrans derrières elle changea encore : cette fois, on pouvait y voir Akutoku Reitoko et les mêmes notations, avec des diagrammes similaires. Le visage de la jeune fille sur sa photo était souriant et chaleureux, comme si elle souriait à la machine qui prenait sa photo à ce moment, il n’y avait plus de photographe scolaire à Academy City. Le regard d’Akutoku et ses pommettes rougies par son expression contrastait gravement avec la situation et était en parfaite opposition avec le regard de Shiina.

« Je suis persuadé que toi et tes capacités spéciales de fouineurs, tu as trouvé la raison de tout l’intérêt que l’on porte à Akutoku Reitoko-kun... Et bien il se trouve que nous attendions les mêmes résultats d’Otaki Sumire-chan. Mais au final, je pense que si on veut déclencher dans l’une et l’autre un RSPK syndrome qui puisse les faire frôler le niveau 5… Ce qu’il faut, c’est des affrontements. C’est pour ça que tu interviens, Haruhiro. J’ai besoin de toi pour faire déclencher à Otaki Sumire-chan un nouveau RSPK syndrome en l’affrontant. Grâce à cela… Elle atteindra sûrement le level 5. »

La femme en robe serrée et en haut bleu-violacé et avec un calot de la même couleur sur la tête s’approcha d’Haruhiro jusqu’à ce que son visage d’âge mûr soit juste devant celui du garçon. Elle n’était pas réellement effrayante avec ses yeux gris métallique et son maquillage, mais quelque chose se détachant d’elle-même à cette distance lui donnait un air de prédateur regardant sa proie. La pitié et la franchise qu’on aurait pu lire sur son expression avait totalement disparue, il n’y avait plus qu’un serpent violet* (*sumire) qui se tenait devant le mercenaire, prêt à le dévorer.

« De toute façon, tu n’as pas le choix. Nous sommes ta seule façon de retrouver Akutoku Reitoko. Fait évoluer Otaki Sumire et ton amie aux cheveux bleus aura la liberté que tu désires tant. Toi, cependant... Toi, tu n’es qu’un outil, Haruhiro. Tu sers à faire ce pourquoi tu as été fabriqué. Et lorsque tu as perdu ton utilité, on te jette. Tu ne connaîtras jamais la liberté. Mais tu peux sauver Akutoku durant le temps qu’il te reste. Je te laisse y réfléchir. Bonne nuit, Haruhiro Wilkowski-kun, mon petit tueur incapable de tuer.~ »

Clac. Le stylo plume argenté de Shiina se planta dans le bras du garçon, dont la vision se brouilla avant de fondre en noir.



♦♦♦



Otaki Sumire regarda le plafond de la camionnette dans laquelle se trouvait leur groupe d’esper. Elle sentit un petit frisson la parcourir, comme un pressentiment que quelqu’un pensait à elle de l’autre côté de la ville. Son regard magenta se posa sur Eitaro Kimura-san, son sempai en qui elle avait autant de respect et d’admiration. Malgré ses directives, les recherches n’avaient pas avancés et leur cible semblait vraiment s’être volatilisée. Se perdant presque dans ses pensées, Otaki fit pivoter sa tête jusqu’à Ryosei qui entretenait ses couteaux. ‘‘Cible’’. C’était comme ça qu’Akutoku Reitoko était vu par l’équipe.

Apparemment, Eitaro Kimura voulait récupérer Aku vivante. Cependant, il était possible qu’au final, ils décident de l’éliminer pour la menace qu’elle représente. Au même moment où la jeune fille eut cette pensée, Fuyu aggripa ses vêtements, ce qui la fit baisser la tête pour la regarder. Quand elle dormait, elle avait l’air étrangement pacifique et innocente, ce qui fit sourire et fermer les yeux à Sumire.

[ Si jamais ils se retournent contre mes objectifs, je les extermineraient jusqu’au dernier. ]

Un téléphone non loin d’Eitaro Kimura se mit à sonner, c’était celui d’Otaki. Une voix féminine résonna de l’autre côté, celle d’une femme d’âge mûr qui semblait calme et polie, mais dont le ton de voix donnait l’impression qu’une langue de vipère aurait pu s’échapper du téléphone. Faisant partie du Bloc K, celle-ci félicita solennellement Eitaro et avec une délicatesse propre à un roi de la sémantique, elle lui proposa l’appui du groupuscule scientifique dans leurs recherches, en plaidant avoir sous sa possession du matériel de pointe pour soigner Akutoku si jamais elle avait été cryogénisée par sa capacité, un équipement que la Cité Académique ne possédait pas. Il ne suffit pas longtemps pour qu’elle se présente sous le nom de Shiina Sumire.




♦48 Heures plus tard♦




Shiina Sumire fit claquer son stylo plume argenté en regardant elle aussi avec un long sourire l’image qui avait apparu sur le petit écran électronique de la camionnette du groupe dirigé par Eitaro Kimura. Tout autour d’elle se trouvait le reste du groupe d’esper qui l’accompagnait et les membres les plus importants de leur escouade d’élite. Il n’y avait aucun scientifique du Bloc K à l’intérieur, situés dans des fourgonnettes blanches à l’extérieur qui faisaient pâles figures autour des nombreux véhicules noirs de l’organisation.

« Décidément, Taki-chan avait raison de vous faire confiance pour aider à retrouver Akutoku Reitoko, Kimura-kun. Votre équipe a rapidement réussi à trianguler sa position en suivant les réseaux hydrauliques soutterains… Mais de tous les endroits imaginable, je n’aurais pas pensé à celui-ci en particulier. »

« Therma, la seconde plus grande station d’épuration d’eau d’Academy City... Du moins avant qu’elle ne devienne désaffectée et qu’ils ne mettent au point des stations beaucoup plus efficaces de type Connectvire. Elle sert encore au traitement des eaux usées et à la purification de l’eau mais est beaucoup moins utilisée que ses deux sœurs. De plus, elle est extrêmement grande en superficie, ce qui fait qu’elle est extrêmement difficile de l’entretenir.  Le temps que l’on s’y rende, cela devrait nous prendre bien 4 heures d’éloigner entièrement Anti-Skill des alentours. »

Otaki Sumire, semblant s’impatienter, se pencha de gauche à droite, puis décida d’arrêter d’écouter sa sœur qui parlait déjà comme si elle dirigeait l’opération pour se tourner vers Eitaro Kimura. Il venait de faire apparaître le plan de la structure du bâtiment sur l’écran. Au centre de la zone d’épuration d’eau se trouvait une immense machine nommée « Superior », qui avait la capacité de déconstruire et reconstruire l’eau pour en séparer les composés et ainsi la purifier. Connectée par toute la structure, cet espèce d’énorme mixeur avait une puissance incroyable mais devrait fonctionner au minimum. Pourtant, son pourcentage d’utilisation électrique avait augmenté de 5%.


« Les caméras et l’intégralité les systèmes de surveillances ne fonctionnent plus dans la structure ! Tous les rapports qui ont été envoyés sur la sûreté sont des faux… Ça veut dire que quiconque se trouve là y réside depuis longtemps, au moins autant de temps que cette station est désaffecté. Eitaro Kimura-san, comment va-t-on faire pour rentrer au juste, quel est le plan ? Si il a l’avantage du terrain et Superior sous son contrôle, il va nous falloir mettre au point des contremesures pour récupérer Akutoku saine et sauve ! »



♦♦♦



Haruhiro était enchaîné dans une camionnette blanche appartenant au Bloc K. Devant lui se trouvait un scientifique assit sur une banquette, un pistolet en plastique blanc capable d’endormir le garçon avec la même substance que ce qu’il se trouvait dans le stylo plume-lasso de Shiina Sumire. Un dard de ça, et il retournait dans le monde des rêves jusqu’à une durée indéterminée. Dans le compartiment avant se trouvait le conducteur et son coéquipier, tout deux armés des mêmes outils. Shiina avait évidemment informé Haruhiro avant de le mettre dans le fourgon : Il allait atteindre la position du kidnappeur d’Akutoku peu après le groupe de Kimura afin d’y semer le chaos.

Cependant, comme la destination n’avait pas encore été communiqué par la radio des scientifiques, la camionnette blanche se contentait de rouler de façon aléatoire autour de la zone où se trouvait Eitaro et son organisation, une chose que le garçon mercenaire ignorait. Le conducteur regarda à travers la vitre derrière lui pour vérifier que l’esper était toujours docile, puis regarda à travers la vitre devant lui. Tout d’un coup sans crier gare, tout les scientifiques du véhicule se mirent à pousser un cri strident.

« Bwaaaarghaaawhaaa !!! Qu’est ce que c’est que ce délire… Qui a parlé ??! Cette voix, arrghh ! »

Le conducteur perdit le contrôle de son véhicule qui se mit à tanguer dangereusement de gauche à droite. L’homme armé qui se tenait avec Haruhiro s’était écroulé à terre en se bouchant les oreilles avec ses mains, mais ça n’avait apparemment aucun effet. Un nouveau mouvement violent sur la droite du fourgon se fit entendre, l’homme au volant avait décidément été le plus touché par l’attaque. Une arme d’origine inconnue avait été utilisé et avait apparemment traversée les parois du fourgon blanc, et été assez précise pour ne blesser que les trois scientifiques sans même frôler Haruhiro. L’instant d’après, une nouvelle exclamation se fit entendre devant.

« Merd- C’est quoi ce délire ! Le fourgon devant nous vient de s’arrêter et r-roule vers nous en marche arrière ! MEEERDE ! »

Le conducteur totalement sonné tenta un branle bas de la camionnette avec ses deux mains, la faisant pivoter sur le côté jusqu’à ce qu’elle soit horizontal, mais c’était trop tard. Le fourgon blanc devant eux vint frapper avec violence la partie gauche de leur véhicule en manquant de le retourner avec la puissance du choc, alors que les vitres de devant n’explosent. Après un instant de silence avec comme seul musique le son de la fumée qui s’échappait du deuxième fourgon, une voix de jeune femme se fit entendre.

« Ils sont trois dans le véhicule, sempai ! Deux à l’avant, un avec Haruhiro à l’arrière, tous armés ! »

Comme réponse, la voix d’un garçon enjoué retentit en même temps que le bruit de chaussures s’écrasant sur le pare-brise réduit en miette.

« Roger ! »

Un garçon portant une veste beige/grise et un chapeau du même genre, ressemblant à un genre de détective anglais avait atterit sur le capot de fourgonnette et se pencha pour regarder les deux hommes qui brandissait leurs armes de façon irrégulières vers lui. Il se mit à sourire et posa deux mains sur chacun de leur visage. L’une de ses mains était enroulée dans des bandages.

« Un yen contre un souvenir, arigato gozaimasu ☆ ! »

Alors que les deux hommes perdaient connaissance, l’homme devant Haruhiro arriva à se relever en attrapant son arme. Il lança un regard désordonné vers les sièges conducteurs en titubant, avant, en entendant du bruit du côté de la porte arrière de la camionnette, de brandir son arme de ce côté. Les clefs tournaient dans la serrure jusqu’à ce que le deux portent s’ouvrent sur une certaine membre de Judgment portant une casquette pleine de pin’s. Son nom était Chō Nakamura et c’était une étudiante de deuxième année à Nagatenjouki Academy, détentrice de la capacité Télépathie. Elle regarda Haruhiro en lui souriant, avant de revenir à l’homme armée. Ni une ni deux elle se mit à lire son esprit, puis s’élança vers lui.


Elle évita un tir de son arme en envoyant un coup de pied dans son pistolet pour le faire dévier sur la gauche, avant de baisser son centre de gravité en pliant son bras droit, puis d’envoyer un uppercut incroyable dans la mâchoire de l’homme. Celui-ci fit deux pas en arrière en titubant, avant qu’elle ne se projette dans les airs pour lever son autre jambe et lui envoyer un high kick en plein visage qui le projeta jusqu’au mur d’en face qu’il se pris à l’arrière de la tête, lui faisant perdre connaissance. Elle s’élança vers lui, récupéra les clefs dans sa poche (information qu’elle avait découvert dans son esprit) et couru vers Haruhiro pour le détacher.

« Huhu ! J’ai pas besoin de lire dans ton esprit pour savoir que tu es content de me voir ! Bon, au lieu de lambiner, il va falloir nous donner un coup de main ! On a mit deux jours à te retrouver, je tiens pas à ce qu’on mette encore une heure de plus à sauver Akutoku-chan ! »

Le garçon au chapeau arriva lui aussi en apparaissant sur la route derrière les portes ouvertes de la camionnette blanche. Il sourit à Haruhiro en relevant son chapeau du bout du doigt pour le saluer.

« Content de revoir ta frimousse. Désolé d’avoir mis autant de temps, mais Kousuke et Ishika n’allaient pas bien alors on a passé le temps que nous ne mettions pas devant les ordinateurs d’Academy City à leur chevet. Au fait, joli collier. »

Mais pendant que le garçon parlait à Haruhiro désormais détaché et debout dans la camionnette, un homme en blouse blanche et titubant lui aussi apparu derrière l’étudiant au chapeau, un pistolet en plastique blanc à la main qu’il leva dans leur direction, prêt à faire feu.

« Sempai, attention ! »
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Haruhiro Wilkowski

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MessageSujet: Re: [ Alter Fofo ] Une Aku cute et en danger ! (pv Akutoku)   Ven 2 Fév - 2:58

Nonoka avait pleuré. C’est la première chose qui frappa Miyamoto lorsqu’il vit sa petite sœur dans la chambre. Sur le moment, les yeux fixés sur la jeune fille, il resta sans bouger dans l’encadrure de la porte. Elle semblait si frêle tout à coup, si fragile… A quand remontait la dernière fois qu’il l’avait vue pleurer ? Il n’avait qu’une seule réponse à cette question. A une éternité, au moins.

« Pfff… J’espère que tu as acheté des sucreries, sinon tu peux repartir… »

L’aîné des Inoue pénétra dans la pièce, un léger sourire sur les lèvres. Au moins cette chose là n’avait pas changé, Nonoka aimait toujours autant les sucreries. Il n’avait jamais pu lui en refuser lorsqu’elle était enfant, comment le pourrait-il aujourd’hui ?

« On dirait qu’ils n’ont plus besoin de moi. Je ne sais pas ce que je vais faire maintenant. J’ai tout raté. »

« Peut-être que je devrais juste mourir. »


L’éphémère sourire qu’avait montré Miyamoto s’effaça brusquement à l’entente des mots qui sortirent de la bouche de sa petite sœur. Son regard s’assombrit alors qu’une rage sourde montait en lui, envahissant chaque recoin de son être. Ces mots, est-ce qu’elle venait vraiment de les prononcer ? Juste comme ça ? Miyamoto serra le poing droit tellement fort qu’une douleur aiguë se fit sentir sous ses bandages. Il ne déserra son poing qu’au bout de quelques minutes d’un silence absolu. Nonoka semblait éviter son regard.

S’accroupissant devant l’adolescente, Miyamoto se mit à parler d’une voix étonnement douce, pas autoritaire ou énervée comme quand il avait parlé sur le pont, seulement triste et gorgée de regrets.

« Comment est-ce que tu peux seulement dire une chose pareille ? Tu as pensé à moi Nonoka ? »

L'ainé des Inoue leva sa main bandée et la posa sur la tête de la jeune fille, l’obligeant à le regarder dans les yeux.

« Écoute moi bien et imprime toi ça dans le crâne, petite sœur. Ce n’est pas eux qui n’ont plus besoin de toi. C’est toi qui n’a plus besoin d’eux. Tu ne sais pas ce que tu vas faire ? C’est tant mieux, tu peux ne rien faire, ou faire ce que tu veux !  C’est pas un échec, c’est une libération, tu as gagné Nonoka. »

« Et puis de toute façon, » lâcha-t-il plus fort et sur un ton plus enjoué tout en se relevant pour s’assoir à côté de l’adolescente.

« J’ai besoin de toi moi hein. T’as la moindre idée de ce que je mange depuis qu’on est séparés ? Tes sandwichs étaient pas vraiment bons, j’peux te le dire maintenant, mais les bentos du coin ? T’as pas envie d’en manger, ça tu peux me croire. »

Fouillant brièvement dans le sac plastique, Miyamoto en sortit deux dango mochi qu’il retira de leur emballage avant d’en fourrer un directement dans la bouche de Nonoka et de lui tendre le deuxième, un sourire sourire en coin plaqué sur le visage.

« En parlant de manger, tiens, tu vas manger petite sœur. On t’entend gargouiller depuis le salon. »

L’aîné des Inoue se laissa tomber en arrière sur le lit, les mains derrière la tête. Un long soupire sortit de sa bouche.

« Ne pense plus à cette histoire, laisse ton grand frère t’occuper du reste. »

[ Elle peut reprendre une vie normale, c’est encore possible j'en suis sûr. ]

Miyamoto ne le montrait peut-être pas, mais une détermination folle l’habitait à l’intérieur. Il allait la protéger. La sauver de ces organisations malfaisantes et destructrices, de tout ce chaos et ces atrocités. Cela faisait un moment que la voix dans l’oreillette était restée muette, depuis qu’il avait récupéré le petit paquet. Ce qu’il y avait dedans ne pouvait signifier que deux choses : il avait des alliés et Nonoka risquait d’être impliquée.

Mettant un dango machi dans sa bouche, Miyamoto regarda le plafond un moment avant de reprendre la parole.

« Tu reconnais cet endroit ? C’est l’appartement dans lequel on vivait avant que je parte. Ça a pas mal changé depuis le temps, et y a plus nos affaires mais... on est dans ta chambre là. »

Miyamoto se souvenait de ces paisibles moments passés avec Nonoka. C’était une époque ou ils n’avaient rien à part cet appartement et pourtant, le jeune adulte réalisait maintenant que peut-être c’était la meilleure période de leur vie. Comparé à leur situation actuelle, ces souvenirs ressemblaient effectivement plus à un rêve qu’autre chose. Et porutant, même s’il ne le souhaitait pas, Miyamoto savait qu’il devait raconter ce qui s’était passé durant son absence, tout lui expliquer.

« Nonoka. » dit-il d’une voix d’un coup plus sérieuse avant de se redresser pour regarder ses mains, posées sur ses genoux.

« Tu te souviens de ce que je t’ai dit avant que tu ne t’endormes ? Tu dois décider de ce que tu vas faire à partir de maintenant, et pour cela il faut que tu aies toutes les cartes en main, que tu saches ce qu’il se passe dans l’ombre. »

Un sourire amer se dessina sur le visage de l’ancien skill-out qui s’attrapa le genou gauche avec sa main et le serra de toutes ses forces.

« Tu sais, je regrette souvent ces moments, ça me manque… rentrer le soir pour te voir me manque, manger tes sandwichs bizarres me manque, te voir sourire me manque. »

Pour la première fois depuis des années, Nonoka pu entendre la voix de son grand frère se briser. La main serrée sur son genou, un sourire crispé sur le visage et le regard planté vers le bas, Miyamoto se remit à parler d’une voix hésitante.

« Il y a un… secret que je dois te dire mais… il va falloir que tu m’aides à cracher le morceau, soeurette. »




***




La jeune fille aux cheveux noirs ne se fit pas prier et entra directement dans l’armurerie, non sans jeter un coup d’œil à l’état de l’épaisse porte puis à sa nouvelle alliée.

[ Pas très discret comme déverrouillage mais sacrément efficace, je peux travailler avec elle. ]

Une fois son équipement retrouvé et libéré de ses attaches par Oshiko, Azami enleva sa veste et y fourra la majorité de ses affaires, le transformant en un genre de sac pour les transporter qu’elle attacha autour de sa taille. Seuls restaient ses gants démesurés et son fusil, qu’elle plaça en bandoulière, canon vers le haut.

« Si on pouvait se dépêcher un peu… Mon pouvoir détruit le métal, mais pas les humains (et leurs menottes sont en polymère super complexe). Au fait, en parlant de pouvoir, quel est le tien ? Et tu aurais pas d’autres amis qui pourrait nous donner un coup de main ? Pas que je te sous-estime ou quoi, mais je doute qu’à nous deux on soit assez… »

« Deux secondes. » fit simplement la jeune fille, semblant triturer quelque chose sur son gant droit avant de l’enfiler rapidement après le gauche, une fois que des LED bleutées se soient soudainement allumées dans un bruit de démarrage électronique.

« C’est bon, on y va. Par derrière, vite ! »

Les deux jeunes filles sortirent en trombe mais néanmoins discrètement par la porte menant au garage du bâtiment. Une fois certaine que personne ne les avait vues ou suivies, Azami regarda autour d’elle, avisant les voitures garées une par une. Sans arrêter son inspection, elle prit la parole.

« C’est parce que ton pouvoir détruit le métal que tu es intéressée par Kimura ? Je te déconseille de le réduire à son pouvoir. Level 4 ou non, il est extrêmement dangereux, c’est une cible prioritaire. »

La jeune fille au fusil s’approcha d’une voiture et commença à en faire le tour, regardant le véhicule dans les moindres détails.

« Pour en revenir à ce que tu disais, un pouvoir qui détruirait les humains serait bien pratique, bien que terriblement dangereux dans les mains de la mauvaise personne. Mais ton Shoker nous sera bien utile tout de même. »


Posant sans ménagements une énorme main gantée sur le capot de la voiture, Azami tourna la tête vers la membre de Judgement.

« Quand à moi, je n’ai pas de talent pour cette ville, je suis une level zéro, sans pouvoir et sans potentiel, autant que tu le saches. En revanche, j’ai ça. »

L’adolescente joignit le geste à la parole et leva sa main droite dans le gant avant de mimer un coup de pichenette à deux reprises.

« Et c’est amplement suffisant pour se débarrasser des corrompus de cette ville, tu peux me faire confiance sur ce point. Par contre, désolée de te décevoir encore mais malheureusement je travaille en solo. Enfin je pense qu’on a au moins un allié avec nous, on verra ça en chemin. »

Azami se positionna juste devant la voiture et replaça ses doigts de façon à faire une pichenette, son majeur plié à quelques centimètres du logo de la voiture. Après un petit bruit provenant du gant, son doigt heurta l’avant du véhicule, juste au dessus du pare-choc, ce qui eut pour effet d’activer l’alarme antivol l’espace d’une demie-seconde, en plus d’ouvrir toutes les portières d’un seul coup, en même temps que le capot et le coffre.

A l’endroit où la jeune fille avait frappé avec son doigt, le métal s’était enfoncé vers l’intérieur. Visiblement l’adolescente avait frappé ce point là précisément.

La voiture:
 

« Ce modèle de voiture est équipé d’un système automatique qui déverrouille toutes les portes s’il y a un choc puissant à l’avant ou à l’arrière, afin de permettre aux passagers de sortir en cas d’urgence. Dans notre cas, ça nous arrange on va avoir besoin d’un véhicule. Tu sais conduire, Onigawara-san ? »

A peine quelques minutes plus tard, la voiture grise roulait dans Gakuen Toshi avec à son volant une adolescente aux chouchous rouges. Assise en tailleurs sur la banquette arrière, Azami était en train de reparamétrer son équipement éparpillé un peu partout sur les sièges, touchant de temps en temps aux composants électroniques à l’intérieur de ses gants et ses bottes.

« Prends la prochaine à gauche, on va faire un petit tour à Strange. Il y a un endroit où on doit aller avant de foncer tête baissée dans la bataille. Et détaille-moi ton pouvoir pour tout ce qui est de la portée et limitations pour surface et épaisseur, j’en aurai besoin pour le calibrage. »

Un genre de tournevis miniature entre les dents, Azami se redressa en s’étirant le dos, avant de retirer la chemise qui lui avait été donnée à l’hopital.

« Il faut que je me change, on ne sait jamais sur quoi on peut tomber dans Strange alors autant être prudentes. Toi aussi, restes sur tes gardes. D’ailleurs, je ne sais pas vraiment ce que tu comptes faire d’Eitarō Kimura si on arrive à le mettre hors d’état de nuire, mais en échange de mon aide, j’aimerai que tu m’aides à retrouver une certaine Nonoka Inoue. Tu la connais ? »

Pas moins d’une demi-heure après, le véhicule pénétra dans une rue et s’arrêta devant une maison en piteux état dont la façade était manquante aux trois quarts. La dernière fois qu’Azami était venue ici, le propriétaire des lieux avait été emmené par Anti-Skill en même temps qu’un certain mercenaire qu’elle avait utilisé pour se rapprocher de Haruhiro et Akutoku. Mais depuis le temps, il semblait qu’il avait été relâché, propablement car il n’était pas réellement impliqué dans l’affrontement. Sortant de la voiture avec son énorme fusil entre les mains Azami fit signe à Oshiko de la suivre.

« Hum, bonjour ? En quoi puis-je vous aider, jeunes filles ? »
demanda un Manzo visiblement peu rassuré sans quitter le canon de l’arme des yeux




***





« Décidément, Taki-chan avait raison de vous faire confiance pour aider à retrouver Akutoku Reitoko, Kimura-kun. Votre équipe a rapidement réussi à trianguler sa position en suivant les réseaux hydrauliques soutterains… Mais de tous les endroits imaginable, je n’aurais pas pensé à celui-ci en particulier. »

« Therma, la seconde plus grande station d’épuration d’eau d’Academy City... Du moins avant qu’elle ne devienne désaffectée et qu’ils ne mettent au point des stations beaucoup plus efficaces de type Connectvire. Elle sert encore au traitement des eaux usées et à la purification de l’eau mais est beaucoup moins utilisée que ses deux sœurs. De plus, elle est extrêmement grande en superficie, ce qui fait qu’elle est extrêmement difficile de l’entretenir.  Le temps que l’on s’y rende, cela devrait nous prendre bien 4 heures d’éloigner entièrement Anti-Skill des alentours. »


« Vos éloges sont appréciées, ainsi que votre coopération pour cette opération, cependant cette chasse dure depuis bien trop longtemps. Je vous donne deux heures pour libérer la zone, on ne peut pas se permettre de perdre plus de temps. »

En effet, la traque à travers les égouts avait été vraiment longue. L’un des groupes de recherche s’était obstiné sur une piste erronée ce qui leur avait fait perdre énormément de temps, en plus de leur faire faire un détour forcé. Évidemment la faute avait été commise par une tête inconnue au sein des mercenaires. Peut-être aurait-il fallu le radier de l’organisation pour sa faute ? Finalement le second trio qui était descendu en recherche avait retrouvé la bonne piste, leur permettant d’avancer malgré leur retard imprévu.

« Les caméras et l’intégralité les systèmes de surveillances ne fonctionnent plus dans la structure ! Tous les rapports qui ont été envoyés sur la sûreté sont des faux… Ça veut dire que quiconque se trouve là y réside depuis longtemps, au moins autant de temps que cette station est désaffecté. Eitaro Kimura-san, comment va-t-on faire pour rentrer au juste, quel est le plan ? Si il a l’avantage du terrain et Superior sous son contrôle, il va nous falloir mettre au point des contremesures pour récupérer Akutoku saine et sauve ! »

Eitarō releva le regard vers l’écran et plissa légèrement les yeux, examinant minutieusement les plans de la station avant de finalement prendre le stylet accroché sur le bord de l’écran et de tracer des croix rouges sur l’écran tactile qui s’affichèrent sur chaque plan en fonction de l’angle de vue.

Plan 1:
 
Plan 2:
 

« La station comporte quatre grandes entrées : L’entrée principale, le parking, l’infirmerie et l'ascenseur menant directement aux étages supérieurs. En comptant la baie vitrée il y en a donc cinq. Ces cinq passages sont très probablement surveillés, on n’utilisera aucun d’entre eux. En prenant en compte toutes les entrées annexes et les sorties de secours… »

Le mercenaire commença à tracer d’autres croix, plus petites et en vert cette fois-ci pour marquer les passages secondaires. Ses yeux filaient d’un coin à l’autre de l’écran, semblant analyser chaque pixel de chaque image, cherchant la moindre faille dans la structure de l’énorme installation. Très rapidement, les plans furent couverts d’annotations en tous genres, avant que finalement, le mercenaire ne reprenne la parole.

« En excluant toutes les entrées trop avantageuses ou non adaptées, il ne nous reste que deux options pour entrer dans cette station. La première est d’y pénétrer par le toit, mais ça serait comme se jeter directement dans la gueule du loup en passant par la porte principale. La seconde est d’entrer par la fenêtre centrale ouest du deuxième étage. D’après ces plans il y en a une qui débouche sur un couloir menant directement au centre de la station, et donc près du Superior. C’est la cinquième en partant du côté droit du mur. Et il y a également un passage à travers l’aération sur le même mur, un peu plus haut et sur la gauche. Ce sont des couloirs qui sont reliés directement au Superior mais assez étroits, seule une personne de petite taille seulement pourrait y entrer. »

Eitarō expira en reposant le stylet contre le bord de l’écran, lequel aimanta immédiatement l’objet. Avec toutes ces réflexions et analyses, la nuit commençait à être longue. Mais pour lui, ça n’était rien. L’esper se retourna pour faire face à son équipe.

« Mis à part ces entrées, le reste des passages seront assurément piégés. Outre l’avantage du terrain, l’ennemi doit être préparé à une attaque, le mot clé est discrétion. J’irai avec les escouades Alpha et Bêta par la fenêtre du deuxième étage, une fois à l’intérieur nous nous disperseront pour avancer progressivement en couvrant une plus large zone, l’ennemi sera ainsi encerclé. Ryosei tu entreras avant nous pour dégager le passage et désamorcer d’éventuels pièges avant qu’on entre. »

Alors que le visage de Ryosei se tordait en un sourire bien trop large pour être bienveillant, le regard du mercenaire aux pouvoirs ferromagnétiques se posa sur les deux adolescentes du groupe.

« Sumire-san et Fuyu. Vous passerez par les conduits d’aération. Bien que la consommation d’énergie de la station soit très limitée, il est possible qu’il y fasse très chaud, équipez vous en prenant note de cela. »

« Bien. Je ne tolèrerai aucun échec ou faute de votre part, j’aimerai parler aux personnes responsables de l’enlèvement d’Akutoku. Cependant si vous voyez que la communication est impossible, abattez-les, je ne vous en tiendrai pas rigueur. Ce sera tout, nous partirons dans deux heures. » ajouta-il d’une voix plus forte à l’ensemble de son équipe qui s’empressa de sortir de la camionnette. L’aiguille de la montre d’Eitarō avait émit un petit « tic », signifiant qu’à la seconde où il avait fini de donner ses ordres, l’heure était passé de 4h59 à 5h00.

« Sumire Shiina-san. Mes ordres ne sont pas de vous apporter Akutoku Reitōko sur un plateau d’argent mais de la ramener en vie, et c’est ce que je ferai. Cependant mes employeurs ont accepté votre coopération, j’en déduis qu’ils trouveront un arrangement directement avec vous. »

Eitarō se massa la nuque en sortant du véhicule, dehors il faisait encore nuit et l’air frais qui souffla sur son visage sembla le détendre après les longues heures de recherche auxquelles il s’était consacré.

« Si vous voulez un conseil, reprit-il, n’essayez pas de les doubler. Ce sont des gens puissants et ils sauront vous le faire comprendre. Pour le retour, mes hommes amèneront Akutoku jusqu’ici, où vous prendrez le relais. Après ça ils devraient vous recontacter assez rapidement pour l’arrangement. »

Eitarō plaça ses mains dans les poches de son pantalon de costume puis fit quelques pas en direction de l’aînée des Sumire, avant de s’immobiliser sur sa gauche, regardant droit devant lui.

« Je suis curieux de savoir ce que vous avez fait de l’assassin, Haruhiro Wilkowski. Il n’est pas parmi nous et vous avez omis de le mentionner, je pense que vous pouvez comprendre que ça ait piqué ma curiosité, au vu des circonstances. Je vais vous donner un autre conseil puisqu’on a été amenés à travailler ensemble. N’essayez pas de me doubler non plus, Sumire Shiina-san. »

Sans dire un mot de plus ou lancer un regard vers la jeune femme, le mercenaire reprit sa marche, une lueur déterminée dans le regard.




***




Durant sa captivité dans le fourgon, Haruhiro n’avait cessé de fixer le scientifique devant lui. D’un regard empli de colère, haineux au possible et allumé d’une lueur qui semblait pouvoir brûler quiconque le regardait dans les yeux. Une expression pas vraiment bienveillante, donc. Et même maintenant qu’un duo innattendu venu du passé l’avait secouru, la même expression restait comme gravée sur son visage. Mais ça n’était pas dû aux liens qui l’avaient maintenu immobile si longtemps. Non, dans sa tête les paroles de Shiina Sumire ne cessaient de résonner encore et encore, refusant de quitter son esprit. Une veine gonfla sur le front de l’adolescent alors qu’il se redressait en tirant la tête vers le haut à cause du chocker accroché autour de son cou.

« Content de revoir ta frimousse. Désolé d’avoir mis autant de temps, mais Kousuke et Ishika n’allaient pas bien alors on a passé le temps que nous ne mettions pas devant les ordinateurs d’Academy City à leur chevet. Au fait, joli collier. »

L’ancien prisonnier se contenta d’un grognement énervé à l’attention du garçon, réagissant apparemment plus à sa remarque qu’au reste de sa phrase.

« Sempai, attention ! »

Haruhiro leva la main vers l’adolescent au chapeau, foudroyant le scientifique derrrière lui du regard. Une puissante bourrasque pénétra soudainement dans le fourgon dans un bruit de décompression, faisant voler les objets les plus légers vers le fond du véhicule. Au même moment à l’extérieur, quelque chose d’invisible frappa le scientifique qui fut brusquement projeté en arrière. Le détenteur d’Instant Shift ne détourna pas le regard lorsque la nuque de l’homme émit un craquement sinistre contre le poteau en métal un peu plus loin à côté du trottoir. Après avoir attrapé le couvre-chef qu avait volé jusqu’à lui, Haruhiro ouvrit finalement la bouche.

