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 Nagatenjouki Academy : Café avec ou sans glace [Eitaro/Aku]

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Akutoku Reitōko

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MessageSujet: Nagatenjouki Academy : Café avec ou sans glace [Eitaro/Aku]   Dim 8 Oct - 2:37

« Mhhh. »

Un petit attroupement s’était rassemblé devant le grand tableau électronique dans un des couloirs de la partie lycée de Nagatenjouki Academy. Chaque regard était posé sur une liste exhaustive de noms d’élèves, précédés d’un chiffre. C’était une convention à Nagatenjouki : les résultats du System Scan étaient ainsi ajoutés au test d’entrée de début de trimestre et aux évaluations écrites régulières afin de placer dès le début de l’année chaque élève à un certain stade selon ses notes.

Mais la majeure partie des attentions, après que tout le monde eut pris connaissance de leurs places dans la pyramide, étaient posées sur deux individus en particulier, dont l’un s’éloigna rapidement après avoir pris connaissance de l’information. L’autre individu, cependant, resta plus de temps à contempler sa place dans le classement. Akutoku Reitōko articula un sourire indéchiffrable rempli de canines pointues en imprimant une dernière fois le chiffre accolé à son nom dans sa tête. « 2 ».

« En trois mois, numéro 2 ? C’est pas mauvais, j’imagine. Mais en sachant que les troisièmes années n’ont pas encore été évaluées, je vais devoir continuer à travailler dur. Enfin, c’est au niveau des  prévisions, hein ? »

« …Elle vient à peine d’arriver, et elle a un score aussi haut ?! »

« … C’est la dingue de la classe A aux dents pointues... »

« … Ce n’est pas elle qui a attaqué le garçon de sa classe et qui s’en est tiré sans rien… ? Il parait qu’elle a transformé des gens en bloc de glace… »

Les regards des étudiants autour de la jeune fille en uniforme se transformèrent rapidement, comme si chacun et chacune s’étaient déjà toutes accordées mentalement en même temps. Haine, jalousie, envie, peur, dédain. Mais visiblement, l’adolescente ne s’en souciait pas, ou peut-être qu’elle ne l’avait même pas remarqué. Elle referma sa main sur la lanière de sa sacoche en pivotant sur elle-même, arborant toujours le même sourire arrogant, alors que les élèves s’espaçaient sur son chemin, pour lui faire une « haie d’honneur » parsemée de regards froids et de messes basses.

« Quelle bande de loser... Tu parles d’une école d’élite, ils sont tous aussi insignifiant les uns que les autres. Juste des grosses masses de chair et d’eau juste bonnes à suivre le troupeau. Je vais m’élever au dessus d’eux et les cacher totalement avant la fin de l'année ! »

Alors que le sourire d’Akutoku s’étira une nouvelle fois sur son visage, elle du s’arrêter en voyant l’avant d’un élève lui barrant le passage. Elle leva lentement son regard désintéressé en direction du visage de l’étudiant à lunettes rondes qui la regardait d’en bas du haut de son mètre 80. Derrière lui, il y avait aussi deux autres garçons qui semblait comme lui être en seconde années, mais qui avaient tous l’air aussi menaçant les uns que les autres, dont la crispation ne faisait qu’augmenter en voyant le regard condescendant et glacé que leurs envoyait la petite fille qui venait de leurs flanquer une rouste sans précédent au test écrit.

« Kh, barrez-vous de- »

Mais avant même que le moindre accrochage ne puisse réellement débuter, deux yeux en amandes et un sourire presque aussi effrayant que celui d’Aku se dressa au dessus du trio, derrière la jeune fille. Le regard félin de la professeur principale de la classe 2-A et de mathématique lorgna sur les élèves pendant un temps, avant qu’elle ne se penche légèrement sur le côté en faisant apparaître ses fossettes, articulant un nouveau sourire qui avait l’air encore plus faux que le précédent.

« Allons allons, pas d’embouteillages dans les couloirs ! Les top students de seconde années doivent se rendre dans les salles de réunions, ne tardez pas, Reitoko ! »






L'établissement de Nagatenjouki Academy n'avait pas lésiné sur le matériel technologique, et tout les tableaux des salles de classes "basiques" étaient des écrans sophistiqués tactiles directement installés sur les murs. La salle de réunion quand à elle possédait en supplément des tablettes tactiles qu'on pouvait rabattre sur son bureau et qui pouvait permettre à tous d’interagir avec le tableau principal sans délai. Orientée à l'intérieur du bâtiment et au deuxième étage, les fenêtres sur la gauche donnaient directement sur la "rue centrale" découpant l'enceinte de l'académie en deux dont le toit, recouvert d'une verrière, donnait toute la lumière disponible directement par le soleil et en captait une partie pour fabriquer sa propre électricité.

C'était la première fois qu' Aku se retrouvait entièrement et "seule à seule" face à face avec le "gratin" des autres classes de deuxième année de lycée, soit les 10 top student ayant reçus les meilleurs notes globales en plus du plus haut niveau. Elle passa rapidement en revu les étudiants et s'arrêta pendant un instant sur le délégué de sa classe depuis déjà quelques mois assis au bout du premier rang au niveau des fenêtres, Hiroto Nakayama, celui qui avait eu une meilleure note qu'elle au test écrit, c'est à dire un total sans faute avec trois points supplémentaires. Dans le groupe d'étudiants, Akutoku était la seule à avoir un style aussi tape à l’œil, malgré une coloration rouge légèrement prononcée dans le dernier rang. La classe était agencée en trois rangs de quatre bureaux, donc les deux derniers étaient ainsi laissés vides.

La jeune fille ne réfléchit pas longtemps et pris l'une des places devant, entre une fille aux cheveux longs montrant son front et une autre jeune fille munie d'une frange et d'un sac de sport blanc et rouge posé non loin. L'étudiante aux cheveux bleu sorti rapidement un petit cahier en prenant place, ayant tout juste le temps de regarder derrière elle pour voir qu'un élève venant juste d'arriver alla s'asseoir au deuxième rang, avant d'être suivi peu après de la professeur de la classe 2-A qu'Aku avait croisée dans les couloirs, et qui non contente d'avoir le numéro 1 et la numéro 2 dans sa classe, s'occupait aussi de présenter les anciens élèves de l'établissement, à en juger par le groupe de 10 élèves d'université qui venaient de rentrer dans la salle de classe.



« Et oui, cette intervention vient peut-être comme une surprise pour la plupart d’entre vous, juste après le classement des top students des premières et deuxièmes années ! Aujourd’hui, pour que vous commenciez votre année avec une bonne idée de ce qui va suivre, nous accueillons des anciens élèves de l’académie qui vont vous expliquer leurs parcours et travailler avec vous pendant une partie de la journée ! N’hésitez pas à être agréables avec eux en donnant une bonne image de vous ! Et n’oubliez pas, montrez le meilleur de vous-même, car comme vous l’imaginez sûrement, ils auront à écrire un compte rendu sur votre comportement  à rendre à la fin de ce partage ! Mais avant tout, il est temps de faire les présentations ! Si vous le voulez bien… »

Faisant tourner une mèche de cheveux bleu à l’aide d’un de ses doigts, Aku ne savait pas trop quoi en penser. Dans un premier temps, elle n’avait absolument rien à faire de ses anciens étudiants et de ce projet plutôt ennuyant qui allait empiéter sur ses heures de révisions. Mais en même temps, elle ne pouvait tout simplement pas passer à côté du respect et d’une certaine admiration silencieuse qu’elle avait pour ses sempai. Elle avait beaucoup à apprendre de ceux qui avaient déjà passés leurs années à Nagatenjouki Academy (et dans tout les cas, vu qu’il y avait une notation à la fin à l’aide d’un compte rendu, n’y accorder aucune importance serait tout simplement un mauvais calcul.)

« Écoutons au moins les dernières présentations. »

Tout les premiers étudiants à s’être présentés semblaient dynamiques et transpiraient une visible bonne humeur dû à cette journée de cours qui, pour eux, était relativement calme. L’un d’eux, cependant, avait une expression indescriptible, avec ses cernes sous les yeux et son regard visiblement ailleurs. Akutoku renifla légèrement en relevant son regard en direction du garçon en question, qui après s’être présenté, s’avança en direction de la place d’Akutoku une fois que la professeur la lui ait indiqué.

« Kimura-kun, voilà Akutoku Reitoko ! Elle vient tout juste d’entrer dans notre Académie et à décroché un score presque parfait au test d’entrée et au test écrit ! Je pense que vous serez un très bon tuteur et examinateur, d’après vos propres résultats dans cet établissement. »

« Eitaro… Kimura ? »
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Eitarō Kimura

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MessageSujet: Re: Nagatenjouki Academy : Café avec ou sans glace [Eitaro/Aku]   Ven 13 Oct - 2:39

Comme tous les matins, le réveil du jeune homme avait sonné et comme tous les matins, les bips répétés stridents et désagréables lui avaient vrillés les tympans pendant quelques secondes avant que finalement sa main ne se pose sur le bouton du vieux réveil rouge à la forme ronde, le rendant muet pour les prochaines 24 heures. Mis à part l’ajout d’une seconde tasse de café ainsi qu’une vaine tentative pour arranger la volumineuse tignasse violette et rebelle sur sa tête, la matinée d’Eitaro Kimura ne sortait pas de l’ordinaire. La routine quotidienne de l’étudiant fut brisée seulement lorsqu’il n’emprunta pas le même chemin que tous les matins pour aller à l’Université. En effet, il avait reçu quelques jours plus tôt un mail -qui ressemblait d’avantage à une convocation qu’à une proposition- de la part de son ancien établissement, la prestigieuse  Académie Nagatenjouki. L’idée était de partager l’expérience et le savoir de quelques élèves sélectionnés parmi les meilleurs des anciennes promotions avec les top students actuels, comme un coup de pouce de la part de l’établissement.

Après s’être arrêté un court instant devant le portail de l’académie, l’étudiant de Dangai University pénétra dans l’enceinte du lycée muni du badge de visiteur qu’il avait reçu directement dans sa chambre d’étudiant. S’en était suivit une courte discussion entre la professeure principale de la classe 2-A et la dizaine d’anciens étudiants, plus enthousiastes les uns que les autres. De son côté, Eitaro restait en retrait, observant et enregistrant automatiquement les informations pertinentes qui se révélaient d’elles-mêmes lors des discussions. Les autres élèves d’Université durent sentir quelque chose de négatif venant de sa part puisqu’aucun d’entre eux ne vint lui adresser la parole, pas même les deux visages familiers qu’il avait déjà vu de nombreuses fois à Dangai University. Peut-être était-ce dû à son expression qui donnait l’impression que rien au monde ne lui importait ? C’était bien possible mais cela lui importait peu.

Entrer dans la salle de réunion rappela quelques souvenirs au jeune homme aux cheveux violets, ce n’était pas la première fois qu’il la voyait et y retourner après plus d’un an lui donnait une drôle d’impression, l’atmosphère sérieuse au possible était restée inchangée depuis sa dernière visite. Très rapidement, ses yeux captèrent et enregistrèrent les visages des dix étudiants. Certains se démarquaient par un style coloré, d’autres semblaient étonnement sérieux, comme formatés puis conditionnés pour la réussite.

« Kimura-kun, voilà Akutoku Reitoko ! Elle vient tout juste d’entrer dans notre Académie et à décroché un score presque parfait au test d’entrée et au test écrit ! Je pense que vous serez un très bon tuteur et examinateur, d’après vos propres résultats dans cet établissement. »

Après avoir remercié la professeure comme il se devait, Eitaro se tourna dans la direction de la jeune fille avec laquelle il allait passer la journée. Ses yeux passèrent rapidement sur l’adolescente pour la détailler. Des cheveux bleus impossibles à rater, des yeux violets, des dents étonnement pointues et une expression difficilement descriptible sur le visage étaient les caractéristiques qui ressortaient le plus. Curieusement, l’attitude de l’étudiante ne lui permit pas de déterminer si elle allait arborer un lumineux sourire ou grogner dans la minute qui allait suivre.

[Akutoku Reitoko, hm ?]

« Ravis de te rencontrer, Reitoko-san. Je suis esper de niveau 4 et j’entame ma deuxième année d’études à la Dangai University. Si tu as des questions ou des remarques, n’hésite pas à m’en faire part. »

Dit-il simplement en s’inclinant légèrement en avant. Eitaro avait pour nature de faire très attention à son image, comme en attestaient sa cravate bien nouée et sa chemise droite, sans plis. Maintenir une image positive de soi-même comme l’avait souligné la professeure fonctionnait en réalité dans les deux sens. D’un côté les nouveaux élèves devaient montrer aux anciens leur légitimité à leur succéder et de l’autre les anciens devaient montrer un exemple encore plus beau, brillant et attractif aux nouvelles graines cultivées au sein de Nagatenjouki. Et au sein de l’élite élitiste, le moindre détail comptait.

Engager une conversation n’était pas sorcier pour une personne lambda, pourtant Eitaro avait du fournir plus d’efforts dans sa démarche, bien que le ton de sa voix et son visage étaient restés parfaitement identiques du début à la fin de sa phrase. Cela dit, quelque chose avait rendu la tâche plus aisée. Cette Akutoku Reitoko semblait être à part par son style coloré et atypique, mais arriver deuxième au classement des deuxièmes années en si peu de temps après avoir intégré l’académie ? Ne jamais se fier aux apparences était la règle d’or de toute personne prudente, règle qu’avait adopté le fils des Kimura, et il semblait que malgré le décalage entre l’adolescente et ses semblables, elle se démarquait du lot dans le bon sens.

Plantant une son regard dans celui de la jeune fille, Eitaro reprit la parole.

« Arriver deuxième au classement des deuxièmes années après seulement quelques mois est assez impressionnant. J’aimerai savoir Reitoko-san, tu as un but en particulier ou bien tu vises simplement toujours plus haut ? »
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Akutoku Reitōko

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MessageSujet: Re: Nagatenjouki Academy : Café avec ou sans glace [Eitaro/Aku]   Sam 14 Oct - 21:32

« Des yeux bleus. »

Akutoku Reitoko ne bougea pas pendant un petit instant, regardant les yeux d’Eitaro Kimura. Depuis qu’elle était sortie de l’installation elle n’avait jamais vu d’yeux bleus et pensait être la seule à en avoir. Était-ce des lentilles de couleurs ? C’était possible, mais dans ce cas, pourquoi ne pas avoir pris une couleur plus rare, comme elle l’avait faite avec le fuchsia ? Elle revint à la réalité après un temps, en voyant le garçon s’incliner pour la saluer.

« Ravis de te rencontrer, Reitoko-san. Je suis esper de niveau 4 et j’entame ma deuxième année d’études à la Dangai University. Si tu as des questions ou des remarques, n’hésite pas à m’en faire part. »

« Voilà donc mon sempai… »

Elle ne s’attarda pas à regarder sa courbette longtemps et embraya elle aussi en se levant et en restant plus longtemps la tête baissée. Pour l’instant, non seulement Eitaro était son sempai, mais il semblait déjà la surpasser sur bien de choses. C’était exactement le genre de personne qu’elle recherchait pour s’améliorer, et en plus de cela, il l’intriguait d’autant plus pour une raison qu’elle ne cerna pas instantanément. Peut-être était-ce ses yeux, peut-être était-ce son expression, ou son apparent léger désintérêt par rapport aux autres élèves. Mais la jeune fille se retrouva bien plus à l’aise avec lui qu’elle n’avait pu l’être auparavant avec les autres élèves de son académie.

En se relevant, la jeune fille garda ses mains le long du corps, avant de remarquer que le nœud autour de son col s'éfilochait trop d’un côté, elle le prit entre deux doigts de la main gauche et utilisa sa main droite pour le tirer de l’autre côté et rééquilibrer sa forme. Elle se surprit après avoir terminé l’action : c’était sûrement après avoir vu la façon dont les vêtements de son sempai étaient bien entretenus qu’elle s’était mise à s’arranger. En relevant son regard, Aku remarqua qu’il la regardait dans les yeux et elle fit de même.

« Arriver deuxième au classement des deuxièmes années après seulement quelques mois est assez impressionnant. J’aimerai savoir Reitoko-san, tu as un but en particulier ou bien tu vises simplement toujours plus haut ? »

« Hu ? »

L’étudiante aux couettes bleus passa une main dans ses cheveux en clignant des yeux. Visiblement, non content d’avoir une parfaite tenue, il commençait déjà à lui poser des questions pour en savoir plus sur elle. Voulait-il boucler rapidement cette journée en binôme ? Non, accordait-il beaucoup d’importance au compte rendu à rendre sur l’élève ? Une série de question insoluble sur la psychologie de l’élève de Dangai s’arrangèrent dans la tête de la jeune fille. Aku, au lieu de perdre du temps à réfléchir à ses questions, décida plutôt de répondre à celle qu’on lui avait directement posée.

« Pourquoi les deux devraient-ils être séparés, sempai, kh kh ? Je veux devenir la numéro 1 de mon lycée et atteindre le niveau 5. Je ferais cela en  en apprenant plus, en me focalisant sur mes résultats scolaires et sur l’évolution de ma capacité. C’est ce que je veux faire. »

Une main posée sur sa poitrine au niveau du cœur, l’adolescente sembla des plus déterminées, soutenant le regard d’Eitaro Kimura comme si elle sentait qu’elle avait quelque chose à lui prouver. Elle allait avoir une note parfaite à ce compte rendu et lui montrer qu’elle était digne de s’élever au rang de top du top de son académie, coûte que coûte. La jeune fille n’attendit pas plus et lâcha la question qui lui taraudait l’esprit depuis la phrase de sa professeure.

« Sumire-sensei a parlé de vos résultats, Kimura-san, c’est vrai que vous étiez un élève très bon, kh kh ? »

Après un temps, un petit bruit éléctronique se fit entendre derrière Eitaro Kimura. Ça venait du tableau écran. Apparemment, dans le même instant, partout dans les classes (y compris celle-ci) et dans les couloirs, des regards s’étaient posés sur les écrans qui avait tous fait ce bruit en même temps. La notation n’était pas simplement un point crucial de son cursus. C’était littéralement quelque chose qui suivait chaque élève depuis leurs arrivées jusqu’à ce qu’il quitte l’établissement en fin d’année. Et cette même ligne de nom venait d’en accueillir un autre. Le numéro 10 de la liste des top student venait de prendre la place d’Akutoku.

"#2 : Yasuaki Yoshida"

« Oh. »


Le regard d’Aku se tourna derrière elle instantanément, en direction de la voix qui venait de retentir. C’était le garçon à lunettes qui était arrivé le dernier dans la classe. En une fraction de seconde et sans même savoir pourquoi, la jeune fille venait de passer de la seconde meilleure élève des secondes années de son établissement à la troisième. Une expression difficile à lire mêlant incompréhension et hostilité monta jusqu’à ses dents qui grincèrent alors que son visage se crispaient. Comment et pourquoi ? Eitaro Kimura ne sembla même pas exister pendant quelques secondes, alors qu’elle tournait son visage en direction de sa professeure principale qui revenait d’une petite excursion du côté de sa tablette tactile.

« Oh, je vois… La capacité de Yoshida a mis plus de temps à être évalué à cause des dernières normes concernant ce type de pouvoir. On dirait que la prouesse dont il a été capable en l’utilisant l’a directement placé au dessus des autres étudiants une fois parfaitement analysée. Félicitation, Yasuaki ! »

« Mais… C’est… ! »

« Kh, quelle blague ! »

La sonnerie sonna finalement, faisant se lever les élèves de leurs sièges en même temps que leurs partenaires. Akutoku quand à elle était en train d’utiliser sa tablette pour consulter la notation de celui qui lui avait pris sa place, en lâchant parfois un petit grincement de dents.

« L’heure de présentation formelle est terminée ! Vous pouvez passer du temps dans l’établissement, et en profiter pour faire visiter aux élèves votre salle de club et ses activités jusqu’à ce que vos cours reprennent ! Exceptionnellement, votre temps de pause a été allongé de sept minutes et quarante-trois secondes, profitez-en ! Le timer a été réglé sur votre équipement électronique, consultez-le au besoin ! »

Malgré le fait que la majorité des élèves et le professeure se soient déjà dirigés hors de la salle de réunion, Akutoku était visiblement toujours en train d’analyser les résultats de Yoshida, les yeux rivés sur les tableaux et les mesures précises de ses capacités dans le test qu’il avait subit. Elle envoya même une partie des résultats sur le grand tableau central pour avoir deux écrans à suivre en descendant vers le bas, comme si Eitaro Kimura avait disparu de l’esprit de la désormais numéro 3.
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Eitarō Kimura

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MessageSujet: Re: Nagatenjouki Academy : Café avec ou sans glace [Eitaro/Aku]   Lun 16 Oct - 1:51

« Pourquoi les deux devraient-ils être séparés, sempai, kh kh ? Je veux devenir la numéro 1 de mon lycée et atteindre le niveau 5. Je ferais cela en  en apprenant plus, en me focalisant sur mes résultats scolaires et sur l’évolution de ma capacité. C’est ce que je veux faire. »

A l’entente de la réponse de la jeune fille, une très légère contraction des muscles du visage fit remuer les sourcils d’Eitaro. Devenir l’élève numéro 1 de Nagatenjouki et atteindre le niveau 5 n’étaient pas des objectifs ordinaires, même au sein de la plus prestigieuse académie de Gakuen Toshi. Pour l’immense majorité des élèves de la Cité, c’était plus un rêve inatteignable qu’autre chose. Pourtant Akutoku lui rendait un regard remplit de détermination, sans ciller. Elle était prête à tout et ne faillirait pas, la lycéenne croyait à ce rêve dur comme fer.

