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 Retrouvailles éprouvantes [PV Haruhiro]

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Ai Etsu

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MessageSujet: Retrouvailles éprouvantes [PV Haruhiro]   Ven 2 Mar - 14:33

Cette terrible soirée avait fini par s’achever finalement. Les secours étaient enfin arrivés et avaient pu secourir ceux qui pouvaient l’être, une partie des malades les plus graves n’ayant pas survécu au gaz qui s’était répandu dans tout l’hôpital et n’avait fait qu’empirer leur état. Tout s’était enchaîné relativement vite après que les sirènes d’Anti-Skill ne se soient tues et que les agents ne soient entrés finalement sur les lieux de l’attaque terroriste pour y faire le ménage. Il ne restait en réalité plus grand-chose à nettoyer, seulement à récupérer les corps – vivants ou non – qui se trouvaient encore au rez-de-chaussée et prendre en charge les survivants encore conscients.

Tous avaient été transférés dans d'autres hôpitaux dans lesquels ils étaient totalement pris en charge par la cité-scolaire jusqu’à leur rétablissement total. Ils proposaient les meilleurs soins possibles et une aide psychologique pour aider les étudiants qui s’étaient retrouvés au milieu de cette affaire de terrorisme à dépasser les divers traumas que cela avait pu engendrer.

L’affaire avait pris des proportions énormes et les forces de l’ordre tentaient autant que possible d’étouffer l’affaire, forçant ceux qui le pouvaient à signer des clauses de confidentialité sur toute cette histoire. Il avait semblé inimaginable que qui que ce soit ne tente d’aller supprimer des témoins au milieu d’un hôpital bondé d’agents d’Anti-Skill et le fait que leur réussite ne se soit finalement tenue qu’à la présence d’une poignée d’étudiants courageux avait fait passer l’incident de cette soirée au stade de véritable attaque contre la cité et ses occupants qui devrait entraîner les réponses nécessaires pour que cela ne puisse plus jamais se reproduire.


A l’arrivée d’Anti-Skill, plusieurs patients avaient été transférés de façon prioritaire à cause de leur état précaire et de leurs blessures lourdes. Ai ne se rappelait pas du tout la fin de la soirée, elle s’était finalement réveillée plusieurs jours après que tout ne se soit terminé. Trois jours après pour être tout à fait précis. Elle avait simplement ouvert les yeux et fixé droit devant elle, indiquant juste qu’elle était réveillée.

Les infirmières s’étaient précipitées à son chevet pour voir si elle allait bien et si elle n’avait pas de séquelles quelconques mais elles ne parvinrent pas à obtenir de réponses à leurs questions. La jeune fille, allongée sur son lit, un masque à oxygène sur le visage, n’avait pas montré la moindre réaction après son réveil. Divers examens de base, scanners et autres montraient bien qu’elle n’avait aucune lésion neurologique, elle semblait simplement éteinte, fermée à tout ce qui l’entourait.

Le verdict était tombé assez rapidement : catatonie suite à un syndrome de stress post-traumatique. Le traitement permettrait probablement de lui permettre de bouger à nouveau rapidement mais il semblait assez clair que d’autres troubles psychiatriques se montreraient et seraient probablement plus longs à soigner. La chambre de la lycéenne resta donc fermée aux visiteurs ne faisant pas partie de sa famille proche pendant encore 3 jours complets avant que les médicaments ne fassent effet et ne lui permettent de pouvoir à nouveau bouger et parler.



Lorsqu'Ai s’éveilla à nouveau au monde, elle ne savait pas depuis combien de temps elle se trouvait allongée ici. Les quelques jours qu’elle avait passés ici étaient totalement flous, elle fixait une surface blanche immaculée perturbée par moments par des silhouettes inconnues qui passaient dans son champ de vision. Elle ne comprenait pas ce qu’il se passait et pourquoi elle était ici et lorsqu’elle tentait de s’en rappeler un stress immense l’envahissait. Elle avait peur. Elle ne savait pas de quoi mais elle avait peur. Peur de se rappeler, de se rappeler de tout, peur d’y retrouver ce qui l’avait amenée ici, dans cet état. Elle préférait abandonner tout derrière elle plutôt que de fouiller un peu trop son passé et de se rappeler cet événement précis qui, elle en était persuadée, l’avait détruite.