« Bordel, ça soulage. La situation est plus grave que ce que vous pensez, cette pétasse m’a mi en rogne alors j’espère que vous êtes bien rétablis parce qu’on a pas de temps à perdre. Tiens, ton chapeau. »

Le jeune homme ramassa le pistolet en plastique tombé au sol une fois sorti de la camionnette. Il prit une longue inspiration puis expira bruyamment avant de se retourner vers le duo.

« Il y a une femme, Shiina Sumire. C’est la grande sœur de la tarée qui nous a fait arriver sur ce putain de pont l’autre jour. Elle a un groupe d’Espers à sa botte, vous allez pas aimer. Eitarō et ses deux espers qui nous ont attaqués à la sortie de l’hôpital sont de la partie. »

Le regard de Haruhiro pivota pour se poser sur Chō.

« Et Otaki est de retour avec eux. »

Le jeune esper posa le pistolet blanc contre le chocker noir sur son cou. « Le plan de Shiina est de m’obliger à combattre Otaki pour la booster. Tu te souviens des données qu’avait transmis Lily sur le sort réservé à Akutoku ? C’est plus ou moins la même chose. Si cette vieille peau a dit vrai, il faut absolument éviter que je combatte Otaki. »

« Elle m’a installé cette saloperie de collier pour que je lui obéisse au doigt et à l’œil. Si ce truc se déclenche, soyez gentils et faites en sorte de m’endormir un coup. Maintenant il va falloir que vous m’expliquiez à votre tour, qu’est-ce ce qui s’est passé pendant mon absence ? Et pourquoi Akutoku est de nouveau captive malgré tout ce qu’on a fait ? »

La voix de Haruhiro était redevenue rauque et emplie de colère. L’adolescent bouillonnait de l’intérieur et ne comptait pas le cacher le moins du monde. Cette rage, il allait l’utiliser.

« Allons y, je sais où aller vous me raconterez en chemin. On doit la récupérer avant que l’équipe d’Otaki et Eitarō ne lui tombe dessus. On est que trois ? »
lâcha-t-il soudainement avant de se retourner et de se mettre à marcher dans une direction précise, sans attendre le duo.

Plus ça allait et plus des paroles de serpent s’insinuaient en lui, le faisant bouillir et même trembler sous la colère. Encore et encore, la voix de Shiina Sumire se fit entendre dans sa tête.

« C’est l’heure d’ouvrir les yeux, Wilkowski-kun. C’est comme cela que ça se prononce, n’est-ce pas ?... Je suis vraiment désolé d’avoir dû en arriver à de tels moyens... Mais je crains que tu ne serais pas tout simplement resté là sagement à m’écouter, alors j’ai dû prendre des mesures drastiques. Vois-tu, j’ai besoin de ta participation, Haruhiro… Il paraît qu’en Russie, certains utilise cette technologie pour ouvrir des serrures électroniques. »

[ Salope… je vais te briser… ]

« De toute façon, tu n’as pas le choix. Nous sommes ta seule façon de retrouver Akutoku Reitoko. Fait évoluer Otaki Sumire et ton amie aux cheveux bleus aura la liberté que tu désires tant. »

[ Tu vas regretter ce mensonge. ]

« Toi, cependant... Toi, tu n’es qu’un outil, Haruhiro. Tu sers à faire ce pourquoi tu as été fabriqué. Et lorsque tu as perdu ton utilité, on te jette. Tu ne connaîtras jamais la liberté. Mais tu peux sauver Akutoku durant le temps qu’il te reste. »

[ Tu vas regretter ces paroles, Shiina… ]

« Bonne nuit, Haruhiro Wilkowski-kun, mon petit tueur incapable de tuer.~ »

A l’entente de cette dernière phrase, Haruhiro serra les dents si fort qu’elles grincèrent avant qu’un peu de sang de sorte de sa bouche. L’adolescent releva la tête devant lui, le regard allumé d’une lueur sanglante qui brillait dans la nuit noire. Devant lui se dressait Therma, l’endroit où était gardée Akutoku.

« J’ai encore un dernier meurtre à commettre. »





***



Operation Start:
 

Deux groupes progressaient rapidement sur le terrain menant à la station d’épuration d’eau. Habillés de noir pour la plupart, ils étaient pratiquement indétectables à l’œil nu. Au bout d’une quinzaine de minutes de course furtive, l’ensemble des deux groupes s’immobilisa au niveau du mur côté Ouest du bâtiment principal de la station Therma.

Alors qu’Eitarō lançait un regard à Ryosei qui disparu presque immédiatement avec sa capacité, deux hommes pointèrent leurs canons vers le haut, visant la façade. Quelques vingt mètres plus haut, l’esper aux yeux verts apparut sans bruit à l’intérieur du couloir. Un rapide coup d’œil autour de lui provoqua l’apparition d’un sourire sur le visage du jeune homme.

« RAS. Vous pouvez y aller, chers amis. » articula-t-il dans sa radio sans quitter le couloir des yeux.

Deux pressions de gâchettes plus tard, de longs câbles noirs furent propulsés vers la fenêtre dans un bruit étouffé. Depuis l’intérieur, Ryosei entendit deux impacts métalliques contre la façade extérieure.

Moins de dix secondes plus tard, des bruits de découpeur laser se firent entendre alors qu’un carré de mur un peu plus large que la fenêtre était découpé autour de cette dernière. L’opération ne dura qu’une trentaine de seconde au bout desquelles les mercenaires habillés de leurs tenues paramilitaires rejoignaient l’adolescent au deuxième étage.

Toujours au sol, Eitarō fit un petit signe à l’un des hommes encore présents qui tira un troisième cable un peu plus haut que les deux précédents. L’esper aux cheveux verts se tourna vers Fuyu et Otaki. Les deux jeunes filles portaient des harnais ajustés à leurs tailles.

« Vous avez une radio chacune et un plan des lieux. Chaque homme dispose lui aussi d’un plan. J’attends beaucoup de vous alors ne me décevez pas. Aussi, Sumire-san… »

Le mercenaire tira un pistolet 9mm et un étui compatible à la jeune fille.

« Si jamais c’est nécessaire, utilise cette arme sur Fuyu, ça pourrait bien vous sauver toutes les deux. Si tu as des questions, demande-lui directement, c’est ta coéquipière pour cette mission. Fuyu je te recontacterai plus tard lorsqu’on sera en position. »

« Hm. » fit la fillette en hochant la tête, un regard légèrement inquiet levé vers Eitarō.

« Sumire-san, concernant tes inquiétudes vis-à-vis du Superior, elles n’ont pas lieu d’être. S’il s’avère qu’il est utilisé contre nous, nous le détruirons sur notre passage. Et si les explosifs ne suffisent pas, je me chargerai de jouer la contremesure moi-même. »

Le jeune adulte posa brièvement une main sur la tête de Fuyu avant d’activer son pouvoir et de commencer à léviter dans les airs en même temps qu’une quantité non négligeable d’équipement militaire de pointe.

« Je veux une mise à jour de la situation toutes les cinq minutes, votre rôle est primordial. » ajouta-t-il avant de s’élever dans les airs, en direction du trou dans le mur.

Il ne fallut pas beaucoup de temps à Fuyu pour escalader le mur le long de l’épaisse corde. Une fois au bout, elle arracha d’un coup sec l’épaisse grille d’aération et la laissa tomber au sol, en prenant soin d’éviter Otaki qui grimpait en dessous d’elle. Un souffle d’air chaud lui recouvrit le visage alors qu’elle pénétrait à l’intérieur du conduit, à quatre pattes. Eitarō avait eu raison concernant la taille du passage, et Fuyu savait qu’elle avait bien fait de suivre son conseil. Vêtue d’un short multicolore et de baskets d’un bleu presque fluorescent ainsi que d’un t-shirt blanc, elle avait fait en sorte de ne pas trop souffrir du souffle chaud, laissant la furtivité au reste du groupe.

Progressant lentement dans le conduit et commençant déjà à transpirer, Otaki pouvait entendre la petit voix de Fuyu résonner juste devant elle. La fillette avait activé son oreillette et, faisant fi de la discrétion, répétait quelque chose en boucle dans le micro près de sa bouche.

« Ryosei. »
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Akutoku Reitōko

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MessageSujet: Re: [ Alter Fofo ] Une Aku cute et en danger ! (pv Akutoku)   Ven 2 Fév - 21:56

« Prends la prochaine à gauche, on va faire un petit tour à Strange. Il y a un endroit où on doit aller avant de foncer tête baissée dans la bataille. Et détaille-moi ton pouvoir pour tout ce qui est de la portée et limitations pour surface et épaisseur, j’en aurai besoin pour le calibrage. »

Oshiko Onigarawa retraçait lentement les évènements qui l’avaient faite se retrouver au volant d’une voiture volée avec une justicière armée d’une fusil sur la banquette arrière. Est-ce qu’elle avait fait le bon choix en lui faisant confiance ? Ce qui était sûr, c’est que si jamais elle n’arrivait pas à prouver en revenant qu’elle avait tout ça pour la bonne cause, elle allait sûrement être virée de Judgment. L’adolescente se crispa en serrant le volant un peu plus fort. Évidemment, elle y avait déjà bien réfléchit. Et même si il elle savait que son pouvoir seul ne serait pas assez pour lui permettre de réussir après qu’Azami le lui ai rappelé, elle sentait qu’elle devait aller jusqu’au bout. Eitaro Kimura ne fera plus tomber la moindre gouttelette de sang. Elle se l’était jurée.

[ Souviens-toi bien de ce jour, celui où toi et tes amis avez fait tomber non pas un pion mais ce qu’on pourrait appeler une tour. Marquera-t-il le début de ta gloire ou de ta déchéance ? J’ai hâte de le savoir. Quoi qu’il en soit ce n’est pas fini, ça ne l’est jamais. Reste sur tes gardes, Onigawara Oshiko. ]

[ Tch ! ]

« Du contact physique jusqu’à 7 mètres de distance mon pouvoir s’active correctement tant que j’ai un visuel, plus on s’en éloigne plus je perds en précision. Je peux seulement faire sursauter les électrons sur une surface de 110cm carré, pas plus pas moins, mais ça se propage sur la structure peu à peu si je suis en contact avec. Et ça suffit amplement pour démagnétiser temporairement un pilier en métal, je pense que je peux empêcher le contrôle d’Eitaro Kimura au moins 50 secondes, le temps qu’il adapte ses calculs à la nouvelle structure. Aussi, je peux diriger le saut d’électron pour envoyer une décharge électrique, mais c’est un as-dans-la-manche, alors ne t’en préoccupes pas trop. »

Onigawara Oshiko jeta un œil derrière elle pour regarder ce que son interlocutrice était en train de faire avant de sursauter légèrement et de se recentrer sur la route. Elle détestait conduire et espérait qu’elle ne tomberait pas sur un contrôle d’Anti-Skill ou un détecteur de pilote sur la route : elle commençait à avoir des réticences face au ‘‘plaisir d’une journée dans la délinquance’’.

« Il faut que je me change, on ne sait jamais sur quoi on peut tomber dans Strange alors autant être prudentes. Toi aussi, restes sur tes gardes. D’ailleurs, je ne sais pas vraiment ce que tu comptes faire d’Eitarō Kimura si on arrive à le mettre hors d’état de nuire, mais en échange de mon aide, j’aimerai que tu m’aides à retrouver une certaine Nonoka Inoue. Tu la connais ? »

« ‘‘Nonoka Inoue’’ ? Non, ça n’me dit rien. Mais je pourrais jeter un œil à la Data Bank si c’est une élève en activité. »

Onigawara, soulagée d’enfin pouvoir s’arrêter, gara le véhicule non loin de la maison délabrée que lui avait indiquée Azami.

« Hum, bonjour ? En quoi puis-je vous aider, jeunes filles ? »

[ Ouah, un type encore plus louche, génial. Hé mais, attends une seconde… ]

Comme si elle venait de trouver la solution d’une équation compliquée, l’adolescente enfonça son poing dans la paume de son autre main en regardant Manzo d’un air déterminée.

« … Un adulte ! »


♦♦♦


« Comment est-ce que tu peux seulement dire une chose pareille ? Tu as pensé à moi Nonoka ? Écoute moi bien et imprime toi ça dans le crâne, petite sœur. Ce n’est pas eux qui n’ont plus besoin de toi. C’est toi qui n’a plus besoin d’eux. Tu ne sais pas ce que tu vas faire ? C’est tant mieux, tu peux ne rien faire, ou faire ce que tu veux !  C’est pas un échec, c’est une libération, tu as gagné Nonoka. »

La tête tournée vers Miyamoto Inoue maintenant que sa main était posée sur sa tête, l’adolescente aux cheveux verts cherchait toujours à s’échapper dans le blanc des yeux de son frère. Et qu’est ce qu’elle pouvait faire d’autre, au juste ? Plus elle regardait, et moins il avait l’air d’y avoir la moindre chose à trouver. Et pourtant, il y avait quelque chose dans le ton de Miyamoto qui calmait l’étudiante. Quelque chose de doux comme le bruit des vagues. Peut-être que c’était tout simplement le fait qu’elle n’avait pas entendu cette voix depuis longtemps, et qu’elle ne l’écoutait vraiment qu’à présent.

« Et puis de toute façon, j’ai besoin de toi moi hein. T’as la moindre idée de ce que je mange depuis qu’on est séparés ? Tes sandwichs étaient pas vraiment bons, j’peux te le dire maintenant, mais les bentos du coin ? T’as pas envie d’en manger, ça tu peux me croire. »

[ Ma cuisine… N’est… Pas bonne ? ]

Le visage de Nonoka se mit à changer d’expression, comme si elle essayait de se remémorer les moments où elle avait fait la cuisine à son frère. Remarquant qu’il avait réussit à la faire totalement oublier le reste, elle se mit à pincer ses lèvres en revenant à lui. Non, tout n’allait pas bien. Tout n’irait plus jamais bien. Elle avait déjà tout détruit, elle avait déjà réduit n’importe quel espoir de faire demi-tour à zéro. Ouvrant la bouche, Nonoka s’apprêta à démonter les arguments de Miyamoto et de se préparer à partir. Mais au moment où elle pris une inspiration et allait prendre la parole, une friandise fut placer dans entre ses lèvres.

« En parlant de manger, tiens, tu vas manger petite sœur. On t’entend gargouiller depuis le salon. Ne pense plus à cette histoire, laisse ton grand frère t’occuper du reste. »

[ S’occuper… Du reste ? Qu’est ce qu’il est… Stupide… ]

Malgré son air renfrogné, la jeune fille se mit à mâchonner ce qu’elle avait dans la bouche lentement en baissant la tête.

« Tu reconnais cet endroit ? C’est l’appartement dans lequel on vivait avant que je parte. Ça a pas mal changé depuis le temps, et y a plus nos affaires mais... on est dans ta chambre là. Nonoka. Tu te souviens de ce que je t’ai dit avant que tu ne t’endormes ? Tu dois décider de ce que tu vas faire à partir de maintenant, et pour cela il faut que tu aies toutes les cartes en main, que tu saches ce qu’il se passe dans l’ombre. »

Nonoka releva la tête en l’entendant, passant un bras sous ses yeux, le goût sucré se déposant sur son palais en la faisant frissonner. C’était sa sucrerie préféré après tout.


« Tu sais, je regrette souvent ces moments, ça me manque… rentrer le soir pour te voir me manque, manger tes sandwichs bizarres me manque, te voir sourire me manque. »

« Il y a un… secret que je dois te dire mais… il va falloir que tu m’aides à cracher le morceau, soeurette. »

La jeune fille pris enfin la parole en avant ce qu’elle avait dans la bouche avec difficulté, comme si gorge était un peu enrouée.

« Un... Secret ? Est-ce que… Ça a un rapport avec ce que ce téléporteur avait dit… Que tu étais là à l’armée, ou quelque chose ? Ne me dit pas que… Tu t’es fait amélio- »

Mais l’attention de l’adolescent se détourna dans l’instant à cause du DrangonFly caché plus bas. Il se mit à vrombir d’un coup, signifiant qu’il venait de se réveiller et qu’il était en train de recevoir des informations, qui devaient sûrement venir de l’autre bout de la ville.

♦♦♦



Le garçon au chapeau récupéra celui qu’on lui tendait en émettant un léger sourire mi rictus-mi grimace. Il s’était attendu à ce qu’Haruhiro réagisse, mais il avait déjà oublié ce que c’était d’avoir une bourrasque d’air décompressé passer à côté de son oreille. Au moins, ils étaient à présent tous les trois réunis, et encore en état de donner des claques.

« Il y a une femme, Shiina Sumire. C’est la grande sœur de la tarée qui nous a fait arriver sur ce putain de pont l’autre jour. Elle a un groupe d’Espers à sa botte, vous allez pas aimer. Eitarō et ses deux espers qui nous ont attaqués à la sortie de l’hôpital sont de la partie… Et Otaki est de retour avec eux. »

« Hggk… C’était la pire chose qui pouvait nous arriver… »

En se crispant, Nakamura Chō ne put s’empêcher de poser sa main sur son ventre à l’endroit ou un crochet de vapeur d’eau l’avait transpercée. Le simple prénom ‘‘Otaki’’ suffisait à la faire grimacer, mais remettre au goût du jour les évènements du pont dans la même phrase lui avait définitivement retournée l’estomac. Et évidemment, tout cela n’était pas moins dérangeant pour son sempai chapeauté qui avait déjà vu le démon à l’œuvre : Il avait fallu qu’ils se mettent à trois pour espérer pouvoir calmer sa rage meurtrière. Qu’est ce qu’il faudra, maintenant qu’elle sait de quoi ils sont capable ? L’étudiant de Nagatenjouki Academy réajusta son chapeau d’un doigt en regardant en direction du pistolet du garçon, posé sur son espèce de collier noir qui semblait être en cuir synthétique.

« Le plan de Shiina est de m’obliger à combattre Otaki pour la booster. Tu te souviens des données qu’avait transmis Lily sur le sort réservé à Akutoku ? C’est plus ou moins la même chose. Si cette vieille peau a dit vrai, il faut absolument éviter que je combatte Otaki. »

« Nakamura a aussi eut le temps de me parler de ça... C’est vraiment sacrément étrange, je n’avais jamais entendu parler de ça mais… ‘‘Booster’’ ? De quelle façon est-ce que tu peux faire une chose pareille, Haruhiro-kun ? »

Voyant que l’adolescent n’avait pas lui non plus de réponse à donner, il se ravisa en revenant vers Nakamura qui écoutait Haru avec attention, silencieusement.

« Elle m’a installé cette saloperie de collier pour que je lui obéisse au doigt et à l’œil. Si ce truc se déclenche, soyez gentils et faites en sorte de m’endormir un coup. Maintenant il va falloir que vous m’expliquiez à votre tour, qu’est-ce ce qui s’est passé pendant mon absence ? Et pourquoi Akutoku est de nouveau captive malgré tout ce qu’on a fait ? »

Mais avant que l’un ou l’autre ne puisse ouvrir la bouche, la rage qui se lisait sur le visage du mercenaire se transforma en mots agressifs, puis en une série de pas. Après un échange de regard préoccupés, le duo de télépathes se décida à se mettre à la suite du garçon en ramassant eux aussi un pistolet chargé de cartouches somnifères. Nakamura avait trouvé que le produit à l’intérieur était un produit chimique qui avait un effet immédiat et permettait de faire tomber après une simple inoculation, un adulte de poids moyen en sommeil profond en seulement trois ou quatre secondes. Il y avait trois capsules dans chaque arme, mais elle demandait de sortir la capsule de gaz manuellement avant de tirer de nouveau. On aurait presque dit que ses armes et ses munitions n’étaient pas faites pour être ensemble, comme si c’était un prototype.

« Toute cette histoire est vraiment étrange. J’ai toujours du mal à croire qu’il puisse y avoir autant de chaos à cause d’une seule jeune fille… Après tout ça, Haruhiro, je me demande si tout ça ne devait pas arriver à un moment ou à un autre… Comme une guerre de gang de skill-out, tu vois ? C’était l’étincelle qui a enflammé des organisations différentes les unes contre les aut- »

Mais avant que Nakamura ne puisse terminer sa phrase, une portière d’une des camionettes blanches fusa dans sa direction en une fraction de seconde. Rapant d’abord contre le sol en faisant des étincelles qui firent tourner le regard du garçon au chapeau, elle s’éleva un peu plus haut après avoir ralentie contre le bitume prête à faucher la jeune fille. Mais Haruhiro et ses réflèxes l’avait détectée avant, et utilisa la vitesse impressionnante procurée par Instant Shift pour éloigner la membre de Judgment au dernier moment, alors que la portière éventrée venait rouler plus loin. Le trio totalement pris au dépourvu se retourna à l’unisson en direction de l’attaque.

« Bonjour les amis ! Et plus encore… Bonjour Haru-chan.~ »

Sur le toit d’une camionette effondrée sur le côté se trouvait un individu à l’apparence féminine qui ne devait pas avoir plus de 14 ans, d’où s’était échappée la voix cajoleuse mais avec un très léger côté masculin, et dont les trois quarts du visage étaient masqués par une large capuche à oreilles d’ânes qui ne laissait entrevoir qu’un visage rond, un sourire et des cheveux roses flashy. L’immense manteau à capuche que la personne portait était presque entièrement rose lui aussi, et bien fourni d’une ribambelle de nœuds colorés, de fourrure noire, de coutures et de sutures. Le long manteau rose bonbon se terminait en une espèce de jupe à froufrou affriolente qui laissait entrevoir de longues jambes fines et élancées couvertes de collants rayés rose et noirs. Malgré la mise en scène, le tout avait un air de faux.

« Qu- Qu’est ce que c’est que ce délire ! Je… Je n’ai détectée aucune autre personne dans les fourgons que ceux dont on s’est occupé… C’est impossible ! »

Avant que Nakamura ne puisse activer sa télépathie, trois silouhettes s’élevèrent de derrière le fourgon, semblant s’échapper de l’arrière du véhicule. L’une d’elle était vraisemblablement l’auteur du lancé de porte. Mais une fois qu’elle était arrivé sous la vision du trio, elles se découvrirent sous leur vrais visage : c’était des pantins d’au moins 170cm de haut, entièrement faits d’un tissu tirant entre le blanc et beige, rapiécés comme le manteau de l’individu du milieu, et possédant à la place des yeux des croix noirs et une imitation de bouche avec un long tracé coupé au cutter entièrement refermé par des sutures. Ils n’avaient rien d’humain, c’était simplement des sacs de chiffons animés. Avant que l’une des trois autres personnes n’ouvrent la bouche, Haruhiro fit un mouvement du pied dans un bruit d’air comprimé et projeta un bloc de bitume en direction de la personne centrale qui se le prit en plein ventre, ce qui y laissa un gros impact.

« Iteeee ! Mince Haru-chan, c’que ça fait mal… C’est pas simpas dis donc… C’est comme ça que t’as buté Ishida ou bien ? »

Mais le bloc de bitume retomba au sol rapidement en y laissant une trace d’impact dénottant son poids. Les deux télépathes et le mercenaire l’avait vu cette fois : la bouche de l’individu n’avait pas bougée après ses paroles. Celui-ci se redressa en restant stable sur la fourgonnette renversée, avant de s’épousetter d’un mouvement désarticulé avec ses longues manches. Il se mit alors à faire des mouvements dans tout les sens en parlant, même si le son sortait de sa capuche avec un écho étrange.

« Je sais ce que tu vas dire ‘‘Quoooi mon caramel, tu travailles pour le Bloc K ?’’ Et bien pas du tout mon loup. Je suis toujours freelance. Mais quand on m’a proposé le sale boulot qui était destiné à Ishida, j’ai compris que tu lui avais finalement réglé son compte… Alors évidemment, j’ai décliné l’offre de l’organisation, pas du tout assez chaotique à mon goût. C’est là que l’espèce de pétasse est apparue. Tu l’as rencontré ? Evidemment, j’ai sauté sur l’occaz. Franchement, tant que je peux m’éclater et foutre la ville en feu, ça me va. Mais t’as vu tout les esper suuuuper délires qu’ils ont de l’autre côté ? »

« Tu sais ce que je crois ? Je crois qu’on final, il faut être un niveau 3 pour comprendre un autre niveau 3. Les niveaux 4 ont besoin de faire tout un tas de calculs, mais nous on est obligé de se contenter d’en faire un complexe, mais toujours identique. C’est pas simple, tu vois c’que j’veux dire, Shi-ni-ga-mi ? Tes compressions, mes coutures. Mais on est pas là pour faire ami-ami, même si c’est carrément super dommage, parce que c’est bien plus fun que juste se taper sur la tronche. »

Le garçon au chapeau fit un pas en avant en même temps qu’Haruhiro pour se placer devant Nakamura. Ce n’était pas simplement parce que tout les deux étaient plus à l’aise au corps, c’était plutôt parce qu’ils avaient tous les deux une envie folle de la protéger, et même si ça avait un côté un peu macho, la télépathe ne put tout simplement pas se résoudre à bouger, ne comprenant toujours pas qui était cette personne et ce qu’il se passait. Elle décida enfin de scanner les cerveaux dans la zone pendant que la personne aux cheveux roses sautaient de la camionette, suivit par ses pantins en tissus.

« Ha-ru-chaaan, mon petit pain au chocolat. Me dis pas que tu pensais une seule seconde qu’elle avait pas prévu que tu t’échappes ? Je veux dire, réfléchit une seconde, y’avait même pas d’AIM Jammer dans cette putain de fourgonette ! Non non mon pote, évidemment que tu devais sortir. Par contre… Ses deux là, ils ne sont pas autorisés à se joindre à la fête. Et c’est pour ça que je suis là. »

Un immense sourire se dessina sur le visage de l’individu caché par sa capuche alors qu’il faisait quelques pas vers le trio pendant que ses pantins tournaient quand à eux sur les côtés jusqu’à leur boucher la sortie derrière en direction de Therma, la grande machine d’épuration d’eau.

« Encore un guignol… Mais j’ai un mauvais pressentiment cette fois, Haruhiro-kun… Restons sur nos gardes, si vous voulez bien, Nakamura-chan, Haruhiro-kun. »

« Désolé pour toi mon cœur, mais il va falloir que tu fasses un choix, chéri ! Ses deux télépathes ne peuvent pas t’accompagner. Tu as donc deux possibilités qui s’offrent à toi. Tu peux aller sauver Aku-chan ce petit cœur en sucre tout seul et être un héros chevaleresque, ou tu peux rester ici avec eux et me combattre… Tu sais, tu vas sûrement gagner mais… Ah, tu vas perdre un temps précieux. Deux minutes, une demi-heure… Qui sait, ton petit ourson en chocolat pourrait être en danger de mort dès maintenant, héhé.  »

Apparemment, sa phrase avait eut l’effet escompté puisqu’Haru s’était projeté dans sa direction pour l’attaquer de face en criant peut-être quelque chose, son adversaire n’eut pas l’occasion de l’entendre avant que sa tête ne se mette à suivre le mouvement de son corps, se faisant projeter en direction du capot de la voiture à grande vitesse. Pas de craquements, pas de choc violent. C’était autre chose. L’individu se releva et sorti de son costume rose un petit pistolet de femme. Il visa le capot et tira deux fois, avant que celui-ci n’explose, provoquant une déflagration incendiaire localisée derrière lui, qui ne projeta sur Haruhiro, Nakamura et le garçon au chapeau qu’un souffle chaud et un air heberlué. Dans la fumée et devant les flammes, la personne en manteau rose souriait, sans sembler alarmée par l’explosion du véhicule derrière elle.

« C’était ça que tu voulais faire ? Bah, aucun intérêt. Tu m’as peut-être déjà reconnu, mais je me présente surtout pour les autres… Enchanté, je suis Rag Doll. Un plaisir de faire votre connaissance, mes petits sucre d’orges. »



Le mercenaire du Dark Side du même rang qu’Ishida et Haruhiro fit de nouveau quelques pas en direction de son ancien camarade, les flammes rougeoyantes dansant derrière lui en donnant à son sourire un air de démon. Il n’avait pas d’yeux ni de nez.
« Au passage, pour Anti-Skill, la zone est devenue un terrain de démolition, plus personne ne rentre, plus personne ne sort. Mais plus que ça… Cette fois, plus de gentils agents qui viennent vous sortir des embrouilles et lancer les vilains méchants entre les barreaux ! Ici, pour que le combat se finisse, mes amours… Il va falloir se TUER, ahahahahaha ! C’est pas SUPER excitant comme situation ? »

Comme si elles étaient connectés par les mêmes fils, les marionettes se mirent toutes à bouger en même temps alors que le garçon au bonnet d’âne se mettait à faire semblant de rire.

« B-bon sang, c’est pas possible. Un level 3 ne pourrait pas contrôler autant de pantins en même temps… Même pour un level 4, c’est… »

« Haruhiro ! Il n’y a pas de pensées, ni rien ! C’est aussi une marionette ! Et je n’ai trouvé aucune autre personne qui puisse les contrôler dans notre zone ! Mais c’est un pantin, pas une personne ! Il doit être muni d’un speaker et d’une radio pour écouter et communiquer à distance !»

Le sourire remplie de dents pointus plus vrais que natures s’ouvrit comme une faille dans la terre. Le monstre pencha la tête sur le côté alors que le cercle de marionettes de tissu se resserrait sur le trio.

« Kaaaah, quel pouvoir embêtant. Mais on a pas toute la journée, mon choubidou. T’as ta petite princesse à sauver. Si tu veux me rouer de coup, vas-y ! Alors, qu’est ce que tu décides ? Je te promets que je leur ferait pas de mal, parole d’honneur, je te les rends en un seul morceau quand tu reviendras avec ta chérie dans les bras… Alors choisis vite, je suis pas du genre patient, j’aime quand ça EXPLOSE de partout dans un tourbillon de désespoir, de larmes et de rires ! Alors dansons, mon petit chaton ! »

♦♦♦


« Je suis curieux de savoir ce que vous avez fait de l’assassin, Haruhiro Wilkowski. Il n’est pas parmi nous et vous avez omis de le mentionner, je pense que vous pouvez comprendre que ça ait piqué ma curiosité, au vu des circonstances. Je vais vous donner un autre conseil puisqu’on a été amenés à travailler ensemble. N’essayez pas de me doubler non plus, Sumire Shiina-san. »

Shiina Sumire cligna des yeux, l’air d’être un peu étonnée par la question. Après un instant cependant, un mince sourire apparu sur celui-ci, l’allumant d’une lueur chaleureuse. Otaki lui lança un regard haineux, comme si elle savait qu’elle préparait quelque chose mais pas quoi. Shiina répondu à son regard par un clin d’œil en posant un doigt sur ses lèvres, rangeant sa radio dans sa poche avant d’humer l’air. Oui, il était temps.

« Sumire-kun ! Qu’est ce qu’il se passe ici, au juste ?!! »

La jeune femme hocha lentement la tête pour elle-même puis se retourna, gardant ses mains derrière son dos après avoir ressortis ses doigts de sa veste. S’avançant dans sa direction au milieu des véhicules parqués et des camionettes blanches du Bloc K en retrait n’était autre que le dirigeant du Bloc. Il passa sa main dans ses cheveux plaqués en arrière, son téléphone à la main, l’air totalement dépassé. Ses traits étaient déformés par la colère et l’incompréhension, et il fit bien en sorte que tout soit bien ressentie par son interlocutrice. Il s’arrêta à mis chemin et serra les dents.

« Vous utilisez les scientifiques de notre organisation, notre matériel, vous mettez des plans en place, vous laissez nos éléments se faire tuer et vous partez à la recherche d’Akutoku Reitoko toute seule alors que je vous avait dit d’abandonner ! Décidément, il y avait vraiment besoin de changement dans notre groupe, mais vous… Pour qui est-ce que vous vous prenez, au juste ?! Arrêtez cela immédiatemment, vous êtes congédiée, virée, vous entendez ?! »

« Mh mh, je vois, je vois. Vous avez raison. Nous avons besoin de changement. »

Shiina étira un long sourire calme qui contrastait totalement avec le regard de son interlocuteur.

« Et ce changement, c’est moi. »

Elle avait simplement étirée le bras droit. Quelque chose s’était plantée dans un « tchack » sonore entre les deux yeux de l’homme. Il leva lentement le regard en direction de la pointe de stylo plume argentée qui s’était déroulée comme une liane jusqu’à son front. Il baissa ses yeux totalement abasourdi en direction de la femme qui continuait de lui sourire calmement les yeux fermés.

« Notre organisation ne peut pas se permettre d’avoir un dirigeant assez faible pour être capable de se faire avoir par un étudiant. Voilà pourquoi j’ai décidé de devenir la nouvelle dirigeante de l’organisation. Vous n’avez pas d’objections, j’espère ? Evidemment je retirerais ma proposition au cas où vous ne seriez pas du même avis. »

« S … hiina- ! »

« Parfait, alors. »

Dans un bruit de fusil à air comprimé, un impact apparu sur le crâne de l’homme alors que ses cheveux plaqués par du gels voletaient en tout sens. Après un temps, il s’écroula au sol alors que la pointe du stylo plume et le cable qui en sortait vint se reconnecter sur l’objet tenu par Shiina. Elle regarda autour d’elle les scientifiques qui avaient été témoins de la scène avec des expressions impuissantes, lâchant un grand soupire en se tournant vers la station d’épuration.



♦♦♦



« De la… Végétation ? »
Otaki Sumire n’en croyait pas ses yeux. Dans le conduit qu’elle empruntait avec Fuyu, tout autour d’elle, de la mousse verte avait recouvert les parois. Une puissante humidité régnait dans l’air si bien qu’on se serait cru transporté dans un autre monde. Elle huma l’air, puis attrapa sa radio avant sa camarade pour appeler son sempai.