« Sumire-sensei a parlé de vos résultats, Kimura-san, c’est vrai que vous étiez un élève très bon, kh kh ? »

Ce que l’esper avait remarqué sans vraiment pouvoir l’identifier réapparut, en même temps que la dentition pour le moins inhabituelle de la jeune fille. C’était donc de là que venait le grincement que ses oreilles avaient capté à l’instant. Outre cela, le fait qu’Akutoku le questionne sur ses résultats avait donné naissance à une information supplémentaire sur la jeune fille : chaque opportunité serait saisie par la jeune fille pour grimper les échelons jusqu’à atteindre son objectif.

« Disons que j’ai fait ce qu’il fallait pour être diplômé. Il me fallait le niveau pour atteindre l’Université alors j’ai simplement fait en sorte de l’obtenir. Mais oui, et pour te répondre sans détour je me classais dans le top de classe chaque année. La différence étant que ça n’était pas mon but premier d’être en haut du classement mais un effet collatéral. Tu dois le savoir, ici les notes montent en même temps que ton niveau, qu’il soit scolaire ou non. »


Eitaro reconnut immédiatement le bruit émis par le tableau, notifiant d’une mise à jour du classement général des secondes années. Un coup d’œil sur le classement provoqua un second mouvement de sourcils sur son visage.

[Intéressant…]

« Oh, je vois… La capacité de Yoshida a mis plus de temps à être évalué à cause des dernières normes concernant ce type de pouvoir. On dirait que la prouesse dont il a été capable en l’utilisant l’a directement placé au dessus des autres étudiants une fois parfaitement analysée. Félicitation, Yasuaki ! »

Eitaro venait d’assister en direct à la destitution d’Akutoku par un autre élève. Elle, si déterminée à être la meilleure de tous perdit soudainement une place au classement. L’esper baissa immédiatement le regard vers Akutoku et focalisa toute son attention sur la jeune fille à côté de lui. N’importe quel élève de cet établissement élitiste serait frustré ou au moins légèrement déçu par un événement comme celui là, mais qu’en serait-il pour elle qui visait si haut ?

« Kh, quelle blague ! »

Une fraction de seconde. Pendant une fraction de seconde, Eitaro cru voir quelque chose apparaître sur le visage de la jeune fille. Outre la colère et l’incompréhension qui avaient pris la place de son expression déterminée, quelque chose d’autre était apparu. Ou était-ce le masque qui était tombé ? Quelque chose d’intéressant venait de se produire. Avec Akutoku en binôme, Eitaro pourrait peut-être réellement apprendre quelque chose de cette journée en fin de compte.

« L’heure de présentation formelle est terminée ! Vous pouvez passer du temps dans l’établissement, et en profiter pour faire visiter aux élèves votre salle de club et ses activités jusqu’à ce que vos cours reprennent ! Exceptionnellement, votre temps de pause a été allongé de sept minutes et quarante-trois secondes, profitez-en ! Le timer a été réglé sur votre équipement électronique, consultez-le au besoin ! »

Voyant que tout le monde s’était levé, Eitaro avait fait de même, s’attendant à ce qu’Akutoku suive la marche. Depuis la perte de sa place au classement un peu plus tôt, elle n’avait cessé de chercher une explication. Pour la jeune fille, la perte de la seconde place était un échec.
Après un petit instant, Eitaro finit par reposer son sac et se tourna vers le tableau où des données apparaissaient.

« Il est fort, ses résultats sont exceptionnels. Si tu cherches une raison à la perte de ta place il n’y en a pas, il te surpasse simplement. »


Son expression ayant légèrement changée, Eitaro se tourna vers Akutoku et fit deux pas dans sa direction, le regard rivé sur la jeune fille.

« Tu ne veux pas accepter ce résultat je me trompe ? Cette journée a un autre but que de simplement montrer une bonne image à un senpai inconnu. On est là pour apprendre encore des choses, des choses que l’on n’apprend pas dans un lycée ordinaire. Tu veux surpasser ce Yasuaki ? Alors laisse-moi te donner un conseil en tant qu’ancien élève de cet établissement. »

Eitaro fit deux pas supplémentaires en direction d’Akutoku, jusqu’à se retrouver juste en face d’elle. Il reprit la parole sans la quitter du regard.

« Si tu veux être meilleure que lui, donne le maximum de tes capacités, ne cache jamais ta vraie valeur. Dans un milieu ou tout est compétition tu dois sans cesse évoluer, alors si tes propres capacités ne sont pas suffisantes, deviens encore meilleure. Mais tu sais déjà tout ça, l’important est de ne pas se précipiter, tu dois garder ton calme et ton sang froid pour pouvoir progresser lentement mais sûrement sans que rien ne puisse te freiner. Te sens-tu capable de le faire, Reitoko-san ? »

Eitaro sentait qu’il y avait quelque chose chez cette jeune fille qui la différenciait des autres, était-elle capable de surpasser tous les élèves de cette académie ? Allait-elle se donner les moyens d’atteindre son but ? L’étudiant se redressa finalement et se tourna vers la porte de la salle. Il avait assisté à quelque chose d’intéressant, sur tous les étudiants sur lesquels il aurait pu tomber, c’était finalement elle, Akutoku Reitoko qui était devenue son binôme. Il en était désormais sûr, cette journée allait définitivement lui apporter quelque chose à lui aussi.
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Akutoku Reitōko

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MessageSujet: Re: Nagatenjouki Academy : Café avec ou sans glace [Eitaro/Aku]   Mer 18 Oct - 18:04

Une danse effrénée de graphiques et de chiffres dansaient sur les écrans que manipulaient Aku. Chaque notation aux évaluations importantes comme celles-ci donnée à un élève pouvait être accessibles par n’importe quel élève si tenté qu’il fasse quelques recherches. C’était non seulement une possibilité pour ceux qui désiraient s’améliorer de pouvoir en apprendre plus sur leurs « concurrents » mais aussi et surtout pour agrandir d’autant plus les murs entre les élèves : la vision de certaines capacités était capable d’en décourager plus d’un, sensé augmenter d’autant plus la volonté de se surpasser. Et Akutoku Reitoko prenait ses définitions au pied de la lettre, décortiquant partie par partie le procédé de notation du désormais numéro 2.

« Ses résultats sont bien au dessus des autres télépathes. On dirait bien que sont les capacités qui intéressent le plus de toute façon, comme elles sont en minorités. Parce que nous avons tous des capacités si différentes, les critères doivent constamment changer et évoluer. Il a donc eu une note parfaite au contrôle écrit, contrairement à moi, 50 sur 50… Au niveau du calcul de la durabilité et de l’endurance sous la pression et l’effort constant, il gagne haut la main, 1h chrono… C’est énorme comparé à mon temps... »

« Au-delà de ça, on dirait qu’il possède des capacités inédites… Est-ce que c’est vraiment des capacités de télépathie ? Contrôler les système informatiques et les réseaux de donnée, je n’avais jamais entendu parler de ce type de pouvoir… 60% au niveau de son potentiel d’évolution futur, c’est aussi un énorme coefficient… Si on prend ses capacités à froid cependant, il a des lacunes à l’explosivité. Il a besoin d’un temps d’activation ? Le procédé est différent du mien. Mais est-ce qu’il aurait reçu un traitement de faveur pour sa capacité ? Je dois vérifier ça dans le reste des données factuelles sur le System Scan. »

Les yeux d’Akutoku sautèrent des lignes à lignes, sa tête s’élevant parfois pour jeter un œil sur l’écran collé au mur, en grinçant des dents de plus belle, adoptant parfois une petite grimace en voyant les pourcentages grossir en dessous de son doigt en glissant la tablette vers le bas. Eitaro était actuellement en train de lui parler, mais ça n’avait aucune importance : elle avait totalement bloqué son cerveau et n’entendait plus qu’un très vague bruissement étouffé, qui aurait pu se confondre avec une vielle radio grésillante. Il n’existait plus rien dans cette salle qu’Aku et le matériel informatique de la salle.

« Mh, le début de sa notation avait bien débuté en même temps que la mienne. Ce n’est pas vraiment un échec dévastateur puisqu’il était devant avant qu’on m’attribue mon classement. J’étais déjà numéro 3… Non, est-ce que c’est comme ça que je dois aborder la question ? Ça reste une défaite, en quelque sorte. Je le dépasserais, de toute façon. »

« Hm ? »

Les yeux d’Eitaro et sont visages étaient apparues juste devant le champ de vision d’Aku alors qu’elle levait la tête, la ramenant directement à la réalité. Depuis quand est-ce que son sempai était dans la salle, non, depuis quand elle était restée là ? Elle serra les dents d’une force incroyable pour refréner ses stimulus qui lui indiquait qu’elle allait rougir. Pourquoi à ce moment là, de toute façon ? Elle leva rapidement une main devant elle comme pour former une protection supplémentaire entre elle et Eitaro, posant le dos de sa main contre ses lèvres et le bout de son nez, réussissant à s’empêcher de prendre des couleurs.

« Si tu veux être meilleure que lui, donne le maximum de tes capacités, ne cache jamais ta vraie valeur. Dans un milieu ou tout est compétition tu dois sans cesse évoluer, alors si tes propres capacités ne sont pas suffisantes, deviens encore meilleure. »

« Mais tu sais déjà tout ça, l’important est de ne pas se précipiter, tu dois garder ton calme et ton sang froid pour pouvoir progresser lentement mais sûrement sans que rien ne puisse te freiner. Te sens-tu capable de le faire, Reitoko-san ? »

La jeune fille cligna des yeux, avant de retirer sa main, reprenant son calme en inspirant subrepticement. Elle hocha très rapidement la tête pour remercier son sempai, prenant bien en compte ses conseils en leurs donnant une place dans sa tête remplie d’informations. Il l’avait interrompue dans sa recherche cependant, et cela la piqua légèrement. Pour qui il se prenait, tout d’un coup ? Sempai ou pas, elle était actuellement en plein travail d’investigation des plus importants pour son avenir, ce n’était pas le moment pour se mettre sur le devant de la scène, d’un coup. Elle referma la tablette après l’avoir éteinte sans même la regarder, ce que l’écran principal, synchronisé, fit au même moment.

« Être mon sempai ne devrait pas lui permettre de m’interrompre comme ça. Est-ce qu’il essaye de me tester ou il ne prend pas ça au sérieux ? Je pourrais me plaindre à l’administration si je vois qu’il ne compte pas noter objectivement, tch. »

« Je me souviendrais de ça. Nous devrions sortir aussi, sempai, même si je dois avouer que je n’ai pas vraiment d’itinéraire déjà préparé. Je suis bonne en improvisation, de toute façon. »

La jeune fille se leva en défaisant les plis de sa jupe du plat de ses mains, prenant la tête de leur petit groupe pour sortir de la salle de réunion. Elle fit tourner une mèche de cheveux entre son doigt en lançant un regard furtif à Eitaro Kimura alors qu’ils marchaient côte à côte dans le couloir à la même allure. Ses cernes à lui étaient bien plus prononcés que ceux d’Aku, mais comme nouvel élément de comparaison entre le duo, cela ne fit qu’augmenter la confiance qu’elle pouvait éprouver dans son sempai. D’une façon ou d’une autre, ils devaient se ressembler ? Elle devait donc le dépasser après avoir atteint son niveau… Ou avant, en apprenant sur le terrain. En passant à côté d’une porte fenêtre, Akutoku présenta en levant vaguement la main une étudiante aux cheveux verts de l’autre côté de la vitre, faisant voler un drone ressemblant à un insecte avec sa tablette, à côté de l’une des étudiante de Dangai et de Yoshida.

« Le club de mécanique travaille directement avec le club de programmation. L’étudiant qui a pris ma place est le délégué du club de programmation, d’ailleurs, kh kh. Est-ce que ses clubs existaient déjà quand vous étiez étudiant ici ? »

« Ah, j’ai peut-être oublié de le préciser, mais je ne fais partie d’aucun club. Ça m’occuperait trop de temps, kh kh kh. »

Après un passage entre les casiers  personnels du couloir (il y en avait deux différents, ceux situés directement à l’intérieur de la rue centrale de l’académie, et ceux situés au niveau de l’entrée, comme les établissements basiques japonais), Akutoku leva de nouveau un doigt en pointant des distributeurs semblant plutôt high-tech, son téléphone sorti dans son autre main.

« Ceux-là, vous ne devriez pas les connaître sempai, c’était un projet récent. Les élèves ont construit ses équipements. On peut directement payer avec son propre solde à la Cité Académique, et ils proposent parfois des choix selon nos préférences. Je dois dire que c’est ‘‘amusant’’. Mais très décevant, pour un établissement comme le nôtre, kh kh. »

Akutoku appuya sur un bouton et après un rapide flash rouge presque imperceptible, des informations apparurent sur le petit écran. La jeune fille fit deux choix à la vitesse de l’éclair avec ses doigts, et se retrouva, avant qu’Eitaro ne puisse dire ‘‘ouf’’, avec un café noir bien chaud dans la main droite. Elle pencha la tête légèrement sur le côté en jetant un regard à son solde important avant de le tendre à Eitaro.

« J’ai peut-être fait un mauvais choix, mais j’ai l’impression que vous êtes plutôt café noir, sempai. Qu’est ce que l’on devrait visiter ensuite ? Il n’y a rien d’intéressant au jardin d’été, mais la salle de projection est utilisable à cet horaire. » Elle leva son téléphone comme pour se l’assurer une deuxième fois, avant de reprendre « On devrait avoir accès aux documents filmés sur les System Scan. Ça pourrait être intéressant de vous montrer mes capacités et de voir si les vôtres sont documentées, Kimura-san. »
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Eitarō Kimura

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MessageSujet: Re: Nagatenjouki Academy : Café avec ou sans glace [Eitaro/Aku]   Lun 30 Oct - 12:48

« Je me souviendrais de ça. Nous devrions sortir aussi, sempai, même si je dois avouer que je n’ai pas vraiment d’itinéraire déjà préparé. Je suis bonne en improvisation, de toute façon. »

Cela faisait déjà plusieurs fois qu’Eitaro notait le tic de l’adolescente, un grincement de dents qui devait être soit la cause soit le résultat des dents pointues de la jeune fille. Quoi qu’il en était, il se retint de tout commentaire. Le jeune homme ne participait pas souvent à des discussions aussi longues et bien qu’il ne cherchait pas particulièrement à en avoir, Eitaro savait pertinemment que l’homme était un animal sociable qui cherchait naturellement le contact, en général. Autant conserver la discussion comme elle l’était, donc.

« Le club de mécanique travaille directement avec le club de programmation. L’étudiant qui a pris ma place est le délégué du club de programmation, d’ailleurs, kh kh. Est-ce que ses clubs existaient déjà quand vous étiez étudiant ici ? »

Le jeune homme observa brièvement le trio d’étudiants derrière la vitre. Les clubs. Une bonne occasion pour réunir les élèves autour de leurs passions communes tout en les rapprochant les uns des autres, un bon moyen de se faire des amis. Il se souvenait encore de l’insistance des professeurs sur ce point, comme si faire rejoindre un club à Eitaro Kimura était d’une nécessité vitale pour tout l’établissement. N’importe quoi. En quoi le fait de rejoindre un club auquel on ne veut pas adhérer est-il bénéfique au final ? Sans qu’il ne s’arrête de marcher, l’esper posa son regard deux secondes sur l’autre étudiant de Dangai, le même qui l’avait soigneusement évité plus tôt dans la matinée. A quoi bon faire des efforts si on est seul à les faire ?

« Hmm, il y en avait déjà, oui. Certains étaient peut-être moins actifs cependant. Je ne trouve pas que les choses aient énormément changées en un an pour être honnête, même si je ne faisais pas particulièrement attention aux clubs. »

Cela dit, Eitaro remarqua bien vite quelques changements qui avaient eu le temps d’apparaître en une année, la plupart étaient minimes mais Akutoku les amenait déjà vers les nouveaux distributeurs, inexistants encore un an et demie auparavant.

« Ceux-là, vous ne devriez pas les connaître sempai, c’était un projet récent. Les élèves ont construit ses équipements. On peut directement payer avec son propre solde à la Cité Académique, et ils proposent parfois des choix selon nos préférences. Je dois dire que c’est ‘‘amusant’’. Mais très décevant, pour un établissement comme le nôtre, kh kh. »

[ Perfectionniste ? ]

L’étudiant de Dangai se rendit soudain compte qu’Akutoku lui tendait un gobelet contenant un liquide noir, dont l’odeur lui était terriblement familière.

[Et observatrice.]

Pensa-t-il rapidement avant de récupérer le gobelet brûlant. L’idée que ces machines automatiques auraient pu être installées durant sa scolarité à Nagatenjouki lui effleura l’esprit. Elles lui auraient évité les longues minutes d’attente à la cafétéria. Cette dernière idée fit très légèrement marmonner le jeune homme.

« J’ai peut-être fait un mauvais choix, mais j’ai l’impression que vous êtes plutôt café noir, sempai. Qu’est ce que l’on devrait visiter ensuite ? Il n’y a rien d’intéressant au jardin d’été, mais la salle de projection est utilisable à cet horaire. On devrait avoir accès aux documents filmés sur les System Scan. Ça pourrait être intéressant de vous montrer mes capacités et de voir si les vôtres sont documentées, Kimura-san. »

« Ça me parait être une bonne idée, l’école a probablement encore accès à mon dossier et l’aura un bon moment, probablement. »

Arriver troisième au classement des première année après seulement quelques mois signifiait qu’en plus du niveau scolaire, Akutoku avait probablement un bon niveau d’esper également. C’était une explication possible à son ton hautain et son attirance pour les sommets, Eitaro en était plutôt convaincu. Comparer les deux dossiers n’était pas réellement utile aux yeux de l’esper, à part leur permettre de situer le niveau d’Akutoku par rapport au sien, le jeune homme n’y voyait pas grand intérêt. Nagatenjouki poussait toujours ses étudiants à se dépasser pour devenir meilleurs, ce qui donnait naissance à une incroyable rivalité entre les élèves, qui dépassait parfois le cadre des cours. Néanmoins, Eitaro savait qu’il était légèrement curieux pour ce qui était du niveau et de la capacité d’Akutoku, son rapide coup d’œil sur les données de Yasuaki Yoshida lui avait dévoilé un niveau très bon si ce n’était excellent. Assez pour être le numéro deux des secondes de Nagatenjouki.

« Allons-y, je pense me souvenir du chemin. »
ajouta-t-il simplement avant de se remettre en marche, invitant l’étudiante aux cheveux bleus à le suivre.

En réalité, la mémoire photographique dont disposait Eitaro faisait qu’il se souvenait non seulement de l’emplacement de la salle de projection mais également des numéros de chaque porte du couloir qui y menait, tout comme il se souvenait de la position exacte de chacune des caméras de surveillance installées dans l’académie.

« J’ai une question Reitoko-san, simplement de la curiosité. En tant qu’élève de Nagatenjouki, non en tant qu’étudiante prometteuse de Gakuen Toshi, il ne t’arrive jamais de te sentir surveillée… épiée ? »

La tête légèrement penchée en arrière, le regard d’Eitaro passa sur la caméra fixée dans le coin du mur.

Les deux étudiants arrivèrent quelques instants plus tard au niveau de la porte de la salle de projection que Eitaro ouvrit pour laisser entrer Akutoku. Au fond de lui, le jeune homme savait qu’il y avait de la curiosité. Pour Akutoku d’une part, mais son sentiment de curiosité ne s’arrêtait pas à l’adolescente.

[Voyons combien de choses me concernant sont gardées ici ?]
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Akutoku Reitōko

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MessageSujet: Re: Nagatenjouki Academy : Café avec ou sans glace [Eitaro/Aku]   Jeu 23 Nov - 0:08

« Allons-y, je pense me souvenir du chemin. »

Surprise par l’invitation de son sempai, la jeune fille termina de programmer sa boisson, récupérant la bouteille de jus frais d’une main puis se mit à la suite d’Eitaro Kimura, sans le faire attendre un instant de plus. Et voilà encore une fois qu’il décidait de ‘‘passer devant’’. Cette fois, il n’interrompait pas Aku en pleine réflexion, c’était déjà ça. Malgré tout le respect qu’elle avait pour son ainé, l’adolescente remarquait de plus en plus qu’elle détestait que quelqu’un n’appartenant pas au corps enseignant ou scientifique se mette à lui indiquer le chemin. Elle ressentait un désir brûlant d’attraper le poignet d’Eitaro et de lui passer devant, pour lui prouver qu’elle était prête à tout pour le dépasser. A la place, elle remua ses idées révolutionnaire dans sa petite tête, suivant d’un pas mécanique l’étudiant de Dangai.

« Il commence à me courir, à me regarder de haut. Un sempai devrait juste rester derrière et pointer du doigt, j’ai pas besoin qu’il me tienne la main. …Au moins, c’est le bon chemin. »

« J’ai une question Reitoko-san, simplement de la curiosité. En tant qu’élève de Nagatenjouki, non en tant qu’étudiante prometteuse de Gakuen Toshi, il ne t’arrive jamais de te sentir surveillée… épiée ? »

Sortant de ses pensées, la jeune fille leva son regard en direction de son interlocuteur, analysant rapidement sa phrase. Sans savoir quoi répondre au tac-au-tac, elle suivit le mouvement de sa tête, posant elle aussi les yeux sur la caméra au coin du mur. Aku redressa les épaules par réflexe. Des caméras comme celles-ci, c’était son quotidien… Non, elle était pratiquement sûr d’en avoir fait l’expérience toute sa vie. Qu’est ce que ça pouvait changer au final ? Il fallait bien que le personnel et les examinateurs puissent s’informer, après tout. Par pur volonté de défi, la jeune fille tenta de remonter du plus loin qu’elle pouvait dans ses souvenirs. Non. Toujours un objectif de caméra.