Encore d’autres personnes étaient passées la voir mais elle ignorait totalement de qui il pouvait bien s’agir, même si eux semblaient la connaître. C’était déroutant de rencontrer ce genre de personnes et par moments des souvenirs lui remontaient mais elle les chassait, paniquant à l’idée de se souvenir de la chose qu’elle fuyait. Elle n’arrivait pas encore à marcher par elle-même mais les infirmières l’installaient dans un fauteuil roulant et la plaçaient devant la fenêtre lorsqu’elle le demandait. Regarder le ciel au loin était la seule chose qui arrivait à la calmer, lorsqu’elle arrivait à ne plus penser et à juste apprécier la vue.

Finalement, au bout de trois autres jours, les visites furent autorisées à ses amis, lui avait-on dit, mais les quelques personnes qui étaient passées ne lui rappelaient absolument rien. Elle ne voulait pas leur parler et une infirmière finissait toujours par venir les faire sortir lorsqu’elle sentait que la lycéenne commençait à se sentir mal. Elle avait besoin de repos, c’est ce que le personnel soignant semblait répéter à longueur de temps.

En fin de journée, un dernier visiteur s’annonça et le rituel qui précédait chaque arrivée de chaque personne se mit en place. Deux infirmières accompagnèrent le jeune homme jusqu’à la porte de la chambre où se trouvait Ai. L’une des deux entra pour préparer le jeune fille à voir son ami et l’autre resta dehors pour expliquer la situation au garçon en attendant le feu vert de sa collègue pour le laisser entrer.

-« Ecoutez, jeune homme, votre amie subit ce qu’on appelle un trouble de stress post-traumatique. Cela peut se présenter sous plusieurs formes mais ça l’a laissée quelque peu perturbée. Elle… elle ne se rappelle pas de quoi que ce soit datant d’avant son arrivée dans nos services. De plus, elle reste encore très perturbée et éprouve des difficultés à discuter et à comprendre alors ne vous attendez pas à de chaudes retrouvailles. Et évitez autant que possible de parler de quoi que ce soit de négatif, surtout des événements qui l’ont conduite ici. Et puis… enfin vous verrez, ma collègue restera là de toute façon, en cas de soucis. »

A ces mots, l’infirmière attendit patiemment que sa collègue en ait fini à l’intérieur de la chambre, répondant aux éventuelles questions que le garçon pouvait poser. Au bout de plusieurs minutes, la deuxième infirmière rouvrit la porte et fit signe au garçon de la suivre. Ai se trouvait au fond de la salle, assise sur son fauteuil, le regard baissé vers le sol. Les coudes posés sur les accoudoirs de son fauteuil, elle avait les mains jointes et semblait jouer avec ses doigts, les bougeant tout le temps comme si elle essayait d'évacuer son agitation en bougeant frénétiquement ses doigts. Elle portait la blouse de patient commune à toutes les personnes prises en charge dans l’établissement et avait une couverture posée sur les jambes.

-« Ai, tu dis bonjour à Haruhiro ? » demanda l’infirmière qui avait fait entrer le garçon dans la chambre.

Ai sembla s’agiter un peu plus et hésita un moment avant de répondre comme une enfant répondant à une question que lui aurait posé la maîtresse :
-« Bonjour Haruhiro. » dit-elle simplement.

-« Tu te souviens de qui il s’agit ? On en a discuté tout à l’heure. »

Ai murmura un instant quelques mots dont certains étaient à peine compréhensibles « De qui il s’agit… Haruhiro… On en a discuté… Haruhiro… Haruhiro... Haru...» puis elle reprit à haute voix cette fois.

-« Ou… Oui c’est mon ami…. Et il vient me voir maintenant… »

L’infirmière se tourna vers le garçon et dit doucement, gardant son ton doux et empathique.
-« Je vous laisse un instant avec elle. Je reste juste devant si vous avez besoin de quoi que ce soit. » puis elle se dirigea vers la porte et la laissa un peu entrouverte pour pouvoir entendre ce qu’il allait se passer et intervenir si besoin.