« Sempai ! Il… Nous sommes entourés de mousse verte, on dirait de la végétation, et ça couvre l’entièreté des parois ! Ça continue sur notre chemin, c’est toujours pratiquable, mais même l’air est devenu humide… C’est possible que l’homme qu’on recherche ait déjà utilisé Superior pour changer la composition de l’air en le chargeant avec de l’eau mais… Je n’ai jamais vu ça, je n’ai aucune idée de comment il a fait, et encore moins pourquoi ! Soyez sur vos gardes ! »

Mais peu après avoir entendu une réponse de l’autre côté, la communication s’arrêta dans un grésillemment désagréable. Otaki se mit à hausser un sourcil avant d’essayer de régler sa radio, puis de donner quelques coups dessus : rien n’y faisait, la communication était rompue.

[ Des… Brouilleurs ? Non… Comme dans les égoûts ? ]

La jeune fille serra les dents et regarda en direction de Fuyu, croisant son regard à elle aussi. Visiblement, ne plus pouvoir répéter « Ryosei » à l’intérieur de la sienne l’avait tout autant dérangée. C’est alors qu’Otaki la vit. Derrière Fuyu, une vague de couleuvres grouillantes et noire bouchait le conduit, arrivant dans leur direction à une vitesse effrayante. Elle eut tout juste le temps d’émettre un cri étouffé avant que Fuyu ne retourne la tête dans la direction de son regard. De leur côté, Ryosei, Eitaro et leur escouade avaient eux aussi découvert quelque chose qui défiait totalement l’imagination. Droit devant eux, les larges et très hauts couloirs du bâtiments étaient remplis d’arbres et de feuillages, rendant la vision à distance tout simplement impossible.



♦♦♦



« On dirait que c’est le moment, hein. »

Shiina Sumire leva sa radio pour crier à l’intérieur, se faisant entendre par l’entièreté du groupe à l’extérieur et à l’intérieur du bâtiment.

« Bloc K, c’est parti ! Lancez l’opération ‘‘Nid de guêpe’’ !! Mettez en place les AIM Jammers et activez nos dispositifs de combats ! Enclenchez aussi Type_Butterfly, je veux qu’il soit actif à mon commandement ! »

En un éclair, tout les hommes en blouse blanches et en costumes d’agents d’entretiens se mirent en place, ouvrant les fourgonnettes pour en sortir des espèces de grosses enceintes qu’ils allumèrent en les plaçant devant la station d’épuration : les AIM Jammers, capable de perturber les pouvoirs d’esper utilisés à proximité. Après un temps, le toit de quatre fourgonettes se mirent à s’ouvrir en même temps que les hommes et les femmes en ressortaient avec des malettes blanches dans les mains. Des mallettes blanches bien particulière. Des dizaines de « clac » résonnèrent en même temps alors que les mallettes furent ouvrirent toutes ensembles. Se changeant rapidement en drone à la manière d’un rubix-cub, une rangée de vingts Wasp s’envolèrent dans les airs sous le regard enchanté de Sumire.


[ Ahah… Ahahahah… Pfahahahaha ! J’ai réussi… J’ai réussi ! Le Reformatory, l’Agence, le Bloc K, Anti-Skill… Je les ais tous manipulés jusqu’au bout ! Je n’ai aucune idée de pourquoi les directeurs de la cité veulent absolument que j’élimine ce soit disant ‘‘Magicien’’, mais avec tous les moyens qu’ils m’ont donnés, plus rien ne pourra se mettre entre moi et mes objectifs à présent ! Oui… Quel que soit l’issue de cette mission… Quoi qu’il advienne… J’aurais gagné ! ]

Dans un grand rire chaleureux, Sumire se dirigea à l’intérieur du bâtiment en allumant sa radio. Au même moment, dix tirs vert flashy lacérèrent le toît en traversant le béton, attaquant l’intérieur de Therma de tout côté. Elle souffla lentement puis fit claquer sa langue en activant le bouton d’appel.

« Au fait, je suis désolé d’avoir brisé votre opération de discrétion Eitaro Kimura-kun, mais il y a changement de plan. Vous avez trente minutes pour éliminer le magicien et ramener Akutoku Reitoko-chan. Le premier qui tue l’autre a gagné, tous les autres meurent. Avec les données de Nonoka-chan, j’ai toutes vos signatures thermiques et les Wasp vous poursuivront dans toute la structure. Amusez-vous bien ! »



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War.:
 

Les tirs d’énergie venant d’en haut déchirèrent le silence en envoyant des lignes lumineuses éclairant l’obscurité de la mer végétale qu’était devenue Therma, battant à plate couture les lumières de l’escouade d’Eitaro Kimura et des éclairages de secours au plafond. Au centre du bâtiment, un homme portant un masque et une petite fille à la peau sombre se trouvaient à proximité d’une machine à la taille colossale percées par de multiples pipelines passant dans le sol et les murs, Superior. En voyant les rafales d’énergies zébrer le paysage au loin, l’homme, de sa voix grave et gutturale, décida de prononcer les premiers mots.

« Alors ça a commencé. »

« Que comptes-tu faire ? »

Un silence suivit la question de la petite fille à la peau noire.

« Continuer ma mission jusqu’au bout. Utiliser toutes les ressources que le Grimoire me permettent. Utiliser la fillette. »

La jeune fille ferma ses yeux oranges entourés de noir, puis les rouvrit dans sa direction avec un léger sourire.

« Quoi que tu fasses, tu es condamné. Tu es maudit. Le Grimoire va te dévorer jusqu’au bout, il ne restera plus rien de ton corps. Ton sort sera pire que la mort. Tu vas souffrir pour toute l’éternité dans un enfer noir sans son ni goût ni odeur. Ton corps va se tordre et se déchirer, ton âme va brûler, fondre, partir en morceau, mais tu ne disparaîtras jamais vraiment. Voilà ton futur. »

Un nouveau silence accompagna un mouvement en arrière de la tête masquée du magicien. Il regardait en direction d’une fille avec des couettes bleus qui regardait le fond de Superior à plus de 200 mètres de profondeur. Tout autour d’elle, le sol et l’air était en train de geler au milieu de bouteilles d’oxygènes liquides éventrées.

« Je n’ai plus rien à perdre. Voilà pourquoi je dois réussir à tout prix. Geler tous les conduits d’arrivés d’eau et de refroidissement d’Academy City… Créer le chaos… Ouvrir le passage pour la Caballe Africaine… Et détruire la Cité Scolaire. Sauver les enfants. Détruire leurs chaînes. Sauver ce monde. »

La petite fille fit quelques pas, s’éloignant dans l’obscurité des feuillages.

« Je te souhaite de réussir avant de subir ton jugement, alors. Moi, je vais faire en sorte de revenir de là d’où je viens en ouvrant les yeux des brebis égarées de l’autre camp. Le corps dans lequel tu m’as fait m’incarner commence à faiblir. »


♦♦♦


Superior n’étaient plus qu’à une centaine de mètres, mais avant qu’ils ne puissent faire un pas de plus, des bruissements se firent entendre en même temps que les tirs des Wasp déchirant le sol autour d’eux en mettant les arbres en feu et en transformant la forêt en un véritable enfer. Des personnes de tout âge et de tout sexe fonçaient comme des animaux dans leur direction, avec un visage totalement inexpressif et une peau légèrement pâle.

Les armes claquèrent dans les airs en même temps que les pouvoirs des deux esper, qui transformèrent rapidement l’altercation en meurtre de masse totalement maîtrisé. Rien n’était passé. C’était du moins ce que le groupe s’était dit avant qu’une petite fille aux yeux orange, à  la sclérotique noire, à la peau sombre et aux cheveux crépus n’apparaissent au dessus d’un arbre devant eux entre des tirs de Wasp se croisant à plusieurs dizaines de mètres derrière. Elle regarda dans leur direction avant de siffler comme un serpent.

« Vous semblez tous les deux remplis de questions. Cherchez-vous la connaissance et les réponses à vos interrogations ? Je peux vous les fournir. La guerre commence, alors choississez bien vos mots et vos actions, chaque seconde compte. »



♦♦♦



Une voiture filait à toute allure en direction d’une station de traitement d’eau à moitié désaffectée : Therma. A son bord, un conducteur du nom de Manzo qui visiblement n’avait vraiment pas envie d’être là, sur le siège passager Onigawara Oshiko qui avait une arme de poing dans la main, et qui lança un regard vers Azami Miura, la mercenaire du Dark Side armée jusqu’au dent sur la banquette arrière.

« Désolé Manzo-san, mais j’avais vraiment trop peur que l’on se fasse chopper pour conduite sans l’âge légal, et ça serait dommage. Mais là, on a plus le temps ! Ça va faire maintenant dix minutes que j’ai reçu l’appel de Judgment, alors on doit absolument se dépêcher ! Je ne sais pas ce qui se passe, mais ce que je sais, c’est que ça n’a rien d’une démolition, croyez-moi ! Eitaro Kimura est derrière tout ça, et ça se corrèlerait avec vos informations, Manzo-san !  »

Mais avant que le trio ne puisse terminer de parler, leur voiture s’arrêta brusquement alors que Manzo tentait d’en reprendre le contrôle. Elle s’éleva lentement dans les airs avant de se mettre à tourner avec violence, de plus en plus vite. La friction de l’air augmenta considérablement, faisant chauffer toutes les parois du véhicule jusqu’à ce que le plastique soit chauffé au fer rouge. Toutes les portières s’ouvrirent, mais après qu’Azami ait tenté de passer un pied hors de la voiture tournante, elle compris rapidement que ça voulait dire se faire réduire à l’état d’émincé de viande. Un seul objet tentait de passer la voiture tournante, et il serait instantanément déchiqueté par la force de rotation.

« M-merde, qu’est-ce que… Ouais, je m’en occupe, une seconde… ! C’est bon, accrochez-vous ! »

D’un coup de pied dans le véhicule, une décharge courru le long du châssis, avant que le véhicule ne vienne s’arrêter de tourner viollemment puis s’écrase au sol dans un grand bruit de contraction mécanique. Elle avait été tordue dans tous les sens. Retenant Manzo par le col et Oshiko par le bras, Azami avait réussit à les empêcher de tomber en même que la voiture et de se faire broyer par la force de chute. Alors que le trio intact mais sonné ne s’échappe de celle-ci, un grand objet attira leur attention au loin, posté juste devant l’entrée de la station d’épuration. Entourée d’objets tournant dans les airs sans sembler pouvoir retomber, une genre de machine ressemblant à un grand insecte mécanique avec une trompe de papillon pointait ses capteurs dans leur direction.

A l’intérieur de la machine, derrière une surface de verre se trouvait un garçon à lunettes connectés par plusieurs cables, et tout autour, des scientifiques et des installations technologique de toute sortes avec des terminaux semblant être connectés à des antennes et des grands speakers.

« Putain… Qu’est ce que c’est que ça, au juste ?… Et on est où… Dans une zone de guerre ? »



♦♦♦



Postée sur un toit avec sa radio à la main, Shiina Sumire attendait le DragonFly qu’elle avait appellée comme porte de sortie au cas où sa tournerait mal. Autour d’elle se trouvait quatre Wasp et, assis sur un carré surélevé menant à l’ascenceur, un garçon habillé dans un grand manteau rose à capuche muni d’oreilles d’âne et de coutures rapiécées. Balançant ses jambes d’avant en arrière, il regardait sur une tablette ses poupées livrer bataille avec les deux télépathes et Haruhiro.

« Pourquoi m’avoir utilisé seulement moi pour votre garde rapprochée ? Vous avez d’autres esper pas vrai, et même des levels 4, non ? Pourquoi avoir décidé de booster mon pouvoir avec cette drogue au juste ? Mon ange en sucre ? »

« Je préfère placer ma confiance en une seule personne, et je sais que tu n’aimerais pas me trahir. Pas assez de chaos si tu me tuais. C’est à mes côtés que tu détruiras le plus de chose. »

« Alors ça y est, c’est la guerre ? Et si jamais ça ne marchait pas ? »

« Rag Doll… C’est simple. Il y a trois options. La première, Haruhiro déclenche la rage d’Otaki et oblige Aku à le sauver. Elles se combattent, et Otaki gagne, elle devient alors level 5. La deuxième, Aku gagne, et c’est elle qui s’élève. La troisième, le clash entre leurs deux capacités nous fait découvrir quelque chose d’autre, et l’expérience sera d’autant plus concluante… En d’autre terme, je ne peux pas perdre. »

« Et si Haruhiro réussissait à abattre Otaki et sauver Akutoku ? »

Shiina souria à l’esper déguisé en fille et agita une télécommande dans les airs.

« Dans ce cas, je le ferais mourir. »
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Haruhiro Wilkowski

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MessageSujet: Re: [ Alter Fofo ] Une Aku cute et en danger ! (pv Akutoku)   Jeu 8 Fév - 3:41

Encore une fois, quelque chose empêchait Miyamoto de révéler ce qu’il gardait caché depuis si longtemps. C’était étrange, est-ce que dire ces choses lui était interdit ? N'avait-il pas le droit de révéler cette chose qui le rongeait de l'intérieur ? Balayant ces pensées noires, l’aîné des Inoue fronça les sourcils et se précipita à la fenêtre de la chambre pour regarder ce qui se passait en contrebas.

« Que… Quoi ? Est-ce qu’il a été piraté ?! »

La bâche qui recouvrait de DragonFly était repoussée sur le côté à cause des mouvements d’ailes de l’engin qui commençait déjà à décoller. Un bref crépitement précéda une voix dans son oreille droite.

« Tu es à court de temps, Miyamoto. Ce drone va filer en ville, tu ne dois pas le laisser atteindre sa destination. Aussi, il y a quelqu’un qui veut te parler. »

La liaison fut comme subitement coupée avant qu’une autre personne ne se fasse entendre à l’autre bout du fil. Immédiatement, les yeux de Miyamoto s’écarquillèrent d’incompréhension.

« Cette voix ! Tu es... »

Les dents serrées, le jeune adulte se retourna aussitôt vers Nonoka et l’attrapa par la taille avant de prendre appui sur le rebord de la fenêtre et de sauter sans prévenir dans le vide, sa petite sœur dans les bras. La chute fut brève mais suffisamment impressionnante pour faire monter le niveau d’adrénaline dans le cerveau de Miyamoto qui se réceptionna dans un bruit sourd sur le drone, Nonoka toujours dans ses bras. Sa jambe gauche avait absorbé la majorité du choc ce qui fit que la jeune fille ne ressentit presque pas l’atterrissage. Le duo manqua de perdre l'équilibre lorsque l’engin vrombissant, qui commençait à prendre de altitude, se réorienta brusquement pour suivre un itinéraire prédéfini.

« Désolé Nonoka, je crois que c’est pas encore fini. Mais je te protègerai, ne t’en fais pas. »  dit-il après un moment en la déposant sur l’armature du drone, puis de chercher le petit paquet qu’il avait récupéré au parc de jeu dans la poche arrière de son jean.




***




Manzo était en sueur. Dans quoi s’était-il laissé embarquer encore ? D’un seul coup deux adolescentes étaient venues chez lui pour lui révéler une quantité astronomique de choses plus farfelues les unes que les autres et lui demander son aide pour… pour faire quoi au juste ? Ses pensées étaient confuses, il était un peu perdu au milieu de tout ça. Est-ce que c’était encore un coup de Haruhiro ?

Alors qu’ils arrivaient au niveau de l’entrée de Therma, Manzo écrasa la pédale de frein. Sans qu’il n’ait pu en déterminer la cause, la voiture s’était brutalement mise à trembler, puis à tournoyer sur elle-même. Incapable de retenir un hurlement de panique, l’homme de 53 ans sentit son encas du soir remonter.

« M-merde, qu’est-ce que… Ouais, je m’en occupe, une seconde… ! C’est bon, accrochez-vous ! »

Aussitôt après que la voiture ait heurté le sol, Azami ouvrit la portière arrière d’un solide coup de pied pour en sortir le plus vite possible. Le choc et le fracas métallique l’avaient quelque peu sonnée mais ça ne serait pas ce qui l’empêcherait de viser, de tirer, de tuer.

Derrière la jeune fille qui prenait déjà l’engin en joue dans la lunette de son sniper, Manzo s’extirpait de la voiture en grognant, le bras coincé dans le volant qui s’était décroché du tableau de bord. Il leva lui aussi les yeux vers la machine géante.

« On dirait… un gros insecte... je crois que je ne me sens pas très bien…. »

« Putain… Qu’est ce que c’est que ça, au juste ?… Et on est où… Dans une zone de guerre ? »

De l’autre côté de la voiture, Azami poussa un juron en baissant son arme.

« Bordel… vous êtes des monstres ! » hurla-t-elle à l’attention des scientifiques avant de se retourner vers Oshiko et Manzo.

« Il y a un garçon dans cette chose… c’est un lycéen de Judgement. La dernière fois que je l’ai vu il était mourant. Onigawara-san… vise les pattes. »

Lâchant son fusil d’une main, Azami pianota frénétiquement quelques secondes sur l’écran de son gantelet qui recouvrait son poignet et une partie de son avant-bras. Aussitôt le dernier bouton tactile pressé, les yeux des deux adolescentes s’illuminèrent simultanément en un orange fluorescent dans la faible luminosité. Dans le champ de vision d’Azami, une multitude d’éléments graphiques et de données s’affichèrent comme sur les bords d’un écran dans un jeu en sophistiqué. Oshiko quand à elle pouvait voir des formes teintées d’orange se dessiner sur l’environnement autour d’elle.

Un peu plus tôt, dans la maison à moitié détruite de Manzo, Azami s’était approchée de la jeune fille pour lui remettre une petite boîte noire à clapet. A l’intérieur se trouvaient deux lentilles à la couleur orangée lorsqu’elles étaient soumises directement à la lumière, qui baignaient dans un liquide spécial. La mercenaire avait passé du temps à expliquer les fonctionnalités de ces lentilles, pendant que Manzo s’affairait à essayer de les mettre à l’aise avec un peu de thé. L’adolescente aux cheveux noirs lui avait révélé que les deux petits dispositifs n’étaient pas plus épais qu’une paire de lentilles normale mais disposaient de bien plus d’avantage qu’une classique correction de vue. Elle avait modifié l’environnement de réalité augmentée installé par défaut pour qu’il corresponde parfaitement à Oshiko et à son pouvoir. Une fois activées, ces lentilles permettaient à son porteur de détecter si un matériau était métallique après un contact visuel dépassant le quart de seconde. Une zone rectangulaire de 7 mètres aux contours visibles se dessinait en permanence et se calquait en temps réel sur l’environnement sans pour autant gêner la visibilité. Cela permettait d’informer Oshiko de la portée exacte de son Shoker à l’instant t et spécifiquement sur les matériaux métalliques. Le bonus ajouté par Azami était qu’une fois le pouvoir de l’adolescente activé, les lentilles afficheraient un pourcentage en haut à droite du champ de vision de l’utilisateur, l’informant du niveau de corrosion et donc de solidité (et de magnétisme) de la zone métallique affectée.

Azami s’était déjà élancée, le canon de nouveau pointé vers la machine. L’œil collé contre la lunette alors qu’elle dérapait  sur le côté, elle changea subitement la trajectoire de son arme et tira à deux reprises. Deux des scientifiques s’écroulèrent en même temps que les puissantes détonations se faisaient entendre, du sang giclant sur leurs blouses blanches et tout autour. Alors que la première douille s’approchait du sol, la jeune fille actionna la poignée du mécanisme à verrou, éjectant la suivante hors de la culasse. Un regard déterminé fixé sur ses ennemis, Azami ne reculerait pas, elle avait lancé la contre-attaque.




***




« B-bon sang, c’est pas possible. Un level 3 ne pourrait pas contrôler autant de pantins en même temps… Même pour un level 4, c’est… »

« Haruhiro ! Il n’y a pas de pensées, ni rien ! C’est aussi une marionette ! Et je n’ai trouvé aucune autre personne qui puisse les contrôler dans notre zone ! Mais c’est un pantin, pas une personne ! Il doit être muni d’un speaker et d’une radio pour écouter et communiquer à distance !»

« Haa. Je sais. » grogna Haruhiro sans cacher la colère qui ne cessait de gronder en lui.
Les deux mains du possesseur d’Instant Shift se crispèrent et ses doigts recroquevillés se mirent à trembler tant ses muscles étaient contractés.

« C’est un ancien coéquipier qui a travaillé avec moi et Ishida sur de très nombreuses éliminations. La règle d’or du Dark Side est de ne jamais révéler trop d’informations sur soi, alors je ne connais pas ses limites ou les détails de son pouvoir. Mais si on veut passer, va falloir détruire ces marionnettes. »

« Kaaaah, quel pouvoir embêtant. Mais on a pas toute la journée, mon choubidou. T’as ta petite princesse à sauver. Si tu veux me rouer de coup, vas-y ! Alors, qu’est ce que tu décides ? Je te promets que je leur ferait pas de mal, parole d’honneur, je te les rends en un seul morceau quand tu reviendras avec ta chérie dans les bras… Alors choisis vite, je suis pas du genre patient, j’aime quand ça EXPLOSE de partout dans un tourbillon de désespoir, de larmes et de rires ! Alors dansons, mon petit chaton ! »

« Putain… Ishida a toujours été taré mais toi t’es à un tout autre niveau. Je savais ben que t’avais un sacré nombre de cases en moins mais t’es tombé bien bas pour travailler avec ces merdes. »

Tentant de contrôler sa colère, Haruhiro plissa les yeux en fixant la marionette à l’image du mercenaire. Tout ce qu’il savait c’était que RagDoll était imprévisible, et que ses pantins étaient une sacrée gêne. Forts, rapides et difficiles à mettre hors d'état de nuire. La rage de l’adolescent brun augmenta encore. Ces provocations lui tapaient sur le système. RagDoll le gênait, c’était donc un obstacle son ennemi.

« Saleté de pervers tordu travesti… je vais te faire connaître le même sort qu’Ishida, tu vas regretter de t’être mis sur mon chemin ! »

L’air explosa en même temps que la colère de l’adolescent qui fonça droit sur la marionnette semblable à RagDoll, mais l’un des trois autres pantins se plaça sur sa trajectoire et accueillit le coup à sa place. La texture était moelleuse mais dure en également, fortement rembourrée de l’intérieur. Haruhiro voulait penser à une façon de couper les liens entre l’esper et ses poupées, une façon de le vaincre efficacement mais n’y parvenait pas. Ses pensées étaient confuses, mélangées, bouillantes. La seule chose qui résonnait dans son esprit était la volonté de déchiqueter ses ennemis.

Et c’est ce qu’il fit. Attrapant le pantin par le tissu à deux mains, l’adolescent tira de toutes ses forces jusqu’à ce que la couture lâche, répandant ce qu’il y avait à l’intérieur tout autour. Un bruit de compression aussitôt suivit d’une explosion expulsa la marionnette sur le côté, l’envoyant rouler dans la poussière en répandant son contenu sur sa trajectoire. Derrière l’adolescent, un cri l’averti d’une attaque imminente qu’il encaissa avec son avant bras. Était-ce la voix de Chō ou du garçon qui l’avait avertit ? Il ne savait pas, il n’en avait aucune idée maintenant. Tout n’était qu’un brouhaha sans début ni fin, sans aucune signification. Une nouvelle explosion d’air propulsa le second pantin vers le bas, l’enfonçant à moitié dans le sol. Un rictus fou se dessina sur le visage de l’adolescent alors qu’il tournait la tête vers la marionnette à l’effigie de son ancien compagnon de meurtre.

« On dirait qu’il n’y aura pas qu’un seul meurtre aujourd’hui… Raagu Dooooruuu ! »

La tête du pantin beige dans la main, Haruhiro se propulsa droit sur la camionnette, provoquant un souffle suffisement puissant pour déséquilibrer les télépathes derrière lui. En moins d’une seconde, sa main gauche écrasait la poupée sur le pistolet tenu par le faux RagDoll, enfonçant légèrement la plaque de métal derrière lui dans l’habitacle du véhicule. Une lueur d’un rouge sanglant dans le regard, Haruhiro commença à écraser ses paumes contre la marionnette, provoquant une explosion d’air à chaque impact, encore et encore.

« CREVE CREVE CREVE CREVE CREEEEEVE »

Au fur et à mesure que les compressions montaient en puissance, le fourgon commenca peu à peu à tanguer, continuellement repoussé par les attaques du détenteur d’Instant Shift.




***




Quelques dizaines de  mètres au dessus de la scène, un drone s’approchait d’un vol relativement contrôlé de la station d’épuration Therma. A son bord, les deux représentants de la famille Inoue qui avaient été mêlés à cette histoire ayant prit bien plus d’ampleur que ce qui avait été prévu à l’origine.

Nonoka avait pu récupérer une oreillette plutôt sophistiquée dans le papier marron que lui avait tendu son frère. Après l’avoir mis dans son oreille, elle pouvait elle aussi entendre la mystérieuse voix avec qui parlait Miyamoto. Au début, les paroles de la voix modifiée n’avaient fait que récapituler la situation, informant le frère et sa sœur de la présence de tous les groupes d’espers qui se rapprochaient ou étaient déjà à l’intérieur de la station.

Il semblait que des conflits avaient éclaté dans tous les coins, le bloc K ayant positionné ses « troupes » un peu partout autour de Therma pour en protéger le contenu. Les Inoue furent également mis au courant de la présence de Shiina Sumire sur les lieux, d’après les informations recueillies, il était facile de penser qu’elle était derrière toute la mise en scène, puisqu’elle avait même réussi à piéger Eitarō Kimura, l’un des piliers qu’ils avaient du affronter. Leur destination était donc claire ; c’était la position de la jeune femme. Au-delà de cela, il n’y avait plus d’éléments à partager mais malgré tout, la quantité et la précision des informations qui venaient d’être transmises au duo étaient typiques d’une certaine source d’information plutôt connue dans l’univers du Dark Side. Finalement, alors que le drone entrait dans le périmètre aérien de l’immense station, une autre voix, plus claire et aigüe, bien plus joyeuse et expressive que celle modifiée électroniquement se fit entendre dans les deux oreillettes.

« Hello ! Ça faisait longtemps… peut-être pas assez à mon gout mais soit ! J’espère que tu apprécies les moments avec ton onii-chan, parce que dans pas longtemps ça risque d’être un peu la pagaille dans le coin. Enfin… si ça ne l’est pas déjà. »

Miyamoto se contenta de faire claquer sa langue, l’air mécontent. Il voulut poser une question, probablement du genre « Pourquoi est-ce que t’as rien dit, putain ?! » et en criant mais la petite voix de crécelle reprit avant qu’un son n’ait pu sortir de sa bouche.

« Tu m’as reconnue n’est-ce pas ? C’est ça, c’est Lily ! Que ça soit clair, ma petite peste-chan, travailler avec toi m’insupporte au plus haut point mais on est un peu à court de personnel pour sauver Akutoku et j’ai besoin qu’elle vive, moi. Les termes d’un contrat, tu peux comprendre ça je pense. Alors vu que tu m’as laissé un joli trou dans la cuisse, tu ne verras aucun souci à ce que je t’utilise en retour, pas vrai ? <3 »


« C’est simple, il y a des drones partout là dedans, les mêmes que ceux que tu utilisais sur le pont. Tu es celle qui t’y connaît le mieux concernant ces petites bêtes, alors je vais avoir besoin que tu les rediriges contre la reine de la ruche. Une petite mutinerie de rien du tout. Mais le timing est important, je ne veux pas avoir à me battre contre le groupe d’Eitarō et d’Otaki et Shiina en même temps pour récupérer Akutoku. Ce qu’il me faut c’est la reine hors d’état de nuire et Eitarō en piteux état. Tu peux utiliser la petite tablette et les lunettes que je t’ai fournies en même temps que l’oreillette, et si tu as besoin d’assistance, notre cher collègue hacker-sama est là ! »


Miyamoto ne put réprimer une grimace mécontente. Lily l’avait forcé à quitter l’appartement avec Nonoka en prétextant qu’Anti-Skill était sur la pallier mais il n’en était rien. La véritable raison était qu’elle avait besoin des talents de Nonoka pour mettre son plan à exécution. Malgré la colère et la frustration qui montait en lui, il était obligé de l’avouer : c’était bien joué de sa part. Réapparaître soudainement pour utiliser Nonoka était la clé de la réussite du plan de Lily. Sa petite sœur avait déjà piloté ces drones et savait s’en servir à la perfection, sans oublier qu’elle avait déjà combattu Eitarō. C’était l’adversaire parfait pour leur ennemi.

Et pourtant, quel était ce sentiment qui grandissait dans sa poitrine, cette insécurité qui lui comprimait le cœur ? Quelque chose d’important allait se jouer dans les heures à venir, et bien qu’il se savait prêt à tout faire pour protéger Nonoka, il avait peur pour elle.




***




Depuis le conduit dans lequel la nature avait visiblement reprit ses droits, la voix d’Eitarō Kimura était retransmise à travers le haut-parleur de la radio dans la main de la jeune fille aux cheveux violets.

« Je vois, c’est étrange. On observe le même phénomène ici. C’est une variable inconnue de l’équation, ne la négligez pas mais ne vous focalisez pas non plus dessus. Sumire-san, tu peux utiliser l’humidité de l’air pou- »

Fuyu tourna la tête en direction d’Otaki, juste derrière elle. La communication avait été coupée et ça ne lui plaisait pas le moins du monde. Alors que la fillette gonflait ses joues d'un air mécontent, le regard de sa coéquipière aux dents grinçantes changea en même temps que l’immobilité du conduit dans lequel elles progressaient toutes les deux. Il était maintenant parcouru de secousses qui le faisaient trembler de façon irrégulière. Devant Fuyu, une masse noire et grouillante se débattait entre les quatre bords métalliques, avançant à une vitesse fulgurante vers le duo de jeunes filles.

Les yeux de la fillette s’ouvrirent en grand quand elle vit le spectacle. Elle tendit aussitôt la main derrière elle et attrapa le pistolet qu’avait donné Eitarō à l’adolescente, accroché à sa taille. Mais au lieu de pointer l’arme vers les vipères, Fuyu ramena le canon vers elle et l’enfonça dans sa poitrine, suffisamment fort pour étirer ses vêtements de sport trop grands pour elle au niveau des épaules. La petite fille inspira et expira bruyamment plusieurs fois, visiblement stressée à l’idée d’appuyer sur la détente. Une grosse goutte de sueur coula le long de sa joue lorsqu’elle releva un regard déterminé en direction de la masse grouillante, désormais à seulement quelques mètres d’elle. Un puissant bang sonore se fit entendre et dans la fraction de seconde qui suivit, le conduit explosa à l’endroit où se tenaient les deux jeunes filles.

Quelques mètres plus bas, à l’entrée de la pièce centrale de Therma se trouvaient Eitarō, Ryosei et les troupes des mercenaires. Leur objectif était en vue malgré l’incroyable végétation qui semblait surnaturelle dans un décor comme celui-ci. Cependant, atteindre Akutoku allait s’avérer être bien plus difficile que prévu, et ce pour plusieurs raisons. Après un crépitement, un second message radio de la part de Shiina Sumire résonna dans toutes les radios du groupe :

« Au fait, je suis désolé d’avoir brisé votre opération de discrétion Eitaro Kimura-kun, mais il y a changement de plan. Vous avez trente minutes pour éliminer le magicien et ramener Akutoku Reitoko-chan. Le premier qui tue l’autre a gagné, tous les autres meurent. Avec les données de Nonoka-chan, j’ai toutes vos signatures thermiques et les Wasp vous poursuivront dans toute la structure. Amusez-vous bien ! »

Alors que tout autour d’eux les drones Wasp se déchaînaient sans limite, Eitarō resta muet un moment, sous les yeux ébahis de Ryosei qui ne savait visiblement pas non plus comment réagir.
[color:b84c=##009966]« Sōka… » dit-il finalement, faisant taire d’un seul coup les paroles paniquées de ses hommes derrière lui.

« Alors voilà la sensation que procure une défaite... »

« Qu’est-ce que tu veux dire, Kimura-san ? Est-ce qu’on… abandonne la mission ? » demanda un Ryosei visiblement inquiet, les sourcils levés et la mine hésitante.

L’esper aux pouvoirs magnétiques releva la tête et planta son regard dans celui de son subordonné, les traits tirés.

« Shiina Sumire m’a doublé. Et en beauté. Il semblerait que j’ai rencontré plus fort que moi sur ce coup là. Daga na… il n’a jamais été question d’abandonner. Elle a mit en péril la mission en plus de me mettre en colère, cette femme doit mourir. »

« Est-ce que je dois aller la tuer ? » sourit le téléporteur, visiblement ravi de voir l’expression qu’affichait Eitarō.

Ce dernier se retourna et, d’une voix forte, redonna ses ordres.

« Ne vous occupez des drones que s’ils sont sur le point de vous couper en deux. Anéantissez-moi les AIM Jammers dehors sinon ça va être un massacre. Si l’un d’entre vous hésite à suivre mes ordres, je le tuerai sur le champ, j’espère que c’est suffisamment clair. Ryosei, rétablis la communication avec Sumire et Fuyu et rapporte moi la situation, leur silence doit être lié à l’explosion derrière nous. »

Aussitôt, le groupe se remit en route, la quantité astronomique d’armes en tout genre qu’Eitarō avait amené avec lui au second étage s’éleva dans les airs alors qu’ils pénétraient dans la salle. Très vite, un enfer de flammes et de tirs verts les entoura complètement. Tandis que les mercenaires tiraient dans tous les sens, Ryosei s’efforçait quand à lui de capter un signal de la part des deux jeunes filles qui manquaient à l’appel, l’air nullement préoccupé par le chaos ambiant. Alors qu’au bout de quelques minutes et tout autant de mètres de progression, pas moins de quatre drones Wasp s’écrasaient au sol, la carcasse en feu, une voix en hauteur fit relever la tête des deux espers.