« Pas vraiment. »

Aku ne put s’empêcher de grincer des dents quand Eitaro lui passa devant pour ouvrir la porte de la salle de projection. Bah, à quoi bon rivaliser, il était tellement grand, en plus, c’était presque de la triche. Est-ce qu’il essayait aussi de la faire se sentir inférieure en restant à proximité d’elle ? Quelques pensées de ce genre lui traversèrent l’esprit, mais l’expression détâchée de Kimura-san contrastait de façon nette avec toute possibilité de sous-texte qu’elle arrivait à imaginer. Il donnait simplement l’impression de vouloir faire le minimum d’effort pour le maximum de résultat, et ce n’était pas quelque chose de fondamentalement mauvais dans la vision d’Aku. Juste un peu trop minimaliste.

« Grand en taille, petit en détermination. Ouais, ça doit être ça. Je savais que j’étais plus grande que lui quelque part. »

La salle de projection était assez grande, et son architecture permettait, à la manière d’une salle de cinéma, de concentrer l’attention des nombreux sièges vers un point précis : le grand tableau électronique au bout du mur. Il y avait tout un tas de matériel high-tech et connectés disséminé dans la salle, afin que n’importe quel étudiant ou professeur puissent profiter de la résolution très élevée de l’écran pour un visionnage d’une saisissante qualité, souvent pour parfaire un travail ou améliorer une prestation. Le club d’audiovisuel était d’ailleurs garant des autorisations d’utilisations de salle et des horaires… Et l’un des représentants était d’ailleurs sur place pour l’attester, les clefs en main, se retournant en voyant le duo franchir l’entre-brasure de la porte.

« Hm ? Heu, l’ouverture se fera dans sept minutes. Il y a eu une modification d’horaires. »

Visiblement, le regard de l’adolescent et son expression avaient changés toutes deux une fois qu’il avait posé les yeux sur la fille qui accompagnait Eitaro Kimura. L’intéressée se contenta de grincer des dents en passant sa main dans ses cheveux.

« Kh… Si c’est une modification exceptionnelle, on ne pouvait pas être au courant. C’est dans le cadre de la présentation accompagnée avec les anciens élèves de Nagatenjouki Academy, alors pour quelques minutes, je vois pas de raison de pas nous laisser l’utiliser. »

D’une pression du doigt sur une télécommande, le jeune homme éteignit l’écran derrière lui, plongeant une partie de la salle dans une quasi-obscurité. Il fit quelques pas vers le couple en posant la télécommande sur une table.

« En fait, une alerte a été envoyée sur le réseau lycée. Si vous aviez regardé votre téléphone, vous auriez été mis au courant. Et les règles sont les règles, si vous les transgresser, il risque d’y avoir sanction, Reitoko-san. »

La crispation des muscles du visage d’Akutoku s’intensifia de nouveau, alors que l’aura d’animosité qui l’entourait continuait de bouillonner à côté d’Eitaro, comme une cocotte-minute arrivant au bout du temps de cuisson. La jeune fille au bord de la porte avec l’étudiant de Dangai sorti frénétiquement son téléphone, tapant férocement sur l’écran jusqu’à ce que l’alerte apparaisse sur son écran. Elle avait visiblement était envoyée une vingtaine de seconde avant qu’elle et son sempai ne rentrent dans la salle. Déjà, l’étudiant avait levé ses clefs en arrivant à proximité d’Eitaro, en le regardant sans expression réelle discernable sur son visage, à part peut-être de l’exaspération et de l’ennui, sûrement causé par le fait que la furie de la classe 2-A soit enfin sous l’emprise du peu de pouvoir dont il avait la charge. Et si en plus de ça il pouvait l’empêcher de faire bonne impression devant un ancien élève, c’était une occasion à ne pas rater.

«  C’est une blague ?! L’alerte vient juste d’être envoyée ! Y’avait pas moyen que je puisse être mise au courant, kh kh kh ! »

« Pas mon problème si vous ne suivez pas le fil d’information. Si c’est une critique  du réseau, il va falloir protester à l’administration, sûrement. »

« Ce sale déchet ! Il le fait exprès en plus ! Il le fait carrément exprès ! »

Serrant les poings, la jeune fille fronça les sourcils en direction de l’étudiant qui se tenaient devant eux, lâchant toute sa rage dans son esprit, sans même essayer de la cacher à Eitaro Kimura. Ça n’avait plus d’importance maintenant, quelqu’un était en train de bloquer son avancée volontairement, de l’empêcher d’atteindre son but, et il n’y avait pas plus détestable comme réalisation pour Aku que de sentir que quelqu’un était sciemment en train de l’empêcher d’arriver à ses fins.

« Ce n’est pas comme si vous étiez le genre de personne à accorder plus d’intérêt que ça à l’actualité de l’académie. Reitoko-san, vous êtes surtout là pour plaire aux professeurs et pour flatter votre égo, ou je fait une analyse un peu trop objective ? Enfin, je pense que c’est une opinion assez partagée, mais niveau personnage, vous rentrez bien dans la case "enfant gâté"… »

Le membre du club d’audiovisuel posa sa main sur le bras d’Aku, lorsque qu’un bruit d’éclatement de plastique ne vienne lui vriller les oreilles. Avant qu’il ne puisse envoyer une dernière réflexion à l’intention d’Akutoku, sa vision se trouva renversée dans l’autre sens et une légère douleur lui piqua le bras droit, à l’instant même où il atterrissait à quelques mètres dans le couloir, dos au sol. Une patte de glace d’une pâle couleur bleu clair émit quelques craquements autour de la main d’Akutoku, qui lâcha un soupire semblable à un grognement. D’un geste, la glace autour de sa main se disloqua et tomba au sol en petite gouttelettes qui n’avaient plus grand-chose à voir avec du jus d’orange, pour rejoindre les morceaux de bouteilles en plastiques sur le carrelage. L’adolescente aux couettes bleues se massa le poignet, puis vint regarder Eitaro dans les yeux, encore visiblement sur les nerfs.

« Espace vital, salopard. »

«  Kimura-sempai… Et si on commençait par votre dernier System Scan à Nagatenjouki ? »

Il ne suffit que quelques dernières minutes pour qu’avec l’aide de l’intéressé, Akutoku ne parvienne à retrouver les fichiers vidéos concernant  le System Scan de la section d’Eitaro Kimura. Apparemment, les enregistrements des capacités de son pouvoir figuraient à une bonne place, puisqu’il ne fallut pas plus de temps pour trouver la vidéo intéressante et la lancer sur l’écran, déjà programmé. L’adolescente s’asseya sur une chaise confortable en croisant les bras, se désintéressant de ce qui l’entourait pour se focaliser sur l’écran.

« C’est... Contrôle… Ferrokinésie ? »

Les images qui se reflétaient dans les pupilles d’Aku l’obligèrent à cligner des yeux : Eitaro Kimura, l’étudiant de Dangai University aux cernes proéminents et à l’expression désintéressée était en train de manier un cortèges de longues poutres de métal, avant de les projeter à vitesse grand V à travers la piste, les faisant se planter bien plus loin dans le sol à la manière de multiples lancés de javelots aux jeux olympiques. La vidéo ne s’arrêta pas là puis qu’après une nouvelle série de lancée de poutres en métal, c’était à présent tout une construction métallique qui se contorsionnait, avant de s’élever au dessus du sol sous le regard attentif de nombreux examinateurs et de machines de mesures qui semblaient afférer à calculer ce dont elles étaient capable. Akutoku Reitoko cligna une dernière fois des puis tourna son regard vers Eitaro Kimura, alors que la vidéo s’arrêta.

« Sempai… C’est sacrément impressionnant. »
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Eitarō Kimura

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MessageSujet: Re: Nagatenjouki Academy : Café avec ou sans glace [Eitaro/Aku]   Mar 19 Déc - 15:18

«  C’est une blague ?! L’alerte vient juste d’être envoyée ! Y’avait pas moyen que je puisse être mise au courant, kh kh kh ! »

« Pas mon problème si vous ne suivez pas le fil d’information. Si c’est une critique  du réseau, il va falloir protester à l’administration, sûrement. »

Eitarō regardait les deux étudiants d’un œil attentif mais restait, comme a son habitude, muet comme une tombe. De son point de vue aucun des deux n’avait tors ni raison : d’un côté 7 minutes était un décalage acceptable pour un cas comme le leur et de l’autre, l’ensemble de l’académie Nagatenjouki était réglé comme une horloge dont il fallait scrupuleusement respecter les horaires.

L’étudiant commença cependant à ressentir de l’agitation sur sa droite, la jeune fille aux cheveux bleus avait visiblement du mal à accepter le ton de responsable de la salle. Mais ils étaient à Nagatenjouki, ce genre de tensions puériles n’avaient pas lieu d’être entre les membres de l’élite. Au moment où l’esper aux cheveux violets s’apprêtait à ouvrir la bouche, le lycéen reprit la parole.

« Ce n’est pas comme si vous étiez le genre de personne à accorder plus d’intérêt que ça à l’actualité de l’académie. Reitoko-san, vous êtes surtout là pour plaire aux professeurs et pour flatter votre égo, ou je fait une analyse un peu trop objective ? Enfin, je pense que c’est une opinion assez partagée, mais niveau personnage, vous rentrez bien dans la case "enfant gâté"… »


[Hm…]

Eitarō recula instinctivement d’un pas lorsque la bouteille de jus d’Akutoku explosa, et eut tout le loisir de voir l’adolescent au ton arrogant le dépasser puis s’écraser sur le sol non loin de lui. Une réaction de ce type était bien plus excessive que celle à laquelle il aurait pu s’attendre. Le look de le la lycéenne n’était peut-être pas tant en décalage avec sa personnalité finalement, la jeune fille à l’uniforme sans plis ni défauts et au nœud symétriquement noué avait laissé place à son total opposé : une rebelle impulsive ne craignant ni dieu ni diable.

Les yeux d’Eitarō qui s’étaient légèrement agrandis sous l’effet de la surprise ne mirent cependant pas longtemps avant de revenir à leur état naturel, rendant son expression neutre au jeune homme.

«  Kimura-sempai… Et si on commençait par votre dernier System Scan à Nagatenjouki ? »

La jeune fille le fixait, faisant comme si la scène qui venait de se produire n’avait jamais eu lieu. Etait-ce comme ça qu’elle se comportait en temps normal ? N’avait-elle pas peur des conséquences de ses actes ? Pour Eitarō, les règles étaient là pour être respectées et ne pouvaient sûrement pas être ignorées de la sorte. Transgresser une loi, qu’elle soit appliquée à un pays ou à un établissement, était inacceptable, et l’adolescente en face de lui n’avait visiblement rien à faire, ni des lois, ni des sanctions.

« Pourquoi pas, je te laisse chercher. »

Finalement, Eitarō avait fait taire son envie d’adresser une remarque à la numéro 3 des premières années. Outre le fait que générer un conflit était contre sa nature, il était aisé de deviner qu’Akutoku ne laisserait pas passer une remarque à son égard, son comportement à l’instant en était la preuve. Non pas que l’étudiant avait peur de sa réaction, mais il y avait quelque chose d’intéressant de côtoyer quelqu’un à la fois tourné vers la gloire et contre les règles.

[ À quel point te penses-tu supérieure aux autres, Akutoku Reitoko ? ]

L’esper ferma la porte derrière lui –non sans lancer un regard vide à l’étudiant qui maugréait quelque chose, peut-être même à son attention- puis rejoignit la jeune fille au niveau du terminal de la salle de projection. Une main dans la poche, il leva les yeux vers l’écran géant contre le mur lorsque l’enregistrement de sa propre performance s’ouvrit en grand. Une gorgée de café encore brûlant accompagna le retour du souvenir de la journée du system scan.

Ça n’avait pas été un moment amusant ou stressant comme ça l’était pour la plupart des lycéens, mais plutôt contraignant et lassant aux yeux de l’adolescent. A cause de son expression inchangée, l’équipe chargée de mesurer son pouvoir n’avait cessé de lui reprocher son « manque d’implication », malgré sa performance.

« Sempai… C’est sacrément impressionnant. »

« Si on veut. C’est principalement intimidant pour la plupart des gens, très clinquant, si on peut dire. » dit simplement Eitarō, son regard toujours posé sur l’écran.

L’esper n’approfondit pas sa pensée, Akutoku penserait peut-être qu’il n’était pas satisfait de sa capacité mais son opinion lui était égale, elle vaudrait autant que celles des personnes qui pensent tout savoir au premier coup d’œil.

Il s’avança d’un pas en sortant sa main droite de sa poche et pianota à une vitesse folle sur le clavier, signe qu’il avait déjà effectué l’opération à maintes et maintes reprises.

« Un peu comme le pouvoir de l’une des top students de première année, je me trompe Reitoko-san ? »

Aussitôt sa phrase terminée, Eitarō appuya sur la touche entrée et une multitude d’informations apparurent à l’écran. Cryokinesis, Akutoku Reitoko, Level 4, entre autres. Une seconde pression de la touche de validation afficha un diagramme détaillé des performances de l’adolescente. D’un point de vue extérieur, c’était comme si l’étudiant fouillait dans la vie privée d’Akutoku juste devant elle, sans la moindre gène. Eitarō fronça les sourcils à cette pensée, rien n’était privé en ce qui concernait ces données là.

« De la Cryokinésie hm ? »

C’était bien ce qu’elle avait utilisé plus tôt contre l’étudiant qui leur bloquait l’entrée. Mais l’utilisation était différente de celle à laquelle il aurait pensé pour un pouvoir de ce type, plus primitive, téméraire.
Eitarō se redressa, continuant de lire les informations affichées à l’écran.

« Impressionnant tu dis ? Venant de quelqu’un pouvant créer n’importe quelle structure en quelques secondes et congeler quelqu’un d’un simple regard, je te trouve bien humble, Reitoko-san. »

L’esper marqua une pause avant de se tourner vers la jeune fille.

« L’éventail de possibilités que t’offre ta capacité est un atout énorme, ce n’est pas quelque chose dont tous les levels 4 peuvent se vanter. Mais je n’ai pas pour habitude de mentir, je vais donc être honnête avec toi ; ton esprit rebelle pourrait bien entraver ta progression vers le sommet que tu vises tant, sans compter que ce n’est pas un comportement acceptable au sein de Nagatenjouki Academy. »


Relevant un peu le menton, le jeune adulte verrouilla son regard sur Akutoku.

« Néanmoins, je suis de l’avis que ceux qui n’ont rien à cacher sont également ceux qui n’ont peur de rien, et donc qui sont les plus susceptibles d’avancer. »

Eitarō avait pour habitude de fonctionner par principes simples et précis mais multiples, ce qui était probablement l’une des raisons pour laquelle il avait du mal à s’entendre avec les autres, selon sa propre réflexion. Il n’avait pour autant jamais changé sa façon d’être à l’égard des autres : si cacher sa vraie personnalité derrière un masque lui permettait d’avoir des amis, aucun des liens qui serait créé entre eux ne serait sincère, puisque faux. Et de ce côté, il semblait qu’Akutoku appréhendait les liens sociaux de la même façon que lui.

« Tu as dit viser la première place ainsi que le niveau 5. J’aimerai savoir, que feras-tu si tu n’y parviens pas ? »

Des bruits de pas et de voix résonnèrent dans le couloir derrière la porte de la salle, faisant tourner la tête à l’étudiant vers l’arrière de la pièce. D’un léger mouvement de la main droite, Eitaro activa son pouvoir. Instantanément, les images des deux écrans se tordirent et se replièrent sur elles-mêmes brièvement avant de revenir à leur état normal. Le verrou de la porte émit un petit bruit caractéristique lorsque cette dernière se verrouilla, séparant les deux espers du reste de l’école.

L’un des effets secondaires de la capacité d’Eitarō était de causer ce genre d’interférences, dues au champ magnétique soudainement créé près des appareils. Si une exposition prolongée pouvait abîmer les écrans et ordinateurs, un bref passage était cependant sans effet permanent.

« Il semblerait que ta petite intervention n’ait pas été très appréciée par ton collègue, mais je veux vérifier quelque chose avant de sortir, désolé. »

Après avoir posé son café sur la table à côté du clavier, Eitarō se remit à pianoter dessus à toute vitesse et revint sur son profil, cherchant toutes les informations dont disposait l’école à son sujet. Il n’était pas inquiet ou paranoïaque mais sa curiosité lui avait taraudé l’esprit un moment alors il voulait l’apaiser. Il n’aurait pas verrouillé la porte autrement. Était-ce vraiment une entrave au règlement de toute façon ?

[ Ils n’ont rien effacé, pas si étonnant après tout Nagantenjouki aime bien mettre ses top students en avant.]

De nouveau, ses données étaient éparpillées un peu partout en différentes fenêtres sur l’écran géant qui illuminait désormais la pièce. D’une touche, Eitarō revint à l’écran d’accueil de l’ordinateur, baissant la luminosité de la pièce de plusieurs niveaux.
Ignorant les voix mécontentes toujours audibles derrière la porte, le jeune homme reprit la parole.

« Tant qu’on y est et puisqu’on dispose d’encore un peu de temps, voulais-tu me montrer ta capacité plus en détail ? »
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Akutoku Reitōko

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MessageSujet: Re: Nagatenjouki Academy : Café avec ou sans glace [Eitaro/Aku]   Lun 8 Jan - 23:40

Quelque chose irritait profondément Akutoku Reitoko, et malgré ses efforts, elle ne put savoir précisément si cela venait du fait qu’Eitaro Kimura-san n’avait presque eut aucune réaction après qu’il ait revu sa performance et que la jeune fille l’ai félicité, ou si c’était car il venait de changer totalement d’idée, et de filer vers le clavier pour se mettre à y taper la pointe de ses doigts dans un rythme effréné. Elle grinça des dents en se demandant bien ce qui avait pu ainsi le détourner de leur conversation, avant hoqueter de surprise en voyant son visage apparaître sur le grand écran.

« Un peu comme le pouvoir de l’une des top students de deuxième année, je me trompe Reitoko-san ? »

« H-Hé ! »

La jeune fille, soudain droite comme un ‘‘i’’ se mit à rougir jusqu’au sommet de ses pommettes, la couleur vermeille venant caresser le bout de ses mèches bleues turquoises. Cette fois, impossible de s’en empêcher. Elle s’élança vers Eitaro attrapant la manche de sa veste, mais il ne remarqua même pas qu’il se défit instantanément de la faible emprise des ongles de la fillette, pour se remettre à pianoter sur les touches comme un maestro dirigeant un orchestre. Les yeux de la jeune fille se plissèrent lorsqu’elle tourna les yeux vers l’écran, où s’affichait toutes les mesures de ses capacités depuis son entrée à Nagatenjouki Academy jusqu’à aujourd’hui.

« De la Psychocryokinésie hm ? ‘‘Impressionnant’’, tu dis ? Venant de quelqu’un pouvant créer n’importe quelle structure en quelques secondes et congeler quelqu’un d’un simple regard, je te trouve bien humble, Reitoko-san. »

Akutoku fronça les sourcils à son sempai, visiblement bien remontée contre lui, le froid qu’elle dégageait s’était transformé en violente chaleur dirigée dans sa direction.

« Kh… ‘‘Congeler quelqu’un d’un simple regard’’ ? Il pense vraiment que ça peut-être aussi facile, ou quoi ? Il croit que juste parce que j’ai ce pouvoir, alors tout devient plus facile ? Ce type… Je le déteste ! »

« L’éventail de possibilités que t’offre ta capacité est un atout énorme, ce n’est pas quelque chose dont tous les levels 4 peuvent se vanter. Mais je n’ai pas pour habitude de mentir, je vais donc être honnête avec toi ; ton esprit rebelle pourrait bien entraver ta progression vers le sommet que tu vises tant, sans compter que ce n’est pas un comportement acceptable au sein de Nagatenjouki Academy. »

Le visage de l’étudiante se crispa de nouveau, cette fois, elle soutint sans aucune gêne le regard de son sempai sans courber l’échine ni pencher la tête. Elle sera de plus belle les sourcils au-dessus de sa tête, donnant à son visage l’air de celui d’un chaton à qui on venait de voler sa nourriture, et qui s’apprêtait à griffer pour la récupérer.

« Néanmoins, je suis de l’avis que ceux qui n’ont rien à cacher sont également ceux qui n’ont peur de rien, et donc qui sont les plus susceptibles d’avancer. »

« Décide-toi bon sang ! JE HAIS LES TYPES DE CE GENRE. Et dire que j’ai pu croire un seul instant qu’on avait un truc en commun… Ce gars ne me comprend pas du tout, c’est juste un pantin de viande comme les autres ! »

La jeune fille regarda en direction du grand tableau électronique sur le mur. On voyait une image se répétant sur celui-ci, Akutoku projetant un javelot en glace compactée, filant à travers les airs pour venir s’écraser plus loin dans une piste. Et autour, des têtes floues qui la regardait faire, vide de toute expression, de toute volonté. Regardant. Des regards. Des pairs d’yeux inutiles qui perdaient du temps à suivre un objet qui avançait sans rien en apprendre, sans rien en comprendre. L’adolescente serra les poings en se focalisant sur son image d’elle. Elle comptait bien plus que tous ceux-là. Les scientifiques le lui avait bien dit. Il n’y a personne de ce côté qui puisse représenter un intérêt, à part elle-même et les véritables autres bons éléments.

« Tu as dit viser la première place ainsi que le niveau 5. J’aimerai savoir, que feras-tu si tu n’y parviens pas ? »

Toutes les pensées d’Akutoku stoppèrent en un instant. Comme un minuscule caillou venant frapper la surface d’un étang, l’onde de choc des mots japonais prononcés par Eitaro Kimura explosa en mille morceaux la cage de verre qui s’était formée autour d’elle. ‘‘Que feras-tu si tu n’y parviens pas ?’’ La jeune fille cligna des yeux, l’image d’elle-même sur l’écran disparaissant et réapparaissant en même temps que la faible lumière des écrans. La phrase résonna encore un peu dans ses tympans, avant d’enfin s’estomper, et avec elle, les désillusions qui se formaient dans la tête de l’adolescente.