Ai, de son côté, fuyait le garçon du regard, regardant toujours le sol et tournant la tête d’un côté ou de l’autre en murmurant encore et encore les mots « Haruhiro… ami… il vient me voir… Haruhiro... ».

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Haruhiro Wilkowski

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MessageSujet: Re: Retrouvailles éprouvantes [PV Haruhiro]   Ven 2 Mar - 21:45

Malgré le temps qui s’était écoulé depuis la nuit qui avait confronté Haruhiro à un univers dont il n’aurait jamais soupçonné l’existence, l’adolescent avait toujours du mal à réaliser. Tous ces évènements  passés lui semblaient tout droit tirés d’un film de science-fiction mêlée à de l’horreur, pas vraiment le genre de film qu’il aurait apprécié de regarder. Mais pourtant, les faits étaient là, ses blessures étaient bel et bien présentes et toute l’agitation d’Anti-Skill autour de lui et des autres patients de l’hôpital n’était pas le produit de son imagination non plus. Oui, pour cette fois Haruhiro aurait bien aimé que cette histoire n’eut été qu’un film, une simple vidéo sur un écran.

Après les premiers jours cependant, le stress ambiant et la sensation de gène et d’horreur générale s’était atténuée et une fois la grosse pile de feuilles lui intimant de ne rien révéler signées par Haruhiro, même lui fut laissé tranquille par les agents de la paix. Il ne faisait aucun doute qu’ils reviendraient lui poser des questions « une fois qu’il se serait reposé », mais le délai imposé par le personnel de l’hôpital était bel et bien nécessaire au garçon qui ne pouvait que remercier silencieusement les infirmières de s’occuper avec autant d’implication de leurs patients. Car si son corps était presque entièrement guéri, son esprit souffrirai longtemps de la blessure qu’il s’était vu infligée.

La grande majorité des rescapés de l’hôpital n’étaient au courant de rien et quoi qu’il pourrait faire croire aux autres, Haruhiro savait en son fort intérieur qu’il aurait bien aimé être à leur place ; ignorant et soulagé. Car oui, les souvenirs de cette longue nuit resteraient à jamais gravés dans sa mémoire. Chaque détail visuel, chaque son, choc, attaque, douleur… toutes ces choses venaient le hanter les nuits, à tel point qu’il avait peur d’aller dormir le soir.

Malgré tout, les messages et deux-trois visites de ses amis du lycée firent du bien à Haruhiro, lui faisant momentanément oublier ces terribles évènements le temps d’un sourire. L’ensemble des visites, dont certaines étaient quotidiennes, n’avait cependant pas manqué de surcharger le planning du personnel de l’hôpital, rendant les occasions de discuter de plus en plus rares. Et avant de pouvoir enchaîner deux mots lorsque l’on venait lui apporter son repas, le jeune brun parlait déjà au dos d’une blouse en retard. Cette situation ne tarda pas à peser sur le moral du garçon, il n’avait pas d’informations et personne ne semblait disposé à lui en donner. Il voulait juste savoir ! Comment allaient Alexandra et Genji, cet officier qui l’avait interrogé et les membres d’Anti-Skill ? Ce garçon dont il ne se souvenait plus le visage et qui lui avait sauvé la vie. Et avant tout, comment allait Ai ?

Ce ne fut qu’au bout de presque une semaine qu’on répondit enfin à ses questions, les bonnes nouvelles le débarrassèrent de la lourdeur qu’il avait accumulée pendant six longues journées d’attente. Tous étaient en vie et en train de récupérer leurs forces dans les hôpitaux du district 7. Ils n’avaient pas tous été pris en charge par le même hôpital, probablement pour des questions de sécurité, mais par chance Ai était hospitalisée dans le même bâtiment, à un étage de sa chambre à lui.

Grâce aux soins qui lui avaient été prodigués rapidement, Haruhiro n’avait de séquelles et ce fut un jeune homme couverts de pansements et avec un bras pendant autour d’un bandage noué autour du cou qui se présenta devant les infirmières avec un message clair : Hors de question d’attendre un jour de plus pour aller voir Ai.