« Vous semblez tous les deux remplis de questions. Cherchez-vous la connaissance et les réponses à vos interrogations ? Je peux vous les fournir. La guerre commence, alors choississez bien vos mots et vos actions, chaque seconde compte. »

Ce fut Eitarō qui répondit, les canons de toutes ses armes pointés vers la jeune fille tandis que ses hommes se mettaient en position défensive tout autour de lui et du téléporteur. La voix de l’esper, bien que toujours monotone, était emplie d’une émotion que Ryosei n’avait jamais entendu chez Eitarō. La colère.

« Si tu cherches à nous gêner je t’écraserai ici et maintenant. J’ai un objectif à accomplir, quelqu’un à récupérer. Cependant si tu coopères je pourrai même te récompenser pour tes efforts. Si tu as quelque chose à dire, dis-le, sinon disparais ou je te ferai disparaître moi-même. »




***



Debout dans un couloir, Fuyu faisait face à un tapis grouillant de vipères qui sifflaient furieusement dans sa direction. Sa bulle psycokinétique était certes activée mais sans alimentation en énergie, elle ne durerait pas longtemps. Contre autant d’ennemis de cette taille, c’était inutile de toute façon. La fillette jeta un coup d’œil derrière elle. Otaki s’était rapidement relevée après la chute et semblait prête à riposter en cas d’attaque, elle aussi. Le mouvement du torse de la petite esper en tenue de sport avait fait tomber la douille du trou dans son sweat à capuche, au niveau de sa poitrine. A l’instant où elle avait appuyé sur la détente, Fuyu s’était concentrée au maximum pour activer son pouvoir sans faire de faute. Il s’agissait de fournir suffisamment de résistance pour encaisser la balle et récupérer son énergie cinétique, tout en évitant de tout balayer avec son champ psycokinétique, vêtements et air compris.

Faisant presque entièrement dos à Otaki, la fillette se mit à parler de petite voix fluette mais cependant monocorde.

« Poids : 0.008 kilogrammes. Vitesse : 350 mètres par seconde. L’énergie cinétique totale est de 490 Joules. Après libération, il reste 416 joules environ. Sumire-san, achève-les, onegai. »

Sur ces mots, Fuyu désactiva sa barrière et leva le pied droit, les yeux rivés droit devant elle. En face, les vipères avaient visiblement réagi à l’a soudaine absence de l’obstacle invisible et se précipitèrent vers les deux jeunes filles. La fillette abattit son pied vers le bas dans un claquement de semelle et aussitôt, le sol se craquela sur une dizaine de mètres avant de s’effondrer sur lui-même, balançant toutes les vipères en l’air devant les deux adolescentes.

« 43 joules. »
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MessageSujet: Re: [ Alter Fofo ] Une Aku cute et en danger ! (pv Akutoku)   Ven 9 Fév - 23:05

En tout sens, c’était le chaos. Patrouillant dans les airs à l’intérieur du bâtiment comme de véritables dragons, les drones Wasp crachaient leur lance verte en irradiant toute la zone de feu et d’une chaleur étouffante. Sur les arbres et la végétation environnante dansaient de grandes flammes orangées et sur le sol et le plafond courraient des traces rougeoyantes du béton armé fondu, tranché par les tirs d’énergie. Entre autre, les signatures d’Eitaro Kimura, de Ryosei et Fuyu étaient des cibles principales de leurs capteurs en pilote automatique, mais n’importe quel obstacle sur leur passage était détruit dans tout les cas, laissant place à un concert de destruction indiscriminé qui semblait innarêtable. Au fur et à mesure de l’avancée du groupe, quatre drone avaient été détruits et seulement une petite partie des paramilitaires disparue.

Cependant, ce n’était pas seulement l’efficacité du groupe ou des problèmes du pilote automatique qui était en cause de cette baisse rapide : quelque chose perturbait les drones. Si leurs rafales n’avaient presque pas de motif particulier, c’est parce que dans leur capteurs se distinguaient d’immenses zones blanches où la récupération d’information et l’analyse d’environnement était impossible. D’une façon ou d’une autre, quelque chose les empêchaient de se déplacer et de viser correctement, sans qu’aucune des intelligences artificelles ne puisse en trouver la raison, ce qui fait qu’ils n’avaient pas pu réussir à abattre la petite fille aux cheveux crêpus et vêtue d’une simple veste d’aviateur en cuir qui avait traversé le chemin menant à Superior dans l’autre sens, et qui se tenait à présent sur la branche d’un arbre.

« Si tu cherches à nous gêner je t’écraserai ici et maintenant. J’ai un objectif à accomplir, quelqu’un à récupérer. Cependant si tu coopères je pourrai même te récompenser pour tes efforts. Si tu as quelque chose à dire, dis-le, sinon disparais ou je te ferai disparaître moi-même. »

Les nombreuses armes pointées dans sa direction ne semblèrent en aucun cas perturber la jeune fille aux yeux étranges, qui avait désormais décidé de placer son regard perçant sur Eitaro.

« Une réponse directe et  exhaustive que voilà. Sachez que j’ai décidé de quitter celui que vous surnommez « Le Magicien ». Je lui ai fourni le savoir dont il avait besoin pour user et abuser des pouvoirs du Grimoire, et l’ais laissé seul à présent. Il a déjà accepté son destin, je n’ai plus rien à lui apprendre et plus rien à lui conseiller. »

« Je suis donc présent en ces lieux pour vous apporter mon soutien dans l’entreprise qu’est son élimination, ou quelqu’autre projet que peuvent mener des âmes égarées telles que vous. Cependant, je dois vous informer qu’un duel contre Aibak, celui que vous poursuivez, se soldera dans la majorité des cas par un échec. Si vous n’êtes pas de taille face à son Grimoire ce qui est très probable, vous deviendrez ses esclaves. Si cependant vous arrivez d’une manière ou d’une autre à avoir le dessus, vous aurez des chances d’être choisis par le Grimoire comme nouveaux possesseurs, et ainsi serez contaminés par sa connaissance : vous en mourrez sans équivoques. »

La petite fille sauta de la branche d’arbre sur laquelle ses pieds nus se tenaient, en faisant cliqueter des objets à ses chevilles : des fers d’esclaves rouillés et et dont la chaîne les liant est tranchée. Avec sa veste usée d’aviateur en cuir comme seul vêtement, la petite semblait venir d’un autre âge et contrastait avec le paysage de la Cité Académique, si on excluait en supplément ses yeux dont le blanc était noir, et la pupille orangée.

« Son objectif est d’utiliser la fille prépubère aux cheveux océan pour mettre à genou votre ville. Sa mission sera terminée lorsque le signal sera donné au groupuscule auquel il appartient, et qu’il leur aura ouvert la voie afin de la détruire de l’intérieur. Quoi qu’il advienne, il ne lui reste que peu de temps avant que son corps ne soit consumé par les connaissances du Grimoire avec lequel il a fusionné. Si il abuse encore de ses capacités, il accélèrera le processus. Conclusion de mon monologue, point virgule ; c’est votre chance la plus grande d’arriver à le combattre, deux points : lui obliger à devoir forcer la main. »

L’arbre derrière la jeune fille s’éclaira d’une lumière prodigieuse en se faisant brûler et à moitié déraciner par deux Wasp qui venait de passer au dessus du groupe avant de remonter dans les airs.

« Vous pouvez m’appellez Damballa, et la raison pour laquelle ses vautours incendiaires ne peuvent se diriger correctement est en grande partie en raison de l’influence du Grimoire, qui modifie les alentours pour détruire toute la culture qui ne convient pas à l’utilisation de celui-ci. Car ses pouvoirs sont destinés à être utilisés en Afrique du sud, votre technologique ne fonctionne pas en sa présence. J’imagine que c’est la raison pour laquelle ses oiseaux artificiels ne peuvent attaquer directement ce corps ou celui que vous recherchez. »


♦♦♦


Otaki Sumire essuya une goutte de sueur s’écoulant sur sa joue du bout du pouce en donnant un soubresaut à sa tenue. Vêtue d’un simple débardeur et d’un shorty noirs, l’adolescente aux longs cheveux violets n’avait pas prévu que le coup du pistolet que Fuyu lui avait pris aurait résulté en une explosion aussi dévastatrice dans le conduit d’aération. Visiblement, c’était l’effet de sa capacité, mais les deux filles n’étaient pas hors de danger malgré tout, car le sol autour d’elles deux grouillait encore des reptiles qui sifflaient dans leur direction. La fillette contre son dos, Otaki releva un bras en le pliant devant elle en gardant son autre main contre la sacoche en bandoulière qu’elle portait à l’épaule et qui contenait ses munition d’hydrocarbures liquide.

[ Des… Des serpents ? De la végétation, et des serpents ? D’où est-ce qu’ils peuvent venir ? Est-ce que ça a un rapport avec la disparition des œufs de reptile du vivarium du Learning Core ? Dans tous les cas… Ils ont l’air venimeux ! ]

« Poids : 0.008 kilogrammes. Vitesse : 350 mètres par seconde. L’énergie cinétique totale est de 490 Joules. Après libération, il reste 416 joules environ. Sumire-san, achève-les, onegai. »

L’esper de niveau 4 possesseuse de la capacité Vaporisation jeta un rapide coup d’œil derrière elle pour regarder Fuyu, avant de replacer son regard devant elle, hochant la tête tout en articulant une réponse rapide. « Wakarimashita. »

Otaki Sumire se prépara à l’attaque après sa réplique, qui ne tarda pas. Une violente secousse détruisit le sol sous lequel se trouvait les vipères, les projetant instantanément en l’air.

« 43 joules. »

L’adolescente aux cheveux violets n’attendit pas une seconde plus et posa une main sur l’épaule de Fuyu pour la faire glisser derrière elle et ainsi avoir le champ libre pour ne pas la blesser. Jusqu’à maintenant, elle ne l’avait ralentie en aucun cas et lui avait fourni une aide non négligeable. Dans l’ensemble, Otaki avait commencé à accepter cet allié et avait décidé de faire en sorte de lui donner à elle aussi une protection conséquente : si c’était une associé d’Eitaro Kimura-san en prime, elle devait être importante. Sans se poser plus de question, Otaki leva la paume de sa main gauche et suivit le conseil que son sempai avait essayé de lui donner avant que leur conversation par radio ne soit coupée : user de la vapeur d’eau dans l’air pour se défendre.

« Hors de mon chemin ! »

L’air se mit soudainement à bouillir dans un bruit d’éclatement, projetetant des goutelettes de sang et des écailles jusqu’au sol devant les deux adolescentes. La plus grande erreur des serpents avait sûrement été de garder la gueule ouverte et la langue pendue, c’était leur moyen de de se repérer, mais ça avait aussi permit à la vapeur d’eau dépréssuriser de pénétrer dans leur corps. Une fois que l’adversaire avait été soit projeté plus loin et assomé soit réduit en charpie de l’intérieur, Otaki Sumire se détendit elle aussi en retirant sa main de Fuyu. Elle s’assura qu’elle allait bien avant de se mettre à courir pour suivre le chemin du conduit d’aération qui continuait au dessus d’elles deux. Les flammes produites par les drones Wasp sur la végétation environnantes lui avait donné un très mauvais pressentiment qui se lisait sur son expression et sur sa démarche.

« Allons-y, on doit reprendre la mission qu’Eitaro Kimura nous a donné ! On est plus très loin ! »

Mais avant de continuer, Otaki se mit à cligner des yeux puis à lever la tête au dessus d’elle. Le fait de posséder cette capacité lui permettait de pouvoir analyser la teneur en humidité ambiante, et il se trouvait qu’elle venait de baisser rapidement, alors que la température n’avait pas changé et que l’air semblait plus lourd. Cela n’indiquait qu’une chose : de la pluie. Cependant, l’eau venant des conduits de Superior et qui s’était répandue dans les alentours n’était pas pur si elle venait des pipelines venant de Superior plutôt que sortantes. Cette réalisation fit tilter Otaki : il était totalement possible pour quelqu’un ayant trouvé un moyen de rediriger Superior de faire tomber une pluie acide de produits chimiques.

« Ah- ! Fuyu, reste près de moi ! »

Otaki leva une main en trombe au dessus d’elle alors que les goutelettes s’apprêtaient à toucher le duo. Toute la pression du liquide s’étalant à quelques mètres de leurs têtes s’échappa en transformant l’eau acide en gaz bouillonnant, protégeant Fuyu et la reine de vapeur d’un parapluie invisible. Le seul point positif était que la pluie semblait éteindre les incendies aux alentours, elle ne devait donc pas contenir des produits inflammables. Cependant, elle pouvait toujours être dangereuse. La radio de Fuyu grésilla un instant, signe que contrairement à celle d’Otaki, elle avait réussi à refonctionner : cela devait être lié au changement de la végétation aux alentours.

« C’est possible que ça soit une pluie acide, il faut que tu informes Kimura-san et son groupe, et qu’on se remette à avancer ! Au moins, je n’ai plus à me soucier de manquer de munition... »


♦♦♦



Aibak frappa le sol d’un dernier coup du grand bâton de marabout qu’il portait en faisant résonner les gris-gris qui y étaient accrochés, alors que la pluie d’acide redoublait d’intensité. Si ils ne faisaient que piquer légèrement la peau et les yeux après une trop grande exposition, s’était surtout les vapeurs qui s’en dégageaient qui donnait le tournis et chauffait les bronches. Pour être honnête, le magicien masqué ne savait pas avec exactitude les effets de ses produits, et cherchait juste à rendre aux scientifiques ce qu’ils jetaient dans les égouts. Cependant ce n’était pas la pluie qui faisait mal au magicien, mais bien tout son corps qui lui brûlait, et qui, à chaque battement de cœur, lui donnait la sensation d’être parcouru d’éléctricité statique.

[ Donc voilà les effets du Grimoire du culte du Python... J’ai bien fait d’amener avec moi ses trois artefacts, ou je n’aurais eu aucune chance en ne comptant que sur la tablette. Il ne me reste plus qu’à tenir encore un peu… ]

L’homme de plus de deux mètres de haut tourna la tête derrière lui en direction de la masse de glace grandissante entourant le super-échangeur qu’était Superior. Au centre de cette scène mystique se trouvait Akutoku Reitoko, avec une lueur rougeoyante dans le regard qu’elle avait toujours fixé en direction du puit. De l’oxygène liquide, ruissellant comme l’eau d’une cascade, s’écoulait dans les conduits en gelant tout ce avec quoi elle entrait en contact, refroidissant même assez l’air pour le transformer en fumée blanche. Un cercle de 40 mètres de diamètre … Avec cette puissance inouïe, c’était évident que l’effet allait se propager bien plus loin à chaque minute supplémentaire. Rien ne pourrait arrêter un tel froid.

[ Bien. Passont à la deuxième étape, dans ce cas. La préparation du rituel Vaudou à l’aide de l’alcool et des drogues est terminée, il ne reste plus que l’addition du grimoire. ]

Spoiler:
 

Aibak posa le crâne cornu qu’il portait dans son autre main au sol, en faisant claquer sa machoire. Il s’approcha alors de cinq corps d’hommes adultes en uniforme complet d’Anti-Skill, allongés sur le dos contre un un grand dessin tracé avec de la farine. Il attrapa une canine d’animal à son cou en cassant la ficelle qui la retenait à son collier de dents, puis l’utilisa sans hésiter pour s’ouvrir une longue coupure dans son bras. De la ligne rouge s’échappa du sang pourpre qu’il vint faire s’écouler entre les lèvres des cinq hommes. Mais le sang du magicien avait quelque chose d’anormal : dans le rouge, on pouvait en se concentrant, voir que des écritures s’y trouvaient. Il ne contenait pas de papier ou de surface solide, mais des lettres se distinguaient assez clairement dans son sang, si bien qu’on aurait pu croire qu’il reflétait l’image d’un livre. Pourtant, il n’y avait aucun livre.

« ‘‘Mami Wata, à toi je présente les infidèles. Permet moi de leur procurer tes malheurs, et que les épreuves qu’ils traversent soient à la hauteur de leurs péchés. Ouvre-moi la porte des corps et des esprits et laisse moi guider les mauvaises âmes qui s’éloignent du ruisseau.’’ »

Le magicien au masque cornu releva son bras ruissellant de sang marqué, alors que des serpents se mirent à siffler entre ses pieds, filant en direction des corps posés sur le vévé. Les cinq serpents glissèrent sur le corps des membres d’Anti-Skill avant de pénétrer dans leurs bouches comme si ils avaient été attirés par le sang. Aibak leva sa main en faisant tomber la canine sur le sol humide qui claqua en faisant ouvrir les yeux des cinq hommes. Ils étaient différents de ses anciens zombies, ceux là avaient une détermination nouvelle dans le regard, comme si ils étaient concentrés sur un but particulier.

« ‘‘ A présent les maîtres deviennent esclaves.’’ Levez-vous et détruisez ceux que vous êtes sensés protéger par tous les moyens que votre corps et votre mémoire vous permettent. N’épargnez qu’Akutoku Reitoko. »
Spoiler:
 

Les cinq silouhettes se levèrent finalement sous la pluie battante frappant leurs épaulettes et le casque de certains, avant qu’ils ne se mettent à dégainer de leur ceinture un couteau de combat à la lame noire. Après avoir pivoté à 90°, les cinq membres d’Anti-Skill se mirent à filer entre la végétation fumante. Après seulement quelques minutes, ils rejoignirent le groupe d’Eitaro Kimura en restant camouflés. Marchant avec une grande discrétion, l’un d’eux sauta finalement d’un arbre pour tenter d’atterrir sur l’esper aux pouvoirs magnétiques, son couteau levé de façon à essayer de lui ouvrir la boite crânienne. Au même moment où celui-ci avait sauté de l’arbre, deux autres membres d’Anti-Skill sortirent de la végétation pour ouvrir la gorge des paramilitaires les plus en retrait du groupe, tranchant directement la carotide pour peindre le sol d’un rouge rapidement dilué par la pluie. Déjà, les deux membres d’Anti-Skill fonçaient en direction des deux esper, prenant soin de se déplacer à grande vitesse en zigzaguant parfois, prêt à les attaquer avec toute la violence dont ils étaient capable.



♦♦♦


« Bordel… vous êtes des monstres ! Il y a un garçon dans cette chose… c’est un lycéen de Judgement. La dernière fois que je l’ai vu il était mourant. Onigawara-san… vise les pattes. »

« Un… Membre de Judgment ? Non, c’est pas possible… »

Oshiko Onigawara décida de regarder en direction de la machine muni de plusieurs bras mécanique dont l’un, s’échappant dans leur direction et faisant ressembler le tout à une trompe d’insecte, était situé juste au dessus d’une coque transparente. A l’intérieur de cette coque transparente muni d’un verre renforcé à motif triangulaire, il y avait un élève de Nagatenjouki du nom de Kousuke Horikawa relié à une pléthore de cables en tout genre. Ayant toujours du mal à en croire ses yeux, Onigawara se crispa en relevant ses mains, prête à utiliser son Shocker pour ‘‘viser les pattes’’ qui maintenait cette atrocité debout.

[ Bordel, est-ce que ça veut dire que… Ce truc utilise sa capacité d’esper ? ]

Au moment où elle tenta de comprendre le fonctionnement du pouvoir utilisé, Onigawara fut réveillée par les lentilles high-tech qui se mirent à s’activer. La vision orangée de l’adolescente la fit cligner des yeux un instant, comme le lui avait expliquée Azami Miura, ce dispositif lui permettait de détecter les matériaux métalliques dans sa vision en plus de lui afficher visuellement la limite de distance que lui offrait l’Heavy Shocker, en outre, 7 mètres en ligne droite. Oshiko avait trouvé ses outils extraordinaire et avait posé une bonne centaine de questions dont la réponse ne lui avait pas toujours plu. Elle tira la langue en s’avançant vers la machine avec prudence : elle était dans tous les cas très pressée de les tester, on ne lui avait jamais fourni d’outil de travail pareil durant les expériences.

[ Il ne faut pas trop que j’en profite, sinon je vais y prendre goût… ]

Les scientifiques en blouses blanches avaient mis un peu trop de temps à remarquer la présence du trio, bien trop tard par rapport au Type_Butterfly, le drone qui avait intercepté leur voiture à plus de 20 mètres de distance avec la capacité Chuck Engine. Deux d’entre eux furent abattus et tués sur le coup par les tirs précis d’Azami Miura, qui les avaient leurrer en visant au départ le Butterfly. Un mouvement de panique s’articula dans le groupe de Scientifiques qui se mirent à grimacer en tentant de se mettre à couvert comme ils le pouvaient derrière leurs fourgons, armés seulement de leurs pistolets à cartouche narcotique.

[ Wha- ! Elle-… Elle les as… Tués ?! J’ai presque finis par oublié avec qui je faisais équipe… Bon sang… ]

« Miura-san ! Essayez de ne pas exterminer trop de gens, si possible ! Sinon, je vais être vraiment obligée de vous dénoncer à Anti-Skill quand on reviendra ! »

Mais Onigawara n’attendit pas la réponse de la jeune fille. Des cartouche capable de l’endormir en quelques secondes fusaient dans les airs, l’obligeant à réagir plus vite. Derrière un morceau de béton qui s’était écroulé au sol, elle était désormais assez proche pour atteindre la machine, qui elle aussi s’était rapproché d’Azami et d’elle afin de protéger les scientifiques. Apparemment, cette chose semblait être en pilote automatique, ou alors son conducteur devait être camouflé. Dans tous les cas, la membre de Judgment aux cheveux rouges visa avec ses doigts, puis tira avec son pouvoir. Un craquement se fit entendre alors qu’une trace de rouille était apparue sur une des articulations de la machine. Il y avait de nombreaux plastiques à l’intérieur, mais les lentilles fournies par Azami lui avait permi de placer son coup au bon endroit pour faire le plus de dommage. Le robot n’était pas écroulé, mais une de ses six pattes avant ne lui servirait désormais plus à rien.

[ Un sur six… Sans ses lentilles incroyables, j’aurais déjà abandonné. ]

Mais tout d’un coup, Onigawara remarqua quelque chose. Une balle du fusil d’Azami que le Butterfly avait encaissé en se plaçant devant un scientifique avait été arrêté avant de le toucher, et s’était mise à tourner dans les airs. Cependant, deux autres balles qui ne lui étaient pas destinés et qui l’avait frôlé dans la même trajectoire que la balle arrêtés n’avaient pas été arrêtés et transformés en giroscopes flottants. Comme si elle percutait, l’esper de niveau 3 haussa la voix pour parler à Azami derrière sa barricade.

« On dirait qu’il possède une capacité qui lui permet de paralyser n’importe quel objet à distance ! J’ai cru au départ que c’était un pouvoir atmosphérique, mais il n’a arrêté que la balle qui arrivait vers lui, pas celles qui prenaient le même chemin mais qui l’évitait ! Ça veut dire que quelque soit la capacité qu’il utilise, il ne peut arrêter qu’un objet à la fois et ne tentera pas d’arrêter un objet qui ne l’atteindra pas directement, du moins c’est ce que je pense ! »

« Ça veut dire qu’il ne réagira peut-être pas à un explosif fumigène, une grenade électromagnétique ou un truc du genre si il ne calcule pas que la trajectoire est dirigée directement vers lui ! Et ça veut dire qu’il ne peut pas se protéger de mon pouvoir ! Décidément… Ça n’a pas l’air d’être une capacité performante au niveau offensif, même à haut niveau. »

Onigawara se prépara à utiliser son pouvoir de nouveau derrière sa barricade, avant de remarquer que le Butterfly s’était arrêté après avoir visé en direction d’Azami en levant son espèce de tige métallique dans sa direction. Il avait déjà fait tournoyé plusieurs morceaux de béton autour de la sniper, mais avait arrêté d’attaquer subitement. Oshiko était parcourue d’un mauvais pressentiement, avant qu’une ligne verte ne soit tirée en direction de la tireuse, qui dut reculer pour ne pas se faire tout simplement découper en deux parties égales. Un vrombissement se fit entendre, alors que plusieurs drones faisaient des cercles dans les airs en visant dans leur direction avec leur canon.

[ Ouag- ! C’est quoi ça encore ! ]

Deux drones Wasp firent un nouveau cercle avant de projeter deux rayons verts fluos en direction d’Azami, traçant des lignes fumantes sur le sol à sept ou huit mètres au dessus du sol. Oshiko se releva en visant dans leur direction. Elle n’avait aucune idée de ce que ça pouvait être, mais avait cru reconnaitre des drones anti-esper qu’elle avait aperçue durant la bataille du pont dans le fourgon d’Anti-Skill qui l’y amenait. Ce qui était sûr cependant, c’était que si un de ses rayons touchait la peau, il devait faire un sacré bronzage. Apparemment, c’était la revanche des scientifiques, qui se mirent à déplacer de grandes amplis dans la direction des deux filles. Des AIM Jammers du reformatory, grand format.

[ Qu’est-ce que… Mon pouvoir… ? ]

La barricade derrière laquelle s’était postée la membre de Judgment aux couettes noires se mit à s’élever dans les airs puis à tourner de plus en plus vite, jusqu’à devenir rouge en chauffant l’air avec son poids transformé en friction à cause de la force de rotation. Désormais à découvert et non loin d’Azami Miura, Onigawara pu avoir une vue complète de l’énorme machine où se trouvait Horikawa, le Type_Butterfly, qui avait bondit entre les deux filles. Attaqué dans les airs par ses drones tireurs et par le sol par cette machine capable de faire des bonds à grande vitesse et de transformer en perceuse tout ce qu’elle visait, l’adolescente se mordit la lèvre inférieur. Qu’est ce qu’elle pouvait faire au juste, maintenant que sa capacité répondait à peine ?

♦♦♦


« Saleté de pervers tordu travesti… je vais te faire connaître le même sort qu’Ishida, tu vas regretter de t’être mis sur mon chemin ! »

« Heeein ? ‘‘Pervers…Travesti’’ ? Je fais que mettre en valeur mon corps avec des vêtements mignons ! Tu as déjà vu mon visage et la forme de mes cuisses, pas vrai ? Ce serait du gâchis de pas en profiter avec de la haute couture et des minijupes, il faut profiter de ce que l’évolution nous a donné, choupinou ! »

Les deux télépathes regardèrent en direction d’Haruhiro qui s’était mis à déchirer en deux le pantin qui avait servit de bouclier à l’esper en manteau rose. Assez pris de cours par cette démonstration de violence, pendant que les coutures rembourrées en cotons volaient en tout sens à la projection du pantin, Nakamura et son sempai se mirent eux aussi à entrer en action, tentant de gérer l’une des autres marionettes qui leurs bouchaient le passage du mieux qu’ils le pouvaient. Mais vives et dotées d’une force difficile à calculer, la marionette articulée rendait le combat rapproché une épreuve un peu trop hardue pour le duo. Nakamura pris aussi le soin de regarder en direction d’Haru pour surveiller ses arrières, étant donnés qu’il était lui à 1 contre 2 de son côté.

« Haruhiro ! Attention, derrière toi ! »

Un craquement déchira le silence alors que le tête de la marionette s’enfonça dans l’asphalte en arrachant un sourire au double de RagDoll qui éleva son faux visage en direction d’Haruhiro, qui avait une expression similaire, avec une pointe de frénésie qui dépassait de loin toutes les expressions que le pantin tissé pouvait imiter sous ses coutures.

« On dirait qu’il n’y aura pas qu’un seul meurtre aujourd’hui… Raagu Dooooruuu ! »

[ Depuis quand mon petit ange se met dans un tel état sans être en mission ? Qu’est ce qui le pousse à entrer dans une telle rage, enfin ? J’adore cette partie de lui en tout c-… ]

Avant qu’il ne puisse terminer de réfléchir derrière son écran, le pantin manipulé par RagDoll fut projeté contre le fourgon qui se trouvait derrière. En serrant les dents en même temps que ses mains sur la tablette, l’esper grimaçait en essayant tant bien que mal de reprendre le dessus en tirant sur les fils qui servaient d’articulations à sa poupée. Malheureusement, la plus grande puissance de ses marionettes était aussi leur plus grande faiblesse. Les « muscles » de ses pantins étaient faits d’un nombre incalculable de fils 100% cotons entremêlés, assez serrées pour être solide comme le bois et, grâce à son contrôle, formant une infinité de réseaux de fibres musculaires. Mais comme les « muscles » des pantins étaient répartis sur l’entièreté de leur corps, se faire maintenir à distance par des coups répétés sur la surface les empêchaient de se rassembler pour bouger à cause des vibrations qui parcouraient le tissu. C’était parfait pour mimer des mouvements et des expressions humaines presque parfaitement, moins pour encaisser des attaques.

[ Instant Shift, hein ? Même avec les conseils de Shiina Sumire, ce pouvoir est sacrément difficile à prévoir… Moi qui pensait que c’était une bête accélération quand on bossait ensemble… J’imagine que c’est ma punition pour n’avoir jamais révélé que si je pouvais être à deux endroits à la fois durant les missions, c’est parce que le vrai moi était rarement directement sur les lieux. ]

« CREVE CREVE CREVE CREVE CREEEEEVE !! »

Constamment frappé contre le fourgon en y creusant un impact de plus en plus gros, la poupée se mit enfin à se déchirer par endroits, faisant voler des morceaux entremêlés de fils de cotons en tout sens. Même l’intérieur du pantin était formé de nouvelles couches de fils, qui étaient toutes asssemblées les unes aux autres comme des toiles d’araignées. Un pantin comme ça devait mettre longtemps à être fabriqué, mais sous les coups d’Haruhiro, il était détruit à une vitesse inversement proportionelle. Dans un tel état, les coutures mimant les muscles du visage ne marchaient plus, si bien que la bouche factice était désormais mue en un sourire qui ne changerait plus jamais.

« Heu, tu sais que je souffre pas, hein ? »

La poupée dans la main d’Haruhiro se saisit de l’un de ses bras en l’empêchant de porter un nouveau coup sur la marionette à l’effigie de RagDoll. Désormais que le manteau rose était déchiré, le tissu laissait entrevoir à l’ancien mercenaire du Dark Side le micro, une genre de microcaméra et l’écouteur que RagDoll utilisait pour communiquer à travers son double. Celui-ci continua maintenant qu’il n’était plus la cible d’une rafale de coups explosifs, avant d’être rapidement interrompu. « Et maintenant, place à-… Hééé ? »

L’autre mannequin en tissu du marionettiste avait été maîtrisée et mise au sol par Nakamura et son sempai, qui le maintenait fermement contre le sol en l’empêchant de bouger. Ne s’attendant visiblement pas à ça, les deux télépathes vinrent éclaircir le tout en fusillant Haruhiro d’un regard déterminé.

« Nous sommes des télépathes, mais il ne faut pas nous rabaisser seulement à nos capacités. Même sans cerveaux à proximité, c’est notre plus grand atout, notre capacité d’analyse et de prédiction des fonctionnements d’une personne à travers ses actions… Y compris de celles de son pouvoir ! »

Nakamura pris la relève de son sempai au chapeau en écrasant la tête de la grande marionette beige avec sa chaussure.

« Tes marionettes sont rapides et puissantes… Mais en ce qui concerne ton contrôle de leur mouvement, il est tout sauf sans fioritures. D’abord, tu as tendance à utiliser les mêmes mouvements que tu transmets aux autres, si bien que le pantin sur lequel tu focalises ton contrôle à tendance à faire des mouvements identiques que les autres, comme au moment où tu es sorti du fourgon, ou que tu t’es mis à rire. »

Avec l’aide de sa camarade, le garçon habillé comme un détective fit un mouvement des bras, réussissant à rompre une couture de la marionnette de tissue là où elle était déjà endommagée, faisant apparaître une ouverture au niveau de son épaule gauche.

« Hop- ! Et quand tu étais acculé par Haruhiro, tu as focalisé ta concentration sur ta poupée principale, rendant les mouvements des deux autres marionettes plus lents et hasardeux ! Quel que soit ce qui peut améliorer ta capacité… Tu restes niveau 3 ! Il y a des failles ! A trois contre un, tu devrais abandonner, la supériorité numérique de tes pions est totalement factice ! »

Un silence, puis un rire suivit d’un applaudissement s’échappa du micro dont était affublée le pantin à l’image de RagDoll.

« Bwahahaha… Pas mal, pas mal… Mais bordel, arrêtez avec cet air suffisant ! SI VOUS ÊTES AUSSI UTILES, C’EST SEULEMENT PARCE QU’HARUHIRO-CHAN VOUS A DONNE UNE RAISON D’AGIR ! SANS LUI, VOUS SERIEZ DES PUTAINS D’INSECTES SANS VOLONTÉS TRAVAILLANT TRANQUILLEMENT SUR LEURS BUREAUX D’ÉCOLE OU AU FOND DE L’EAU A POURRIR COMME DES DÉCHETS ALIMENTAIRES DANS UNE POUBELLE DE TRI SÉLECTIF, MES BICHONS !»

Les deux télépathes ne savaient pas si c’était la surprise de l’entendre hausser la voix, l’aura d’animosité qui s’échappait du micro ou le fait qu’en un certain sens il avait raison qui les effrayait un peu. Nakamura comme son sempai… Si ils n’avaient jamais croisés la route d’Haru, ils ne se seraient jamais mis à vivre ses aventures dangereuses mais « utiles ». Sauver Akutoku Reitoko… Peut-être que les deux élèves de Nagatenjouki n’auraient jamais fait quelque chose du genre si ils n’avaient pas du agir par son effet. Mais… Comment savait-il d’où ils venaient tous les deux ?