Aussi stupide que cela puisse paraître, cette question avait depuis longtemps disparu des pensées de la jeune fille, poussée dans un tiroir fermé à double tour. Personne ne lui avait jamais dit cela. Tout le monde parlait de s’améliorer, mais n’avait jamais effleuré la possibilité qu’elle doive réfléchir à un plan secondaire, à la possibilité de faillir. Aku pivota vers Eitaro Kimura avec des yeux vides, avant de reprendre des couleurs en entendant les bruits de pas dans les couloirs. Visiblement, le membre du club d’audiovisuel n’avait pas aimé qu’on s’infiltre dans sa salle sans permission. Ou peut-être était le petit coup de patte dans le dos, et le fait d’être devenu un palet de curling pour Akutoku Reitoko.

« Pas de la ferrokinésie. C’est… De la manipulation d’onde éléctromagnétique. Du magnétisme. »

Akutoku ne regardait pas en direction de la porte de la salle qui venait d’être verrouillée après un déclic sonore de la capacité d’Eitaro Kimura, mais bien l’écran et les interférences qui étaient apparus après qu’il ait levé la main. C’est Akutoku qui n’avait pas compris. Elle venait de réalisait de deux manières différentes qu’utiliser sa tête pour foncer dans une conclusion hâtive faisait d’elle une potentielle candidate à la défaite. Tout ça en quelques minutes, et avec l’aide d’un sempai, d’une tasse de café et d’une discussion en tête à tête dans une salle sombre. Kimura-san, n’ayant visiblement pas remarqué le nouveau changement d’expression de l’adolescente, lâcha une petite phrase en se remettant à pianoter sur l’ordinateur, puis de baisser la luminosité de la salle.

« Tant qu’on y est et puisqu’on dispose d’encore un peu de temps, voulais-tu me montrer ta capacité plus en détail ? »

Akutoku Reitoko cligna des yeux en direction du visage d’Eitaro, avant de soupire lentement, comme si elle venait d’être libérée d’un poids. Elle avait assurément mal jugé son sempai, et elle se sentait bien stupide tout d’un coup. L’erreur qu’elle avait faite sur sa capacité était de même nature que son erreur sur le garçon : il essayait d’aider la jeune fille, mais elle était aveuglée par quelque chose qui ne la faisait réaliser qu’une partie de l’iceberg. Il était temps de reprendre le cap et le contrôle du navire, pas question de laisser ce sentiment s’installer de nouveau. Akutoku devait gagner à tout prix, alors pas question de faillir devant cette nouvelle épreuve.

« Kh, désolé pour tout ça… Mais en ce qui concerne votre question… Elle est invalide, sempai. »

La jeune fille, d’un mouvement des doigts, défit le ruban liant son col, pour que celui-ci se desserre et présente son cou à Eitaro Kimura. Là, plus d’étiquette. Juste elle et lui, et un regard qui semblait essayer de traverser ceux de son sempai.

« Je vais réussir, à tout prix. Il n’y a pas de places pour la défaite. Je n’en laisserais pas. Je vais regarder droit devant, et quel que soit l’obstacle sur mon chemin, je ne m’arrêterais pas ! »

‘‘Montrer sa capacité plus en détail ?’’ Non, Akutoku Reitoko n’avait aucune intention de faire un show image et son à son sempai pour l’impressionner et gagner des points sur le compte rendu qu’il allait devoir rendre à la fin de cette entrevue. Elle était plus qu’un pouvoir, et il avait fallu bien trop de temps pour qu’elle ne puisse réellement comprendre ce que ça voulait dire. Mais d’une façon ou d’une autre, il fallait remercier Eitaro Kimura pour lui avoir ouvert les yeux. Elle releva sa main, pointant le garçon du doigt. Pour la première fois depuis un temps infini, on aurait presque pu distinguer un sourire enjoué se former sur le visage de la jeune fille, sûrement un vestige du passé qui avait ressurgit. Cependant, il ne dura qu’une fraction de seconde, rapidement rattrapé par un rictus un peu vantard.

« Et si je tombe, je me relèverais encore. Regardez-moi bien sempai, parce que je vais vous rattraper très vite, kh kh. Et quand ça arrivera, vous me verrez comme un égal ! »

Un puissant souffle vint accompagner les quelques secondes après la phrase d’Akutoku et son échange de regard avec le garçon. La porte avait cédé par plusieurs pouvoirs d’esper utilisés les uns avec les autres. La professeur principale de la classe 2-A d’Aku rentra dans la salle en claquant des doigts, allumant les lumières. Faisant claquer les talons de ses chaussures sur le sol, Shiina-sensei se mit à sourire au duo d’adolescent.

« J’ai entendu qu’un petit accrochage était arrivé, mais ça n’est pas si grave, alors je vais vous demander de ne pas tarder plus, car la pause est bientôt terminée, Reitouko-san, Kimura-san ! ♫ »

Akutoku aquiesca en regardant son sempai puis sa professeur, avant de filer en direction de celle-ci pour lui expliquer ce qui lui avait pris du temps et ce qu’il s’était passé en détail, laissant Eitaro Kimura en retrait dans la salle. Sur le chemin, elle était tellement ailleurs qu’elle ne remarqua pas qu’elle avait fait tombée son téléphone au sol. L’élève de Dangai University, voyant que celui-ci s’était mis à vibrer au sol, l’attrapa en regardant le nom de l’auteur de l’appel. Au lieu d’un numéro ou d’un nom quelconque, il fut accueilli par un simple terme froid et sans apparente signification ‘‘Bloc G’’. Après que le téléphone fut en main du garçon, il arrêta de sonner et fut récupérer doucement par les doigts d’Akutoku, qui frôlèrent ceux de l’adolescent.

«  Allons-y sempai, j’ai encore quelque chose à vous montrer. Que diriez-vous de visiter le jardin central ? Je me demande si vous y êtes déjà allé. »


Dernière édition par Akutoku Reitōko le Lun 29 Jan - 18:59, édité 1 fois
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Eitarō Kimura

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MessageSujet: Re: Nagatenjouki Academy : Café avec ou sans glace [Eitaro/Aku]   Dim 21 Jan - 21:42

Les yeux toujours face à l’écran de l’ordinateur, Eitaro attendait la réponse de la jeune fille. Elle voudrait probablement lui montrer d’avantage ses prouesses, pour lui prouver sa légitimité en tant qu’aspirante level 5 peut-être, ou simplement chercher à l’impressionner. L’étudiant avait déjà fait face à ce genre de comportement, souvent adopté par les kouhai cherchant à gagner l’estime de ceux qu’ils admirent, et savait pertinemment à quoi s’attendre. Cependant, la réponse d’Akutoku fut bien différente de celle expectée par l’universitaire.

« Kh, désolé pour tout ça… Mais en ce qui concerne votre question… Elle est invalide, sempai. »

En se retournant, Eitaro pu voir que la jeune fille avait défait son ruban et affichait un air étonnement sérieux d’un seul coup. Le sourcil droit du jeune homme se leva.

« Je vais réussir, à tout prix. Il n’y a pas de places pour la défaite. Je n’en laisserais pas. Je vais regarder droit devant, et quel que soit l’obstacle sur mon chemin, je ne m’arrêterais pas ! »


Un léger sourire en coin apparu sur les lèvres d’Eitaro, laissant presque apparaitre ses dents dans la semi-pénombre de la salle.

[ Et bien, c’est ce que j’appelle une bonne réponse. ]

« Et si je tombe, je me relèverais encore. Regardez-moi bien sempai, parce que je vais vous rattraper très vite, kh kh. Et quand ça arrivera, vous me verrez comme un égal ! »

L’espace d’une fraction de seconde, il avait semblé voir quelque chose de différent sur le visage de la jeune fille un détail dans son expression, quelque chose qu’il avait du mal à définir. Un phénomène à expliquer, une question à laquelle répondre. Eitaro se reconcentra rapidement, figeant net son flux de pensées. Il n’avait aucun droit ou intérêt à analyser quoi que ce soit de personnel provenant d’Akutoku. Son objectif était de l’évaluer, point.

« Hâte de voir ça, Reitoko-san. »

Avant que l’étudiant de Dangai n’ait eu le temps d’ajouter quoi que ce soit, la porte derrière lui fut soufflée et la professeure principale de la classe 2-A pénétra dans la pièce, la même expression chaleureuse sur le visage que lors de la présentation des anciens élèves un peu plus tôt dans la journée.

« J’ai entendu qu’un petit accrochage était arrivé, mais ça n’est pas si grave, alors je vais vous demander de ne pas tarder plus, car la pause est bientôt terminée, Reitouko-san, Kimura-san ! ♫ »


Presque immédiatement après son irruption dans la pièce, Akutoku s’était précipitée vers sa professeure pour s’expliquer. Eitaro quand à lui ne prononça pas un mot, se contentant de faire un léger hochement de tête à la jeune femme en sortant. Sumire-sensei n’avait pas beaucoup changé depuis les deux dernières années et Eitaro reconnaissait bien là l’attitude de son ancienne professeure de mathématiques. La bonne nouvelle était que ni lui ni Akutoku n’auraient de problèmes si elle s’était chargée de l’incident. La mauvaise était qu’elle les aurait peut-être à l’œil pour l’après midi, et si Eitaro supportait mal une chose, c’était bien d’être surveillé.

Le duo progressait dans le même couloir qui menait à la salle de projection, en sens inverse. La jeune fille ne semblant pas vouloir ajouter quoi que ce soit ou relancer la discussion, le couloir redevint calme très rapidement. L’étudiant de Dangai rendit rapidement son téléphone à Akutoku après qu’il soit tombé au sol, non sans enregistrer silencieusement le nom du contact dans un coin de son cerveau.

[ Bloc G. ], pensa Eitaro en se remettant à marcher. Ce nom ne lui évoquait rien. Il n’était pas rare qu’une entreprise ou un laboratoire contacte un ou plusieurs étudiants à haut potentiel dans le but de faire des expériences ou d’organiser des tests et parfois, certaines petites entreprises tentaient également leur chance. Quoi qu’il en était, pour que la jeune fille soit contactée directement sur son téléphone il était probable qu’elle ait déjà travaillée pour eux. Eitaro remit sa main dans sa poche, se remettant au niveau d’Akutoku. Des capacités exceptionnelles, un accord peut-être privilégié avec un laboratoire, elle se donnait les moyens de réussir, c’était un fait indéniable.

« Allons-y sempai, j’ai encore quelque chose à vous montrer. Que diriez-vous de visiter le jardin central ? Je me demande si vous y êtes déjà allé. »

« Hm ? »

Eitaro regarda la jeune fille un instant. Le jardin central ? Un endroit très apprécié des groupes d’étudiants, nettement moins des loups solitaires comme lui. Un environnement agréable mais tout de même éloigné du milieu naturel dans lequel évoluerait Eitaro s’il était une espèce.

« Je n’y suis allé que quelques fois seulement, quand j’étudiais ici je passais le plus clair de mon temps à travailler à la grande bibliothèque, ou parfois à souffler dans la salle du club d’astronomie. Mais il nous reste encore un peu de temps alors on peut y faire un tour, que voulais-tu me montrer ? »

Quelques instants plus tard, les deux étudiants arrivaient au niveau de l’entrée de la fameuse « bibliothèque verte » de Nagatenjouki. Akutoku n’avait pas ressorti son téléphone depuis qu’elle l’avait récupéré, ce qui fit tiquer l’universitaire. Si Eitaro ne supportait pas les appels intempestifs, –malgré le petit nombre de contacts dans son téléphone- même un appel occasionnel et imprévu était irritant à ses yeux. Cependant, même lui s’était vu forcé de décrocher voir rappeler un numéro lorsque le coup de fil en valait la peine.

« Tu peux rappeler si tu le souhaites, on a suffisamment de temps. Aussi importante que puisse être cette « journée évaluative », manquer un appel important peut te faire rater des occasions de progresser. Je ne trouverai pas ça impoli si tu le fais. »


Les cours à l’Université étaient bien différents de ceux du lycée, c’était une vérité qui avait frappé Eitaro bien vite lorsqu’il avait intégré Dangai University. Mais malgré tout, certaines règles restaient les mêmes et l’interdiction d’utiliser son téléphone en cours était toujours d’actualité dans le supérieur.
Le souvenir de l’évènement qui lui avait permit d’apprendre ce dernier point lui revint en mémoire : Un mercredi matin de l’année précédente, entre 10h et 11h30 était le moment qu’avaient choisi Lily et Mary, ses petites belles-sœurs de 10 ans, pour appeler Eitaro et l’inviter à leur anniversaire. Voir un étudiant de première année décrocher et répondre au téléphone sans aucune gène apparente se trouva être l’occasion parfaite pour Hashimoto-sensei, 57 ans, de rappeler haut et fort les règles de bienséance élémentaire en cours de microbiologie cellulaire.

Suite à cet évènement, nombre d’étudiants s’étaient fait une idée à propos du rejeton des Kimura et ainsi, il apparaissait que pour certains, le sens des priorités était quelque chose qui faisait défaut à Eitaro, tandis que pour d’autres il était simplement quelqu’un qui n’hésitait jamais. Ces deux catégories de personnes le voyaient donc soit comme arrogant soit comme tourné vers la réussite. Finalement cela ne changeait pas grand-chose de son point de vue puisque dans les deux cas tous ou presque l’évitaient. Et c’était tant mieux.

Cette mésaventure avait donc apprit deux choses à Eitaro : la première étant qu’il ne fallait pas répondre au téléphone devant un professeur passionné. La seconde que peu importaient les actions de quelqu’un, qu’elles soient bonnes ou mauvaises. Car lorsque le monde vous fait porter une image, il est impossible de l’effacer soi-même.
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Akutoku Reitōko

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MessageSujet: Re: Nagatenjouki Academy : Café avec ou sans glace [Eitaro/Aku]   Lun 22 Jan - 3:03

« Tu peux rappeler si tu le souhaites, on a suffisamment de temps. Aussi importante que puisse être cette « journée évaluative », manquer un appel important peut te faire rater des occasions de progresser. Je ne trouverai pas ça impoli si tu le fais. »

Akutoku releva la tête vers Kimura-san en l’entendant, visiblement surprise. Il avait donc remarqué que son téléphone portable avait reçu un appel ? Elle détourna son regard en sortant son portable qui était plutôt sophistiqué, sûrement dans les derniers modèles qu’on vendait à Academy City. Elle regarda de nouveau l’auteur de l’appel et cligna des yeux une seconde. Si c’était l’installation mais qu’ils appelaient durant les heures de cours, c’était qu’ils ne devaient pas spécialement attendre une réponse directement, ils savaient (notamment parce que c’était leur souhait) qu’Akutoku privilégiait les études lorsqu’elle était dans l’établissement. De plus, ça avait tout l’air d’un appel automatique. Elle avait tout le temps de le découvrir et se contenta de ranger son téléphone de nouveau à sa place dans la poche de sa jupe.

« Ce n’est rien, sempai, kh kh. Ce n’est pas quelque chose d’important. J’aimerais plutôt vous montrer ce pourquoi je vous ai amené ici ! »

Voyant qu’Eitaro Kimura-san n’était pas spécialement intéressé par les nombreux projets expérimentaux qui se trouvaient tout autour du jardin scientifique, la jeune fille guida son tuteur temporaire entre les plantes grimpantes et les cultures de biotopes sous verre pour l’amener en direction d’une porte métallique dotée d’un digicode : il s’agissait d’une salle d’expérimentation spéciale pour les projets scientifique d’élève qu’il fallait garder en sûreté ou qui pouvait être volatil. Akutoku tapa rapidement d’une seule main un code sur le pavé tactile et laissa la porte devant elle s’ouvrir. Elle inspira et rentra en se plaçant sur le côté pour laisser Eitaro regarder la salle, dont l’atmosphère était totalement différente du jardin d’où il venait de partir.

Il s’agissait d’une salle entièrement blanche de taille moyenne avec un sol carrelé et de multiples compartiments semblable à des tiroirs sur les murs, muni d’écran et des mêmes pavés tactiles pour les ouvrir. La salle semblait archiver non pas seulement le travail d’Akutoku, quel qu’il puisse être, mais aussi celui d’autres étudiants. Il régnait dans le local une odeur de nettoyant chimique et une température plutôt froide qui ne semblait pas du tout importuner Akutoku qui, les bras et les jambes en contact avec l’air, n’avait même pas la chair de poule. Elle souffla par le nez puis après avoir lancé un regard à Eitaro, lui indiqua un grand compartiment-container au bout de la petite salle portant une étiquette avec le nom de l’adolescente dessus.

« C’est là. Voilà le projet scientifique sur lequel je travaille en TP. C’est un sujet libre comme l’année dernière, alors j’ai saisi l’occasion. »

Après être arrivé au niveau du casier blanc, elle tapa un digicode plus complexe que celui pour ouvrir la porte d’entrée puis tourna une poignée qui venait de sortir de la surface du tiroir. Elle tourna la poignée pour ouvrir le compartiment qui laissa s’échapper dans toute la salle une fumée glaciale. A l’intérieur du casier réfrigéré, il y avait un canister semblable à un tube de métal brillant comme l’aluminium qui semblait plutôt lourd et qu’Akutoku dégagea, puis souleva pour le poser sur une table un peu en retrait. Elle leva une main en direction du cylindre pour le présenter à son sempai.

canister réfrigérant:
 

« C’est un produit chimique de ma conception. Enfin… J’ai emprunté à beaucoup  d’expériences sur l'éthylène glycol et l’Isopropanol, et de produits servant de liquide de refroidissement. Je pense que nous avons encore beaucoup à apprendre de l’étude des basses températures . Mais mon projet va au-delà d’un simple composé chimique… Vous allez voir. »

Akutoku Reitoko se dirigea de nouveau vers son casier, puis en retira cette fois une sorte de cube de verre d’une quinzaine de centimètre de largeur et de hauteur qui semblait conserver la température, il fallut d’ailleurs débranché d’un système de câblage une fois sorti. Akutoku le posa sur la table pour que Kimura-san puisse en voir l’intérieur. En effet, se situant au centre du cube, une petite plante grasse génétiquement modifiée s’élevait d’un minuscule terreau. Couverte de gel, celle-ci semblait tout simplement morte et desséchée.

« C’est surtout grâce à ma capacité d’esper que j’ai commencé à m’intéresser autant à la cryogénie et la thermodynamique. Mais c’est rapidement allé au delà de cela quand j’ai compris que la cryoconservation avait de nombreuses applications unique.  Le problème principal cependant, c’est qu’on sait faire descendre un corps à une très basse température, mais c’est bien plus difficile de le faire revenir, notamment à cause du phénomène de contraction et d’expansion à l’intérieur des cellules, avec un risque de rupture de la membrane cellulaire lors d’une décongélation mal contrôlée. »

Après avoir lancé un regard presque aguicheur à Eitaro Kimura pour accompagner son explication, en gardant une expression neutre (ce qui la fit un peu ressembler à une publicitaire professionnelle), Akutoku s’approcha de son canister et se mit à tourner une manivelle pour l’ouvrir. Une fois avoir terminé, elle demanda au jeune homme de lui ouvrir le compartiment du cube de verre, ce qu’il fit. Ouvrant un tiroir sous la table, elle en sortit une éprouvette spéciale pouvant se connecter sur un canister contenant du liquide gardé à une certaine pression. Une fois l’éprouvette ayant récupéré assez d’un genre de liquide incolore, Akutoku referma le cylindre puis vint remplir une seringue du liquide incolore contenu dans l’éprouvette graduée. Elle planta ensuite la seringue dans la tige de la plante et appuya sur celle-ci.

« C’est juste un prototype, et ça ne fonctionne réellement que grâce au fait que la plante est génétiquement modifiée pour avoir une contenance en eau spécifique et une surface extensible. »

Une fois avoir ressorti la seringue, Akutoku referma le cube de verre puis récupéra le canister qu’elle referma et rangea dans son compartiment. Pendant ce temps, sous le regard d’Eitaro Kimura, la plante à l’intérieur de la cage de verre commença à se redresser. Le gel se mit à rapidement à disparaître, remplacer par une unique goutte d’eau qui se sépara de l’humidité de la plante pour s’écraser au fond du terreau. Akutoku laissa Eitaro examiner le tout si il le désirait, puis rangea finalement le cube de verre et la plante dans son casier et referma le tout.

« Alors… ? Qu’est ce que vous pensez de mon projet de décongélation contrôlée ? »

Prenant une inspiration de l’oxygène pure produite par les plantes aux alentours dans le jardin central, Akutoku Reitoko fit quelques pas avec son sempai après avoir fermé la porte de la salle de confinement d’expériences. Elle regarda aux alentours après avoir jeté un regard à son téléphone : ils ne devraient plus trop tarder à rentrer. Elle prit un détour sur le côté avec Eitaro sans le remarquer, ce qui rallongea un peu leur trajet sans qu’elle ne semble trop en être dérangé. Cependant, un bruit sur le chemin lui fit relever son attention, puis s’arrêter instantanément comme un piquet. Elle se cala sur le côté pour être derrière un arbre en pot et des feuillages et ainsi se camoufler de la scène qui se jouait dans le coin à l’abri des regards devant Eitaro et Aku.

Un couple s’enlaçait et s’embrassait avec fougue en se tenant contre une grande verrière, semblant totalement absorbés dans leur ménage. Un œil avisé aura pu remarquer qu’une des caméra de service servant à surveiller les plantes était parcourues de soubresauts et lâchait des étincelles à chaque passage, comme si une interférence électrique lui faisait subir des déréglements. Akutoku, postée contre l’arbre, se mit à serrer les dents en fronçant les sourcils et le nez. Visiblement, cette vision ne l’enchantait pas du tout et le fait que ses deux jeunes gens se mettent à troubler ce moment passé avec son sempai la rendait non pas rouge d’embarras, mais rouge de colère.

« Tsk, j’arrive pas à le croire. Pour penser que des étudiants se mettent à… Batifoler comme ça pendant les heures de pause, c’est révoltant, kh. Ne perdons pas plus de temps ici, sempai. »

Alors qu’Akutoku s’apprêtait à s’éloigner en entraînant Eitaro, les étincelles lâchées par la caméra perturbée se mirent à descendre jusqu’aux plantes et aux liquides en dessous. Il suffisit d’une fraction de seconde pour que des flammes ne s’élèvent au dessus des terreaux, embrasant les petites plantes alentours en dégageant une chaleur anormale.
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Eitarō Kimura

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MessageSujet: Re: Nagatenjouki Academy : Café avec ou sans glace [Eitaro/Aku]   Ven 26 Jan - 3:57

« Alors… ? Qu’est ce que vous pensez de mon projet de décongélation contrôlée ? »

La jeune fille semblait dans son élément, visiblement assez fière de son étude. Mener un projet de cette envergure seule était un sacré challenge, top student de Nagatenjouki ou non. Sans oublier que la question de faire revenir un être vivant d’une cryostase était toujours d’actualité malgré les nombreuses recherches sur le sujet. Et si elle l’était à la Cité Scolaire, elle l’était partout dans le monde. Si Akutoku trouvait quelque chose en plus ou avançait une théorie voir même un programme d’expérimentations, de nouvelles portes s’ouvriraient à elle, dans le secteur de la recherche et ailleurs. Encore un nouveau tremplin. Il semblait que la lycéenne s’était assuré un moyen de progression dans chaque domaine à sa portée. Eitaro jeta un coup d’œil à l’adolescente, qui sait jusqu’où elle irait pour atteindre le niveau 5 ? Après tout, « Rien n'est impossible quand on ose exécuter tout ce qu'on a osé vouloir » .

« C’est un bon projet, ambitieux et en relation avec ta capacité d’esper. Les résultats sont prometteurs, c’est vraiment impressionnant, Reitoko-san. N’hésite pas à me faire part de l’avancée de ton projet à l'avenir, il y a toujours quelque chose à utiliser, derrière une découverte. »


Bien qu’il ne le montra pas, Eitaro savoura un instant la température du Jardin central, bien plus agréable que la froideur de la petite salle de stockage. Akutoku n’avait pas semblé spécialement dérangée par la chute de degrés, contrairement à l’Universitaire dont le costume en laine avait tout de même laissé entrer de petits courants d’air entre ses vêtements.

Comme prévu, la visite n’avait pas duré trop longtemps et en rentrant directement, ils arriveraient dans la salle de réunion avant la fin de la pause. Un retard serait mal vu, mais si Eitaro n’apportait guère d’importance à l’image qu’avaient les autres de lui, la question du respect envers un professeur prônait sur le reste et en tant qu’ancien élève de l’académie, le rejeton des Kimura souhaitait garder son ratio parfait d’arrivée à l’heure inchangé. Des litres de caféine avaient été nécessaires, après tout.

Remarquant qu’Akutoku s’était arrêtée, l’universitaire vint se placer derrière la jeune fille, regardant d’abord l’étiquette sur le bord de l’étagère, avant de remarquer qu’il arrivait à point nommé pour une incontournable expression d’amour entre deux étudiants.

« Tsk, j’arrive pas à le croire. Pour penser que des étudiants se mettent à… Batifoler comme ça pendant les heures de pause, c’est révoltant, kh. Ne perdons pas plus de temps ici, sempai. »

Eitaro regarda le couple une nouvelle fois. Une perte de temps ou non selon le point de vue. Après tout ils étaient libres de faire ce qu’ils voulaient pendant leur temps libre et rien dans le règlement ne leur interdisait leur moment d’intimité. Les grésillements au plafond firent relever les yeux à l’étudiant. Cela en revanche était une entrave au règlement, le couple serait sévèrement puni si c’était découvert. Dans tous les cas, rien de cela ne le regardait, il n’avait pas à agir.

Au moment où l’esper détourna le regard, une lueur doublée d’une forte chaleur l’immobilisa. Trois plants de l’étagèrent venaient de prendre feu. Très vite, une odeur assaillit les narines d'Eitaro.

[ Cette odeur… est-ce que ? ]

Le nom de l’installation présent sur l’étiquette surgit soudain dans l’esprit d’Eitaro. P.E.T isolation test model

« Tch ! »

Devant Eitaro, juste au bout de l’étagère avec les cultures se trouvait Akutoku. L’esper posa une main sur l’épaule de la jeune fille et la tira en arrière d’un coup sec. Au même moment, un torrent de flammes se répandit presque instantanément sur la ligne de cultures, comme si les plantes avaient été remplacées par une trainée de poudre. Les flammes soudainement deux fois plus grandes virent lécher la joue et le bras d’Akutoku avant de s’enrouler autour des plantes vertes, commençant déjà à les consumer.

Lâchant l’épaule de l’adolescente, Eitaro défit le bouton avant de son costume d’un coup de pouce puis tendit les bras en arrière, laissant sa veste glisser. Les boutons de manchette ainsi certains ornements de la veste contenaient du métal, permettant à l’esper de faire mouvoir le vêtement jusqu’à une autre étagère, dédiée elle à des tests sur culture aquaponique. La veste se glissa dans l’écart entre les plantes et leur réserve aquatique puis plongea dans la cuve contenant de l’eau avant de ressortir immédiatement et de recouvrir un groupe de cinq petites plantes, réduisant peu à peu les flammes. Faute de système anti-incendie dans une salle aux risques de début de feu aussi faibles, un frein à la progression ferait l’affaire temporairement.

L’universitaire jeta un coup d’œil au couple, l’un dans les bras de l’autre et recroquevillés contre la rangée de plantes d’en face, visiblement pétrifiés par les flammes lancinantes devants eux. Eitaro expira, la situation était sous son contrôle. Mais si lui le savait, le reste des étudiants présents ne l’avait peut-être pas compris. Son regard roula vers Akutoku, c’était l’occasion parfaite pour faire un petit test surprise.

« P.E.T. Polytéréphtalate d'éthylène. Un polyester utilisé dans la fabrication de films plastiques particulièrement isothermes. Très utilisé dans les cultures modernes pour son efficacité. Mais exposé suffisamment longtemps à une forte chaleur, le P.E.T est hautement inflammable, ajoute à ça les éventuels éléments chimiques des tests et tu obtiens la réaction que tu viens de voir. Maintenant dis-moi, comment contenir un incendie où un matériau hautement inflammable est impliqué et en pleine combustion ? J’en fais appel à ta créativité. »

La capacité à résoudre des situations d’urgence était également un facteur d’évaluation au sein de Nagatenjouki. Avoir de bons résultats aussi bien aux tests écrits et oraux que physique et pratiques était la face cachée de l’iceberg. Mais Eitaro savait pertinemment que toutes ces données surdétaillées étaient là pour une raison, chaque parcelle des étudiants était évaluée. L’étudiant de Dangai leva les yeux vers une caméra en retrait dont l’objectif était braqué sur Akutoku et la rangée de plantes en feu.

[ Bien, comment va-t-elle appréhender la situation ? ]
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Akutoku Reitōko

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MessageSujet: Re: Nagatenjouki Academy : Café avec ou sans glace [Eitaro/Aku]   Sam 27 Jan - 19:22

« Tch ! »

En entendant l’interjection de son sempai, Akutoku Reitoko se retourna instantanément. Une lueur orange s’imprima sur sa rétine en même temps qu’une puissante vague de chaleur vint se faire ressentir sur ses joues. Des flammes dansaient derrière le couple qu’Eitaro regardait, et semblaient lentement s’élever en hauteur en dévorant plantes et plastique comme du papier. D’un rapide mouvement de la main sur son épaule, Eitaro éloigna Aku de l’incendie. L’ombre que les flammes affichaient aux alentours avait transformé la scène en décor de film en un claquement de doigt : la taille de ce feu était vraiment impressionnante et fit élever un petit hoquet de surprise à l’adolescente aux cheveux bleus qui manqua de se brûler avec une langue de feu qui glissa imperceptiblement dans sa direction.

« Wh-Wha !? »

L’étudiante de Nagatenjouki revint à ses esprits en serrant les dents et en faisant un pas de recul. Elle jeta un coup d’œil à Kimura-san qui avait défait sa veste pour l’utiliser comme tissu humide avec sa capacité, afin d’empêcher la progression des flammes. La réactivité du garçon impressionna Akutoku au moins autant que le mini-incendie, lui qui était en général si reservé, il semblait ne pas pour autant être du genre à être flegmatique dans les situations de crise.

« Il a humidifié sa veste dans le réservoir d’eau après l’avoir déplacé en utilisant les parties métalliques et sa capacité… Ce n’est pas assez grand mais même comme ça… Qu’est ce que c’est que ce feu, au juste ?! »

« P.E.T. Polytéréphtalate d'éthylène. Un polyester utilisé dans la fabrication de films plastiques particulièrement isothermes. Très utilisé dans les cultures modernes pour son efficacité. Mais exposé suffisamment longtemps à une forte chaleur, le P.E.T est hautement inflammable, ajoute à ça les éventuels éléments chimiques des tests et tu obtiens la réaction que tu viens de voir. Maintenant dis-moi, comment contenir un incendie où un matériau hautement inflammable est impliqué et en pleine combustion ? J’en fais appel à ta créativité. »

Akutoku Reitoko releva son regard vers Eitaro comme si il venait de faire sonner un gong. Il avait eut le temps de rapidement analyser la situation en découvrant la cause de son apparition, puis d’assembler le tout pour agir en conséquence, et tout ça sans sembler le moins du monde avoir eut besoin d’aller plus loin. Son sempai était assez impressionnant, mais c’est la fin de sa phrase qu’Aku releva le plus en détail : il attendait qu’elle agisse elle-même, il avait décidé de placer cet incident comme nouvel exercice de notation de la jeune fille. Décidément, il avait de la suite dans les idées. L’adolescente articula un léger rictus, elle n’aimait pas vraiment qu’on lui dise quoi faire, et encore moins d’être face à un exercice surprise pour lequel elle n’était pas préparé. Cependant, elle n’eut aucune hésitation. Elle allait arrêter l’incendie, coûte que coûte.

« D’où est-ce que le feu a bien pu partir ? »

L’adolescente fit un pas devant elle en s’approchant de l’air chaud en perdant rapidement sa grimace pour une expression plus calme. Le fait qu’elle n’aime pas ne pas être dans une situation aléatoire ne voulait pas dire qu’elle perdait ses moyens facilement pour autant. Quand elle le voulait, la jeune fille était capable de se concentrer assez sur quelque chose en particulier, faisant abstraction de tout ce qui l’entourait pour en retirer toutes les informations disponibles. C’était l’une des capacités que lui offrait son cerveau, et elle était bien décidé à en faire profit.

« Une malfonction de la caméra qui a projeté des étincelles sur les cultures… Une capacité d’esper a sûrement dû être utilisée. Sans aucun doute le couple pour être à l’abri des regards. Mais il y a plus important… Les produits chimiques utilisés dans les expériences. »

Akutoku plaça sa main contre son nez et sa bouche. Elle n’était pas sûr qu’on puisse les sentir, mais ce dont elle était persuadée, c’était que l’une des autres parties de l’équation générant ce feu anormalement puissant venait des composés chimiques inflammables… Ce qui voulait dire qu’un autre problème venait s’ajouter à l’incendie. Le système de ventilation du jardin central était construit de manière à fonctionner dans les deux sens avec le reste de l’académie : il fournissait de l’air pur riche en oxygène dans les salles qui avaient besoin de ventilation naturelle mais qui ne pouvaient être reliées avec l’extérieurs. Ses systèmes ne fonctionnaient pas 24h/24 et étaient éteints la nuit. Il n’y avait aucun risque de dispersion de pollen ou d’autres composés végétaux grâce à la filtration d’air. Cependant…

« Le feu et la chaleur va disloquer les composés chimiques et les répandre dans l’air ! En se mélangeant avec l’air ambiant au lieu de retomber dans les cultures, ils vont passer à travers les filtres par la ventilation ! »

Akutoku Reitoko serra les dents en se crispant. Elle leva une main en direction du couple qui reculait lentement du feu en s’étreignant, comme paralisé. Elle pris sa voix la plus impérieuse et leur fit un regard de mort des plus effrayants dont elle était capable.

« Dégagez de là, kh kh kh ! »

Sans perdre une seconde de plus, la jeune fille leva la main en direction du feu sauvage qui continuait de grossir et de décharger de la chaleur aux alentours. En utilisant son pouvoir, elle tenta d’etouffer le feu en éloignant le dioxygène de l’air pour former des barrières en vapeur d’eau tout autour. En considérant la vapeur d’eau comme un liquide, Aku était capable de le geler lui aussi en une moindre mesure, cependant, malgré tout ses calculs, l’opération se révéla bien vite impossible.

« Ça ne marche pas… Les changements de température et de composition de l’air m’empêchent de calculer ! Je dois trouver autre chose pour 1) empêcher le feu de continuer sa propagation en l’éteignant 2) empêcher les composés chimiques des cultures de s’échapper par la ventilation. »

Akutoku se mordit la lèvre inférieure et ferma les yeux, analysant en un instant les nombreuses variables. Elle avait déjà évidemment l’intention de déverser l’eau, mais elle savait quelque chose concernant cette action et c’est pourquoi elle avait besoin d’ajouter plus à son plan de base. Après que sa tête se soit relevée, elle rouvrit les yeux en se tournant vers Eitaro tout en s’élançant vers un panneau de contrôle tactile qui commençait à souffrir de la chaleur. Heuresement, il n’était pas éteint.

« Kimura-san ! Il y a des verrous méchaniques qui empêchent une inondation des cultures par l’arrivée d’eau ! Il se trouve là-bas, du côté des cultures de légumes, kh kh. Il faut une carte magnétique et un code pour les désactiver, mais avec votre pouvoir vous n’en aurez pas besoin ! »

Elle se retourna vivement après le lui avoir crié bien fort. Elle ne se demanda même pas si allait l’écouter, vouloir le faire ou réussir et n’envisageait même pas les possibilités. Elle se contenta de rentrer le code sur l’écran tactile puis de programmer l’irrigation afin de déverser toute l’eau disponible le plus rapidement possible dans la zone qui contenait le feu. Après l’avoir fait, elle se rapprocha des flammes en activant et désactivant son pouvoir dans les flammes par intervalles répétées. La vapeur d’eau se rassemblait et se dispersait en échappant à son contrôle, mais cela lui permit d’affiner ses calculs et de garder le gaz carbonique mélangé aux composés chimiques autour des flammes. Après un temps, l’eau s’échappa des tuyaux d’irrigation et vint se déverser à une vitesse impressionnante dans les cultures, au même moment où Eitaro réapparaissait.

Cependant, cela n’éteignit que temporairement les flammes. L’instant d’après, les colonnes de feu virevoltantes revinrent à la charge SUR l’eau, et ENCORE plus violentes qu’avant. Cette fois, elles semblaient encore plus incontrôlables et redoublaient constamment d’intensité sous les regards  désemparés des spectateurs des étages supérieurs qui regardaient les flammes lancer des images qui atteignaient jusqu’aux murs les plus en hauteurs des alentours du jardin central. Les produits chimiques s’étaient mélangés avec l’eau et avaient formés en surface une couche qui avait permit au feu de reprendre, de la même manière qu’avec un feu de pétrole sur la mer. Si l’eau n’avait rien fait et que couvrir le feu concentrerait les gaz toxiques, il semblait que tout ce plan était arrivé à un Game Over.

« Mh, parfait ! »

Akutoku Reitoko, la reine de glace de Nagatenjouki de level 4, et numéro 3 des tops students des deuxièmes années semblait satisfaite, regardant les flammes s’élever jusqu’au plafond de manière triomphante. Il n’y avait pas besoin d’être un génie pour comprendre que sa réaction n’était pas approprié, mais malgré cela, elle articula un grand sourire remplie de ses dents pointues en fronçant les sourcils. Elle leva sa main en la dirigeant vers les flammes.

« Maintenant que les produits chimiques se sont mélangés avec l’eau, ils ne pourront plus s’échapper dans l’air ! Et ils ne pourront plus m’échapper non plus ! C’est le moment !  »

Aku fit un mouvement de la main, et un puissant souffle d’air froid balaya les alentours, obligeant les gens se trouvant dans le jardin à se protéger les yeux. Le tout s’était passé presque instantanément. Le feu avait disparu, et à la place, de la glace s’était formée tout autour sur les cultures, les murs et le sol où aurait du se trouver l’incendie ravageur. Les végétaux qui n’avaient pas été réduits en cendre par les flammes étaient statiques, piégés dans une quantité de glace astronomique : plus de 200 litres d’eau étaient passé de l’état de liquide à l’état de solide. Mais ce n’était pas de la simple glace, à cause des produits chimiques et du feu, la température de changement d’état de l’eau avait changé. Pour contrecarrer ce soucis, Akutoku avait décidé d’utiliser toute son énergie et d’imaginer que l’eau était un autre liquide, créant une glace à une température bien en dessous de 0°c.

Les colonnes de glaces et les pointes qui s’en échappaient tout autour des zones de cultures s’étaient allongés en formes qui avaient en réalité une apparence plutôt artistique. On aurait dit que le jardin avait été sous l’emprise pendant plusieurs jours d’un hiver des plus rudes. Tournant son expression de vainqueur vers Eitaro Kimura, Akutoku ferma les yeux en agrandissant son sourire.

« Héhé ! »
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Eitarō Kimura

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MessageSujet: Re: Nagatenjouki Academy : Café avec ou sans glace [Eitaro/Aku]   Lun 29 Jan - 0:01

Après avoir ouvert les verrous à l’aide de son pouvoir, -et brisé une bonne dizaine de lois de la Cité Scolaire par la même occasion- Eitarō revint près des flammes au moment où un torrent d’eau se déversait dessus, les balayant sans qu’aucune forme de résistance ne puisse être observée. Cependant, avant même qu’un soulagement général ne s’installe, les flammes réapparurent soudainement, près de deux fois plus grandes.

« Mh, parfait ! »

L’universitaire jeta un coup d’œil à Akutoku. Elle souriait. Pour la deuxième fois de la journée, un rictus imperceptible arqua les lèvres d’Eitarō Kimura.

« Maintenant que les produits chimiques se sont mélangés avec l’eau, ils ne pourront plus s’échapper dans l’air ! Et ils ne pourront plus m’échapper non plus ! C’est le moment !  »

Voyant le mouvement de main de la jeune fille, l’étudiant de Dangai baissa la tête en l’inclinant sur le côté et sentit aussitôt un souffle glacé lui fouetter le côté gauche du visage. Lorsqu’il releva les yeux, un brouillard froid avait soudainement envahit l’espace autour d’eux et toutes les étagères couvertes d’eau étaient recouvertes d’une épaisse couche de glace dont les extrémités s’allongeaient dans toutes les directions.

« Héhé ! »

Eitaro reposa son regard sur l’étudiante aux cheveux bleus. Comme il s’y était attendu, elle avait géré la situation rapidement et sans paniquer. C’était du bon travail.

« Intéressant. » dit-il simplement en regardant sa manche gauche, trempée mais qui avait visiblement été épargnée par Akutoku dans sa démarche.

Les étapes de la solution mise en place par Akutoku défilèrent dans son esprit, alors qu’il récapitulait à voix haute à l’attention de la jeune fille.

« Hitotsu, éloigner les personnes les plus proches des flammes. Futatsu, rassembler les éléments inflammables dans une unique masse d’eau. Mittsu, figer l’ensemble dans la glace, empêchant la propagation et réduisant la menace à néant dans le même temps. »


Le silence s’était rapidement installé dans le jardin et l’ensemble des étudiants présents écoutait avec attention le discours d’Eitarō qui devenait de plus en plus visible au fur et à mesure que le nuage opaque se dissipait.

« Gokurosama. C’est une victoire complète, Reitoko-san. »

Quelque chose passa derrière l’esper, se dirigeant vers la sortie du jardin. Sans prendre la peine de se retourner, il porta sa main derrière lui et attrapa une épaule.

« Quand à vous… »

Eitarō tourna la tête en direction du couple qui avait tenté de filer en douce en profitant du nuage et de l’attention détournée.

« Vous avez l’air d’être des premières années, je me trompe ? »

Dominant les deux amoureux de son mètre quatre-vingt un, l’universitaire les transperça de son regard bleu acier un instant, les pétrifiant littéralement sur place. Il avisa sa veste à moitié brûlée et figée dans la glace.

« Puisque vous étudiez à Nagatenjouki vous devriez être capables de réfléchir un minimum. En tout cas suffisamment pour comprendre que vos actions ont des conséquences qu’il faut assumer. Et je ne parle pas d’un simple remboursement. Vous pouvez vous estimer heureux qu’elle ait réglé l’incident efficacement et que personne n’ait été blessé par votre faute. Maintenant disparaissez. »

Ce petit sermon avait visiblement eu son petit effet sur les tourtereaux qui détalèrent sans demander leur reste. Eitarō passa un coup de pouce sur sa montre, en retirant la buée sur le verre puis réajusta sa cravate.