« Hé oui… Shinigami-chan, mon petit Shinigami… Quand j’ai vu que toi et ishida étaient en route vers le Reformatory, j’ai été obligé de réagir. Ouais. C’est moi qui ai fait sauté la bagnole des types et de leurs bombes synchrotron dans votre camionnette, huhu. Je voulais pas que vous vous arrêtiez là, tu vois ? Surtout pour être butés par des amateurs… Désolé pour l’incident du pont et pour le fait que vous ayez failli tous finir dans le lac. Mais si c’est pour la bonne cause, ça va, hein ? Au fait… Tu te souviens de l’explosion qui a tout fait sauter, mh ? »

Le doigt tissé de la marionnette vint se poser en un petit « boup » sur le bout du nez d’Haruhiro.

« Les bombes à graviton qu’ils utilisaient, c’est un explosif qui fait tout sauter et revenir au point de départ pour détruire les preuves. Mais c’est du bas de gamme, et c’est pas mon genre, tu me connais un peu, pas vrai ? Moi, j’aime la destruction. C’est pour ça que j’utilise plutôt les bombes Thermocyclique. Tu sais ce que c’est ? Je te rafraîchis la mémoire, attends… »

« Ce sont des explosifs qui produisent une chaleur super intense pour réduire à néant un composant particulier. La déflagration garde la même température et continue à consommer le composant en n’arrêtant de produire de la chaleur qu’une fois que le composé est entièrement consommé, produisant la température parfaite pour le détruire. C’est un mécanisme utilisé dans les incinérateurs de la Cité Académique, qui doivent détruire des matériaux sensés être super résistants… Mais c’est aussi utilisé sur le textile… Le nylon… Le kevlar… Le coton… Ou accessoirement, la peau humaine. »

La poupée déchiquetée par Haruhiro et celle qui avait finalement lâché son bras se mirent à se relever, alors que l’effigie de RagDoll et celle tenue par Nakamura et le garçon au chapeau furent aussi parcourues d’un soubresaut.

« Dans l’une ou plusieurs de ses poupées, il y a un explosif de ce type. J’ai juste à appuyer sur un bouton pour la ou les faire sauter… Alors, qui est-ce qui sera touché ? Toi, la nana à la casquette que t’as pris tant de temps à protéger, le garçon au chapeau que personne ne connais même pas vraiment ? Dans tous les cas… Tic-Tac… Tic-Tac… Ton temps s’écoule, Wil-ko-wski-chaaaaan. Et plus tu perds du temps, plus Tôko-chi s’approche de la mort sous la main d’Otaki Sumire-chi ! »


♦♦♦


[ Alors voilà pourquoi le Bloc K m’avait écarté au dernier moment… Je n’arrive pas à croire qu’Akutoku Reitoko ait pu se faire déplacer autant de gens dangereux dans le même endroit. Cette Sumire… Eitaro Kimura, le magnétokinésiste ? C’est mauvais. ]

Sur le drone portant le nom de DragonFly, Nonoka Inoue et son frère Miyamoto Inoue survolaient les industries désaffectées du District à une vitesse convenable sous de puissants souffles de vents. Nonoka ne savait pas encore ce que signifiait cette oreillette sophistiquée et qui se trouvait de l’autre côté à lui fournir ses informations, mais elle avait décidé de suivre son frère… Pour l’instant, sans trop savoir pourquoi elle lui faisait confiance, alors maintenant que le Bloc K était impliqué… Oui, si ses drones et le Bloc avaient un rapport avec tout ça, elle ne pouvait pas simplement rester les bras croisés. Elle finit par poser son regard devenant soudainement surpris lorsqu’elle remarqua les nombreux drones Wasps survolant la zone en tirant des rayons d’énergies vers le sol. Mais apparemment, les surprises n’étaient pas faites pour s’arrêter là, puisqu’un éclair la parcourue quand elle discerna une nouvelle voix pétillante à travers son oreille.

« Hello ! Ça faisait longtemps… peut-être pas assez à mon gout mais soit ! J’espère que tu apprécies les moments avec ton onii-chan, parce que dans pas longtemps ça risque d’être un peu la pagaille dans le coin. Enfin… si ça ne l’est pas déjà. »

[ Bgu- Non... C-Comment ?! ]

« Tu m’as reconnue n’est-ce pas ? C’est ça, c’est Lily ! Que ça soit clair, ma petite peste-chan, travailler avec toi m’insupporte au plus haut point mais on est un peu à court de personnel pour sauver Akutoku et j’ai besoin qu’elle vive, moi. Les termes d’un contrat, tu peux comprendre ça je pense. Alors vu que tu m’as laissé un joli trou dans la cuisse, tu ne verras aucun souci à ce que je t’utilise en retour, pas vrai ? <3 »

Nonoka Inoue ne répondit pas, se contentant d’avaler sa salive en se crispant fortemment. Alors, elle n’était pas morte ? L’adolescente aux cheveux verts ne savait pas du tout comment réagir à ce fait. Elle avait tout fait pour la supprimer, mais cette mercenaire très proche de son frère était de nouveau en action… Comment ça pouvait être le cas ? Même si Miyamoto avait pu l’amener aux urgences, ça aurait pris trop de temps à lui tout seul… Alors comment ? Et de quel façon s’était-elle retrouvée de l’autre côté de l’oreillette ? Cela avait-il un rapport avec son sauvetage ? Qu’est ce qu’elle ignorait encore sur cette mercenaire blonde ?

[ B… Bordel… C’est pas possible… ]

« C’est simple, il y a des drones partout là dedans, les mêmes que ceux que tu utilisais sur le pont. Tu es celle qui t’y connaît le mieux concernant ces petites bêtes, alors je vais avoir besoin que tu les rediriges contre la reine de la ruche. Une petite mutinerie de rien du tout. Mais le timing est important, je ne veux pas avoir à me battre contre le groupe d’Eitarō et d’Otaki et Shiina en même temps pour récupérer Akutoku. Ce qu’il me faut c’est la reine hors d’état de nuire et Eitarō en piteux état. Tu peux utiliser la petite tablette et les lunettes que je t’ai fournies en même temps que l’oreillette, et si tu as besoin d’assistance, notre cher collègue hacker-sama est là ! »

« Kh… Sérieusement… J’y crois pas… »

Elle avait utilisé des termes qu’elle utilisait elle-même très souvent comme ‘‘Reine’’ et ‘‘Ruche’’, ce qui faisait que Nonoka avait, peut-être intentionnelemment, totalement compris ce que la jeune fille voulu dire… D’ailleurs, c’était tout à fait logique de faire appel à elle dans une telle situation. Après tout, c’était elle qui avait participé à la confection de la majorité de ses machines ainsi que de leur système de guidage et de capteurs. C’était la plus grande experte qu’ils avaient pu avoir sous la main, et elle était de leur côté, à présent… Enfin, si elle se décidait à agir avec eux. Mais… Avait-elle réellement le choix, maintenant qu’elle ne travaillait plus avec le Bloc K ?

« Quelle blague, ouais… »

L’adolescente regarda en direction de son frère qui semblait lui aussi embêté par la situation, mais peut-être pas pour les mêmes raisons. Elle se mit à soupirer, puis avala une sucrerie en mettant en place l’équipement qu’on lui avait donné.

« Tsssk ! Ne me prenez pas pour une mercenaire du Dark Side, ou une connerie du genre ! Je suis pas du genre à ‘‘retourner ma veste’’ avec l’ennemi tout l’temps, okay ? Pfff… Prends ça pour une faveur spéciale, poufiasse aux cheveux blonds. »

Alors qu’elle activa sa détection des drones sur la tablette et ses lunettes en lançant des applications qu’elle avait développée pour en prendre le contrôle, elle souffla de nouvelles exaspérations dans l’oreillette en ralentissant le DragonFly et en crissant des dents. De nombreux Wasp la visait désormais elle et son frère, se préparant à tirer des rayons dans sa direction en calculant la distance, avant de s’arrêter brusquement en remarquer qu’ils étaient sur le plan B et la porte de sortie de Shiina Sumire.

« Et toi, tes cheveux biens coiffés et ton nouveau trou dans la cuisse, ne t’approche plus de mon frère ou je te rajoute quelques ouvertures, compris ?! »

Après un moment, un appel résonna sur la tablette tactile, faisant tourner un instant le regard de l’adolescente en direction du toit de Therma, puis de Miyamoto. On pouvait facilement voir d’où venait l’appel… A plusieurs dizaines de mètres en diagonale, Shiina Sumire, un téléphone à la main, regardait dans la direction du DragonFly qui était encore un peu masqué par des bâtiments en construction. A côté d’elle se trouvait quatres Wasp et un esper inconnu habillé dans un grand manteau rose. Après avoir échangé un regard avec Miyamoto, Nonoka lança l’appel.

« -Quelle incroyable surprise… Nonoka-chan ? Je ne m’attendais pas à te voir ici après ton écartement du Bloc par l’ancien directeur… Et avec le DragonFly, qui plus est… Je suis désolé de t’informer que je vais en avoir besoin. Si tu veux venir nous prêter mains forte je vais aussi être obligé de décliner. Malheureusement, tes jouets nous suffiront. Je te recontacterai… Toi et ton frère. »

Nonoka se mit à serrer les dents après avoir d’abord entendu « Ancien directeur » puis « Jouets ». Ses termes là, elles ne les aimaient pas du tout.

« Changement de programme, alors. Si vous voulez négociez sensei, il va falloir se décider ici et maintenant, car les tables ont tournées ! »

A la surprise de Shiina et de l’esper à ses côtés, les quatre Wasp avaient changés de direction après une simple pression de Nonoka sur sa tablette. Le nouveau virus crackeur de code et de connexion forcée s’était déjà propagé d’un Wasp à l’autre, en utilisant le système de réseau d’information partagées qu’ils utilisaient. Leur intelligence artificelle était augmentée par ce système qui leur permettait d’échanger des données de l’un à l’autre des drones lorsqu’ils agissaient en groupe. Mais pour explorer ce genre de faille, il avait fallu savoir exploiter cette faille particulière, ce dont Nonoka était capable. D’un sourire, elle fit apparaître des fenêtres sur sa tablette : Elle avait à présent sous son contrôle tout l’armement de drone déployé sur le terrain et était devenu la « nouvelle reine de la ruche ».

« Mh mh… Zut alors. Cependant, j’avais prévu que Kimura-san parvienne peut-être à pirater les Wasp lui aussi… C’est pour ça que j’ai posé une charge thermocyclique à tous les drones en stationnemment. Si un objet ne me sert plus, alors je m’en sépare. »

En voyant le sigle « Dart » et en effet les bombes apparaîtres sur son écran, Nonoka se mit à se mordre la lèvre férocement, fronçant des sourcils en devenant rouge de colère. Shiina, sur le toit, quand à elle, leva son téléphone sur lequel était apparu une application en rouge : l’activation des explosifs.

« Bordel, c’est vrai… Mais vous avez perdue la tête ! Les Wasp coûtent très chers, bien plus que les Hornets, et vous avez TOUS ceux qui ont été construit jusqu’à maintenant de deployés ! Vous allez les détruire juste comme ça ? Sans parler que vous en avez quatre autour de vous, et le programme DART que vous utilisez est mon ancienne version ! Autant dire que ceux autour de vous exploseront aussi en même temps que les autres, pas de distinctions ! Vous serez tuée aussi… Vous êtes folle ! »

« Je ne suis pas folle... Je suis déterminée. »

L’appel s’arrêta brusquement. Nonoka regarda son frère avec insistance, semblant ne pas savoir quoi faire. Sur son téléphone à lui aussi, et sur les objets éléctroniques devant Lily et sûrement la personne derrière l’oreillette se trouvait désormais la possibilité d’activer les explosifs de leur côté aussi : Nonoka avait réussit à aussi prendre le contrôle du programme DART. La sûreté du bâtiment serait peut-être mise en péril (et encore, il était résistant, il y avait beaucoup de chance qu’il résiste aux explosions) mais c’était surtout Shiina qui avait la possibilité d’être annihilée par ses propres explosifs. Qu’est ce qu’elle devait faire ? Nonoka, en tout cas, n’en avait aucune idée.
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Haruhiro Wilkowski

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MessageSujet: Re: [ Alter Fofo ] Une Aku cute et en danger ! (pv Akutoku)   Dim 11 Fév - 13:01

« On dirait qu’il possède une capacité qui lui permet de paralyser n’importe quel objet à distance ! J’ai cru au départ que c’était un pouvoir atmosphérique, mais il n’a arrêté que la balle qui arrivait vers lui, pas celles qui prenaient le même chemin mais qui l’évitait ! Ça veut dire que quelque soit la capacité qu’il utilise, il ne peut arrêter qu’un objet à la fois et ne tentera pas d’arrêter un objet qui ne l’atteindra pas directement, du moins c’est ce que je pense ! »

« Ça veut dire qu’il ne réagira peut-être pas à un explosif fumigène, une grenade électromagnétique ou un truc du genre si il ne calcule pas que la trajectoire est dirigée directement vers lui ! Et ça veut dire qu’il ne peut pas se protéger de mon pouvoir ! Décidément… Ça n’a pas l’air d’être une capacité performante au niveau offensif, même à haut niveau. »


Tout en enregistrant les déductions de sa coéquipière, Azami continuait de tirer à intervalles irréguliers sur la machine géante dans laquelle se trouvait le garçon à lunettes. Si Oshiko avait vu juste, alors il y avait deux choses à éviter absolument en combattant cette chose : Les tirs au compte goutte et le contact physique.

La jeune fille n’eut pas le luxe d’approfondir ses réflexions et sauta en arrière pour éviter de justesse un laser qui l’aurait tuée sur le coup.

« Tch ! Encore ces foutues machines ! Alors la petite Inoue n’était pas la seule à savoir s’en servir finalement ! »

Les dents serrées et les sourcils froncés, Azami activa ses bottes qui émirent brièvement quelques bruit alors que des LED semblables à celles sur son fusil ne s’allumaient. A peine une seconde après le début de leur activation, Azami se mit à flotter à une dizaine de centimètres du sol, et zigzaguait entre les lasers qui laissaient des traces fumantes au sol. La jeune mercenaire stoppa sa progression arrière pour repartir en avant à pleine vitesse, atteignant rapidement la vitesse de rollers motorisés poussés à pleine puissance. Avec ça, elle pourrait rivaliser avec ces choses qui avaient déjà manqué de la tuer une fois.

[ Il va falloir sortir l’artillerie lourde apparemment ! ]

Accélérant encore, Azami pressa le bouton latéral de son fusil qui émit quelques cliquetis avant de changer de forme pour adopter le mode fusil d’assaut. Une centaine de micro-pistons et quelques coulissements avaient raccourcit le canon de l’arme et élargit sa crosse, inversé ses chargeurs. Sans attendre la fin de la transformation et continuant de filer en ligne droite, l’adolescente pressa la détente, envoyant une rafale vers les drones qui tournaient dans les airs. Si l’un d’entre eux amorça immédiatement une manœuvre d’évitement, un second perdit un moteur ainsi que sa caméra en essuyant des tirs après une réaction un peu trop lente de son pilote.

« Huuh ? Vous êtes quand même moins doués qu’une gamine pour piloter vos jouets meurtriers, ordures. »
lâcha-t-elle en changeant brutalement de direction pour foncer vers Oshiko.
La chaleur émise par le morceau de route qui tournait dans les airs frappa la jeune fille déjà cinq mètres avant qu’elle n’atteigne la membre de Judgement, témoignant de la puissance nécessaire pour faire tourner un bloc de cette taille. Alors qu’elle lâchait son arme d’une main pour attraper Oshiko par l’arrière de son col, deux alertes émises par les lentilles d’Azami la firent immédiatement tendre son bras droit, main ouverte. Tandis que la bandoulière de son fusil remplissait son rôle, la paume de l’énorme gantelet accueillit trois projectiles dont la pointe rappelait celle du seringue dans des petits bruits métalliques. Sans stopper sa progression, la mercenaire accéléra encore, entrainant Oshiko sur sa trajectoire.

« D’un autre côté, que pourraient faire des scientifiques comme vous ?  Vous avez une plutôt bonne visée cependant, je me dois de l’admettre. »

En même temps que le morceau de route dévastait l’asphalte sur son passage à moins d’un mètre des adolescentes, un drone apparu soudain juste devant les deux visages féminins.

« Shimat- »

Un coup de feu retentit sur leur gauche en même temps que le Wasp, qui chargeait déjà son laser, explosait en une multitude de pièces, un large impact en son centre. Toujours derrière la voiture, –ou plutôt ce qu’il en restait- Manzo fixait les deux adolescentes, une lueur mêlant inquiétude et sérieux dans son regard. Dans ses mains se trouvait un fusil à cartouches, l’un de ces vieux modèles parfois présent dans les films et qu’il fallait recharger manuellement après seulement deux tirs. Une ceinture de cartouches rouges surmontait la chemise trempée de sueur du cinquantenaire à la barbe mal rasée, lui passant sur le torse en diagonale.

« Et- et de un ! » s’exclama-t-il d’une voix mal assurée à l’attention des deux jeunes filles.

[ Hooo ? Alors il sait tirer finalement… cette antiquité n’a même pas de viseur. Moshikashite ! Est-ce qu’il a juste eu de la chance de pas nous tirer dessus ?! ]

« H-hé ! Derrière-vous ! » cria soudain Manzo en pointant droit devant lui.

Azami se retourna immédiatement pour voir que la grosse machine s’était remise à charger une attaque, un énorme bloc de béton s’éleva lentement du sol puis se mit à tournoyer, orienté dans leur direction. Au dessus de type-Butterfly, les drones s’étaient réorganisés, prêts à tirer des lasers de toute part.

« Des grenades marcheraient, donc ? Autant essayer »
lâcha Azami avant d’attraper un compartiment cylindrique noir d’une trentaine de centimètres de long à sa ceinture et de l’encastrer d’un mouvement sec mais précis sous son fusil : un lance-grenades.

« Désolé pour ta conscience Onigawara-san mais ces gens sont mes ennemis, ce sont des tueurs, et également la façon la plus simple d’éliminer ces drones. Je vais l’occuper de ces enceintes, toi focalise-toi sur cette chose… détruis toutes ses appendices ! »

Comme pour répondre à la place d’Oshiko, Manzo fit claquer sa carabine puis reprit l’un des drones en joue, utilisant le toit cabossé de la voiture comme support de visée. Il n’avait pas encore été pris pour cible visiblement, autant en profiter.

Sans attendre plus longtemps, Azami s’élança à l’aide de ses bottes, flottant toujours à quelques centimètres au dessus du sol. Elle tira une cartouche de son lance grenade sur le flanc de machine qui entreprit de se tourner dans sa direction, en même temps que son projectile qui tournait de plus en plus vite en provoquant de puissants courants d’air. La mercenaire changea de gâchette et arrosa les hauts-parleurs de trois rafales, non sans zigzaguer dans tous les sens pour esquiver les tirs. Mais entre-temps la machine avait eu le temps de se tourner de 90 degrés et ajustait déjà son attaque. Deux cliquetis et un coulissement plus tard, Azami tirait une nouvelle grenade sur le dessus de la machine, en même temps qu’une demi-tonne de béton rougeoyant fusait dans sa direction à pleine vitesse.

[ Khg ! Ca va être difficile à éviter, ça ! ]




***





Au fur et à mesure que RagDoll parlait, Haruhiro se sentait de plus en plus sur le point de craquer, ses dents comme tout son corps tremblaient de rage. RagDoll… ce déjanté l’avait totalement acculé avec ses bombes. Tout n’était peut-être que du faux, mais c’était très peu probable venant de quelqu’un tel que lui. De plus, apprendre qu’il avait quelque part été sauvé par ce pitre avait quelque chose d’insoutenable.

« Alors c’était toi qui était derrière cette mise en scène, RagDoll ? »

Le regard de l’adolescent brun se posa d’abord sur la caméra au milieu des fils, puis sur Chō et enfin sur le garçon. Aussi fou qu’il pouvait l’être, RagDoll avait raison. Ce type était aussi mystérieux que dangereux, et Chō était tout autant une gène, à pouvoir lire dans ses pensées. Peut-être que si… oui, peut-être que justement parce qu’elle était comme ça…

Haruhiro grogna, relâchant soudain une compression qui explosa la main de la poupée lui retenant le poignet. Il agrippa fermement le col du garçon au chapeau, serrant le poing aussi fort que possible. Sa main gauche agrippa quand à elle le front de membre de judgement à côté de lui. Là, comme ça, il pouvait les avoir tous les deux, en même temps et avant qu’ils ne réagissent. Du sang s’écoula de la bouche du détenteur d’Instant Shift, alors qu’il mettait encore plus de force dans ses étreintes, serrant les mains et les doigts jusqu’à ce que l’effort lui fasse mal. Un puissant désir de tuer émana de son visage.

« Shinigami. C’était un bon surnom… peut-être que je devrais redevenir ce Shinigami d’avant. Qu’est-ce que t’en pense, RagDoll ? »

De l’air se rassemblait petit à petit devant Haruhiro, se compressant de plus en plus contre sa peau dans un bruit de sifflement strident. Dans son dos, la caméra désormais à découvert ne voyait que les visages des deux télépathes.

[ Le rayon d’action d’une bombe thermocyclique. Est-ce que ça sera le même que celui de la dernière fois ? Le souffle avait été suffisamment puissant pour envoyer rouler un fourgon de plusieurs tonnes. Bordel, ça veut dire que si il y en a quatre… ]

« T’as toujours été un bon gros taré, RagDoll. Mais tu sais quoi ? Je te trouve assez incroyable en fait. Quand on était en mission en trio avec Ishida je t’avoue que je n’en croyais pas mes yeux. »

Le rictus de l’adolescent se transforma en un sourire diabolique, alors qu’il tournait doucement la tête vers la caméra dans son dos.

« Tu étais franchement pathétique en fait… toujours à te cacher quelque part pendant qu’on fonçait dans le tas avec Ishida et qu’on risquait nos vies. Toi tu étais installé confortablement à manipuler tes petites créations, je comprends maintenant… RagDoll, comparé à Ishida tu n’es rien d’autre qu’un enfant à problèmes. »

« Et puisque t’as osé me défier, je vais te rendre la pareille, enflûre ! »

D’un coup, l’utilisateur d’Instant Shift relâcha ses compressions, libérant le front de la jeune fille pour attraper son col à la place. Elles n’avaient jamais été positionnées dans ses mains, dans le but de tuer Chō ou le garçon, mais contre ses avant-bras et dans le but de lui procurer la force nécessaire à la propulsion de deux adolescents.

L’explosion d’air balaya les pantins proches sur plusieurs mètres, en même temps que les corps des deux télépathes fendaient les airs horizontalement. Haruhiro sourit en heurtant lourdement le sol, ces deux là étaient de Judgement, et si Chō avait bien lu dans son esprit et comprit sa manœuvre, alors ils n’auraient même pas si mal que ça en touchant le sol.

« Saa RagDoll, explose-moi si tu l’oses, sous-merde dégénérée ! »




***




« Tsssk ! Ne me prenez pas pour une mercenaire du Dark Side, ou une connerie du genre ! Je suis pas du genre à ‘‘retourner ma veste’’ avec l’ennemi tout l’temps, okay ? Pfff… Prends ça pour une faveur spéciale, pouffiasse aux cheveux blonds. Et toi, tes cheveux biens coiffés et ton nouveau trou dans la cuisse, ne t’approche plus de mon frère ou je te rajoute quelques ouvertures, compris ?! »

Derrière son écran, Lily esquissa un sourire amusé. Un casque sur les oreilles et un micro rétractable devant la bouche, la fillette était allongée sur un matelas aux draps d’un blanc immaculé donc la première moitié avait été redressée en un dossier, lui permettant ainsi de voir efficacement l’écran en face d'elle. Sur son front se trouvait un pansement qui recouvrait probablement une blessure légère à la tête. La chemise qui constituait son seul vêtement était surtout là pour camoufler les blessures sur le haut de son corps à contrario,  ses jambes nues étaient bien visibles dans la pièce, bien qu’elle était la seule personne présente. Le milieu de sa jambe gauche était enroulé dans plusieurs couches de bandages et recouvert d’une large compresse rougeâtre, mais les médicaments semblaient bien fonctionner puisqu’aucune grimace de douleur n’était visible sur le visage de la petite blonde.

« Hai haaaaai. » répondit-elle seulement d’une voix insouciante, en faisant tourner sa cuillère dans la tasse de thé sur sa droite.

Lily reposa cependant cette dernière en entendant la voix de Shiina Sumire dans son casque et reprit un air sérieux. Elle fit un petit signe à la webcam positionnée sur le large écran plat. L’objectif brilla.




***




Fuyu se figea lorsqu’une main se posa sur son épaule. Sa jambe s’était déjà repliée pour administrer un solide coup de pied dans l’abdomen de l’attaquant mais la fillette n’en fit rien et l’immobilisa, remarquant au dernier instant qu’Otaki les protégeait simplement toutes les deux. Elle fixa Otaki un instant de ses yeux inexpressifs.

Cette nouvelle coéquipière semblait avoir confiance en leur chef, en plus de ne vouloir aucun mal à Ryosei. Dans ce cas, elle pouvait lui confier la tâche qui lui avait été attribuée avant leur entrée dans le conduit, placer un minimum de confiance en cette personne était possible. Reposant son pied sur le sol, la petite esper tendit sans un mot le pistolet à Otaki. Le message était clair, suivre les ordres d’Eitarō et lui tirer dessus sans hésiter quand c’était nécessaire.

« C’est possible que ça soit une pluie acide, il faut que tu informes Kimura-san et son groupe, et qu’on se remette à avancer ! Au moins, je n’ai plus à me soucier de manquer de munition... »

« Hai. » fit-elle simplement de sa petite voix claire, avant d’attraper sa radio et d’appuyer sur le bouton de transmission. Mais à l’instant où elle s’apprêtait à parler, ses yeux s’agrandirent légèrement : ce que la radio avait capté, c’était une transmission en cours.




***




La formation serrée autour des deux espers tenait bon au milieu du centre de Therma, qui était devenu un véritable champ de bataille. Néanmoins, les hommes avaient remarqué que dans la zone entourant Kimura, Ryosei et leur étrange interlocutrice, ils étaient à l’abri, en quelque sorte. Les tirs des Wasp ne les atteignaient pas, brûlant le sol et les arbres autour d’eux sans même les effleurer.

« Son objectif est d’utiliser la fille prépubère aux cheveux océan pour mettre à genou votre ville. Sa mission sera terminée lorsque le signal sera donné au groupuscule auquel il appartient, et qu’il leur aura ouvert la voie afin de la détruire de l’intérieur. Quoi qu’il advienne, il ne lui reste que peu de temps avant que son corps ne soit consumé par les connaissances du Grimoire avec lequel il a fusionné. Si il abuse encore de ses capacités, il accélèrera le processus. Conclusion de mon monologue, point virgule ; c’est votre chance la plus grande d’arriver à le combattre, deux points : lui obliger à devoir forcer la main. »

« Kimura-saaan, qui est cette fille ? Elle parle comme un robot, je dois la- »

« Vous pouvez m’appellez Damballa, et la raison pour laquelle ses vautours incendiaires ne peuvent se diriger correctement est en grande partie en raison de l’influence du Grimoire, qui modifie les alentours pour détruire toute la culture qui ne convient pas à l’utilisation de celui-ci. Car ses pouvoirs sont destinés à être utilisés en Afrique du sud, votre technologique ne fonctionne pas en sa présence. J’imagine que c’est la raison pour laquelle ses oiseaux artificiels ne peuvent attaquer directement ce corps ou celui que vous recherchez. »

Eitarō fronca les sourcils. Magicien ? Grimoire, possesseurs ? Aibak ? A écouter cette jeune fille sortie de nulle part, il avait l’impression d’avoir été plongé dans un monde fantaisiste où la magie et les créatures surnaturelles étaient chose commune. Elle avait su expliquer l’évident manque de précision des tirs lasers, cependant. Un point pour la jeune fille, mais un seul, ce qui voulait dire que le reste n’était que du faux.

« Désolé de te décevoir, chère Damballa mais je ne crois ni aux contes de fée ni à la magie, si tu pensais pouvoir me duper de la sorte c’est perdu d’avance, je ne suis pas un enfant. Et toi non plus, visiblement. »

L’un des fusils à pompe qui flottait dans les airs derrière l’esper aux cheveux verts tira trois fois, abattant un drone qui s’écrasa sur le sol en grésillant, une partie de ses systèmes fonctionnant toujours. L’un des mercenaires tira immédiatement une rafale dessus, réduisant l’appareillage électronique à néant.

Eitarō n’avait pas détourné le regard et continuait toujours de fixer Damballa, droit dans les yeux. Ces derniers étaient étranges : noirs et une pupille d’un orange presque brillant. Avait-elle subit une expérience ? Ou était-elle complètement étrangère à la cité Scolaire, pour espérer pouvoir duper quelqu’un y résidant avec ces histoires occultes ?

« Je n’ai pas de temps à perdre avec des paroles sans aucun sens, ma mission prime sur le reste. Si tu veux rester en vie, quitte cet endroit. Peu m’importe ce que tu fais, mais ne t’avises pas de me gêner. »

L’esper aux pouvoirs ferromagnétiques s’apprêtait à reprendre sa marche lorsque quelque chose fut détecté par son champ magnétique, le figeant sur place. A l’instant où Ryosei se téléportait sans prévenir, la radio d’Eitarō émit un grésillement.

Spoiler:
 

La lame noire de l’agent d’Anti-Skill fut parée de justesse par le couteau cranté de Ryosei, apparu juste au dessus d’Eitarō Kimura, entre l’attaquant et l’attaqué. Une nouvelle téléportation plus tard et le duo atterrissait un peu plus loin en roulant sur le sol, leurs lames s’entrechoquant sans cesse. Ayant tout juste eu le temps de se retourner, Eitarō vit deux de ses hommes tomber à terre dans leur propre sang. Immédiatement, toutes ses armes en lévitation se retournèrent et arrosèrent les deux membres d’Anti-Skill d’une pluie de balles avant de se bloquer subitement, tordues et cabossées.

« Voilà pourquoi je vous avais dit de détruire les AIM Jammers, ils sont trop près ! Protégez-moi, c’est un ordre. » grogna-t-il les dents serrées.

A l’instant où il finissait sa phrase, Eitarō put voir trois fontaines de sang jaillir devant lui alors qu’un quatrième membre d’Anti-Skill était passé en travers du groupe. Il venait de perdre une escouade entière en quelques secondes. Une impression dans son dos lui fit immédiatement tourner la tête, alors qu’un couteau noir se figeait à moins de cinq centimètres de son dos. Au bout du manche se trouvait un cinquième attaquant. Un simple regard suivit d’une vague magnétique balaya l’individu en même temps que son arme, froissée par le pouvoir de l’esper. Après un regard qui semblait plus reptilien qu’humain, le membre d’Anti-Skill disparu dans la végétation, abandonnant son arme sur place et devenant ainsi indétectable. De nouveau, Eitarō se retourna pour faire face aux bruits dans son dos, pendant son bref combat au corps à corps, les drones Wasp avaient abattu deux hommes supplémentaires.

Sur les deux escouades de cinq qui avaient été amenées, il ne restait que trois hommes à Eitarō. Ryosei quand à lui était toujours au prises avec un autre membre d’Anti-Skill. Mais les mouvements du gardien de la paix étaient anormaux, très différents de ceux utilisés par la police de Gakuen Toshi. Ceux là étaient utilisés pour tuer. Cela dit, malgré ses nombreuses téléportations autour de son adversaire, Ryosei semblait largement apprécier ce combat à mort. Qu’il en soit ainsi, donc. L’esper recentra son regard sur les trois autres derniers membres de son équipe. Parmis eux, il n’y avait qu’une nouvelle tête. Et pourtant, c’était celui qui semblait le moins inquiet, décontracté par rapport à ses collègues qui ne cessaient de se retourner dans tous les sens, armes à la main.

Derrière la nouvelle tête, une ombre apparu soudain, et ce fut à ce moment précis qu’Eitarō comprit la chose.

« Alors je ne m’étais pas trompé. »

D’un coup, sans que les yeux du level 4 ne puissent suivre distinctement les mouvements du paramilitaire, ce dernier bloqua l’attaque qui allait lui être assenée et renversa son attaquant devant lui, le soulevant littéralement du sol. Une onde de choc fut soudain émise contre le ventre du membre d’Anti-Skill, avant qu’il ne disparaisse littéralement de sa position en emportant un autre paramilitaire avec lui, trop rapidement pour que l’œil humain seul ne puisse en discerner le mouvement.

« Qu’est-ce que ! Qu’est-ce que tu fous ?! » hurla le dernier membre de l’escouade restant, son arme pointée sur celui qui était désormais placé dans la case « ennemi ».

Nullement impressionné, ce dernier défit les lanières de son gilet par balle et laissa tout son équipement tomber au sol, dévoilant une musculature impressionnante, seulement partiellement cachée par un débardeur blanc.

« Laisse-moi me présenter pour de vrai cette fois. Vous pouvez m’appeler Shoetsu, Kimura-san, miss Damballa, enchanté de vous rencontrer. Et… toi tu n’es pas très courtois avec ton arme, je croyais pourtant que les japonais natifs étaient plus respectueux que ça, mais bon. »

Shoetsu afficha un sourire amical, qui semblait dénué de mauvaises intentions.

Voici ma mine:
 

« Désolé mais je ne suis pas un vrai membre de votre équipe, Kimura-san. Je suis catégorisé comme esper de haut niveau et j’ai été envoyé pour vous tuer, enfin à l’origine. Je suis assez curieux concernant cette histoire de magie et de grimoires par contre… c’est vraiment très intéressant je trouve ! »
Advicu !:
 




***




« Bordel, c’est vrai… Mais vous avez perdue la tête ! Les Wasp coûtent très chers, bien plus que les Hornets, et vous avez TOUS ceux qui ont été construit jusqu’à maintenant de deployés ! Vous allez les détruire juste comme ça ? Sans parler que vous en avez quatre autour de vous, et le programme DART que vous utilisez est mon ancienne version ! Autant dire que ceux autour de vous exploseront aussi en même temps que les autres, pas de distinctions ! Vous serez tuée aussi… Vous êtes folle ! »

« Je ne suis pas folle... Je suis déterminée. »

Miyamoto avait bien cru que son cœur s’était arrêté quelques instants plus tôt, et il se savait prêt à donner n’importe quoi pour entendre à nouveau une preuve d’amour de se petite sœur ? Mais l’aîné des Inoue se savait tout aussi prêt à faire n’importe quoi pour lui éviter de faire un choix tel que celui là, et endosser la responsabilité d’un crime pour la protéger en faisait partie. Miyamoto posa une main sur l’épaule de Nonoka et la serra contre lui. Elle n’avait pas à faire ça, mais si il fallait vraiment le faire, alors lui il le ferait.

« Cette femme n’est pas ton adversaire, tu n’as pas à te battre contre elle, tu n’as plus à te battre si tu ne le veux pas. Et plus encore, tu n’auras jamais à faire ce genre de choses, je te le garantis ! »

Serrant un peu plus sa petite sœur contre lui, Miyamoto approcha son doigt de l’écran, s’apprêtant à appuyer sur l’icône centrale qui allait déclencher les explosions. Cependant, au moment où son index allait toucher l’écran, un grésillement se fit entendre dans l’oreillette des Inoue, aussi bien que dans le téléphone de Shiina Sumire.

« Chotto matte yo. » grogna Lily d’une voix légèrement plus grave que d’habitude.

« T’es marrante avec ton « Je suis déterminéééeee », onee-san » fit la fillette en imitant grossièrement la voix de la jeune femme. « Mais tu t’es prise pour qui au juste ? Si tu meurs, personne ne se préoccupera de ce que tu auras accompli, tu le sais ça ? Hein ? Non parce que bon… t’es bien mignonne avec tes explosions mais je crois que c’est plus de ton âge là… laisse ça plutôt aux jeunes et jolies demoiselles comme moi, tu veux ? »

Depuis son matelas, le sourire de Lily s’élargit largement alors qu’elle ajoutait :

« Tu as entendu n’est-ce pas, Eitarō-kun ? »




***




Le pied de Ryosei apparu contre le visage du second membre d’Anti-Skill qui avait manqué de décapiter Eitarō, le faisant reculer d’un pas. Le coup de feu du zombie retentit dans le vide alors que le téléporteur réapparaissait juste au dessus, le canon de son arme à lui touchant le crâne du gardien de la paix. Mais la balle se figea dans le sol après une esquive digne d’un surhomme, ce qui fit grimacer Ryosei.

« Neee, à deux contre un c’est pas si amusant, ils arrivent vraiment à esquiver toutes mes attaques ! »

« Oui. » fit simplement Eitarō, répondant à la voix féminine qui venait de sortir de sa radio.

Au moment où l’attaque surprise des membres d’Anti-Skill avait eu lieu, Eitarō avait focalisé une partie de sa conscience sur les paroles qui sortaient de sa radio. Une voix appartenait à Nonoka Inoue, une autre à Shiina Sumire. Quand à la troisième, elle lui était très vaguement familière. L’ensemble de la discussion avait été retransmis à toutes les radios et téléphones dans un périmètre englobant la station Therma et les rues l’entourant, y compris sur les radios des différentes équipes.

« Merci pour l’information, j’imagine. »

Le mercenaire leva les mains à hauteur d’épaules, activant son pouvoir. Aussitôt, tous les métaux environnants furent soudainement soulevés du sol dans une vague magnétique. Armes, pendentifs, bagues. L’ensemble des drones dans les quarante mètres autour de lui virent leur trajectoire subitement modifiée en une ligne droite. Au bout de cette ligne : Aibak et juste derrière une énorme gangue de glace qui ne cessait de grandir. Telle une gigantesque bombe à retardement, l’amas de drones fonça sur sa cible.

« 3, 2, 1… Boom ! » s’exclama Lily alors que les drones, regroupés les uns contre les autres en une boule de métal et de plastique grouillante, explosaient simultanément, balayant tout sur leur passage.

« Ryosei ! » cria Fuyu quelque secondes après l’explosion, au moment où elle pénétrait dans la salle principale ou se trouvait Superior. Elle aussi, en même temps qu’Otaki avait entendu la discussion à travers la radio, mais une seule conséquence uniquement semblait l’intéresser : ce qu’il était advenu de Ryosei.




***




« L-Lily ! Qu’est-ce que t’as fait ?! » hurla Miyamoto dans le micro de la tablette.

« Du calme du calme. L’explosion n’aurait pas pu souffler tout l’intérieur de Therma d’un seul coup, si Kimura l’a redirigée vers un coin en rassemblant les drones alors ils devraient tous être en vie là dedans, le problème c’est qu’on ne sait pas vraiment ce qui se passe à l’intérieur. Enfin, j’ai quelqu’un sur le coup alors ne vous en faites pas. »

Sur le toit de la station, deux silhouettes étaient encore visibles. L’attraction magnétique exercée par Eitarō avait éloigné les drones entourant Shiina et RagDoll ainsi qu’une partie de leurs possessions métalliques, si bien qu’ils n’avaient que perdu l’équilibre à cause du de l’explosion, sans avoir été vraiment blessés.

« Waw, ça a fait pas mal de dégâts quand même… c’est puissant ces trucs là ! »
s’écria la fillette blonde, désormais connectée à la caméra avant du DragonFly.

« Tiens et regardez un peu, ils sont toujours en un seul morceau sur le toit, bon je pense qu’on va me demander des comptes par contre, surtout depuis l’intérieur de Therma. Hm, notre acolyte hacker-sama s’est connecté à Superior à l’instant, comme on pouvait s’y attendre, l’endroit n’avait pas été choisi par hasard. Il va pirater ce gros séparateur et le mettre hs. Ah, quelques minutes ? Il me dit que ça devrait prendre quelques minutes. »

Lily coupa un instant son micro pour expirer un bon coup avant de le rallumer tout en changeant de canal, reprenant sa voix joyeuse et pleine d’assurance.

« Bien ! Shoetsu ? Ça se passe comment à l’intérieur ? Oi, t’es toujours vivant ? »

La Bataille de Therma, phase 2:
 

Le jeune homme de 23 ans se redressa lentement avant de faire craquer son cou à deux reprises, une pour chaque côté. En tournant la tête à gauche, il pouvait toujours apercevoir de la glace malgré la fumée, mais impossible de discerner une forme exacte. Quoi qu’il en était, Superior semblait toujours fonctionner, et si c’était le cas, alors Akutoku était toujours en vie, la glace n’était qu’une preuve supplémentaire.

Alors qu’il s’apprêtait à répondre, une voix le coupa, avant qu’il ne discerne une forme devant lui dans la fumée, puis une autre un peu en retrait. Eitarō Kimura et Damballa, les deux semblaient en bonne santé, tout comme lui.

« C’était à cause de toi, le retard dans les égouts, n’est-ce pas ? »

« Aha… oui, désolé pour ça. Mais je pense que vous pouvez comprendre, non ? » dit il en ricanant légèrement, une main derrière la tête.

« Ryosei ! Ryosei ! »

Quelques mètres sur la gauche, le jeune homme gisait sur le sol, une blessure rougeâtre sur son côté. A son chevet se tenait Fuyu, dont les yeux trahissaient enfin une vraie émotion : l’inquiétude.

Un peu en retrait se trouvait Otaki qui était arrivé en même temps que la fillette. Le dernier paramilitaire remua légèrement, face contre terre, malgré l’onde de choc, il était bien en vie, lui aussi. Aucune trace des deux membres d’Anti-Skill encore en vie n’était visible cependant.

« Que vas-tu faire, maintenant ? »

« Et bien, mon travail est de récupérer Akutoku. Mais je suis sûr qu’on trouvera un arrangement, puisque mon employeur t’a sauvé la vie. »

« Sho-et-su ! Quelle est la situation ? »

L’intéressé tourna la tête de droite à gauche.

« Voyons voir… la fumée commence à se dissiper donc j’y vois pas grand-chose à vrai dire… par contre Kimura-san a fait exploser les drones au niveau de Superior, mais Akutoku-chan a l’air d’aller bien, enfin je crois. Aucune idée pour ce qui est de son agresseur. »

« Aibak, c’est ça ? » demanda rapidement le mercenaire en se tournant vers la jeune fille à la peau noire.

« Par contre, la seule personne capable de vraiment tenir tête à nos nouveaux ennemis est dans les vapes, je te tiens au courant, Li-chi~ »
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Akutoku Reitōko

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MessageSujet: Re: [ Alter Fofo ] Une Aku cute et en danger ! (pv Akutoku)   Dim 11 Fév - 18:08

Un rayon de soleil timide traversa les nuages du matin au dessus de la Cité Académique, qui était encore à moitié plongée dans l’obscurité. Non loin de la grande station de traitement d’eau qu’était Therma, le mercenaire Haruhiro Wilkowski tenait entre ses mains deux étudiants de Nagatenjouki en se préparant à utiliser sa capacité. L’esper au chapeau beige s’apprêta à poser ses mains sur celle du garçon avec un air de totale incompréhension. Si même Nakamura ne savait pas ce qu’il faisait c’est qu’il y avait un problème. Est-ce que c’était une poupée aussi ? Non, était-il manipulé… Ou était-ce son vrai visage ? Le possesseur de Mind Hound ne chercha pas à comprendre et se prépara à supprimer les pensées de son désormais adversaire.

« Shinigami. C’était un bon surnom… peut-être que je devrais redevenir ce Shinigami d’avant. Qu’est-ce que t’en pense, RagDoll ? »

[ Heee ? Qu’est ce qu’il prépare, encore ? ]

Mais en croisant le regard de sa camarade télépathe, le garçon habillé en beige s’interrompit de tendre la main en direction du visage d’Haruhiro. Nakamura qui avait été totalement prise au dépourvue au départ, semblait avoir capté quelque chose qui devait sûrement avoir un rapport avec sa télépathie. Chō se mordit la lèvre en regardant son sempai d’un air insistant. Le mercenaire détenteur d’Instant Shift préparait quelque chose, mais cela n’avait pas de rapport avec les mettre hors d’état de nuire.

« T’as toujours été un bon gros taré, RagDoll. Mais tu sais quoi ? Je te trouve assez incroyable en fait. Quand on était en mission en trio avec Ishida je t’avoue que je n’en croyais pas mes yeux. »

La poupée à l’effigie de l’esper aux marionettes se releva tant bien que mal à cause des nombreuses déchirures sur ses coutures.

« Tu étais franchement pathétique en fait… toujours à te cacher quelque part pendant qu’on fonçait dans le tas avec Ishida et qu’on risquait nos vies. Toi tu étais installé confortablement à manipuler tes petites créations, je comprends maintenant… RagDoll, comparé à Ishida tu n’es rien d’autre qu’un enfant à problèmes. Et puisque t’as osé me défier, je vais te rendre la pareille, enflûre ! »

« … »

De violentes projections d’air firent secouer la marionette et obstruer pendant un instant son micro par des sons qui devaient sûrement bien perturber la personne à l’autre bout. Devant lui se tenait Haruhiro. Ses poupées avaient été projetées en arrière, ainsi que les deux alliés qu’il avait, les éloignant du possible rayon d’action des explosifs tout en nettoyant le champ de bataille. Il avait été capable de maîtriser les menaces potentielles aux alentours tout en mettant les deux télépathes en sûreté, tout cela en prenant en compte la possibilité des explosifs. RagDoll ne savait tout simplement pas comment réagir à une telle situation, et pour une fois, aucun rire ne s’échappa du micro de la marionette, son expression figée en un sourire aux dents pointues.

« Saa RagDoll, explose-moi si tu l’oses, sous-merde dégénérée ! »

[ Il est bon… ]

Tout d’un coup, le bras de la marionette face à Haruhiro s’enfonça dans son propre ventre. Elle creusa pendant un temps avant de retirer une bombe en forme de disque emberlificotée dans des fils. Nakamura et le garçon au chapeau beige se mirent en garde en même temps que le mercenaire aux cheveux en pétard. Mais RagDoll ne la déclencha pas en appuyant sur le bouton placé sur la tranche, et se contenta de la lancer en lobe en direction du garçon devant lui pour qu’il la récupère. La marionette pencha ensuite sa tête sur le côté alors que la voix androgyne résonnait de nouveau dans à travers le micro.

« Bravo mon ange en sucre. On dirait bien que tu as gagné cette partie là, Haruhiro-chan. Bonne chance pour la suite. J’ai hâte de voir ce que tu prépares… J’espère qu’on va pouvoir finir notre entrevue tous les deux avec en fond une énooorme explosion… Comme au bon vieux temps ! »

Après avoir prononcés ses paroles, le tissu de la marionette s’éfilocha au niveau du bras et le double de RagDoll tomba au sol, inerte, comme la boule de tissu enchevêtré et tout peinturluré qu’il était. Les autres marionettes aussi avaient cessées d’agir là où elles étaient tombées, il semblait avoir arrêté d’utiliser sa capacité. Une main se posa alors fermement sur l’épaule du mercenaire. C’était Chō Nakamura, qui le regardait avec un air des plus téméraires et une flamme dans les yeux qu’il semblait difficile d’éteindre. Apparemment, elle semblait véritablement décidée à avancer elle aussi. Au loin, le garçon habillé à la manière d’un détective de roman anglais pointa le grand bâtiment au dessus duquel de nombreux drones virevoletaient en crachant des tirs d’énergies.


« Ne t’occupes pas de lui, je suis sûr qu’il s’est enfui. On doit absolument y aller maintenant ! Reitoko-chan est là dedans, je le sens ! »

« En tout cas… je ne sais pas ce qu’il se passe là bas, mais on a intérêt à faire vite ! »

♦♦♦

[ C’est… Lui ! ]

Onigawara Oshiko ouvrit de grands yeux héberlués en voyant que ce n’était autre que Manzo qui avait tiré le coup qui leur avait sauvé la vie, en détruisant le Wasp qui allait définitivement les découper en morceau. Elle ne savait pas trop comment réagir et aurait voulu pouvoir remercier par plusieurs courbettes bien mesurées leur nouvel allié mais réalisa rapidement qu’en plein milieu du champ de bataille, c’était peut-être une mauvaise idée. Elle le regarda de bas en haut lui et son arme comme pour imprimer un peu mieux son visage banal dans sa tête. Si elle le recroisait, elle devait absolument lui rendre la pareil, maintenant qu’elle lui devait la vie. Et avec sa ceinture de munition, il était plutôt badass.

« Et- et de un ! »

[ Ouais ahem, peut-être pas besoin d’aller jusque là. ]

« H-hé ! Derrière-vous ! »

L’adolescente aux cheveux noir fit cesser ses rêveries pour se tourner un peu trop par rapport à sa camarade en direction du bloc de béton transformé en perceuse qui scindait l’air en deux, créant des courants d’air chaud et froids avec la pression de l’air changée en début de tornade. Et tout cela seulement en usant de la force centrifuge ? Ce n’était peut-être pas une attaque forte offensivement, mais sans les simples limites d’un pouvoir d’esper, c’était semblable à un faiseur de catastrophes naturelle ambulant. Décidément, peut-être que mettre ce garçon dans cette machine avait été fait en raison de la possibilité de destruction de sa capacité. Après tout, si les jeunes avaient été ses morceaux de béton…

[ Attends... Non, non non. Quelque chose cloche. Il a détruit la voiture… Il a détruit le sol… Pourquoi pas nous ? Pourquoi ne nous avoir pas directement détruit ? Avec un pouvoir pareil, une distance comme celle-ci, une limite de poids quasi-inexistante… Il avait bien une dizaine d’occasions de nous tuer encore et encore ! Alors pourquoi ? ]

Mais avant qu’Oshiko puisse poser la remarque à sa camarade, celle-ci s’était déjà préparée à répliquer, comme elle s’y attendait.

« Désolé pour ta conscience Onigawara-san mais ces gens sont mes ennemis, ce sont des tueurs, et c’est également la façon la plus simple d’éliminer ces drones. Je vais l’occuper de ces enceintes, toi focalise-toi sur cette chose… détruis toutes ses appendices ! »

« Hai hai ! »

Les explosions des tirs d’Azami et de Manzo résonnait sur le champ de bataille, envoyant un aura de terreur sur le camp des scientifiques, qui voyait des morceaux de sol et des AIM Jammers voler en tout sens autour d’eux dans une spirale chaotique où, au centre, se trouvait le type_Butterfly qu’eux même ne savaient pas contrôler. Qu’est ce qu’ils pouvaient bien faire si même les Wasp n’avaient pas pu pénétrer leur formation ? Certains scientifiques s’étaient déjà mis à s’enfuir, laissant les drones en pilote automatique. D’autres encore restaient, convaincu que l’immense machine dans laquelle se trouvait Horikawa Kousuke valait le coup d’être analysée dans les moindres détails.

[ Purée, elle est forte ! J’aimerais bien la recruter dans ma branche de Judgment, on ferait une sacré équipe ! Hek, si seulement c’était pas une assassin… Dans tous les cas, je peux pas la laisser tomber maintenant, faut que je joue mon rôle. ]

Plaçant ses doigts de manière à ce qu’ils aient la forme d’un pistolet, Onigawara Oshiko se concentra pour tirer de toutes ses forces sur la machine. Jusqu’à maintenant elle avait tiré sur les pattes séparement, mais en usant des lentilles high-tech d’Azami, elle avait remarqué une faille possible dans la conception de la machine. Maintenant qu’elle était derrière celle-ci, elle avait dans sa vision la jonction entre l’espèce d’habitacle semblable à un cocon et les cinq pattes restantes. Si elle utilisait Heavy Shocker à cet endroit et à pleine puissance, alors l’ossature de la machine allait sûrement rompre entre les deux parties de la machine. Oshiko était quasiment sûr qu’une fois séparée de l’esper, la machine serait tout simplement hors service. Alors maintenant qu’Azami était sous son feu, elle devait en profiter.

[ Mainten- ! He ? ]

La membre de Judgment haussa les sourcils alors que le Type_Butterfly s’était projeté dans les airs, avait pris appuis sur l’énorme masse de béton qu’il avait projeté sur Azami, et s’en servit de tremplin pour bondir dans les airs de nouveau, usant de la force de rotation comme d’une accélération dans les airs. A cause de cette manœuvre, il avait perdu une de ses pattes, celle qu’Oshiko avait visé avec son pouvoir. La grande machine se mit à user de ses pattes pour se poser contre la station d’épuration, grimpant le mur à la manière d’une araignée. Une pluie de tout les projectiles tournant que le Butterfly avait formé se mit à tomber du ciel, prenant par surprise tout le groupe. L’idée maintenant était de se mettre à couvert avant d’être transformés en crêpes dentelles à la framboise.

« Il a… fui ? »


♦♦♦

« Alors je ne m’étais pas trompé. »

Le membre d’Anti-Skill qui avait été soulevé puis projeté avec la force d’un atlhète de compétition entendit ses côtes se briser sous l’onde de choc qui suivit la prise de judo. Crachant un peu de sang, il lança un regard dénué d’intérêt au paramilitaire. Fermant sa main sur le col d’un des autres membre de l’escouade d’Eitaro Kimura, il l’entraîna dans les méandres des feuillages en gardant sa main serrée sur son couteau. Dès qu’il passa derrière une branche, le bruit de sa lame ouvrant le cou de la victime projetée dans l’action de l’homme inconnu résonna sous la pluie battante.

« Laisse-moi me présenter pour de vrai cette fois. Vous pouvez m’appeler Shoetsu, Kimura-san, miss Damballa, enchanté de vous rencontrer. Et… toi tu n’es pas très courtois avec ton arme, je croyais pourtant que les japonais natifs étaient plus respectueux que ça, mais bon. »

« Un développement des plus imprévus… »

Damballa regarda en direction de l’homme qui s’était révélé après avoir défait ses équipements. Il n’avait aucune idée de qui il était mais avait l’impression qu’il était un protagoniste important du développement suivant de cette bataille. La petite fille regarda les alentours alors que les membres d’Anti-Skill autour se déplaçait comme des loups dans les feuillages. Alors comme ça, Aibak avait recommencé à user du Grimoire. Un mince sourire se mit à apparaître sur le visage de Damballa. Il s’approchait de plus en plus de sa chute, un pas après l’autre. Une telle personne n’était définitivement pas faite pour enseigner du savoir magique à des élèves, encore moins à maîtriser un Grimoire aussi puissant. Au final, il n’avait pas été capable d’être à la hauteur. Alors comment est-ce qu’il réagirait à ce qui pouvait bien suivre ? Irait-il si loin qu’il dépasserait les limites même du Grimoire pour s’opposer à ses nouveaux adversaires ?

« Désolé mais je ne suis pas un vrai membre de votre équipe, Kimura-san. Je suis catégorisé comme esper de haut niveau et j’ai été envoyé pour vous tuer, enfin à l’origine. Je suis assez curieux concernant cette histoire de magie et de grimoires par contre… c’est vraiment très intéressant je trouve ! »

« Vous en apprendre plus sur le sujet serait pour moi un plaisir que je peux difficilement cacher. »

♦♦♦

« T’es marrante avec ton « Je suis déterminéééeee », onee-san. Mais tu t’es prise pour qui au juste ? Si tu meurs, personne ne se préoccupera de ce que tu auras accompli, tu le sais ça ? Hein ? Non parce que bon… t’es bien mignonne avec tes explosions mais je crois que c’est plus de ton âge là… laisse ça plutôt aux jeunes et jolies demoiselles comme moi, tu veux ? »

Le téléphone à la main, Shiina Sumire semblait perplexe. En vérité, l’expression de son visage alors qu’elle se tenait sur le toit était impossible à lire. On aurait juste dit qu’elle avait failli rater une marche dans l’escalier. Non loin d’elle, RagDoll avait balancé sa tablette tactile sur le sol en marchant dessus. Il enfouissa une sucette dans sa bouche en trottinant en direction du téléphone pour entendre mieux ce qu’il s’y disait. Le corps de Shiina lui était comme paralysé sur le téléphone qu’elle tenait.

[ Comment… Pourquoi… Mais surtout… Qui… ?! ]

« 3, 2, 1… Boom ! »

Le choc violent de l’explosion qui avait secoué tout le bâtiment retentit dans toute la zone comme si les explosifs étaient ceux qu’on destinait à une démolition. La décharge incendaire non loin de RagDoll et Shiina les avaient tous deux surpris tout autant, les envoyant au sol après la secousse qui s’était répandue dans les mus et le plafond. Le petit pistolet de femme de RagDoll, sa tablette brisée, mais aussi le téléphone de Shiina et le détonateur du collier d’Haruhiro avaient tous étaient projetés à distance au niveau de l’explosion, arrachant un hoquet de surprise à l’esper. Shiina quand à elle, sur le toit, restait au sol, sans bouger, et sans la moindre expression faciale alors que RagDoll courait en direction de l’endroit de l’explosion. Le détonateur devait absolument encore être en état. Il le devait. La fumée de l’explosion se dissipa alors que toute trace du détonateur disparue. L’esper au manteau rose serra les dents en tournant la tête vers le DragonFly en hauteur.

« Meeeerde ! C’était pas prévu dans le plan ça, Sumire-san ! Qu’est ce que je fais maintenant ? Haruhiro est en route ! Votre longue explication s’arrêtait là alors… Y’à intérêt à ce que vous ayez d’autres plans de secours en tête et un bon moyen de me payer le double ! »

Alors que RagDoll tournait la tête vers Shiina Sumire, celle-ci se mit enfin à se relever, comme si elle répondait à son regard. Sa tête était tournée dans sa direction. Deux grosses traces noires s’étaient formées sur son cou, déchirant un peu ce qui les retenaient. Des objets qui se trouvaient à l’intérieur de son cou avaient été tirées par la force magnétique d’Eitaro Kimura mais une force contraire les avaient permi de rester à l’intérieur.

« Viens me récupérer. J’ai le détonateur. *Kkkkrk.* Laisse celle-là et descends vite. *Krrk* Je ne m’attendais certainement pas à quelque chose de ce genre… Raison de plus pour accélérer. »

Une ombre s’étendit derrière RagDoll qui se retourna. Une immense machine à cinq longues pattes mécaniques avait lentement escaladé le bâtiment comme une araignée et se trouvait désormais derrière lui. Au centre de l’explosion se trouvait un objet qui tournait sur lui-même à grande vitesse, juste assez vite pour ne pas s’enflammer. Sous le regard de l’esper de niveau 3, l’objet s’arrêta de tourner. Il se mit à lâcher un soupire puis à articuler un vague sourire stressé en regardant en direction de Miyamoto et Nonoka. Décidément, ça avait pris une sacré tournure… Mais niveau chaos, c’était parfait. Ce genre de chose l’excitait beaucoup.

« Ahaha, pfouaaah… J’adore cette ville. »

RagDoll se mit alors à courir sur le toît, avant de sauter sur le Butterfly pour récupérer le détonateur du collier d’Haru. L’esper se mit alors à sauter de la machine, se laissant tout simplement tomber dans le vide à plusieurs dizaines de mètres de hauteur. Des larmes commençaient à s’échapper de ses yeux à cause du vent qui lui frappait le visage. Une main s’étira alors de la paroi en éclatant la vitre : une des marionettes qu’il avait placé là au cas où les paramilitaires prennent l’ascenseur. Au final, elle allait servir à quelque chose. La marionette couleur sac à patate réceptionna RagDoll, puis brisa le mur en se mettant à escalader le reste de la paroi jusqu’au sol. Une fois à trois ou quatre mètres de haut, elle se désintégra en fils de tissus éparses, laissant RagDoll tomber sur le toît d’une camionette blanche. Il sauta sur le côté, envoya un violent kick dans le ventre d’un scientifique qui essayait de s’enfuir avec puis ouvrit la portière et se mit à conduire. Articulant un grand sourire, il appuya sur la pédale en tournant les clefs.

« Non en fait... Le triple ! Je demande le triple ! Le quadruple ! Rhaaa, je sais pas. Il y a cette robe en soie super mignonne que je veux acheter, mais je sais pas si elle m’irait vraiment. Le problème vient de la poitrine, en fait. »


♦♦♦


« Tiens et regardez un peu, ils sont toujours en un seul morceau sur le toit, bon je pense qu’on va me demander des comptes par contre, surtout depuis l’intérieur de Therma. Hm, notre acolyte hacker-sama s’est connecté à Superior à l’instant, comme on pouvait s’y attendre, l’endroit n’avait pas été choisi par hasard. Il va pirater ce gros séparateur et le mettre hs. Ah, quelques minutes ? Il me dit que ça devrait prendre quelques minutes. »

« In… Incroyable… »

Nonoka Inoue avait tout fait pour s’empêcher de le dire, mais à présent, elle ne pouvait ressentir autre chose que de l’admiration pour le plan si rapidement trouvé de la jeune fille blonde. Ou peut-être qu’il ne venait pas seulement d’elle, mais dans tous les cas, il était incroyable. Ils avaient réussit à contrôler à la fois les deux différentes zones de combat en usant non pas le leurs propres moyens mis à disposition, mais de ceux de leurs adversaires. Un tel cheminement de pensée ne pouvait certainement pas être l’œuvre d’un simple militaire ou d’un simple étudiant. Ça devait demandé une dose de génie, une dose de chance, et une dose de talent.

« …Quelle idée de petite pétasse pourrie gâtée… Ça me donne envie de mettre mes doigts dans ma trachée et de tout vider dans les toilettes. »

« …Mais… C’est pas si mal, j’imagine… Onii-sa… Onii-chan… Partons d’ici. Elle a l’air de contrôler la situation… Pas vrai ? »

Son frère serré contre lui, la jeune fille aux cheveux verts lui fit rapidement comprendre qu’elle voulait bouger, le faisant la lâcher doucement. Elle huma l’air et leva un sourcil en regardant en direction du toit. Shiina Sumire se trouvait toujours là à les regarder, mais ce n’était pas que ça qu’elle trouvait étrange. Quelque chose de flou fusait dans leur direction… Et cette chose avait des ailes… Des ailes semblables au DragonFly. Faisant bientôt face au duo, Horikawa Kousuke, connectés à de nombreux câbles, était désormais à quelques centimètres des Inoue. La patte de la machine avait été posée sur l’avant du DragonFly.

« Quand je n’ai plus besoin de quelque chose, je m’en sépare. Tu aurais du partir quand tu le pouvais encore, Inoue. »

Le son semblant avoir été dirigé dans leur direction par les capteurs audio de l’immense machine face à elle, Nonoka ne put s’empêcher d’ouvrir la bouche en grand sans comprendre comment tout cela avait pu se passer aussi vite. Un violent souffle d’air lui balaya alors le visage, faisant voleter ses cheveux et ballotter ses bras au gré du vent au dessus de sa tête. Elle eut tout juste le temps de regarder vers son frère avant de sentir le DragonFly se dérober sous ses pieds. Le drone volant sur lequel elle et son frère se trouvait avait été séparé en deux morceaux tournoyant dans les airs, et eux deux, comme des anges tombés du paradis, étaient à présent en train d’entamer la descente à plusieurs dizaines de mètres par rapport au sol.



♦♦♦



« Ryosei ! Ryosei ! »

« Que vas-tu faire, maintenant ? »

Otaki se mit à courir en suivant Fuyu, l’air de ne rien comprendre à ce qu’il venait de se passer. L’air avait comme explosé, et une trace de chaleur… Les drones… Des flammes… Une déflagration… Et un tremblement de terre. Elle regarda en l’air un instant pour voir que même la pluie avait été arrêtée. Qu’est ce qui avait bien pu se passer au juste… Etait-ce l’œuvre d’Eitaro Kimura-san ? Une fois sur les lieux, l’adolescente en débardeur et aux longs cheveux violets regarda tour à tour les personnes sur la zone encore parcouru des remouts des cendres retombants vers le sol. Qu’était-il arrivé à Ryosei ? Apparemment, il avait été touché par l’évènement qui s’était produit. Otaki devait-elle relier tout ça à la voix de la petite fille qu’elle avait entendue dans la radio de Fuyu ?

« Et bien, mon travail est de récupérer Akutoku. Mais je suis sûr qu’on trouvera un arrangement, puisque mon employeur t’a sauvé la vie. »

[ Un… Arrangement ? Qui est ce type, au juste… ? ]

La fumée se dissipait peu à peu, alors que la salive se bloqua dans la gorge de la jeune fille quand elle tourna la tête sur la gauche. De la glace. Pas n’importe quelle glace… Celle d’Akutoku Reitoko. Elle se mit à se crisper en comprenant où elle était. Ils y étaient. La mission de leur escouade s’était retrouvée au point culminant. Maintenant que la jeune fille était là, il ne restait plus qu’à s’occuper de son agresseur… Mais était-il seulement encore là ?

« Aibak, c’est ça ? »

Damballa leva un de ses pieds nus et pris dans son autre main un pan des vêtements d’Eitaro Kimura pour se l’essuyer, avant de faire de même avec son autre pied et une autre partie de sa veste noire. Il se mit ensuite à hocher la tête en direction de l’homme qui lui avait demandé, et qui répondait désormais à son interlocuteur de l’autre côté. Damballa se mit ensuite à regarder en direction de la fumée qui se dissipait à un endroit particulier. Elle sentait qu’il était encore là, évidemment. Otaki Sumire quand à elle semblait des plus heureuses. Un sourire ne s’était pas réellement formé sur son visage mais alors qu’elle s’élançait vers Eitaro Kimura-san, des étoiles étaient apparus dans ses yeux. Damballa se mit à souffler un instant puis leva la tête vers l’esper aux pouvoirs ferrokinétiques pour lui donner un nouveau conseil, avant d’être interrompue par sa trachée qui s’était détachée du reste de son corps comme on aurait retiré un cable d’une prise.

Sans trop comprendre ce qui venait de lui arriver, l’esprit dans la petite fille noire finit par percuter que sa tête s’était séparée de son corps qui lui avait été ouvert en deux, laissant libre court aux organes à l’intérieur de se répandre aux alentours. Heuresement, le coup avait apparemment était assez calculé pour qu’aucune, même pas la plus infime goutte de sang en ébullition ne se pose sur les vêtements d’Eitaro. Les restes déchiquetés qui n’avaient plus grand-chose d’humain de Damballa s’écrasèrent sur le sol dans une mare de sang pourpre, en lui faisant comprendre, dans un dernier soupire, que cette personne était définitivement dangereuse.

« Kimura-san… Vous avez réussi… Non, on a réussi ! Nous y sommes ! Qu’est ce que vous préconisez à présent ? »

Otaki Sumire s’arrêta enfin maintenant qu’elle était à côté de son sempai, désactivant la tronçonneuse formée autour de sa main en laissant l’eau vaporisée rejoindre les restes de Damballa. Sans trop faire attention à la personne qui avait osé salir les vêtements de son supérieur, Otaki piétina le bras de la fillette noire sans y faire attention en se replaçant de manière à regarder en direction de ce qui était désormais le plus important : la masse de glace entourant Superior. Un bruit sourd fit soudain irruption en sonnant aux oreilles de tout le groupe présent, signe que la machine s’était stoppée. Après un silence et un échange de regard étonnés, une tête aux cheveux bleus se releva de la masse de glace.