« Allons-y, Reitōko-san, on va être en retard. »

Quelques minutes plus tard, les deux étudiants arrivaient au niveau de la salle de réunion. Les nouvelles allaient vite apparemment, quelques élèves se dirigeaient dans la direction opposée à la leur et des paroles comme « Il s’est passé quelque chose au jardin central » ou « Apparemment une première année aurait tout réglé elle-même. » résonnaient dans les couloirs.

Cependant, certaines phrases se démarquaient des discutions entre les élèves de différentes années. Eitarō tourna légèrement la tête vers la droite.

« Regardez, c’est la fille aux cheveux bleus qui a éteint le feu au jardin. »

« Elle serait pas dans les top students de première année ? »

« Lui, sa tête me dit quelque chose, ça serait pas un ancien élève ? »

« Ils font un peu peur… nan ? »

Ignorant les remarques et posant son regard sur la lycéenne, Eitarō prit la parole.

« Il semblerait que ta popularité grimpe en flèche, Reitōko-san. »
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Akutoku Reitōko

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MessageSujet: Re: Nagatenjouki Academy : Café avec ou sans glace [Eitaro/Aku]   Mer 31 Jan - 17:36

« Hitotsu, éloigner les personnes les plus proches des flammes. Futatsu, rassembler les éléments inflammables dans une unique masse d’eau. Mittsu, figer l’ensemble dans la glace, empêchant la propagation et réduisant la menace à néant dans le même temps. »

Akutoku fit quelques pas en direction d’Eitaro Kimura tout en remettant un peu d’ordre dans sa tenue sous la brume glacée, gardant un air triomphant. Visiblement, l’immense masse de glace derrière elle ne l’intéressait plus vraiment malgré les regards insistants posés dessus ou les étudiants qui s’en éloignèrent rapidement après s’être assuré que le feu n’était plus là. La majorité des élèves présents lors de l’incident semblaient être soulagés que quelqu’un se soit occupé des flammes, malgré un étudiant qui avait l’air mécontent de la résolution. L’incendie avait alerté des professeurs et des agents d’entretiens du lycée qui malgré le fait d’être plus ou impressionné et étonné par la tournure des évènements, semblaient extrêmement embêtés eux aussi d’être arrivés trop tard.

« Gokurosama. C’est une victoire complète, Reitoko-san. »

« Évidemment. »

Aku se mit à s’étirer en baillant alors que déjà, l’attroupement de personne commençait à s’éparpiller. L’heure de cours avait sonnée et tout les étudiants sans exceptions s’étaient déjà dirigés en direction de leur classe comme si l’incendie n’était jamais arrivé, après tout, les cours étaient bien plus important que la distraction et il n’était même pas venu à l’idée de la majorité de perdre plus de temps dans la zone. Un duo cependant s’éloignait du couple d’esper pour une raison tout autre : le regard inquisiteur d’Eitaro Kimura-san.

« Quand à vous… Vous avez l’air d’être des premières années, je me trompe ? »

Comme seule réponse, le garçon qui avait la main de l’élève d’université sur son épaule se raidissa et son regard devint fuyant alors que sa petite amie se pinçait les lèvres en retenant un pan de la veste de son camarade à deux doigts, restant en retrait de la scène. Visiblement, ils avaient tous les deux collé au visage un air coupable qu’ils n’arrivaient tout simplement pas à faire disparaître face à  l’élève imposant, leur sempai, qui les foudroyaient du regard.

« Puisque vous étudiez à Nagatenjouki vous devriez être capables de réfléchir un minimum. En tout cas suffisamment pour comprendre que vos actions ont des conséquences qu’il faut assumer. Et je ne parle pas d’un simple remboursement. Vous pouvez vous estimer heureux qu’elle ait réglé l’incident efficacement et que personne n’ait été blessé par votre faute. Maintenant disparaissez. »

C’est la jeune fille aux cheveux noirs coiffés en une queue de cheval bien entretenue qui pris la parole avec sa voix effrayée et presque étouffée. Elle semblait pourtant tout faire pour avoir l’air convaincante quand elle parlait à Eitaro en tentant veinement de soutenir son regard, postée derrière son petit ami.

« C’est… Ce n’est pas notre faute ! On… L’incendie n’est pas de notre faute ! »

« Allons-y, Reitōko-san, on va être en retard. »

Le garçon et sa camarade lancèrent un regard à Akutoku qui ne les regardaient tout simplement pas, trop occupée à refaire les lacets de ses chaussures, puis à Eitaro qui visiblement avait d’autre chose à faire qu’écouter leurs jérémiades maintenant que l’heure était passé. Ils étaient déjà loin quand le duo arriva devant la salle de réunion. Une masse de claquement de langue, de bruissement de lèvres et de salive arrivèrent en direction des oreilles d’Akutoku, mais elle retira totalement son attention des paroles des élèves autour d’elle comme elle savait bien le faire, réduisant tout ragot qui arrivait dans sa direction en ondes sonores incompréhensible. Elle accordait autant d’intérêt aux paroles des autres élèves l’entourant qu’à leur existence : un taux ne dépassant pas le zéro.

« Il semblerait que ta popularité grimpe en flèche, Reitōko-san. »

« Mh mh. »

Une étudiante de deuxième année dans la classe d’Akutoku courait dans leur direction et, sans faire exprès, tapa sa tête contre le bras d’Eitaro en se dirigeant vers la jeune fille aux cheveux bleus. En comprenant sa faute, la jeune fille se mit devant le couple en quatrième vitesse et, en récitant des excuses l’une après l’autre se mit à s’incliner de façon répété devant Eitaro.

« G-g-Gomen nasai ! Honto ni gomen nasai !! Gomen nasai ! »

En relevant son visage accablé de remords, l’étudiante de pas plus d’un mètre cinquante présenta au jeune homme un visage rond aux joues rougies et marqué par de petits cernes sous les yeux à peine perceptible, ainsi que des lentilles de la même couleur que celles d’Aku. Elle portait sur sa veste et son sac des petits pin’s lapins rappelant la forme et le logo se trouvant sur le téléphone de la numéro 3 des top students et arborait des cheveux colorés qui semblaient vouloir se rapprocher de ceux d’Akutoku mais qui n’avaient atteint qu’une couleur à peine marquée qui tirait sur le violet.

« J-je voulais juste f-féliciter Reitoko-sam-…san pour heu… Pour avoir atteint s-son rang et aussi pour avoir réglé l’incident d-du parc c’était impressionnant et m-… majestueux ! J-je m’appelle O-otaki… Otaki Sumire-ku… Sumire ! Otaki Sumire ! »

Mais Akutoku n’avait pas arrêté d’avancer. Sans même regarder Otaki elle ne semblait pas l’avoir remarqué et ne tourna la tête vers Eitaro Kimura qu’après un instant, en voyant qu’il s’était arrêté. Elle jeta alors un vague regard désintéressé à la jeune fille qui s’était tournée dans sa direction puis soupira légèrement en passant sa main dans ses cheveux. Elle ouvra la bouche sous les yeux levés d’Otaki Sumire qui s’attendait à ce que celle-ci s’adresse à elle vu son expression pleine d’une attention nouvelle.

« Kimura sempai, allons-y, vous aviez dit de ne pas perdre plus de temps, kh kh. »

Malgré le total désintérêt de son idole, Otaki se mit à émettre un espèce de sourire après avoir entendu la voix de l’adolescente et resta prostrée dans sa position jusqu’à ce qu’Eitaro Kimura s’éloigne, avant de se mettre à continuer de s’incliner dans le dos d’Akutoku après son départ. Le téléphone de la jeune fille se mit à sonner au moment où ils allaient rentrer, ce qui la fit sortir son appareil pour jeter un œil à l’écran. Elle se mit à grimacer en voyant que sa connexion à l’intranet du lycée avait été perdue momentanément.

« Bordel, quelle poisse ! »

« Désolé sempai, je n’avais pas vu qu’à cause d’un problème informatique et d’une absence momentanée de Sumire-sensei, notre rassemblement en salle de réunion avait dû être déplacé. Ça veut dire que nous avons encore quelques minutes avant mon cours d’astrophysique… Je dois rapidement récupérer mes affaires de cours ! »

Une fois devant le casier et une nouvelle excuse prononcée pour son sempai, Akutoku se mit à taper le code d’ouverture sur le pavé tactile afin de l’ouvrir. Cependant, après une tentative, puis une deuxième, affichant toutes deux « error » et un clignement rouge de l’écran tactile, un grésillement  électronique puis une odeur de brûlé s’échappa du casier en faisant claquer les dents de l’adolescente. Elle tenta de retaper le code une nouvelle fois mais le pavé tactile s’éteignit finalement sous le regard étonné d’élèves autour d’elle qui étaient pourtant occupés à faire autre chose. L’un d’eux s’éloigna rapidement en direction d’un couloir alors qu’Aku se tournait vers Eitaro.

« Kimura-san… Je ne sais pas ce qu’il se passe, mais ça ne veut pas s’ouvrir… Je suis vraiment désolé ! »

Un nouveau bruit de grésillement et des étincelles s’échappant de la poche de la jupe d’Aku la força à rapidement retirer le téléphone rangé dans celle-ci, avant de le lancer au sol sous les yeux de petits groupes d’élèves surpris. Le téléphone au sol se mit à cracher de nouvelles étincelles semblant venir de la batterie alors qu’Akutoku le couvrit rapidement avec sa chaussure dans un bruit mat, l’écrasant en mettant fin au spectacle pyrotechnique. Les élèves s’éloignèrent sans retirer les yeux de l’adolescente, échangeant de nouvelles messes basses en se dispersant. Akutoku quand à elle se mordit les lèvres visiblement bien remontée, en levant son regard vers Kimura.

« D-désolé pour ça, je n’ai aucune idée de ce qu’il vient de se passer. »
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Eitarō Kimura

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MessageSujet: Re: Nagatenjouki Academy : Café avec ou sans glace [Eitaro/Aku]   Jeu 8 Fév - 3:43

« G-g-Gomen nasai ! Honto ni gomen nasai !! Gomen nasai ! »

Eitaro baissa les yeux sur la chevelure bleutée qui s’excusait devant lui, visiblement sacrément stressée. Était-ce le fait d’avoir percuté un senpai à l’air peu amical qui la mettait dans cet état ? La jeune fille se reprit cependant assez vite se tourna vers Akutoku avant de se mettre à parler à toute vitesse, légèrement gênée. Eitarō n’eut pas à se poser la question du pourquoi car en voyant les deux adolescentes côte à côté, un lien clair se forma dans l’esprit de l’universitaire : Otaki était comme une copie de la n°3 des deuxièmes années, en un peu décolorée et nettement moins glaciale.  

« J-je voulais juste f-féliciter Reitoko-sam-…san pour heu… Pour avoir atteint s-son rang et aussi pour avoir réglé l’incident d-du parc c’était impressionnant et m-… majestueux ! J-je m’appelle O-otaki… Otaki Sumire-ku… Sumire ! Otaki Sumire ! »

« Kimura sempai, allons-y, vous aviez dit de ne pas perdre plus de temps, kh kh. »

Le jeune homme aux cheveux violets tourna la tête vers Akutoku en entendant sa voix détachée. Elle semblait ne prêter absolument aucune importance aux félicitations de sa camarade, pas plus qu’à la jeune fille elle-même d’ailleurs. L’étudiant de Dangai se contenta de hocher la tête avant de reprendre sa marche sans avoir adressé un seul mot à l’adolescente, il jeta cependant un coup d’œil en arrière une fois que la jeune fille aux cheveux bleus l’ait rejoint. Cette Otaki Sumire semblait complètement idolâtrer Akutoku. Et ce nom, Sumire. Se pouvait-il qu’elle ait un lien de parenté avec Sumire Shiina, la professeure ? L’écart d’âge signifiait qu’Otaki n’était pas sa fille, peut-être une cousine ou une sœur à la limite.

Arrivant au niveau de la salle de réunion, Eitarō fut de nouveau tiré de sa réflexion par la jeune fille aux couettes bleues. Apparemment, il y avait un nouvel imprévu au programme.

« Désolé sempai, je n’avais pas vu qu’à cause d’un problème informatique et d’une absence momentanée de Sumire-sensei, notre rassemblement en salle de réunion avait dû être déplacé. Ça veut dire que nous avons encore quelques minutes avant mon cours d’astrophysique… Je dois rapidement récupérer mes affaires de cours ! »

« Compris, allons-y. »

[ Une absence momentanée de Sumire-sensei ? Et encore ce problème du système informatique. ]

L’absence de Shiina Sumire était probablement due à l’incident du jardin central, ironiquement leur intervention avait créé pas mal de chamboulements dans l’organisation interne de Nagatenjouki. Quand au problème informatique qui ne cessait de les poursuivre depuis son arrivée dans l’académie, précisément comme s’il était là pour handicaper tout particulièrement Akutoku.

« Kimura-san… Je ne sais pas ce qu’il se passe, mais ça ne veut pas s’ouvrir… Je suis vraiment désolé ! »

« D-désolé pour ça, je n’ai aucune idée de ce qu’il vient de se passer. »


D’innombrables circuits et engrenages invisibles s’activèrent dans le cerveau d’Eitarō qui, après avoir jeté un coup d’œil au téléphone écrasé sur le sol en activant son pouvoir d’esper, balaya les étudiants autour d’eux du regard.

[ Autant d’admirateurs que de contempteurs, hm ? ]

« Les circuits électriques de ton téléphone ont grillé, et il en est de même pour ceux de ton casier. Il semblerait que la technologie ne soit pas de ton côté aujourd’hui, Reitōko-san. »

Le jeune homme aux cheveux violets se baissa pour ramasser le téléphone encore légèrement chaud et l’examina brièvement avant de le rendre à Akutoku. L’écran n’avait pas résisté au coup de talon de l’adolescente et était craquelé en un arc de cercle en son milieu tandis que sur la face arrière, la coque avait fondu à certains endroits, déformant légèrement le plastique.

Le cerveau de l’esper posa deux chemins. Il n’y avait que deux explications vraiment possibles à ce qui venait de se passer. L’une d’entre elle, la plus classique, était celle de l’incident, du banal problème technique imprévisible et embêtant lorsque l’on n’y est pas préparé. La seconde était celle de l’action préméditée, un scénario où Akutoku était la victime. Mais Eitaro avait déjà éliminé la première possibilité pour se concentrer directement sur le recueil d’indices, et ce qu’il avait pu trouver sembla le réjouir puisqu’il s’adressa à la jeune fille d’un ton presque enjoué cette fois-ci.

« Repense quelques secondes à ce qui vient de se passer. Ces étincelles ne te rappellent rien ? »

Immédiatement, quelque chose s’alluma dans les yeux de la jeune fille, signifiant qu’elle avait aussitôt comprit ce qui s’était passé et retracé les événements. Nul besoin d’aller plus loin, donc. Voyant que la colère d’Akutoku venait subitement de monter de plusieurs crans avec la réalisation et que la probabilité qu’elle s’apprêtait à faire quelque chose d’irréfléchi était montée en même temps, l’universitaire reprit la parole, faisant un mouvement de doigts en direction du casier qui émit un bruit de déverrouillage.

« Qu’est-ce que tu dirais de prendre l’ennemi à son propre jeu, plutôt ? Tu pourrais aller régler le problème directement toi-même mais est-ce que ça résoudrait vraiment quelque chose ? Je suis de l’avis qu’il vaudrait mieux éviter de créer des remous, histoire de préserver ton précieux CV. En outre, personne ne doute de ta force ici, il y a de sacrées rumeurs à ton sujet, mais tu le sais aussi, n’est-ce pas ? »

Les trais d’Eitarō changèrent légèrement pour laisser place à une expression malicieuse. Visiblement, quelque chose lui avait traversé l’esprit, et il ne s’en cachait pas.

« Cependant, éviter les remous ne veut pas forcément dire s’écraser devant les autres. Tu disposes de plusieurs types de pouvoir ainsi que de plusieurs façons de les révéler. La philosophie de cet établissement est peut-être la victoire, mais tu peux me croire, une démonstration de force brute n’en est pas une. Trouve une preuve et tu auras l’ascendant dans tous les domaines. »

[ Et ainsi une victoire propre et indéniable. ]

Sur ces pensées, la porte du casier s’ouvrit lentement en dévoilant son contenu.

Après avoir rapidement fait une estimation mentale du temps dont ils auraient besoin pour arriver jusqu’à la bonne salle pendant qu’Akutoku prenait ce dont elle avait besoin, Eitarō balaya de nouveau l’espace autour d’eux avec ce qui pouvait être apparenté à un radar magnétique. Le résultat était subtilement amusant mais également terriblement prévisible. La proie était partie.

Une fois qu’Akutoku eut récupéré ses affaires, l’universitaire brisa le silence une nouvelle fois de sa voix monocorde, en se dirigeant déjà vers le couloir adjacent.

« Dépêchons-nous, Reitōko-san. L’astrophysique est un domaine fascinant, je pense qu’il serait dommage de rater le début du cours. »

Quelque chose était né dans l’esprit calculateur de l’étudiant de Dangai University, de la curiosité. Tout comme Akutoku arborait deux facettes, l’activité cérébrale d’Eitarō contrastait fortement avec ce qu’il laissait paraître. Cette fois-ci, le sentiment était assez fort, suffisamment pour avoir retenu son intérêt et même arraché un rictus, ce qui était inhabituel si ce n’est rare chez l’universitaire au visage si inexpressif d’habitude.

Qu’allait faire Akutoku, quelles pièces de l’échiquier déplacerait-elle et quelle serait sa stratégie ? Adoptera-t-elle son approche ou agira-t-elle à sa façon ? Ou peut-être qu’elle choisirait une troisième option ? Autant de questions qui attendaient impatiemment leurs réponses. Quoi qu’il en serait, c’était maintenant au tour de la numéro 3 de faire son mouvement. Pour l’instant, Eitarō allait observer et enregistrer les données de l’expérience qu’il avait lancée.

Était-ce une expérience ou plutôt un jeu pour l’esper ? Probablement les deux.


Dernière édition par Eitarō Kimura le Sam 10 Mar - 1:33, édité 1 fois
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Akutoku Reitōko

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MessageSujet: Re: Nagatenjouki Academy : Café avec ou sans glace [Eitaro/Aku]   Jeu 19 Avr - 1:26

« Il est si intéressant que ça, mon téléphone... ? »

Akutoku Reitoko leva un sourcil interrogateur en regardant Kimura-san ramasser son portable pour l’inspecter. Il l’avait déjà fait une fois, lorsque le Bloc G l’avait appelé. Est-ce qu’il avait un problème particulier ou est-ce que… Quelque chose l’embêtait ? Maitenant qu’Akutoku y réfléchissait, elle aussi commençait à se demander si ça ne faisait pas beaucoup de coïncidence aujourd’hui, quand à l’état du matériel électronique du lycée. Comme si ça n’était pas assez, tous ses étudiants qui n’avaient visiblement aucune envie de la voir comme une représentante de l’Académie…

«… Ça serait possible que… ? »

« Repense quelques secondes à ce qui vient de se passer. Ces étincelles ne te rappellent rien ? »

D’abord surpris par le nouveau ton de voix employé par son sempai, l’étudiante vint percuter presque à l’instant en entendant l’utilisation du terme "étincelle". Oui, c’est vrai, il y avait déjà eut un soucis particulier concernant des étincelles… Et par n’importe lequel. Un incendie. Un incendie pile quand elle et son sempai sortaient de la salle de stockage des projets d’études. Produit par le dysfonctionnement d’une caméra de surveillance. Produit sûrement pas des étincelles, un incident du même genre que ce qu’il venait d’arriver à son téléphone. Mais en était-il de même… Pour le casier ? Pour le problème informatique perturbant son emploi du temps… Pour les soucis de son téléphone à lui communiquer l’alerte que la salle de visionnage vidéo n’est plus disponible… Pour le délai qu’avait pris Yoshida à monter dans le classement ?

«… Une saloperie de pouvoir de détraquer l’électronique ? Un fan de Yoshida-kun… ? »

Un sourire mauvais se mit à apparaître sur le visage d’Aku, alors que son visage se crispait en une grimace d’inconfort. Alors, un étudiant osait se jouer d’elle et la faire passer pour une imbécile devant son sempai, afin de faire en sorte qu’elle récupère une sale note et une mauvaise appréciation au compte rendu. Décidément, qui que ça pouvait être, et quel que soit leur nombre, l’adolescente avait un désir brûlant de rappeler à la masse d’étudiants sans intérêt à quel point elle leur était supérieur, à quel point son pouvoir leur était supérieur en tout point. Manipuler quelques systèmes électronique, disjoncter quelques circuits ? Qu’est ce que c’était à côté de ce que Aku pouvait faire ? Rien que de l’insipide, du médiocre. Rien que du négligeable.

« J’me ferais un plaisir de vous montrer personnellement. »

Le bruit mécanique du déverrouillage de son casier fit revenir la fille à la réalité dans un déclic et une levée de son regard vers Kimura-san. Elle tourna rapidement la tête en direction d’où venait le bruit avant de revenir à son sempai, histoire de ne pas lui tourner le dos trop longtemps. Question de respect.

« Qu’est-ce que tu dirais de prendre l’ennemi à son propre jeu, plutôt ? Tu pourrais aller régler le problème directement toi-même mais est-ce que ça résoudrait vraiment quelque chose ? Je suis de l’avis qu’il vaudrait mieux éviter de créer des remous, histoire de préserver ton précieux CV. En outre, personne ne doute de ta force ici, il y a de sacrées rumeurs à ton sujet, mais tu le sais aussi, n’est-ce pas ? »

« Hmpf, les rumeurs, hein. C’est pas comme si j’en avais quelque chose à foutre. Ils peuvent bien parler, ça leur fera perdre du temps dans leurs révisions, à ses larbins. »

« … J’imagine que vous avez raison. »

Le soudain léger sourire et l’étincelle dans les yeux de son sempai ne vinrent pas vraiment faire réagir Akutoku. Pour l’instant, elle était déjà en train de revoir  le film de sa journée depuis l’arrivée d’Eitaro Kimura dans sa tête et de le remonter à répétition, afin d’en déceler le moindre indice.