« Huuuu… C’est quoi ça… Pourquoi le truc marche plus ? »

Akutoku Reitoko souffla une volute d’air froid en balayant les alentours avec son air ahuri. Une lueur dans ses yeux cependant donnait l’impression que ce n’était pas la même personne qui se tenait devant le groupe. Une morsure de serpent était toujours présent à sa cheville gauche, bien visible maintenant qu’elle n’avait plus de chaussure ni de collants. Le reste de ses vêtements étaient sales et porteurs d’un peu de gel. Ses deux couettes bleues voletaient dans l’air pendant que l’air froid venant de Superior se déversait aux alentours.

« C’est votre faute, pas vrai ? »

Un bruissement dans les végétaux restant se fit entendre, alors que le dernier paramilitaire s’écroula au sol, tué sur le coup par un membre d’Anti-Skill armé d’un simple morceau de verre. Celui-ci s’élança en direction de Shoetsu de manière à effectuer la même action, lui trancher la gorge. Evitant son contact, il feinta d’attaquer de face avant de tourner sur le côté de manière à arriver derrière lui puis leva son couteau en tentant de viser la carotide. Au même moment, profitant de l’attention détournée grâce à Akutoku, le deuxième membre d’Anti-Skill sortit des feuillages avec deux longs morceaux de verres dans les mains. Il en lança un premier devant lui en direction d’Eitaro Kimura, puis se pencha en accélérant à une vitesse incroyable, sprintant jusqu’à tourner sur le côté au dernier moment et projeter son deuxième morceau de verre en direction de son œil gauche. Juste après le lancé, celui-ci ne s’arrêta pas, fonçant dans sa direction en évitant des potentiels morceaux de métal projetés, prêt à lui retourner la tête de l’autre côté indéfiniment à mains nues.


« Qu’il en soit ainsi. »

Un homme immense ensanglanté, porteur d’un masque cornu semblable à un crâne au visage, s’éleva de derrière un arbre déraciné. Il leva un autre crâne qu’il avait dans sa main et le dirigea dans la direction du groupe. Son propre sang avait été répandu sur le crâne qu’il portait à la main et avait fait apparaître des écritures étranges sur sa surface. Mais avant qu’Otaki ne puisse venir en aide à Eitaro et faire éclater le sang sur leur adversaire surprise, le sol se mit à trembler. Des racines et des branches s’échappèrent du béton armé, faisant s’élever de nouveaux arbres au centre du champ de bataille en faisant trembler toute la structure.
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Haruhiro Wilkowski

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MessageSujet: Re: [ Alter Fofo ] Une Aku cute et en danger ! (pv Akutoku)   Mar 13 Fév - 2:31

L'énorme machine avait bondit sans prévenir. La jeune mercenaire eut tout juste le temps de se jeter sur côté alors que le bras rouillé de presque deux mètres de longs s'était arraché du corps principal pour trancher les airs à une vitesse effroyable, avant d'aller finalement s’encastrer dans la route à la verticale.

« Il a… fui ? »

« Il en est hors de question ! »


Donnant un coup sec sur le côté de son arme, Azami se remit debout d’un mouvement circulaire prodigué par ses bottes puis tira une rafale dévastatrice sur les derniers Wasps encore dans les airs, réduisant le reste de la menace à néant. Sans attendre une seconde de plus, elle fila à toute vitesse vers Oshiko et plaça un bras dans le dos de la jeune fille, l’attrapant par la taille. Les bottes à propulsion magnétique émirent un bruit, semblant s’adapter au changement de poids un instant mais se stabilisèrent rapidement après une ou deux secondes.

« Manzo-san, je vous laisse le reste. » cria-t-elle avant de pénétrer dans la zone de la station, fusil levé vers le haut et à vitesse maximale.

« Que- hein ?! »

Les deux jeunes filles traversèrent rapidement les quelques mètres les séparant de la station grâce à l’équipement d’Azami, cette dernière s’arrêta devant la porte principale du bâtiment, dont la première couche et face extérieure était une large baie vitrée laissant voir une épaisse porte métallique interne.

« Cette chose est montée là haut, il doit y avoir quelqu’un sur le toit, peut-être la personne qui la contrôle. Je peux monter là haut mais si on est deux, je ne sais pas si- »


Dans un bruit de fracas, la machine sauta brutalement du toit, envoyant des gravas jusqu’aux deux adolescentes au sol. Un bras levé au dessus d’elle pour se protéger, Azami fixa l’énorme insecte mécanique prendre son envol, les dents serrées.

« C’est pas vrai ! »

Après une minute d’immobilité totale, Manzo s’était enfin décidé à s’avancer vers l’entrée de la station lui aussi. Que pouvait-il faire d’autre de toute façon ? Et d’où sortaient ces filles au juste ? Se battre contre un robot géant et des drones armés… ça défiait tout ce qu'il aurait pu imaginer.

Soudain, en même temps qu’un bruit d’impulsion lui provenait depuis le toit de la station, un projectile en forme de seringue fendit les airs pour se planter dans la ceinture de cartouches qu’il portait en bandoulière. Manzo se contenta de baisser tranquillement les yeux d’un air intrigué et légèrement surprit sur l’objet avant de brusquement brandir son fusil devant lui, réalisant la chose avec un léger retard.

« Hé ! Lâche ça ou je te transforme en passoire ! »

Le scientifique, visiblement à la fois apeuré et surprit d'avoir raté son tir ne se fit pas prier et jeta prestement son petit pistolet blanc avant de lever les mains pour montrer qu’il n’était plus un danger. Le cinquantenaire fit coulisser la pompe de son fusil en un aller-retour intimidant puis s’approcha du dernier membre restant de la petite armée en blouse blanche qu’ils avaient du affronter.

Les sourcils froncés et un sentiment de puissance l’accompagnant, Manzo força une voix grave, fusillant le scientifique acculé du regard.

« Tu vas me dire ce qui se passe ici et qui est derrière tout ça. Et pas d’entourloupe, je te signale que vous vous êtes fait botter le cul par deux lycéennes. »




***




« …Quelle idée de petite pétasse pourrie gâtée… Ça me donne envie de mettre mes doigts dans ma trachée et de tout vider dans les toilette… Mais… C’est pas si mal, j’imagine… Onii-sa… Onii-chan… Partons d’ici. Elle a l’air de contrôler la situation… Pas vrai ? »

Le cœur de Miyamoto rata un battement, il avait déjà oublié le début de la phrase de Nonoka pour en retenir que l’essentiel. « Onii-chan ». Sa petite sœur l’avait enfin appelé avec affection. Il hocha la tête, un sourire éclatant figé sur le visage.

Sans oublier qu’elle avait raison, Lily les avait ramené ici contre leur gré mais Miyamoto ne se préoccupait que d’une seule chose désormais : la sécurité de Nonoka. Ils n’avaient plus rien à faire avec ces gens là, plus rien à faire avec le Dark Side et toutes ces histoires. Il était temps de tourner le dos à ce monde, définitivement.

Mais l’ironie du sort n’avait en rien abandonné le destin des Inoue puisque ce fut à ce moment précis que le DragonFly s’ébranla, touché par un monstre métallique de plus de trois fois sa taille.

« N- NONOKA !!! »




***




Les marionnettes s’étaient écroulées. Haletant, Haruhiro examina un instant le disque que lui avait donné RagDoll. Pourquoi lui avait-il confié une arme ? Prévoyait-il de le faire exploser quand il s’y attendrait le moins ?

[ Le chaos, c’est bien ça ? ]

« Ne t’occupes pas de lui, je suis sûr qu’il s’est enfui. On doit absolument y aller maintenant ! Reitoko-chan est là dedans, je le sens ! »

« En tout cas… je ne sais pas ce qu’il se passe là bas, mais on a intérêt à faire vite ! »

L’adolescent se retourna vers le bâtiment, se rappelant les paroles de Shiina. Akutoku se trouvait là dedans, ainsi que le groupe d’Eitarō, et surtout Otaki. Ce dernier nom le crispa, même si elle était à l’intérieur et voulait Akutoku, il ne pouvait pas la combattre.

« Ikuzo ! »

Mais à peine le trio eut-il le temps de faire quelques pas qu’un énorme bruit attira l’attention des adolescents : Therma venait d’exploser. Une grande colonne de fumée s’échappait par les vitres brisées voir complètement soufflées des murs et il ne fallut pas longtemps avant qu’une lueur orangée n’apparaisse au loin, faisant écarquiller les yeux du détenteur d’Instant Shift.

Haruhiro lâcha un juron avant de se remettre à courir, n’essayant même pas de prendre un rythme rapide pour filer le plus vite possible droit devant lui. Il devait y arriver, vite, plus vite, plus vite ! Mais courir était trop lent, qu’est-ce qu’il se passait à l’intérieur ? Est-ce qu’elle allait bien ? Haruhiro fronça les sourcils d’un air déterminé, il devait vérifier.

« Grouillez-vous ! »
cria-t-il à l’attention des deux télépathes avant d’user de sa capacité pour faire un bond en avant, noyant ses mots dans un puissant bruit de décompression.

Au moment où l'adolescent décollait, un bruit de découpe métallique surpassant celui de l’explosion d’air se fit entendre au dessus du trio, faisant lever la tête aux deux membres de Judgement. Dans les airs, quelques mètres à droite de leur position, des objets sombres tombaient du ciel. Encore au dessus se trouvait une énorme machine dont les ailes vibrantes la maintenaient en vol. Au milieu des débris, deux silhouettes étaient discernables, cherchant désespérément à se rejoindre malgré leur chute vers une mort certaine.




***




Eitarō n’avait pas bougé lorsque Damballa avait utilisé sa veste jusque là immaculée pour nettoyer ses pieds, se contentant de la fixer du regard, sans ciller. Le mercenaire ne bougea pas plus lorsque la tête de la jeune fille noire s’éleva légèrement dans les airs, jusqu’à atteindre presque la hauteur de son visage à lui, leurs regards se croisèrent. Lentement, les deux yeux orangés s’éteignirent, dans un bruit écœurant d’écroulement de chair juste en dessous. Ce ne fut qu’ à ce moment précis qu’Eitarō fit un pas en arrière, réalisant avec une expression de surprise ce qu’il venait d’arriver à Damballa, bien en vie moins de deux secondes plus tôt.

« Kimura-san… Vous avez réussi… Non, on a réussi ! Nous y sommes ! Qu’est ce que vous préconisez à présent ? »

Ce fut Shoetsu qui prit la parole, les sourcils levés et une expression étonnée sur le visage.

« Oi oi ! Elle est déjantée celle là ! Pourquoi t’as tué cette fille au juste ? Elle avait pas l’air agressive ni rien pourtant… »

L’esper aux pouvoirs ferromagnétiques dévisagea la jeune esper un instant. Il était bien conscient qu’Otaki Sumire avait une personnalité et une façon d’agir anormale, mais il n’avait pas prévu qu’une exécution sans motif apparent arriverait. Ou était-ce du à sa veste ? Quoi qu’il se passait dans la tête de la jeune fille, elle semblait avoir déjà oublié le cadavre à ses pieds.

[ Quelle était cette réaction ? Cette fille ne représentait aucun danger apparent et disposait d'informations Même venant d’elle c’était- ]

« Huuuu… C’est quoi ça… Pourquoi le truc marche plus ? C’est votre faute, pas vrai ? »

Une fois de plus, ce fut Shoetsu qui réagit le premier, son regard déjà verrouillé sur le morceau de verre ensanglanté qui allait lui trancher la gorge. Son mouvement ample du bras droit fut aisément esquivé par l’attaquant qui disparu subitement de son champ de vision. Le mercenaire n’eut pas le temps de faire un autre mouvement que déjà la pointe du morceau de verre lui rentrait dans le cou. Au moment où la première couche de peau fut coupée par l’arme improvisée, le morceau de verre explosa soudainement en centaines de petits fragments qui furent projetés en sens inverse.

« Vous êtes sacrément rapides, omae tachi. »

Dans le même temps, Eitarō avait détruit le premier projectile en projetant un morceau de métal sur sa trajectoire. Le second morceau de verre triangulaire s’était quand à lui arrêté à moins d’un centimètre de son œil, après avoir traversé sa main gauche dans un bruit de tranche nette. Un petit « clap » sonore se fit entendre alors qu’Eitarō tournait le regard vers la gauche. Aussitôt, les deux mains gantées s’apprêtant à lui attraper la tête furent soudain transpercées de centaines d’aiguilles, les figeant dans leur mouvement.

« Mais les espers sont forts, vous savez ? »

Eitarō se retourna en fixant sa main, non sans se courber et faire un mouvement de tête pour se dégager des doigts qui touchaient déjà sa peau. Dans les airs s’élevait l’agent d’Anti-Skill qui l’avait attaqué, un son rauque s’échappant de sa gorge alors qu’il était figé en l’air dans la position de son attaque. Du sang tachait son équipement et coulait le long de son corps, formant déjà une flaque de rouge en dessous de lui. La cause de cet écoulement était identifiable assez facilement pour n'importe quelle personne dotée du sens de la vue : la multitude d’aiguilles en métal ressortant de son buste, son ventre, ses bras et jambes, son visage, de tout son corps.

« Je ne tue que… lorsque c’est nécessaire. »
lâcha l’esper en fusillant l’homme du regard.

Le mercenaire se tourna sur le côté puis rangea la boîte rectangulaire couverte de velours pourpre dans sa poche, fermant le couvercle en son extrémité d’un mouvement du pouce. Un nouveau « clap » se fit entendre, c’était de là qu’étaient sorties les aiguilles. Au moment du claquement sec émit par la fermeture de la boîte, le membre de Judgement vit ses organes internes se faire déchiqueter, avant que les toutes aiguillent ne sortent simultanément de son corps pour s’organiser en arc de cercle autour de l’esper.

Un bruissement parvint aux oreilles d'Eitaro qui avait entreprit de retirer le morceau de verre d’une quinzaine de centimètres qui transperçait sa main de part en part, résultant en un écoulement de sang qui crispa légèrement les traits de son visage. A quelques mètres de là, le second et dernier membre de Judgement s’écroula au sol, tandis que Shoetsu secouait sa main –qui comment tout son avant bras, était entièrement recouverte de sang- pour en faire partir le liquide rouge, une expression légèrement contrariée sur le visage.

Dans le feu de l’action, ni l’un ni l’autre n’avaient remarqué les gigantesques troncs qui venaient de sortir du sol au centre de la salle. Réussissant enfin à enlever entièrement l’arme improvisée de son agresseur, Eitarō grimaça en prenant la parole.

« Ryosei, la sieste est finie, dépêche-toi. »

[ Cet ennemi est étrange. Quel genre de pouvoir d’esper permet de faire des choses comme faire pousser de la végétation ? Une photosynthèse accélérée ? Sans oublier ces hommes, leurs tenues sont celles de Judgement. Probablement des mercenaires engagés par cet Aibakpour se protéger en cas d’attaque. Non, pour tuer ses opposants. Cela dit, maintenant que Superior est éteint, que cherche-t-il à faire ? ]

Eitarō fixa un instant sa main ensanglantée. Si à ce moment là il n’avait pas utilisé sa montre pour accélérer le mouvement de son bras, il aurait perdu son œil gauche, voir plus encore. Il avait manqué de prudence, ce nouvel adversaire était bien plus dangereux qu’il ne l’avait imaginé.

« R-Ryosei ! »

« Iteee… J’a- J’arrive, Kimura-san. » souffla le téléporteur en se redressant péniblement, une main sur sa blessure au flanc.

Le morceau de métal qui s’était fiché dans la chair du mercenaire en fut sorti d’un coup sec par les pouvoirs magnétiques d’Eitarō, qui ne sembla pas se préoccuper une seule seconde de la douleur que pouvait éprouver Ryosei.

« Agnh ! »

« Fuyu, détruis-moi ces murs. Ryosei tiens toi prêt à agir en cas de besoin. Sumire-san avec moi. »

La seule réponse qu’obtint le mercenaire fut un regard noir de la part de la fillette avant qu’elle ne se redresse pour se mettre face aux troncs qui barraient le passage au groupe.

Lançant un énième regard à sa blessure puis à Otaki tout en ignorant délibérément celui de sa subordonnée, Eitarō fit quelques pas en direction des épais troncs puis se mit à parler d’une voix suffisamment forte pour être seulement entendue de la jeune fille aux cheveux violets.

« On est à deux doigts de récupérer Akutoku, alors ne tue pas sans ma permission. Surveille également cet esper mais la consigne est la même, je t’interdis de le tuer, j'espère que c'est clair.

Sans attendre de réponse de la part de la jeune fille, le mercenaire continua d’avancer droit devant lui. Fuyu avait mi un peu de temps avant de se décider mais se mit néanmoins à courir droit vers les arbres après un dernier coup d’œil inquiet en direction de Ryosei. Une rafale de balles venant d’un fusil d’assaut sous contrôle magnétique frappa la fillette dans le dos, lui permettant de déployer sa barrière psycokinétique juste avant qu’elle ne percute les troncs dans un bruit de craquement de bois.




***




Les bras tendus vers Nonoka qui tombait un peu en dessous de lui, Miyamoto tentait de l’attraper du mieux qu’il le pouvait. Un désespoir sans fond se lisait sur son visage, est-ce qu’ils allaient réellement mourir comme ça ? Alors qu’ils venaient de décider de rentrer à la maison, de tourner le dos à tout ça. Allait-il la perdre, alors qu’il venait à peine de la retrouver ?

[Ça ne peut pas… finir comme ça ! Nonoka ! ]

Dans un ultime effort, sa main attrapa enfin la veste de la jeune fille qu’il ramena vers lui, l’entourant de ses bras protecteurs. Non, qu’avaient-ils de protecteur maintenant ? Tournée de cette façon, Nonoka faisait face au ciel et lui au sol qui se rapprochait à une vitesse effrayante. Elle ne verrait pas sa mort.

Une toute petite lueur s’alluma dans l’esprit de Miyamoto, comme pour le consoler. Au moins, ils mourraient ensemble. Était-ce là leur compensation ? Non, était-ce là sa punition pour avoir fait autant d’erreurs ? Ça, Miyamoto ne le savait pas mais une chose était sûre : Nonoka ne méritait pas ça. Une larme s’envola depuis son œil, filant vers le haut alors qu’il resserrait son étreinte emplie de regrets sur sa petite sœur. Au final il n’avait pas pu se rattraper, il n’avait pas été un frère digne ni un bon membre de famille. Il avait tant de choses à lui dire, tant à lui raconter. Mais ça lui était vraiment interdit, il fallait croire; il n'en avait pas le droit.

Le regard du jeune adulte passa sur sa main droite dont le bandage s’était détaché, laissant voir la plaie laissée par la balle qu’il avait interceptée. Au fond de la chair, dans sa paume, la lumière des premiers rayons du soleil se refléta sur une plaque de métal lisse. Contractant les muscles de son visage, Miyamoto hurla sur le monde, à sa petite soeur qu'il chérissait tant.

« J’ai juré de te protéger, ET JE VAIS LE FAIRE !! »

Et Miyamoto Inoue réutilisa ce qu’il y avait à l’intérieur de son corps, sans se poser de question cette fois: à pleine puissance. La manche recouvrant son bras droit fut réduite en lambeaux puis totalement désintégrée par des arcs électriques bleutés, en même temps que la partie de son pantalon qui recouvrait sa jambe gauche disparaissait dans des crépitements électriques. Un bruit de chargement d’énergie ainsi que d’émanations de courant à haut voltage parvinrent aux oreilles de Nonoka.

Le sol n’était plus qu’à cinq mètres, soutenant Nonoka uniquement de son bras gauche, Miyamoto n’hésita pas et frappa le vide devant lui au moment de toucher le sol. Une puissante onde de choc parcourue d’arcs électriques éjecta de la terre jusqu’à vingt mètres du point d’impact dans un bruit d’explosion, faisant apparaître momentanément un dôme lui aussi parcouru d’énergie électrique l’espace d’une fraction de seconde.

Au centre du cratère terreux, de la fumée s’échappait littéralement de Miyamoto, à quatre pattes et à moitié enfoncé dans la terre. Ce dernier s’extirpa lentement du sol, dévoilant une jambe robotique et un bras presque entièrement mécanisé d’où s’échappait la fumée dans un bruit semblable à celui d’une brûlure au fer rouge. L’homme aux boucles d’oreilles métallisées déposa délicatement Nonoka contre la motte de terre en dessous de lui. Inconsciente mais bien en vie, l’adolescente avait une blessure sanglante à la tête, ainsi que plusieurs côtes cassées et un bras en piteux état. Cependant, sa colonne vertébrale avait été épargnée par le choc.

« Ne t’inquiètes pas, je reviens vite. » dit doucement Miyamoto en replaçant une mèche de cheveux sur le front de sa petite sœur.

Alors que des pas se faisaient entendre sur sa gauche, l’aîné des Inoue reprit des appuis, sa main de chair et d’os fichée dans la terre. Un grésillement se fit entendre dans son oreillette. Ses yeux s’illuminèrent d’un bleu acier, en même temps qu’un nouveau bruit de chargement se faisait entendre dans son corps. Une voix rauque sortit de sa gorge.

« Lily… cette femme, je vais me la faire. »

Dans un bruit de détonation, Miyamoto disparut de sa position en envoyant des gerbes de terre et de pierre derrière lui, l’espace le séparant du bâtiment principal de Therma fut parcouru à une vitesse avoisinant les cent kilomètres-heure avant qu’un bond prodigieux ne le propulse directement contre la façade. Sa jambe métallique s’enfonça de vingts bons centimètres dans le mur en même temps que ses doigts, dans un bruit de craquement rocheux. Le regard rivé vers le ciel, Miyamoto poussa de nouveau sur ses jambes. Le second bond, à la verticale cette fois, permit à l’ancien Skill-out de poser sa main gauche sur le rebord du toit où il se hissa d’un seul geste, grâce à son élan. Un bruit métallique retentit lorsque son pied gauche entra en contact avec le sol, à une dizaine de mètres de celle qu’il s’était juré de tuer.

Les yeux toujours allumés d’une lueur d'un bleu surnaturel et une haine visible dans le regard, Miyamoto ouvrit la bouche.

« Je viens pour ta vie, ordure. »




***




Les dents serrées et les yeux écarquillés, Lily s’était redressée sur son matelas et tenait le micro de son casque du bout des doigts au plus près de sa bouche.

« Miyamoto ! Miyamoto qu’est-ce qui se passe ? »

Après avoir lâché un juron dans une langue étrangère, l’informatrice aux cheveux blonds changea de canal de discussion. Devant elle, l’écran de télévision affichait de la neige.

« Qu’est-ce qui s’est passé ? C’était quoi cette chose ?! »

« La connexion a été perdue, il semblerait que le drone sur lequel ils se trouvaient ait été détruit. »

« Qu-quoi ?! »

L’écran se brouilla un instant avant d’afficher une image floue sur laquelle Lily pu distinguer l’avant du type_Butterfly, ainsi qu’une longue patte mécanique dirigée sur un point hors-champ, derrière l’objectif de la caméra.

« Voici la dernière image reçue par la transmission vidéo. Je doute fort que le DragonFLy ait pu résister à une attaque de cet engin, en jugeant seulement par la différence de taille, il est clair que- »

Une transmission coupa la voix modifiée dans sa phrase, figeant la fillette sur place.

« Lily… cette femme, je vais me la faire. »

« Miyamoto ! Attends- ABRUTI ! »

Le petit poing serré de la fillette s’écrasa sur la table à sa droite, manquant de renverser sa tasse de thé encore à moitié pleine.

« Number, montre-moi l’intérieur de la station ! Réactive tout le système s’il faut mais connecte toi ! »

« Es-tu sûre ? Ça pourrait- »

« Īkara, HAYAKU ! »




***




Des copeaux de bois voletant dans tous les sens autour d’elle, Fuyu avait réussi à passer au travers de la barrière naturelle qui s’était formée devant le groupe d’espers, démolissant trois arbres sur son passage. Un air concentré sur le visage, elle dévisagea l’homme géant qui lui faisait face, son visage caché par un crâne couvert de sang.

Soudain, un bruit de verre brisé se fit entendre sur la droite, juste avant qu’un pied n'heurte le visage masqué, craquelant le crâne qu'il portait sur un côté. Une explosion retentit, projetant qu’Aibak à l’autre bout de la pièce dans un puissant souffle d'air.

Dérapant sur le sol, Haruhiro se retourna pour faire face à la jeune fille aux couettes bleues, légèrement en hauteur près de Superior.

« AKUUU ! » hurla-t-il de toutes ses forces, figeant le reste des personnes présentes dans la salle.

« Ooh, est-ce que tu ne serais pas… ? »

Les pupilles d’Eitarō se rétractèrent subitement en voyant le nouvel arrivant. Il exécuta un mouvement horizontal du bras droit et trancha l'air, une expression de colère pure incrustée sur le visage.

[ Lui ! C’est trop tard, il va me gêner maintenant ! ]

« Ryosei ! »

Mais un coup d’œil en arrière fit comprendre au mercenaire que son ordre ne serait pas exécuté. Sa chemise imbibée de sang, le téléporteur gisait au sol face contre terre, une énorme tache rouge sur tout le côté droit de son corps.

« Tch ! Otaki, tue-le ! Vas y à pleine puissance, c'est un ordre. »
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Akutoku Reitōko

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MessageSujet: Re: [ Alter Fofo ] Une Aku cute et en danger ! (pv Akutoku)   Mar 13 Fév - 23:33

« Ueh?! »

Le boulet de canon qui avait foncé sur Onigawara Oshiko avait peut-être semblé innoffensif au premier abord, mais maintenant que le bras d’Azami était enroulé autour de sa taille, ça avait plutôt tout l’air d’une agression. Décidément, cette fille avait un sacré caractère impulsif, dès que la membre de Judgment retirait les yeux de sa camarade, elle avait ou tué plusieurs personnes, ou volé sur plusieurs mètres ou alors s’apprêtait à embrasser Oshiko en détruisant les limites de son espace vital. Du moins, c’était tout ce que cette position semblait inspirer comme idée.

« Manzo-san, je vous laisse le reste. »

« Miura-san, je ne suis pas de ce genre l- àaaaaaaaaaaaah !! »

Oshiko ferma un œil d’où s’échappa une larme à cause de l’air qui lui fouetait le visage, puis posa elle aussi sa main dans le dos d’Azami juste pour se donner une sécurité supplémentaire, stabilisé ou non, ses gadgets allaient à une vitesse pas possible et avec le côté imprévisible de sa camarade, Onigawara ne doutait pas qu’elle se mette à traverser une vitre ou à sauter d’un immeubles de plusieurs étages. Heureusement pour cette fois, l’adolescente s’arrêta à proximité du bâtiment sans bondir à l’intérieur.

« Cette chose est montée là haut, il doit y avoir quelqu’un sur le toit, peut-être la personne qui la contrôle. Je peux monter là haut mais si on est deux, je ne sais pas si- »

Cependant, une interjection de la part de sa camarade et des gravats leurs atterissant sur la tête fit comprendre à Onigawara que rattraper la bête allait être difficile.

« Il s’est vraiment échappé, hein… Bizarre. »

[ Et c’est quoi ça, des ailes ? Ce truc à pas du tout l’air d’avoir été fabriqué pour être pratique… Qui est-ce qui le pilote, au juste ? ]

En entendant Manzo non loin hausser lui aussi la voix, Onigawara se retourna pour voir qu’il tenait apparemment en joue un scientifique et l’avait désarmé. Elle se mit à regarder à gauche puis à droite, mais ne voyant plus aucun individu dans la zone, elle en déduisit qu’il devait être celui qui pilotait la machine, à moins que celui-ci se trouve à l’intérieur d’un des fourgons. Des consoles sembables à des tablettes tactiles avaient été laissées au sol et certaines semblaient fracturées, ça devait expliquer comment Azami avait pu, malgré ses capacités, avoir ses drones aussi facilement.

« Tu vas me dire ce qui se passe ici et qui est derrière tout ça. Et pas d’entourloupe, je te signale que vous vous êtes fait botter le cul par deux lycéennes. »

« D-d’accord, du calme monsieur ! Je suis dans l’équipe technique moi, je sais rien de tout ce qu’il se passe… Je suis juste sur les lieux pour récupérer des données sur le Type_Butterfly et faire en sorte de le rapatrier… Je n’peux pas vous laisser le détruire, vous comprenez… ?! »

L’homme avait de gros cernes sous les yeux et était l’un des rares à ne pas avoir de lunettes rectangluraies au bout du nez. Onigawara se disait qu’il n’avait pour le coup pas vraiment l’air banal des autres scientifiques pour tout dire. Malgré son air véritablement effrayé et ses mains brandit en l’air, il n’avait pas l’air de quelqu’un qui n’avait pas de suite dans les idées. La poussière sur sa blouse et un chargeur porteur d’autres cartouches de narcotique dans la poche semblait annoncer qu’il n’avait pas décidé de s’échapper comme les autres. En relevant son regard dans sa direction, Oshiko se trouva en revanche assez déçue de ne pas avoir de tablette ou de commandes sur lui. Si il y avait un membre de Judgment à l’intérieur de cette machine, il fallait absolument l’arrêter.

« …Moi je travaillais pour l’ancien directeur, pas cette femme ! C’est… C’était son idée de déplacer le prototype jusqu’ici, alors qu’il n’est qu’en phase expérimental ! Ce serait… Ce serait terrible si il était endommagé ? »

« Hm... Et comment est-ce qu’on peut l’arrêter sans le détruire ? »

Aussi étrange que cela puisse paraître, Onigawara n’avait pas vraiment envie de lui faire du mal pour qu’il avoue, après tout elle avait fait assez de tapage jusqu’ici, et Manzo et son arme étaient déjà assez effrayant comme ça. Qui sait, un homme de cet âge pourrait appuyer sur la gâchette sans faire exprès. Dans tous les cas, l’homme semblait ne pas rechigner à donner la réponse, après tout l’issu de ce plan ci devait lui convenir à lui aussi, même si Azami n’avait pas l’air d’accord.

« Comme n’importe quel objet céleste incontrôlable… En attendant qu’il n’ait plus d’énergie à déverser aux alentours… Ou en coupant l’alimentation. »
Faisant un pas dans sa direction en levant une main vers un Manzo qui décidément aimait beaucoup son nouveau poste d’interrogateur, Oshiko fit de son mieux pour, dans le même temps, empêcher d’un regard vif et froid l’adolescente qui lui avait sauté dans les bras de lui foutre un coup de poing dans le plexus.

« …Et qui est le pilote ? »

Le scientifique brisa totalement l’atmosphère pesante qu’avait réussit à instaurer le trio en se mettant à rire comme si ses nerfs avaient lâchés. Il se plia en deux avant de plaquer sa main sur son visage, tombant dans les limbes du désespoir à la manière d’un homme qui a vu sa villa s’effondrer sous une tempête. Si Onigawara ne trouvait pas qu’il avait l’air d’un hikikomori atteint de démence, elle lui aurait peut-être donné une tape dans le dos.

« Hh… Il n’y a pas de pilote. »

♦♦♦

« N- NONOKA !!! »

« Ah- »

L’air passant dans les poumons de Nonoka lui fit rater un battement de cœur, alors qu’elle étendait la main en direction de son frère, le vent s’engouffrant dans sa veste à capuche en la faisant battre dans tous les sens. Elle regarda les deux morceaux du DragonFly tournoyer plus haut, chauffant de plus en plus vite jusqu’à ne devenir que des morceaux de métal noir biscornus. C’était comme si la machine ailée la regardait, avec ses deux pattes étendues vers l’arrières desquelles s’étaient formés les mêmes ailes fines faites de plastique translucide du DragonFly. Le garçon dans la machine… C’était celui qu’elle avait blessé gravement avec Wasp-3.

[ Une… Vengeance… ? ]

Alors que son cou commençait à lui faire mal, les doigts de son frère se refermèrent sur l’une des pointes de sa veste vert flashy, la tirant vers lui jusqu’à qu’il puisse l’ensserrer dans ses bras. Clignant des yeux, l’adolescente regarda en direction de son frère en se détournant finalement du Type_Butterfly qui restait dans les airs à regarder le duo pendant un instant, avant de lâcher de son emprise les deux morceaux déchiquetés du drone volant. Nonoka Inoue regarda les nuages qui devenaient de plus en plus petit alors que l’odeur des vêtements de son frère lui parvinrent aux narines.

[ Donc c’était ça, le projet pour lequel ils avaient besoin de mes travaux… J’étais tellement bête de penser que j’étais libre… J’étais juste un outil… Comme les Wasp… Je ne serais jamais libre. ]

« …J’ai juré de te protéger, ET JE VAIS LE FAIRE !! »

Une lumière chaude et agréable virevoleta dans la vision de Nonoka, avant que celle-ci ne comprène qu’elle venait de son frère. Papillonnant des yeux, l’adolescente fit courir ses yeux le long de l’armature métallique qui produisait ses arcs éléctriques. Alors c’était, le secret de son frère ? Après un long soupire, Nonoka fit glisser sa tête dans le creux de l’épaule de son frère, avant de serrer son étreinte elle aussi. Qu’est ce qu’elle pouvait faire ? Elle avait l’impression d’avoir tout, de tout contrôler, de tout pouvoir atteindre en tendant la main, mais au final, elle était totalement impuissante. Même quelque chose d’aussi proche, elle ne pouvait pas l’atteindre avec sa main. Juste un peu de bonheur.

« Tout va bien…  »

Après avoir chuchoté ses mots pour elle-même, un choc parvint aux oreilles de la jeune fille, et puis plus rien. Le papillon de métal tourna sur lui-même, inspecta la scène d’en haut, puis disparut derrière un immeuble dans un vrombissement et le bruit caractéristique de ses deux pattes avant s’enfonçant dans le béton.. Il avait besoin de mieux connaître son environnement.