« Cependant, éviter les remous ne veut pas forcément dire s’écraser devant les autres. Tu disposes de plusieurs types de pouvoir ainsi que de plusieurs façons de les révéler. La philosophie de cet établissement est peut-être la victoire, mais tu peux me croire, une démonstration de force brute n’en est pas une. Trouve une preuve et tu auras l’ascendant dans tous les domaines. »

« Dans tous les cas, ce ou ses types ont déjà perdus. De la même façon que l’incendie n’a fait que me donner une occasion de lui montrer mes talents. Mais il a certainement raison… Cette fois, je peux pas juste les écraser contre le mur avec de la glace très fort jusqu’à écailler la peinture. Je dois leur tendre un piège, les révéler, les faire avouer. Puis après les écraser contre un mur avec de la glace très fort jusqu’à écailler la peinture. »

« Kimura-sempai… On dirait vraiment que c’est une bonne idée ! Si on s’y prend ensemble, leur farce ne durera plus longtemps, kh kh kh. »




« Dépêchons-nous, Reitōko-san. L’astrophysique est un domaine fascinant, je pense qu’il serait dommage de rater le début du cours. »

« Il aime bien ce domaine d’étude, hm ? Si je donne l’impression de m’y intéresser aussi, peut-être qu’il me not… Attends, mais qu’est ce que je raconte. Je n’ai pas besoin de faire semblant, après tout, ça m’intéresse tout autant. »

Mais la découverte d’un objectif secondaire à la journée avait perturbé l’esprit de l’adolescente. Cette fois cependant, elle remarqua le changement d’expression de Kimura-san, qui cette fois avait fait apparaître un léger sourire sur la face calme qu’il arborait depuis leurs présentations. Son sempai avait aussi l’air de prendre cette situation au sérieux. Avait-il déjà fait l’objet de ce genre de pratiques… ? Akutoku ne savait toujours pas à quel point il lui ressemblait mais espérait dans son fort intérieur que leurs similitudes ne s’arrêtent pas à des cernes, une couleur de cheveux différente et une humeur studieuse.


« Oh, mais ne serait-ce pas Eitaro Kimura. Un plaisir de vous revoir à mon cours, jeune homme. »


Un soubresaut parvint jusqu’aux cou et aux épaules d’Akutoku Reitoko. C’était la première fois qu’elle entendait le professeur d’astronomie parler de cette manière à un étudiant. A l’exception exceptionnelle de Shiina Sumire, sa professeur de mathématique, tout le reste du corps enseignant de Nagatenjouki Academy avait un code extrêmement stricte, comme si chaque mots s’échappant de leur bouche avaient été au préalable scriptés et analysés par plusieurs ordinateurs. Utsunomiya-sensei semblait pourtant beaucoup respecter Kimura-san, et cela pouvait se voir dans les regards qu’ils échangaient qu’ils se connaissent effectivement assez pour outrepasser certains protocoles.

« Cela fait un certain temps que nous n’avons pas eux d’élèves aussi talentueux et passionnés que ceux de votre année. Si certains sont tout autant compétent dans la matière voir le sont peut-être plus que les précédents… Il semble que le véritable désir d’aventure et d’évasion en levant la tête vers les étoiles s’est lentement édulcoré avec les nouvelles générations, comme les lointains remous formés par un caillou jeté dans une mare. »

Akutoku lâcha un soupire inaudible en venant se plaquer contre sa chaise, une main dans les cheveux. "Manque de passion", "manque de curiosité", voilà qui n’était pas très original dans la grande galerie de choix de termes qu’Utsunomiya-sensei avait pu utiliser. Ce genre de manœuvres étaient celles qu’on entendait souvent de la part de certains professeurs pour continuer à attiser la volonté de s’améliorer des élèves. Aku fit vaguement voleter son regard dans la classe. Il s’y trouvait une autre ancienne étudiante de Nagatenjouki, mais l’instinct de la jeune fille lui fit comprendre que le soucis ne venait pas de cette salle.

L’image qui apparaissait sur l’écran pointé par le professeur d’astrophysique était celle d’observations d’une simulation très développée sensée reproduire des phénomènes célestes. Même si ce n’était que le prolongement d’un cours précédent, il semblait qu’Utsunomiya-sensei avait eut la volonté d’hausser drastiquement le niveau de ce qu’il demandait à ses élèves. Certaines questions et problèmes se reflétant dans les yeux de l’adolescente aux couettes bleues lui parvinrent honnêtement comme totalement impossible à résoudre. Et pourtant, elle ne pouvait pas faillir alors qu’elle était observée par Kimura-san… Pas sur une de ses matières favorites, dans un cours où il connaît le professeur !

« "Interpréter les résultats" ? Comment est-ce qu’on est sensé interpréter des résultats si on ne peut pas manier le logiciel… ? Ses observations ne sont certainement pas assez pour répondre à la question, bordel ! Je dois faire quoi, improviser, inventer un nouveau procédé pour calculer la composition de rayonnement cosmique lointain ? »

« Vu le résultat des analyses des capteurs du satellite 7b, il semble qu’on puisse associer les deux premières observations, kh kh. Il faut faire deux tableaux différent, un pour chaque série de variable. A 4*20² eV, on à la réponse à la dernière question, une valeur précise de 4/9. Environs 4,55 une fois arrondie au centième. »

Akutoku Reitoko s’assit sa place après avoir répondu au professeur. Elle avait mise toute son énergie dans la résolution de cette question là, en se concentrant évidemment sur la plus complexe. Aku n’était bonne dans l’improvisation que quand elle le voulait, et se forcer à trouver d’autres méthodes de calcul lui était difficile, si bien qu’elle n’avait pu cacher à Eitaro Kimura le fait qu’elle n’avait utilisée que des manières déjà établies de calculs, celles qu’elle avait apprise. A Nagatenjouki Academy, il était chose courante que certains élèves réussissent à améliorer et modifier certains systèmes déjà existant, mais l’astrophysique, malgré le fait que c’était une matière qui intéressait Aku, n’était en rien son domaine de prédilection.

« Bien. Quelqu’un à utilisé une méthode différente pour résoudre le problème ? Oui, je t’écoute, Inoue. »

Akutoku grinça des dents en voyant la membre du club de mécanique présenter son système de calcul. Comment est-ce qu’elle pouvait rivaliser avec quelqu’un qui était capable de démonter et remonter un super-capteur photographique de satellite en moins d’une minute ? Se faire battre par une level 0 fit d’autant plus bouillir le sang d’Aku. Mais à quoi pouvaient-ils bien servir, au juste ? En quoi ils permettaient à Academy City de réaliser la moindre avancée si ils n’étaient même pas foutu de manipuler un pouvoir ?

« J’arrive pas à le croire, non mais regardez-la ! On a compris que t’aimes les machines bordel. Pourquoi tu douterais pas le camp de la Cité Académique en te mariant avec un tractopelle à reconnaissance vocale ou une connerie du genre ? Peut-être qu’en dehors, une level 0 servirait à autre chose qu’occuper une place qu’un esper de haut niveau pourrait réellement mettre à profit, déchet de la société. »

Le reste du cours fut même interrompu par l’intervention d’Eitaro Kimura et d’un autre élève pour présenter les récentes avancées dans les domaines concernant la détection d’ondes gravitationnelles. Aku fit mine d’en prendre note plusieurs fois jusqu’à ce que l’heure sonne enfin. Une fois avoir lancé sa sacoche sous le bras, elle accompagna Eitaro jusqu’à la sortie sans le regarder dire un dernier au revoir au professeur du cours de mise-en-confiance-des-levels-0.

« Alors comme ça, vous aimez beaucoup l’astrophysique, Kimura-san ? Si je ne suis pas indiscrète, kh kh kh… Pourquoi ce domaine en particulier ? »

Akutoku émit un léger mouvement de tête en l’entendant, puis ajusta ses chouchous noirs, les resserrant en relevant légèrement ses deux longues couettes bleues. Elle émit une légère grimace après quelques instants.

« Hm… J’en suis presque venu à oublier l’histoire des sales tours. Il sera bientôt temps de revenir en cours, mais puisque la pause de midi arrive… Peut-être qu’on aura l’occasion d’avoir un peu plus de temps devant nous, kh kh kh. »

Alors que l’adolescente réfléchissait à un moyen d’attirer son agresseur à se révéler, un détail vint attirer son attention. Plus bas dans l’allée en dessous d’elle et de son sempai se trouvait une étudiante à la teinture violette et au regard fuyant. Malgré être une level 4 elle aussi, son attitude timide et ses notes médiocres (par rapport au niveau de Nagatenjouki) faisait d’elle le genre de personne qu’Akutoku détestait au plus haut point, bien plus que les level 0. Mais cette fille… Une fille qui la suivait depuis longtemps, mais surtout… Une fille qui l’avait regardée durant l’incident de l’incendie ! Si quelqu’un avait un point de vue à donner de la scène en hauteur, des alentours d’Akutoku… C’était bien elle.

« Oooy, Sumire-kun… ! Tu peux monter ? »




« V-v-v… Vous aider à mettre la main su… Sur un étudiant malhonnête… ? »

L’envie d’attraper l’étudiante et de la projeter à travers la salle comme un sac à patate pris pendant un instant à Aku, avant qu’elle ne se force à sourire en fermant les yeux, ses sourcils vibrant tout de même légèrement, comme des élastiques tendus prêt à céder.

«Tu veux pas le dire encore plus fort pour voir, bakayaro ? »

« C’est ça, bak-… Sumire-kun. Kimura-sempai et moi, nous soupçonnons que quelqu’un essaye de s’en… Prendre à moi, kh kh kh. Mais j’ai un plan, alors j’aurais besoin de ton assistance. Avec deux niveaux de surveillance, on devrait réussir à mettre la main dessus. Je vais expliquer l’idée une nouvelle fois. »

L’adolescente jeta un œil à gauche puis droite. Leur groupe de trois, un peu à l’écart du reste des étudiants semblait bien assez éloigné pour ne pas trop attirer l’attention. Cependant, si son ou ses agresseurs la surveillait plus ardemment qu’elle ne le pensait, il fallait redoubler de sécurité.

« Ce sont de vielles toilettes, qui ont déjà eux plusieurs soucis. Elle seront remplacées la semaine prochaine, mais en attendant je pense qu’on pourra les utiliser à notre avantage. Ce sont des toilettes de femmes, alors sempai, vous ne pourrez pas y entrer, kh kh. Cependant, il y a plusieurs panneaux dans le couloir d’à côté, devant les toilettes des garçons.  Si quelqu’un voulait jouer avec l’arrivée d’eau, ça serait sûrement de ce côté qu’il s’y prendrait, kh kh kh. »

Le regard plein d’étoiles d’Otaki Sumire fit détourner le regard d’Aku vers Eitaro Kimura. Est-ce qu’il était prêt à prendre part à l’opération ? Et surtout… Est-ce qu’elle serait à la hauteur de ses attentes ? Attendant patiemment ses observations et sa réponse, le trio ne sait peut-être pas qu’un peu plus loin, deux yeux derrière des verres translucides les regarde avec un intérêt particulier, caché dans une foule d’étudiants.
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Eitarō Kimura

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MessageSujet: Re: Nagatenjouki Academy : Café avec ou sans glace [Eitaro/Aku]   Mar 1 Mai - 14:04

« Oh, mais ne serait-ce pas Eitaro Kimura. Un plaisir de vous revoir à mon cours, jeune homme. »

Le visage d’Eitarō s’éclaircit légèrement lorsqu’il reconnu son ancien professeur d’astrophysique. Ce dernier avait bien été le seul enseignant qui comprenait son attirance pour les étoiles et dont le cours le passionnait réellement. Bien que l’universitaire maintiendrait qu’aucun domaine ou connaissance n’était inutile, il n’avait considéré le reste des enseignements de Nagatenjouki que comme du remplissage. Un remplissage qui était au bout du compte devenu son domaine d’étude, au détriment de la science des étoiles.

« Cela fait un certain temps que nous n’avons pas eux d’élèves aussi talentueux et passionnés que ceux de votre année. Si certains sont tout autant compétent dans la matière voir le sont peut-être plus que les précédents… Il semble que le véritable désir d’aventure et d’évasion en levant la tête vers les étoiles s’est lentement édulcoré avec les nouvelles générations, comme les lointains remous formés par un caillou jeté dans une mare. »


« Le plaisir est partagé, Utsunomiya-san. Ne leur en tenez pas trop rigueur, chacun a ses propres centres d’intérêt. Il serait d’ailleurs étonnant que d’autres passionnés ne passent pas par cette salle à l’avenir. » dit le jeune homme après s’être brièvement incliné en avant.

Le cours d’astrophysique du professeur Utsunomiya rappela beaucoup de souvenirs chez Eitarō qui en profita pour observer les élèves présents, évidemment ce fut Akutoku qui capta la majorité de son attention. Cette dernière répondit à l’une des questions posées puis se rassit, avant d’être imitée par une autre élève dont la méthode provoqua un imperceptible levé de sourcil chez l’universitaire. C’était la même méthode qu’il avait proposé dans cette même classe, quelques années auparavant. Intéressant. Son regard bascula de nouveau vers Akutoku et comme attendu, elle avait guère apprécié la démonstration de force de sa camarade.

[ La rivalité est toujours aussi présente, que ce soit chez elle ou chez les autres étudiants et étudiantes, évidemment rien n’a changé de ce côté-là.]

Eitarō se remémora la réponse d’Akutoku à la question qu’il lui avait posée dans la salle de projection. « Je vais réussir, à tout prix. Il n’y a pas de places pour la défaite. Je n’en laisserais pas. Je vais regarder droit devant, et quel que soit l’obstacle sur mon chemin, je ne m’arrêterais pas ! »  

[ Tes ennemis sont forts, accroche-toi à cette détermination, Reitōko-san.]

Le reste du cours se passa sans évènement majeur, les élèves étaient exemplaires et l’ambiance studieuse, bien plus que dans certains cours en amphithéâtre de l’Université Dangai. Une fois sa petite intervention sur les ondes gravitationnelles effectuée sous le regard approbateur d’Utsunomiya, le professeur libéra sa classe, au soulagement de certains aussi bien qu’à la déception de quelques autres.

« Alors comme ça, vous aimez beaucoup l’astrophysique, Kimura-san ? Si je ne suis pas indiscrète, kh kh kh… Pourquoi ce domaine en particulier ? »

Eitarō recentra son regard sur Akutoku après avoir fait un dernier signe à son ancien professeur puis entreprit de répondre à la question de la jeune fille.

« Pour plusieurs raisons, ce domaine m’a toujours fasciné. Je pense que tu l’as compris mais je ne suis pas un rêveur en quête d’évasion comme Utsunomiya-sensei. Lorsque tu regardes les points lumineux dans le ciel, la plupart n’existent plus, la lumière qu’elles ont émis dans le passé met suffisamment de temps à arriver jusqu’à nous pour que nous soyons émerveillés par quelque chose qui n’est plus, une simple vision du passé. Cette réalité nous remet à notre place, nous, l’espèce la plus arrogante dans le monde. Certains cherchent des réponses à leurs questions ici dans des expériences, mon avis est qu’on ne trouvera des réponses qu’ailleurs, puis qu’on ne n’a de toute façon qu’une petite partie des membres de l’équation à l’origine. »

« V-v-v… Vous aider à mettre la main su… Sur un étudiant malhonnête… ? »

En même temps qu’un soudain regain d’animosité était brièvement émit par Akutoku, Eitarō balaya l’espace autour d’eux du regard. Niveau discrétion c’était effectivement raté, Otaki semblait plus intimidée qu’autre chose, non… est-ce qu’elle ne savait juste pas comment réagir à la demande d’Akutoku ? Voilà qui mettait en lumière l’un des problèmes auxquels serait confrontée la numéro 3 à l’avenir, et auquel elle était déjà confrontée aujourd’hui. Son manque de sociabilité faisait qu’elle se retrouvait seule dans des situations où elle avait besoin d’alliés. Tout ne pouvait pas être réglé par sa propre force, il fallait parfois demander de l’aide à autrui pour accomplir quelque chose. Eitarō ne le savait que trop bien, il était dans le même cas après tout.

Une fois le plan d’Akutoku exposé, Eitarō réfléchit quelques instants avant de se rendre compte que le regard d’Akutoku était posé sur lui, et que celui d’Otaki était rivé sur l’adolescente aux couettes bleues. Message reçu.

« Une prise en flagrant délit, donc. Pourquoi pas, ça peut marcher. Trois paires d’yeux devraient être suffisantes pour attraper un unique farceur. Cependant, on ne connait pas sa capacité ni son niveau alors restez vigilantes. Je ferai en sorte que rien ne puisse arriver de mon côté. »

A première vue, il était normal de penser que tenter de prendre le farceur la main dans le sac était voué à l’échec tant c’était aléatoire. Mais il n’en était rien, et Akutoku semblait l’avoir compris elle aussi. Il suffisait de repenser aux dysfonctionnements de son téléphone et de son casier. L’auteur connaissait son emploi du temps ainsi que le numéro de son casier. Les chances qu’il faisait partie de la classe d’Akutoku avaient drastiquement augmenté à ce moment là. Et il y avait encore un autre élément. « Ça veut dire que nous avons encore quelques minutes avant mon cours d’astrophysique… Je dois rapidement récupérer mes affaires de cours ! »

La personne qui en voulait à la jeune fille était là à ce moment précis et l’avait entendue et observée, tout comme c’était probablement le cas en ce moment même.

[ Le plan tiendra si on suit l’hypothèse que « cette personne » agit seule. Il n’hésitera peut-être pas à utiliser sa capacité, s’ils sont plusieurs ça compliquera les choses. S’il s’agit d’un groupe Akutoku devra garder son rôle d’appât, sans oublier… ]

« Sumire-san, » reprit Eitarō en se tournant soudain vers la jeune fille avant de se pencher légèrement en avant pour la regarder dans les yeux.

« J’aimerai que tu me fasses une faveur… si tu vois quelque chose, ne crie pas. »

« Bien, on va faire ce que tu as proposé, Reitōko-san. Mais pour n’écarter aucune variable, nous aurons besoin que tu restes calme si quelqu’un entre après vous. Tu émets actuellement suffisamment d’ondes négatives pour repousser un régiment entier. » ajouta-t-il en se redressant, les mains dans les poches.

Était-ce une plaisanterie ? De l’humour ? Pas exactement, Eitarō avait la relativement plaisante impression que quiconque entrerait dans les toilettes féminines après Akutoku risquerait de se faire agresser par la jeune fille. Qu’elle le prenne comme un compliment ou une insulte n’était pas réellement important du moment qu’elle parvenait à garder un rôle le temps d’au moins quelques minutes. Ça aussi, c’était une nouvelle leçon.

Peu de temps après, Eitarō entrait dans les toilettes des hommes. Les panneaux dont avait parlé Akutoku étaient à l’extérieur, dans un axe légèrement décalé par rapport à celui de la porte des toilettes. L’universitaire s’adossa contre le mur séparant le couloir des toilettes. Les panneaux de contrôle étaient dans son dos, il ne pouvait pas les voir. Parfait.

[ A quoi bon observer dans l’espoir de prendre en flagrant délit si on est nous-mêmes sous le feu des projecteurs ? Cela signifie un échec, et à Nagatenjouki, personne n’aime perdre. ]

Aussi, voilà pourquoi Eitarō avait décidé de transformer sa vue en ouïe. De là où il était personne ne pourrait le voir à moins d’entrer dans les toilettes des hommes, mais lui pourrait entendre le moindre bruit dans le couloir. Cependant seulement entendre ne serait pas suffisant, l’étudiant avait parlé de trois paires d’yeux mais ça n’était pas tout à fait exact. Pour s’assurer la victoire il fallait parfois garder quelques informations pour soit, tout comme la présence d’une quatrième présence, deux « yeux » supplémentaires.

Tandis ces pensées défilaient dans son esprit, Eitarō déploya son pouvoir puis fermât les yeux. Des aimants apparurent partout dans le couloir et les deux toilettes. Les champs magnétiques recouvrirent en enveloppèrent tuyauterie et boulons, robinets lampes et interrupteurs. En quelques secondes, tout ce qui était métallique était sous son emprise. Il discernait Akutoku et Otaki dans la pièce opposée grâce aux objets qu’elles portaient. La multitude d’aimants n’étaient pas suffisamment puissants pour perturber le mouvement des métaux, là n’était pas le but. Désormais, chaque mouvement de chaque pièce de métal dans le rayon définit était connu par l’esper, son champ de surveillance était installé. Un champ magnétique plus puissant empêchait également toute utilisation des panneaux sans que sa présence ne soit discernable dans le couloir.

[ Bien, oseras-tu venir malgré nous avoir vus, ou bien va-t-on devoir prolonger ce petit jeu de cache-cache encore un peu ? ]
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Akutoku Reitōko

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MessageSujet: Re: Nagatenjouki Academy : Café avec ou sans glace [Eitaro/Aku]   Sam 16 Juin - 4:30

« Une prise en flagrant délit, donc. Pourquoi pas, ça peut marcher. Trois paires d’yeux devraient être suffisantes pour attraper un unique farceur. Cependant, on ne connait pas sa capacité ni son niveau alors restez vigilantes. Je ferai en sorte que rien ne puisse arriver de mon côté. »

« C’est ce que je pensais. Je suis sûr qu’il mordra à l’hameçon… Et si jamais il se met à devenir violent en perdant patience , je serais là aussi pour l’exploser, kh kh. »

Les yeux d’Otaki Sumire passaient d’Eitaro Kimura à Akutoku Reitoko. Elle ne se sentait pas vraiment à l’aise entre ses deux là, même carrément pas à sa place, mais le simple fait d’avoir la possibilité de servir à quelque chose pour Akutoku lui semblait assez. Maintenant, le tout était de ne pas tout faire foirer ou alors elle s’en voudrait toute sa vie.

« Sumire-san, »L’intéressé sursauta en relevant les épaules d’un seul coup, clignant des yeux vers son sempai alors que sa bouche vient se déformer en une vague, un maladroit sourire plein d’embarras. « J’aimerai que tu me fasses une faveur… si tu vois quelque chose, ne crie pas. »

« Ne pas… Crier… ? Je… D’a… D’accord ! Aucun… Aucun soucis, sempai ! »

D’un rapide mouvement de tête de haut en bas faisant voleter ses cheveux violacés, l’adolescente fit grincer les dents d’Akutoku Reitoko. Etait-ce vraiment une bonne idée de la rajouter au groupe ? Elle qui détestait demander de l’aide et encore plus à ce genre d’élèves. Mais elle sentait que si quelqu’un avait réussi échapper à sa vigilance à elle, c’était qu’il devait forcément être d’un sacré niveau et pas seulement un simple petit délinquant de bas étage. Non, c’était quelqu’un qui était capable d’interférer avec la technologie de haute volée de Nagatenjouki Academy… Une personne avec ce genre de capacités…

« Bien, on va faire ce que tu as proposé, Reitōko-san. Mais pour n’écarter aucune variable, nous aurons besoin que tu restes calme si quelqu’un entre après vous. Tu émets actuellement suffisamment d’ondes négatives pour repousser un régiment entier. »

Le regard de l’adolescente aux couettes bleus changea instantanément de direction lorsque Eitaro Kimura s’approcha d’elle. L’air posée, les idées grouillantes n’avaient cependant pas quitter son esprit en pleine ébullition et toujours aussi déterminé à faire sa fête à ce petit malin. Oui, elle allait lui faire du mal, du mal et assez peur pour l’empêcher indéfiniment de retenter ce genre d’action. Il sera un exemple pour tous les prochains. Akutoku allait faire en sorte que ce genre d’évènements n’arrive plus jamais, même si elle avait à mettre en danger la vie d’un élève. Le Bloc comprendrait quelque comme ça, pas vrai ? Après tout, si c’est nécessaire pour qu’elle continue à s’élever dans l’établissement…

« Je te détruirais moi-même avec mes propres mains, salopard. Je vais te geler tellement fort que toutes tes extrémités devront être amputées pour que ton corps continue à fonctionner correctement. »

« Tssk… Vous vous inquiétez pour rien, sempai. Je n’ai pas vraiment ce genre d’idées là. Même si je compte vraiment l’empêcher de nuire, kh kh. »

Ainsi, le groupe finit par se séparer après une dernière indication d’Akutoku. Rentrant dans les toilettes des femmes, l’étudiante aux cheveux bleus lança un regard derrière elle en direction de son sempai qui se dirigeait vers celle des hommes. Au final, il avait accepté son idée et l’avait même complimentée. Malgré ses réserves, elle avait réussi à se mettre Eitaro Kimura dans sa poche. Elle émit un léger sourire qui vint s’agrandir lorsque la porte blanche se referma derrière elles deux. Evidemment, elle trouvait toujours que c’était un garçon intéressant, et qu’il avait toujours autant de points communs et de supériorité. Mais Aku pensait aussi au rapport rempli d’éloges qu’il allait remplir à la fin de cette journée.

« A-Alors… Vous pensez… Qu’il va hum… Qu’il va bien vous noter, sempai ? »

Le sourire d’Akutoku Reitoko disparu aussi vite qu’il était arrivé. Un claquement de dents suivit un mouvement du plas de la main de l’adolescente contre la porte d’une des cabines de toilette. Elle n’avait aucune envie de parler avec cette fille, et n’allait certainement pas changé de point de vue sur Otaki en si peu de temps. Cette niveau 4 aux résultats médiocres… Non, c’était le genre de personne qu’elle détestait le plus. Fermant le loquet derrière elle, Akutoku se contenta de s’asseoir sur la cuvette des WC en croisant les bras et les jambes.

« Contente-toi de regarder aux alentours voir si quelque chose se prépare, kh kh kh. Et préviens moi si ça arrive. »

Content d’avoir pu échanger quelques mots avec Aku qui semblait enfin se mettre à la remarquer, Otaki vint sourire de nouveau. S’affairant vers les robinets, elle vint en allumer un pour faire couler l’eau sur ses mains et s’en barbouiller le visage devant les miroirs. La porte en plastique et aux composants métallique des toilettes des femmes vint s’ouvrir au moment où Sumire redressait sa tête encore humide. Tournant son regard dans la direction de la porte, elle fut légèrement surprise de voir une fille de sa classe entrer. La cuvette des troisièmes toilettes en partant de la droite émirent le bruit de chaussures d’étudiante claquant contre le carrelage.



[***]



Une ombre s’étira dans le couloir menant aux toilettes des garçon. Sortant son téléphone, la lumière de l’écran vint illuminer les lunettes de son possesseur. Appuyant plusieurs fois sur le clavier, l’étudiant au carré tondu sur les côtés et aux deux franges ouvertes sur son front semblait lire un message. Après avoir articulé un vague sourire embêté, il finit par fermer les yeux et ranger son téléphone dans la poche de son pantalon. Son casque de musique autour du cou, le garçon vint se masser la nuque en le relevant un peu, avant de se craquer les mains. Pas plus haut qu’un 1m63, l’étudiant à lunettes s’arrêta finalement devant le tableau de contrôle des tuyaux des toilettes.


« Sans rancune, la dingue. »

Une fois devant le panneau, le garçon vint articuler un vague sourire. Il ne savait pas encore totalement ce qu’il ressentait, et ce que ça voulait dire. Lui qui se plaisait tout le temps à rester en retrait et à laisser agir les autres à sa place était maintenant celui qui prenait les devants et les « initiatives » en quelque sorte. Ce qui était sûr, c’est que Koyasu n’avait aucune sympathie pour les élèves pointés du doigt par le groupe. Si autant de personne en détestait une autre, c’était forcément pour une bonne raison, non ? Ce qui était sûr, c’était que la dingue de la classe A aux dents pointues n’avait pas sa place dans le Top des élèves de Nagatenjouki, et ne devait certainement pas représenter les élèves.

[ Mais je veux pas être choppé bêtement non plus. Ce coup là devrait être assez pour saper ta crédibilité pendant une bonne année, et je connais bien c’te situation, ahah. Après ce tour, je me tire, histoire de pas prendre de risque. Même si il m’envoit de nouveau un message… ]

Koyasu leva la main droite en direction du panneau de contrôle en clignant frénétiquement des yeux. Utiliser son pouvoir lui demandait un contrôle totalement disproportionné par rapport à ce que son pouvoir était en mesure d’entreprendre. C’était le lot des niveaux 2. Levant son casque sur ses oreilles de son autre main, le garçon lança la musique en 8 bit sur son téléphone et activa son pouvoir dans le même temps.

Spoiler:
 

La machinerie métallique ne bougea pas. C’était une autre affaire pour les composants électroniques. Ce fut d’abord un effet comparable à une petite défaillance qui fit pendant un instant bloquer puis débloquer les portes électronique des deux toilettes. Et puis un véritable court-circuit commença à se propager de composant à composant. Commençant à créer une surcharge électrique à cause du chaos sans nom du circuit, le système finit par rougir à blanc de lui-même une fois avoir commencé à littérallement surchauffer.



[***]



« TOI ! Alors c’était toi, hein ?!! »

Une main serrée sur le col de Nonoka Inoue, Akutoku Reitoko continua de serrer les dents, avant de finalement avancer, entraînant l’adolescente aux cheveux verts avec elle, un œil fermé qui ne comprenait visiblement rien à la situation. La plaquant finalement moins fort qu’elle ne l’aurait voulu contre le mur carrelé, le regard rempli de haine envers la level 0 du club de mécanique semblait être devenu totalement aveugle au peu d’information qu’elle avait mis ensemble dans le puzzle de son esprit. Une personne capable de manipuler le matériel électronique et à la technologie élevée de Nagatenjouki Academy. Quelqu’un de sa classe. Quelqu’un qui était en cours avec elle en Astrophysique. Quelqu’un qui lui en voulait.

« Alors ça t’amuse de te payer ma tête, kh kh ? Et bien c’est moi qui rigole, maintenant, Inoue ! »

« Heu… Quoi… ? Reitoko-san, je crois que tu fais erreur… »

Sauf qu’Aku se trompait sur un point de son hypothèse. Le dernier. Nonoka Inoue n’avait rien de spécial contre l’adolescente en elle-même. Nonoka était le genre d’étudiante qui ne cherchait pas à se mettre sur un piédestal ni à juger les autres d’un quelconque point de vue tout fait. La seule chose qui intéressait Nonoka était de faire le mieux qu’elle pouvait avec ce qu’elle avait, et passer du temps avec son frère. Le cadet de ses soucis était bien de s’occuper du top de Nagatenjouki, même si elle avait de l’estime pour ceux qui fournissaient assez de travail pour s’y retrouver. En tant que level 0, Nonoka Inoue n’avait aucune animosité envers le démon aux cheveux bleus.


« R-Reitoko-san… Kimura-sempai a dit que-… »

« Mais t’as vraiment de la merde dans les yeux, Sumire-kun ! Si t’es même pas capable de comprendre que je viens d’appréhender le délinquant, alors tu-… »

*clak*

Les trois têtes des adolescentes se retournèrent en direction de la porte qui venait de se fermer derrière elles trois. Lâchant Nonoka, Akutoku Reitoko se mit à courir vers celle-ci, posant une épaule contre la surface de la porte avant de tenter de forcer la poignée de haut en bas. Rien n’y faisait. Sortant sa carte d’étudiant, elle commença à la faire passer sur le système de reconnaissance magnétique. Aucune réponse.

« Fuzakenaideeee ! »

« Les portes sont… Bloquées ? Laisse-moi regarder, Reitoko-san. Je crois que c’est déjà arrivé, dans ses toilettes là. J’étais justement venu les vérifier pour les réparer. »

Réajustant son col en refaisant son nœud, l’altercation avec l’adolescente aux cheveux bleus n’étaient plus qu’un vague souvenir dans l’esprit qui pardonnait tout de Nonoka. Venant sourire à Aku lorsque son regard meurtrier lui laissa le champ libre, elle vint tenter de l’ouvrir elle-même avec douceur et doigté, puis tenter de l’activer avec sa carte à elle aussi. Rien n’y faisait.

« On dirait qu’il y a eu un court-circuit... Mais ce n’est pas logique. Elles ne devraient plus pouvoir se fermer, et pas l’inverse. Il y a une sécurité normalement… Quelqu’un aurait trafiqué le panneau de contrôle ? »

« Tu fais parti du club de mécanique et d’informatique et t’es pas en mesure de t’occuper de ça ? Décidément, les level 0 sont sacrément décevants, kh kh kh. »

« Ah ah, désolé. Autant appeler quelqu’un pour le signaler, qu’on ne reste pas là jusqu’à la sonnerie. »

Mais un bruit vint faire tiquer aux oreilles de Nonoka, qui leva la tête vers le plafond instantanément. Ce bruit, elle le connaissait.

« Alerte… Incendie ? Non… C’est seulement ici… Les sprinklers ? »

Avant que le trio n’ait le temps de le réaliser, une pluie agressive s’écrasa jusqu’au carrelage. Les jets sous pression étaient assez puissant pour éteindre le plus violent des départs de feu, et mettre fin aux incendies les plus incontrôlables. Si ils ne faisaient pas mal, tenter de s’en tirer sec était tout bonnement impossible quelque soit la position qu’on prenait dans la salle. Sous la douche qui ne discontinuait pas, les deux filles devant la porte se mirent à forcer un peu plus fort contre celle-ci en crachottant de l’eau, leur cheveux venant coller à leur peau, en même temps que leurs vêtements. Otaki Sumire, derrière elles d’eux, n’eut à l’idée que de poser ses mains sur sa tête, mais semblait visiblement vouloir dire quelque chose aux deux filles sans y parvenir.

« R-Reitoko-san ! Tu ne peux- pfft, pas faire quelque chose pour cette eau avec ton pouvoir ?! »

« Ça dépend, tu veux quelle température dans les pores de ta peau, kh kh kh ? Glacé ou en dessous du zéro ? Avec tout ce liquide et sans ma vision, je vais juste réussir à nous transformer en bloc de glace, baka ! »

Mais quelque chose s’activa de l’autre côté de la porte. Encore une fois, ce fut Nonoka qui percevit le petit grésillement magnétique. Quelque chose avait débloqué la porte. Se pressant hors de la porte qui venait de s’ouvrir en trombe, les trois filles quittèrent enfin leur piège d’eau d’où s’échappait une flaque. Des dizaines d’étudiants s’étaient arrêtés pour voir le spectacle des trois adolescentes trempées jusqu’aux os, leurs vêtements devenus presque transparents et leurs nœuds et cheveux défaits. Les canines d’Akutoku Reitoko étaient tellement serrées que ses gencives commençait à souffrir. Elle allait tuer celui qui avait fait ça. Le tuer de ses propres mains. Et maintenant… Elle était devenu une potiche dont on allait se souvenir pendant longtemps.

« Ghh… Comment… ? »

Une sensation de froid commença à se dégager de la zone. La tête baissée et le visage déformé par la colère, ses cheveux aux couettes défait tombant devant sa face, Akutoku avait les poings serrés et d’elle se dégageait une aura qui donnait la chair de poule… Littéralement. Toute l’humidité autour du groupe et celle qui s’avançait dangereusement vers le public d’étudiant commençait à refroidir dangereusement. La colère était en train de prendre le contrôle de Cryogenisation, risquant de détruire pour de bon sol et vêtements de tout ce qui ce trouvait trop proche des pointes qui allaient s’en échapper. C’est du moins ce que pensa Nonoka Inoue avant d’entendre le troisième et dernier bruit étrange de la journée. Un bruit de décompression.

« Hu ? »

Akutoku Reitoko vint tirer sur le tissu de son haut en clignant des yeux. Ses vêtements venaient de sêcher en un instant, ainsi que ses cheveux. Le sol lui aussi était devenu sec, ne restant plus que dans l’air la vapeur agréable qu’on pourrait associer à un brumisateur. Visiblement heureuse de voir ce qui venait de se passer, Nonoka Inoue tourna tête derrière elle faire une fille qui n’aimait vraiment pas être le centre des attentions.

« Sumire-kun… C’est grâce à toi, merci ! Vaporisation est vraiment un pouvoir qui peut se révéler utile dans ce genre de situation ! »

Clignant des yeux l’air pantoise, l’étudiante aux cheveux bleus vint poser son regard elle aussi sur Otaki Sumire. Cette fois, ce n’était pas un regard dédaigneux, ou un regard seulement interrogateur. Il y avait dans le regard d’Akutoku Reitoko, l’esper de niveau 4 classé 3ème dans les Top Students de Nagatenjouki une pincée d’intérêt et une certaine estime. Vaporisation. Un pouvoir capable d’annuler les effets de Cryogenisation sur les liquides… Un pouvoir qui avait empêché Akutoku Reitoko de perdre toute crédibilité. Décidément, peut-être qu’Aku avait fait une erreur en jugeant trop rapidement un individu… Non, était-ce possible qu’elle se trompe de la sorte ?

« Oh-Ooowa ! Sumire-kun, tout va bien ? »

Nonoka s’empressa de venir soutenir Otaki Sumire qui venait de perdre connaissance dans ses bras, des bulles s’échappant de sa bouche après que celle-ci ait croisé le regard calme d’Aku. Mais l’étudiante de Nagatenjouki avait déjà autre part où regardé. De l’autre côté, du côté du couloir menant aux toilettes des garçon, Eitaro Kimura semblait avoir vu la scène.
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Eitarō Kimura

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MessageSujet: Re: Nagatenjouki Academy : Café avec ou sans glace [Eitaro/Aku]   Dim 5 Aoû - 15:13

« Sans rancune, la dingue. »

Eitarō ouvrit les yeux, toujours adossé au mur des toilettes des garçons. Ses champs magnétiques lui indiquaient qu’une personne ou plutôt divers objets métalliques tels que les circuits d’un téléphone, d’un casque audio ainsi que son câble, des vis de lunettes et des clés se trouvaient juste de l’autre côté du mur.

Malgré les paroles du lycéen, Eitarō se refusait toute action tant qu’il n’aurait pas de preuve incriminante de la culpabilité du suspect. Sans oublier qu’il y avait toujours la possibilité qu’un étudiant soit soudoyé par d’autres pour réaliser un sabotage.

L’universitaire fronça les sourcils lorsqu’il détecta un changement dans l’attraction de trois de ses aimants positionnés près des panneaux de contrôle. Certaines pièces semblaient subtilement moins attirées que précédemment, il avait sa preuve. Jetant un furtif coup d’œil par d’ouverture de la porte, Eitarō pu voir un garçon avec un casque audio jaune vissé sur les oreilles, une main tendue vers les panneaux sur le mur desquels s’échappait une fine fumée noirâtre.

« Mitsuketa. »

Au même moment, un claquement métallique retentit au niveau des portes des toilettes masculines et féminines, bloquant ces dernières tandis que la porte retenue par Eitarō se verrouillait dans l’air. Des voix retentirent de l’autre côté du mur séparant les deux toilettes et l’universitaire n’eut aucun mal à reconnaitre celle d’Akutoku, bien plus audible que les autres.

[ C’était terriblement prévisible, Reitōko-san. ]


L’universitaire se décolla du mur et ouvrit la porte à la main, désactivant tous ses aimants de surveillance désormais inutiles. Son regard posé sur l’adolescent prit aussitôt le contrôle du métal dans son téléphone et son casque. Ce dernier se décolla des oreilles de l’esper pour aller se refermer comme une pince autour de son cou tandis que le câble le reliant au téléphone s’enroulait autour du bras et de la main tendue vers le panneau, la figeant dans sa position.

« Désolé pour ces manières mais je veux être bien sûr que tu m’entendes parler Kakurenbo-kun. »

Le téléphone de l’étudiant s’éleva dans les airs au niveau des yeux d’Eitarō. « Qu’est-ce que tu dirais de partager avec nous ta culture musicale ? Je n’y connais malheureusement pas grand-chose en musique électronique, personnellement. »

Un claquement de doigts d’Eitarō précéda le déverrouillage de la porte des toilettes féminines avant que trois étudiantes trempées de la tête aux pieds n’en émergent. Au milieu se trouvait Akutoku. Pressentant la très probable catastrophe qui allait suivre, l’étudiant de Dangai s’avança, forçant le casque et son câble à le suivre en même temps que l’adolescent à lunettes qui était empêtré dedans. Mais un évènement qu’Eitarō n’avait pas prévu eut lieu puisque en moins d’une seconde, les trois étudiantes s’étaient retrouvées parfaitement sèches, ce qui vint arracher une expression d’incrédulité à Akutoku, en même temps de restituer son image.

« Oh-Ooowa ! Sumire-kun, tout va bien ? »

Arrivant au niveau de la foule et tenant le téléphone dans la main, Eitarō appuya une fois sur l’écran avec son pouce, relançant la musique 8-bits qui avait été coupée un peu plus tôt lorsque le câble du casque avait été débranché. Le volume avait été monté au maximum, la rendant audible à toute la petite assemblée improvisée. Une seconde pression du pouce coupa la musique une fois que toutes les têtes s’étaient tournées dans la direction du jeune adulte.

« Je vais vous demander de vous disperser, l’incident est clos. » dit-il assez fort pour se faire entendre tout en gardant son ton neutre. « Inoue-san, emmènes Sumire-san à l’infirmerie. Reitōko-san, viens avec moi. » ajouta-il à l’encontre des deux adolescentes.

Le ton neutre mais malgré tout impératif avait pour but de disperser au plus vite les élèves, si les professeurs se mêlaient maintenant de l’affaire, ça allait attirer des problèmes à toutes les personnes présentes. Y compris à Otaki qui avait utilisé son pouvoir sans permission et, dans une situation qui n’avait mis en danger personne à part la dignité de la numéro 3.

Reprenant aussitôt sa marche, Eitarō fendit la foule qui s’écarta sur son passage et celui de son « prisonnier ». Il n’attendait pas de réponse de la part d’Akutoku, seulement qu’elle le suive sans attendre. Aussi prestigieux que pouvait être l’établissement de Nagatenjouki, ceux qui y étudiaient étaient des adolescents. « Les gens parlent, ils sont curieux et avides de connaître ce qui ne les regarde pas. » et tous ces petits génies ne faisaient absolument pas exception à la règle pour Eitarō, bien au contraire.

« Son téléphone, tu trouveras peut-être quelque chose d’intéressant là dedans. », dit-il en tendant le téléphone à la jeune fille sans s’arrêter de marcher.

Eitarō guida ainsi les deux adolescents pendant encore quelques minutes avant d’arriver à l’arrière du gymnase situé à l’écart du bâtiment principal. Là se trouvait une porte menant à l’arrière de la réserve de certains équipements sportifs, permettant de les acheminer directement dans le bâtiment sans avoir à traverser le gymnase et d’interrompre ou de déranger un cours. Eitarō avait choisi cet endroit pour son isolation du reste de l’académie, son absence de caméras et surtout la position permettant de repérer immédiatement des étudiant(e)s trop curieux ou curieuses.

« J’imagine que tu as quelques questions à lui poser, Reitōko-san ? » demanda l’universitaire en se tournant vers Akutoku alors que le casque libérait le fautif de son étreinte.
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