♦♦♦

« Je ne tue que… lorsque c’est nécessaire. »

Otaki Sumire se mit à souffler lentement une volute d’air chaud. Elle regarda en direction du corps sanguinolent qui venait de s’écrouler au sol, le comparant presque avec l’autre cadavre, celui qu’avait créé l’attaque de l’homme au gabarit impressionnant. Elle vint donner un petit coup de pied dans le visage du membre d’Anti-Skill transformé en passoire pour s’assurer qu’il était mort, puis retourna faire quelques pas en direction du groupe. Elle aurait pu s’en occuper si elle n’avait pas été prise par surprise par Akutoku et les végétaux qui étaient sortis du sol sans crier gare, mais ça n’aurait pas vraiment changé l’état de leurs ennemis apparemment.

« Fuyu, détruis-moi ces murs. Ryosei tiens toi prêt à agir en cas de besoin. Sumire-san avec moi. »

S’exécutant, la jeune fille au cheveux violets ajusta son débardeur d’une main en se mettant à scrutter les alentours. L’homme au masque était sûrement derrière la barrière végétale, mais celle-ci ne risquait pas de servir à grand-chose à part lui faire gagner un peu de temps. Elle laissa poser son regard sur Fuyu et Ryosei, le visage de la jeune fille et la blessure du garçon aux yeux verts. Etaient-ils tous les deux encore capable de tenir le coup physiquement et psychologiquement ? Eitaro Kimura l’interrompit dans ses pensées alors qu’elle se retournait vers lui.

« On est à deux doigts de récupérer Akutoku, alors ne tue pas sans ma permission. Surveille également cet esper mais la consigne est la même, je t’interdis de le tuer, j'espère que c'est clair.

L’esper aux pouvoirs ferrokinétiques se mit à s’éloigner, laissant de nouveau le loisir à Otaki de regarder derrière elle d’un air dubitative ‘‘l’esper’’ équipé d’une musculature aussi imposante. D’où est-ce qu’il sortait, lui aussi ? La petite à la peau noire avait tout de suite semblée être une alliée du Magicien, mais celui-là, elle n’en avait aucune idée. Dans tous les cas, si il se remettait à parler de façon aussi calme, Otaki allait finir par le suspecter un peu trop de ne pas être dans leur camp, mais surtout de ne pas être dans son camp à elle. Cependant, l’ordre d’Eitaro n’était pas sorti de son esprit.

[ Il faut vite… Récupérer Akutoku. C’est l’objectif principal… Depuis le début. Je ne dois rien laisser m’éloigner de ça… Pas même… ]

« Oui oui, c’est bien compris, sempai. »


♦♦♦


A une certaine distance de là, sur un toit, Miyamoto Inoue venait d’attérir, propulsé par ses capacités surhumaines, son regard et son expression empreintes de rage entièrement dirigé vers la silouhette devant lui. Une dizaine de mètres se trouvait en effet la figure de Shiina Sumire, stoïque, qui regardait en direction de là où l’explosion causée par le Type_Butterfly avait eu lieu. Il n’y avait absolument aucun intérêt dans son regard et dans son expression, comme si tout le reste n’avait aucune espèce d’importance. Et pourtant, quelque chose était différent, quelque chose n’allait pas. Miyamoto n’attendit pas et fonça dans sa direction, elle ne bougea cependant pas, le laissant arriver jusqu’à elle sans même s’embêter à le regarder.

Quelque chose n’allait pas. L’ainé des Inoue arriva au corps à corps et sans attendre, se saisit de la femme avant qu’elle ne puiss répliquer ou activer un quelconque piège. Mais elle ne réagissa pas. Et sans plus de résistance et sans pourtant que Miyamoto y mette toute sa force, le corps de Shiina se déchira dans la diagonale en vidant l’intérieur aux alentours. Et tout d’un coup, ce qui n’allait pas se révéla à Miyamoto comme une piqûre de rappel. Shiina Sumire n’avait jamais été là. Elle n’était jamais allé se placer dans une zone aussi dangereuse que le toît d’un bâtiment à découvert. Peu à peu, la marionette en tissu à l’effigie de Shiina Sumire, qui avait pourtant l’air si humaine se mit à s’écrouler au sol, alors que d’une ouverture au niveau du cou, un micro et un écouteur à moitié détruits par du magnétisme s’échapèrent en roulant sur le côté.


Les mains sur le volant, la conduite n’était pas exactement des plus simple pour RagDoll, qui avait toujours sa capuche rabaissée sur son visage, y envoyant une ombre qui masquait ses yeux pour un observateur extérieur. Celui-ci ouvrit la boite à gant du tableau de bord et en vida rapidement le contenu sur la banquette avant, puis se mit à grogner en voyant qu’il n’y avait aucune arme. Tournant le volant avec ses deux mains, il se mit à braquer la camionette en la faisant faire un virage. Non, sortir était tout autant une mauvaise idée que foncer à l’intérieur de Therma sans arme. Maintenant que le message de cette fillette était passé sur les ondes, il y avait de grandes chances pour que l’Agence profite de l’occasion pour leur tomber dessus.

« …En tout cas waow, c’était plutôt incroyable le coup avec votre machine là. J’aurais pas imaginé que vous puissiez le manipuler avec auuutant de précision. »

« Je ne vois pas de quoi tu parles. Ce n’est pas moi qui le pilote, cette machine n’a pas encore de système pareil. Mais puisqu’il utilise les informations des Wasp pour se guider, je peux faire en sorte qu’il récupère des objets ou le faire s’intéresser à des endroits en lui faisant croire que c’est une zone où les Wasp ‘‘vont plus vite’’ ou ‘‘fonctionnent correctement’’.  Si je lui indique en utilisant cette manière que ‘‘cet objet est important’’ ou ‘‘cet objet est une cible’’ alors il ira le chercher. Enfin, il y a beaucoup de chance pour qu’il le fasse. »

RagDoll n’était pas vraiment du genre à être largué dans une discussion de ce genre, et pourtant il devait avouer qu’il ne voyait pas vraiment où Shiina Sumire voulait en venir. Est-ce que cette machine bougeait toute seule oui ou non ? Il se mit soupirer lentement avant de reprendre.« … Si ce collier avait été détruit par l’explosion, Haruhiro serait un légume, correct ?  »

Un bruissement de cheveux retentissant aux oreilles de RagDoll lui fit renfrogner le nez alors qu’il passa une main dans la poche de son manteau, en sortant le détonateur activant le collier que son ancien camarade mercenaire portait au cou. « C’est exact. »

« Donc c’est un peu comme si ce truc voulait le sauver, nan ? »

« Non… Non absolument pas, c’est une arme, considère-le comme un pistolet. Je peux appuyer sur « tirer » ou « tirer très fort » et le pointer dans la bonne direction avec mon astuce, mais Horikawa est dans le coma, je doute qu’il puisse réellement intéragir avec le reste du monde. Ce ne doivent être que des bug, c’est un prototype après tout. »

Mais avant que RagDoll ne puisse expliciter son point de vue, une tâche de sang attira son attenion sur la manche de son manteau. Il se mit à ralentir légèrement avant de passer sa manche sous son nez pour y voir que c’était bien de ce côté qu’il s’était mis à saigner. C’était mauvais. Cela devait être l’effet de la drogue qui avait affecté son pouvoir. Jouer aussi longtemps avec les distances maximales et la quantité de tissu risquait de mal finir, s’inspirer des techniques de Kouzaku Mitori avec son pouvoir n’était finalement peut-être pas une si bonne idée. Il se mit à articuler un grand sourire en jouant avec le détonateur dans son autre main.

« On dirait que vous allez devoir m’oublier pour tout ce qui est vilain tour, votre saleté de drogue a arrêté de faire effet. Si vous avez un bon plan pour nous sortir de cette merde avant que je sois payé, je suis preneur… Je connais l’Agence,  c’était de là que je prenais la plupart de mes boulots avant. Ses types sont sacrément plus proche des dirigeants de la Cité Académique que votre ‘‘Bloc K’’ ou je sais pas quelle connerie le sera jamais, mon ange. »

Un bruissement de vêtements se fit entendre à l’arrière du fourgon, ce qui attira le regard du mercenaire aux cheveux roses dans le rétroviseur. Sumire Shiina était à l’arrière en train de changer son uniforme indigo avec des vêtements noirs plus sobres. Zieutant rapidement ses sous-vêtements violets plutôt neutres, le jeune mercenaire, au lieu d’être embarassé ou de détourner le regard, continua de regarder et semblait même plutôt irrité, ne manquant pas de le faire comprendre à sa passagère.

« Des sous-vêtements aussi basiques, quel manque de goût. »

« …Je ne veux pas entendre ça de la part d’un garçon de quinze ans. »

Dans la fourgonnette blanche, Shiina Sumire donna un coup du plat de la main pour passer sa queue de cheval à l’arrière de sa tête avant de venir attraper un stylo plume argenté qu’elle vint ajouter à sa collection, dans sa veste en cuir noir à boutons dorés. Elle envoya un sourire charmeur en venant sussurer à l’oreille du garçon qui semblait désormais la bouder, jouant avec le bouton du détonateur avec une de ses joues gonflée.

« Ce qui serait suicidaire, ce serait d’essayer de vouloir les combattre alors qu’ils vont tous s’entretuer joyeusement là bas. Et si quelqu’un sort, on a simplement à s’assurer qu’il disparaisse, n’est-ce pas ? Si il ne reste plus que moi pour clâmer la destruction du « Magicien », alors Agence ou pas, c’est moi qui aura un nouvel hélicoptère et toi qui aura ta nouvelle robe en soie. Chaos pour chaos, autant ressortir gagnant, non ? »

«  Comme un serpent qui digère sa proie, inutile de se presser. Ils sont déjà à notre merci… Parce que mon plan final est déjà lancé. Le seul hic qui pourrait se passer soit que cette personne inconnue, cette fillette au micro qui a réussit à me battre une première fois avec mes pièces… Oui, mais si jamais elle réussisait aussi à stopper ça, j’aurais une ouverture, j’en suis sûr. Je pourrais trouver la trace de sa pénétration dans le système du Type_Butterfly qu’elle aura hacké et trouver sa position… Et j’aurais donc un gros moyen de pression… »

Shiina Sumire attrapa la tablette qui était tombé sur le siège passager et vint appuyer sur le bouton de l’application pour la lancer. Sur celle-ci, la caméra et la réception audio du Type_Butterfly était apparu. Venant toucher l’écran du bout de son doigt délicat, la femme laissa un petit menu se former. Ce n’était pas le panneau de contrôle du Type_Butterfly, c’était sa collecte d’information, à l’aide du réseau encore actif des antennes de tous les fourgons où avaient été contrôlés les Wasp. Elle se mit à entourer la station d’épuration d’eau Therma avec son doigt avant d’effectuer une nouvelle pression avec le bout de son doigt sur l’écran. Devant la cible se trouvait Miyamoto Inoue, l’homme accompagnant Nonoka Inoue. Son frère. Dans un déclic, les capteurs de l’énorme drone posté sur un immeuble en construction se dirigèrent en direction du toit de Therma. Dans un souffle de vent, il ouvrit ses ailes.

« Ah oui ? J’aimerais bien savoir comment vous allez empêcher un groupe d’une dizaine d’esper aussi dangereux qu’Eitaro Kimura-chan, Tôko-chan, Haruhiro-chan et notre mystérieux « Magicien » tout ça regroupé dans le même endroit. »

« Mh mh… RagDoll, tu as déjà entendu parler d’un gyroscope ? »

Intrigué, l’esper aux cheveux rose passa la tête derrière pour jeter un œil à la jeune femme qui, d’un mouvement de la main, lui indiquant de continuer d’amorcer son virage autour de Therma.

« C’est un objet qui tourne sur lui-même en fournissant un mouvement constant. Maintenant… Imagine des fourmis qui habitent sur le gyroscope. »

Le visage de RagDoll commença à se décomposer, son regard sous sa capuche devenant livide alors que sa voix resta bloquée dans sa gorge.

« Qu’est ce que tu penses qu’il se passerait si les fourmis se mettait à sauter hors du gyroscope alors qu’il tourne ? »

« Non... Vous êtes… »

« … Déterminée. »

Un sourire rempli de dents pointues se mit à se former sur le visage de RagDoll qui se retourna en direction de la route, une goutte de sueur s’écoulant sur sa joue. Voilà pourquoi elle voulait faire un virage autour de la station d’épuration. Décidément, il allait avoir le chaos qu’il désirait tant voir plus tôt que prévu. Du plus profond de son cœur, il espérait qu’Haruhiro soit aux premières loges pour le savourer autant qu’ils allaient le savourer.

♦♦♦


« Haruhiro-kun ! Merde ! Sempai, vite ! »

Nakamura se mit à courir dès qu’Haruhiro avait disparu de sa vision. Le garçon au chapeau derrière n’attendit lui non plus pas une seconde de plus et s’élança à sa suite. Regardant en l’air, il sentit que quelque chose se préparait. Le soleil était en train de se lever et le silence avait rapidement prédominé après la violente explosion. Plus aucun drone volant dans les airs après la chute de celui qui devait survoler près d’eux. Le garçon habillé en beige avait cru voir des gens tomber du véhicule volant et des arcs élétriques se former à la zone d’impact, mais il n’en avait pas informé le reste du groupe. Ils devaient se focaliser sur la mission en cours, si des scientifiques se faisaient blesser en chemin, Anti-Skill les aideraient. Mais qui aidera Akutoku Reitoko si ils ne faisaient rien ?

«Mh ! »

Otaki Sumire releva la tête en voyant les copeaux de bois se faire projeter en tout sens. Fuyu avait réussit à faire une percée, le pouvoir de cette jeune fille était décidément extrêmement utile. Elle put voir dans le trou l’homme de plus de 2 mètres à la peau sombre tenter de se protéger sans succès de l’attaque de celle-ci, son sang se faisant projeter jusqu’aux arbres déracinés alors que son corps alla voler plus loin. Impossible qu’il se relève après quelque chose comme ça, éviter la déflagration provoquée par Eitaro Kimura-san n’avait été assurément qu’un coup de chance. Tout d’un coup, un autre bruit interrompit Otaki qui s’aprêtait à avancer. Mais le bruit ne venait pas du côté où elle aurait pu l’imaginer.

« AKUUU ! »

Le sang de la fille aux cheveux violets ne fit qu’un tour alors qu’elle se détourna en direction du son pour en avoir le cœur net. Oui. C’était bien lui. Haruhiro Wilkowski. Le garçon qui l’avait détruite sous le pont. Les muscles du visage de la jeune fille se mirent à se serrer si fort qu’elle crut qu’elle allait faire exploser une des veines de son cou, son regard n’exprimant plus qu’une rage silencieuse mais brûlante comme une étoile. Elle allait le détruire, ici et maintenant. Elle n’avait besoin que d’un seul mot, un seul pas.

« Ryosei ! »

Un petit silence suivit l’interjection d’Eitaro Kimura, alors qu’on aurait pu entendre une mouche voler. Un rayon de soleil timide traversa la baie vitrée, venant chatouiller la partie gauche de la station d’épuration en laissant le reste dans une demi luminosité. Le regard d’Otaki croisa celui d’Haruhiro. Elle avait une volonté de meurtre tellement palpable qu’on aurait pu la ressentir en passant sa main à quelques centimètres de son visage.

« Tch ! Otaki, tue-le ! Vas y à pleine puissance, c'est un ordre. »

« Oui. »

Un seul mot réussit à s’échapper des dents d’Otaki alors qu’elle s’élança en direction d’Haruhiro en souriant. Le premier sourire qu’elle avait produit depuis 4 ans était le cadeau d’adieu qu’elle donna au mercenaire en fonçant dans sa direction, prête à lui donner un coup mortel. Qu’est ce qu’elle ferait sauter en premier ? Ses yeux ? Sa langue ? Tant de choix différents. Pourquoi pas tout en même temps ? Nakamura et le garçon au chapeau arrivèrent à ce moment précis à une dizaine de mètres du groupe d’esper, totalement essouflés, leur visage mué par la surprise en voyant les personnes qui se trouvaient dans leur champ de vision, la télépathe notamment, ne put s’empêcher un haut le cœur en voyant Otaki foncer sur Haru avec son regard empreint d’une rage folle.

A quelques mètres de là, Akutoku Reitoko replongea son regard aux plus profonds de Superior. Quelqu’un avait rallumé le système, et ce faisant, rallumé l’ouverture principale de la valve présentant le tunnel. Un grand sourire apparu sur le visage d’Akutoku en même temps que celui d’Otaki s’agrandissait à mesurait qu’elle se rapprochait de sa cible. D’un geste, la fillette aux cheveux bleus, ne faisant même pas attention à Fuyu, Aibak qui avait été incrusté dans un mur par la force de son attaque, et le reste du groupe derrière les arbres déracinés, gela totalement les parois de l’ouverture la valve.

« Voi-là ! Maintenant ça ne se fermera pluuus ! »

Mais quelque de puissant s’échappa de l’intérieur du tunnel, cachant le fond à Akutoku Reitoko. Quelque chose de si puissant que les tuyaux se mirent à trembler. Enfermer dans un espace totalement clos, la chose qui avait été avancée dans les conduits par l’adolescente s’apprêtait à suivre les lois les plus simples des gaz, occuper l’espace. Et voilà que de l’espace venait de s’ouvrir vers le haut. Aku ouvra grand la bouche en voyant un grand nuage blanc tendant vers un bleu légérèrement pâle filer dans sa direction à une vitesse incroyable, et en moins de temps qu’elle n’en avait pour le dire, le gaz s’échappa de Superior.

« Haruhiro-kun !!! »

1/2 The Mist:
 

Et tout d’un coup, le brouillard englouti toute l’étage de la station d’épuration d’eau où se trouvait le groupe. Nakamura fit un pas de recul dans le brouillard en mettant sa main devant sa bouche par peur qu’il soit toxique. Otaki quand à elle s’arrêta, frappant avec son poing dans la masse opaque en serrant les dents. Elle l’avait perdu de vue pendant une seconde. Le garçon au chapeau et le reste du groupe se mit aussi à avancer à l’aveuglette à présent, mais le télépathe fronça les sourcils et tourna la tête derrière lui. Pourquoi le gaz restait-il en place et ne s’échappait-il pas tout simplement dehors ?

« Ceci est… Une seconde chance… Un miracle donné par les dieux… »

Encastré dans le mur, Aibak avait eut le temps de frapper trois fois avec son bâton sur le sol. Il n’avait pas effectué la danse rituel mais qu’importe, le pouvoir du grimoire suffirait. Et il avait raison. Les gouttelettes d’eau dans l’air, mélangées avec le gaz, restaient en place, comme une pluie arrêtée dans le temps. Aibak se retira du mur puis regarda le crâne à ses pieds. C’était celui qu’avait touché la petite fille aux cheveux bleus, celle qui était capable de passer à travers les troncs comme un taureau.

[ Elle a brisé le crâne d’Ogun… Ça signifie que je ne pourrais plus canalyser  la force destructice du Grimoire… Enfer et damnations… Ah, soit, autant pour les limites. Il est déjà trop tard de toute façon… Si c’est ce que les dieux ont choisit, alors je me plierais à leur jugement. A présent, chaque seconde compte. Je dois briser les limites du Grimoire. ]

Enfonçant son doigt dans son bras ouvert, l’homme masqué entreprit d’écrire sur son bras avec son sang en utilisant les lettres qui y apparaissaient. Si il n’avait plus la capacité de forcer le Grimoire à faire des choses, il allait faire en sorte de forcer son corps à les faire. Après tout… Quel était encore la différence entre son corps et le Grimoire, à présent qu’il l’avait fait fondre et bu ? Pour autant que Damballa l’avait informé, maintenant, il ETAIT le Grimoire.

« Haruhiro… Haruhiro-kun. Haruhiro-kun, tu m’entends ? »

Otaki Sumire se craqua le cou sur le côté en avançant dans le brouillard opaque. Elle jeta un regard à gauche, puis à droite. Elle distinguait des formes au loin, mais impossible de dire à qui elles appartennaient, disparaissant aussi vite qu’elles étaient apparus. Otaki pris soin d’analyser le gaz autour d’elle par tous les moyens possibles avant de sourire. De la vapeur d’eau et du dioxygène liquide compressée. Comment est-ce que c’était possible qu’un tel mélange puisse seulement exister ? Cela devait être dû à un pouvoir d’esper ou une technologique qu’elle ne connaissait pas. Quoi qu’il en soit, le son semblait se transmettre mal là dedans… Mais qu’importe. Elle allait le trouver où qu’il se cache et était sûr d’être proche de sa position. Après tout, elle n’avait entendu aucune compression avant l’apparition du brouillard.

« Haruhiro-kun… Combien de gens je vais devoir tuer pour arriver jusqu’à toi cette fois… ? Un, deux… Trois… ? »

Nakamura Chō continua d’avancer dans l’épaisse purée de poids. Au moins, après avoir lu le cerveau le plus proche, elle savait que sa composition n’était pas toxique. Cependant, il y avait un plus grand danger, et elle devait absolument en faire part à ses alliés… Encore fallait-il les trouver. Au moins, elle avait détécter Otaki Sumire. Venant de passer à côté d’elle en découvrant ses pensées, elle s’était totalement arrêté pour la laisser passer, et celle-ci marchait désormais derrière elle en appellant Haruhiro. Décidément, elle savait comment effrayer les gens. Mais tenter de faire cesser ses tremblements, Nakamura envoya un deuxième scan et découvrit le cerveau d’Haruhiro à plusieurs mètres sur la gauche. Dommage, un homme dont elle ne connaissait pas les pensées se trouvaient entre eux deux.

[ Haruhiro ! Bon sang, contente de te retrouver… Ce- ce brouillard, c’est un mélange de vapeur d’eau stagnante et de dioxygène liquide ! Je ne sais pas comment ses propriétés ont pu changer mais… On peut le respirer, c’est inofenssif… Cependant, si jamais une flamme était allumée… Je pense que tout prendrait feu ! Il faut absolument trouver un moyen de sortir d’ici avec Akutoku ! Je vais la chercher par la pensée aussi alor- ]

La télépathe s’arrêta brusquement de marcher. Devant elle se trouvait le corps du téléporteur qui les avaient attaqués devant l’hôpital au sol, l’un des associés de Kimura. Elle fit un pas de recul avant de remarquer l’autre fille, celle aux cheveux bleus, à son cheveux, qui l’avait remarqué. Elle se crispa. A une distance inconnue, le dos d’Haruhiro venait d’entrer en contact avec quelque chose. Se retournant instantanément, le garçon au chapeau soupira de soulagement en voyant que celui dans lequel il était rentré était le mercenaire.

«Bon sang ! Pfouah, ça fait du bien de retomber sur ta tête… Mais toi t’as pas l’air content de me voir… Restons ensemble, tu veux ? J’ai perdu Nakamura… »


Otaki Sumire continua de marcher droit devant elle. Autour de son corps, des tentacules de vapeur d’eau bouillonnantes flottaient dans les airs en venant donner parfois quelques coups dans le vide, puis frapper le sol. L’objectif d’Otaki était évidemment de trouver Haru, mais si un de ses camarades lui tombait sous la main, elle se ferait un plaisir de l’exterminer aussi, et d’attirer le mercenaire avec les cris de sa proie. Mais quelque chose vint taper contre le pied d’Otaki. Un des conduits de Superior. Elle se mit à avancer de plus en plus vite, abandonnant l’idée de meurtre pour se focaliser sur Aku. Si elle sortait avec elle dans ses bras, elle avait gagné aussi, et détruisait Haru psychologiquement aussi.

« Akutoku Reitoko-kun ! »

Otaki s’arrêta brusquement en la voyant devant elle comme un ange qui lui était apparu. Son joli visage à la peau pâle, malgré les quelques salissures, fut comme une lumière salvatrice pour Otaki qui s’avança dans sa direction en clignant des yeux. Aku était toujours assise sur le bord du conduit principal de Superior totalement gelé d’où s’était échappé la fumée. Sumire vint lui tendre la main alors qu’Akutoku la regardait calmement avant de tourner la tête sur la gauche. Elle venait d’apercevoir Aibak qui marchait sans la voir. Sans hésiter, elle leva sa main de manière à faire bouillir le sang qu’il avait sur lui, mais un sentiment désagréable la fit arrêter. Elle n’en croyait pas ses yeux. Son pouvoir ne fonctionnait pas.

[ Qu- comment ? ]

Réessayant rapidement, Otaki remarqua qu’elle contrôlait de nouveau son pouvoir, en transformant un peu de brouillard en un tentacule bouillonnant. Elle regarda en direction du dernier endroit où elle avait aperçu le Magicien, mais il avait disparu. Elle grogna avant d’essayer de trouver une raison pour laquelle elle ne pouvait pas bouillir son sang. Ça n’avait aucun sens. Tout d’un coup, elle ressentie une douce caresse sur son nez, le doigt d’Aku s’y était posé.

« Ploup ! »

Une lueur mystique habitait les pupilles de la jeune adolescente aux cheveux bleus, une lueur rappellant les serpents qu’Otaki avait détruit dans le conduit avec l’aide de Fuyu. N’y prêtant pas attention, elle se mit à se focaliser de nouveau sur ses objectifs.

« Reitoko-kun… Je suis venu pour te sortir de là. Je vais te sauver, ne t’inquiètes pas, tu vas- »

Mais le doigt d’Akutoku, alors qu’elle faisait un grand sourire, vint lentement glisser jusqu’entre les yeux d’Otaki. Celle-ci, feignant de ne pas être exaspérée, se mit à soupirer avant d’être interrompue.«Akutoku , nous dev- »

« Tu n’es pas venue pour me sauver moi. Tu es venue pour te sauver toi. »

Otaki se mit à articuler de la surprise alors que le doigt d’Aku c’était posté devant son œil gauche. Et tout d’un coup, un pic effroyable de douleur vint prendre Otaki Sumire au visage, alors qu’elle s’éloignait de l’adolescente aux couettes bleus, allongée sur sa glace. L’esper, la main sur l’œil, tenta de l’ouvrir, mais c’était impossible. Les vaisseaux sanguins de celui-ci ainsi que l’humeur aqueuse avaient tout deux gelés, et sa paupière ne voulait plus s’ouvrir. Elle lâcha un cri de douleur qui retentissa dans le brouillard avant que son cri ne viennent faire résonner à ses oreilles des bruits de pas rauques qui s’accéléraient de plus en plus. L’adolescente se tourna trop tard pour voir Aibak qui l’attrapa par la tête, la souleva au dessus du sol en la tournant dans l’autre sens, puis lui envoya un coup de pied dans l’estomac qui l’envoya à quelques mètres en lui faisant vomir ce qu’elle avait dans le ventre dans un hoquet de surprise.

« Va dormir. »

Aibak décrocha une dent accroché au collier à son cou et se baissa en pliant les genoux. Il suffisait sûrement d’une étincelle pour en finir.

« Les dieux guident ma main. Ainsi, ma main ne se trompe pas. »

magic advice:
 


♦♦♦

Le souffle de vent qui avait accompagné l’arrivée du Type_Butterfly avait soulevé pendant un instant les cheveux de Miyamoto. L’énorme machine pourtant, ne semblait pas le viser. Les deux pattes avant du drone s’enfoncèrent dans le béton du toit, jusqu’à s’y tenir solidement, déchirant un peu plus la marionette de Shiina au passage. La machine semblait préparer quelque chose, alors que ses quatres ailes vinrent lentement se rétracter à l’arrière. Les capteurs de la machine guettaient autant les mouvement de Miyamoto que les légères secousses du bâtiment. C’était assez. Assez pour les calculs nécessaires.

En contrebas, Onigawara Oshiko regarda en direction du bâtiment qu’elle pointa du doigt à Azami, Therma était à présent caché par une épaisse fumée bleutée. L’adolescente aux cheveux noirs ne semblait pas du tout savoir d’où ça pouvait venir, mais fit bien comprendre au reste du groupe qu’elle ne comptait pas aller dedans. Le scientifique à leurs côtés commençait à suer, même si l’arme de Manzo était baissée. Et tout d’un coup, Oshiko sembla étrangement s’arrêter de parler pour regarder aux alentours.

« Tiens c’est bizarre… Les lentilles… Bougent. »

Azami put aussi l’apercevoir : l’image que lui donnait ses lentilles de vision bougeait très très légèrement, presque imperceptiblement quand on restait à regarder un point fixe. Oshiko se rapprocha d’un morceau de béton un peu plus loin arraché du toit par le Type_Butterfly pour remarquer qu’effectivement, son rayon d’action en orange glissait tout doucement sur la gauche.

« Tu penses que c’est un genre de hack ? Ou alors un bug éléctromagnétique ? C’est sacrément étrange, on dirait que l’image tourne sur elle même. »

Et tout d’un coup, le regard d’Oshiko se dressa pour regarder droit devant elle plus loin une simple feuille tomber. C’était sûrement quelque chose de tout à fait banal, et n’importe qui s’attardant à remarquer son regard fixant la feuille de manière totalement héberlué aurait pu faire penser à n’importe qui qu’elle était devenu folle. Elle se mit alors à s’accroupir au sol puis posa une main sur celui-ci sous les regard héberlués du reste du groupe, même le scientifique. Et tout d’un coup, un sorte de gargouillement s’échappa de sa gorge. C’était tellement ettoufé qu’il était impossible de l’entendre. Après quelques secondes, elle tourna un regard tellement effrayé que même le scientifique manqua de rater un battement de cœur. Elle réussisa enfin à articuler un souffle en regardant Azami dans les yeux qui semblait avoir compris avant elle que quelque chose clochait.

« ……..On tourne. »

« C’est… C’est en train de tourner. »

2/2 Ça tourne.:
 

Un tremblement de terre secoua Therma et ses alentours, faisant tituber le petit groupe. Et tout d’un coup, tout le monde put le voir. Ce n’était pas le monde qui tournait autour d’eux. C’était eux qui étaient en train de tourner. Tous les objets et le groupe de personne se mirent à glisser légèrement sur la gauche, obligés de se rattraper pour ne pas tomber. La limite de la zone qui tournait très lentement apparu rapidement grâce aux craquelures apparues sur la route et aux camionettes qui penchaient lentement sur le côté. Un caillou touchant la chaussure de Manzo vint rapidement tomber en direction de la limite alors que la rotation commença à accélérer.

Les fourgons blancs et les voitures noires de l’agence furent scindés en deux parties, la plus petite restant du côté du groupe alors que la plus grosse du côté qui ne tournait pas. C’était tout un plateau du sol sous leur pied, d’environs une quinzaine de mètres de distance de Therma, qui était en train de glisser sur lui-même dans le sens des aiguilles d’une montre. Et la rotation atteint finalement une vitesse qui destabilisa l’entièreté du groupe. Les morceaux de camionettes se mirent à rouler lentement vers la limite, mais cette fois, ils y disparurent dans un grand craquement qu’Onigawara n’eut pas le temps de voir. Pour le moment, elle devait trouver où s’accrocher pour ne pas glisser sur le sol transformé en centrifugeuse.

« M-mince ! Miura-saaan !!! »

Oshiko manqua de glisser mais Azami lui attrapa le bras au dernier moment, stabilisée par ses bottes spéciales au sol. Mais deux personnes ici n’étaient pas équipés de ses bottes. Onigawara étouffa un cri en tournant la tête vers le scientifique et Manzo qui commençait à chuter vers la limite à cause de la force de rotation, même si elle n’était pourtant pas incroyable lorsqu’on se trouvait sur le plateau, qui était cependant assez puissante et assez imperceptiblement penchée pour les faire tomber.

« M-MANZO-SAN ! »

D’un mouvement ample de la main, Onigawara réussisa à contorsioner un morceau de voiture déchiquetée par le Type_Butterfly et encastré dans le sol avec son Heavy Shocker, le transformant en plateforme rouillée sur laquelle vint frapper doucement le dos de Manzo, qui s’arrêta de chuter. Le scientifique lui, cependant, tenda la main vers les deux filles qui tentèrent de le rattraper en vain, alors que celui-ci chuta en direction de la limite du plateau de rotation.
« Sh-Shiina à… Alors elle l’a fait… Elle l’a utilisé au niveau 5… Pourquoi… »

L’homme lança un regard aux jeunes filles puis disparu dans la limite en une trace rouge qui accéléra tellement rapidement qu’elle passa une fois, une deuxième, puis une troisième fois autour de la limite jusqu’à s’évanouir en morceaux de tissu et de chair qui retombèrent de l’autre côté de la limite. Qu’importe si elle tournait lentement. Toute force était transformée en force de rotation dans cette minuscule limite. Personne n’entre, personne ne sort. Rouvrant les yeux, Onigawara Oshiko regarda le monde à l’extérieur de la limite en essayant de se souvenir ce qu’elle pouvait bien foutre là. Et comment elle allait en sortir.

La réception audio du Type_Butterfly s’activa à côté de Miyamoto. Nonoka, au sol plus loin, commençait à dériver lentement, glissant en direction de la limite de la rotation du plateau, où des dizaines de morceaux de bétons venaient de s’évanouir. La voix déjà connue de Shiina Sumire, la dirigeante du Bloc K, retentit avec des accords miêleux.

« Je vous avais dit que j’étais déterminée… Mais vous, à quel point l’êtes vous ? Ahah, je pense que vous avez deux possibilités, monsieur Inoue. Si vous tuez Horikawa, la personne que Nonoka a failli tuer elle-même… Alors la rotation devrait s’arrêter... Cependant, je pense qu’il y a bien 50% de chance qu’en s’arrêtant brusquement, votre sœur soit projetée contre un immeuble et dans son état… Enfin, pour un meurtrier comme vous, j’imagine que ce n’est pas un choix difficile à faire. »

«  Où alors vous pouvez aller secourir votre sœur là-dessous mais, je crains que ça ne sauvera pas la situation car, Inoue… Qui va vous sauver vous ? »
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[ Alter Fofo ] Une Aku cute et en danger ! (pv Akutoku)
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