Mais alors qu’il marchait dans le couloir en compagnie des deux infirmières, l’adolescent sentait le stress et l’appréhension monter. Il avait une envie folle de revoir Ai mais elle, est-ce qu’elle voulait le voir ? C’était lui et sa stupidité qui l’avaient entraînée dans cette histoire, et si elle était maintenant dans une chambre d’hôpital c’était également sa faute. Le regard de Haruhiro se baissa vers le sol sans qu’il ne s’arrête de marcher. Les images défilaient, c’était toujours les mêmes plus effroyables les unes que les autres. Bien que les dernières minutes avant qu’il ne perde connaissance étaient floues dans ses souvenirs, il semblait qu’il avait finalement craqué dans le hall, au moment où Ai s’était fait tirer dessus. Alors en fin de compte ça lui était encore arrivé… est-ce qu’il s’était battu aussi malgré sa crise ?

-« Ecoutez, jeune homme, votre amie subit ce qu’on appelle un trouble de stress post-traumatique. Cela peut se présenter sous plusieurs formes mais ça l’a laissée quelque peu perturbée. Elle… elle ne se rappelle pas de quoi que ce soit datant d’avant son arrivée dans nos services. De plus, elle reste encore très perturbée et éprouve des difficultés à discuter et à comprendre alors ne vous attendez pas à de chaudes retrouvailles. Et évitez autant que possible de parler de quoi que ce soit de négatif, surtout des événements qui l’ont conduite ici. Et puis… enfin vous verrez, ma collègue restera là de toute façon, en cas de soucis. »

L’adolescent releva brusquement la tête, surprit. Un stress post-traumatique ? Est-ce que Ai…

[ Elle ne se souvient… pas… ]

« Oh… oui, biensûr je… je ferai attention. Merci de m’avoir prévenu… », répondit l'adolescent d'un air troublé.

Lorsque Haruhiro pénétra dans la pièce, son cœur rata un battement. Elle était là, assise sur son fauteuil et faisait bouger juste ses doigts, les regardant d’un air hypnotisé. Une sensation froide et désagréable parcourut le corps de l’adolescent alors que l’infirmière reprenait la parole.

-« Ai, tu dis bonjour à Haruhiro ? »

-« Bonjour Haruhiro. »

« hha… » laissa échapper le jeune homme dans un murmure alors que son visage s’était décomposé sous l’effet de la surprise. Cette voix était bien celle de sa senpai, et pourtant il y avait quelque chose de différent. Alors que la sensation dans son corps effleurait son cœur tel un serpent sifflant, Haruhiro refusait de laisser ses pensées exprimer ce qu’il redoutait au plus profond de lui.

[Elle ne… ]

« Tu te souviens de qui il s’agit ? On en a discuté tout à l’heure. »

Des murmures sortirent de la bouche de la jeune fille. Elle ne le regardait pas.

[ Elle... non. ]

-« Ou… Oui c’est mon ami…. Et il vient me voir maintenant… »

Le serpent s’enroula violemment autour du cœur du garçon qui ressentit une douleur dans la poitrine, en même temps que son équilibre le lâchait momentanément.

[Elle ne se souvient pas de moi.]

Haruhiro baissa légèrement la tête lorsque l’infirmière passa à côté de lui pour sortir. S’en suivirent de longues minutes dans un silence seulement interrompu par les murmures irréguliers de la jeune fille. Finalement, le jeune brun releva la tête, esquissant un sourire empli de tristesse, malgré sa tentative d’en faire un honnête.

« S-salut ! Hm… t-tu admires la vue de temps en temps ? C’est plutôt joli d’ici... », dit-il avant de s’interrompre pour avaler sa salive. « Ma fenêtre à moi ne donne que sur la rue en contrebas. »

Malgré la simplicité de la phrase, la dire entièrement demanda un réel effort au garçon dont la voix s’était éteinte dans un souffle sur la dernière syllabe. Qu’avait-il fait ? Celle qui se tenait devant lui n’était pas Ai. La jeune fille devant lui ressemblait d’avantage à une coquille vide, sans âme dont l’apparence rappelait celle de sa senpai. Et tout était de sa faute, absolument tout. Il avait voulu la protéger, pas la mettre en danger et pourtant… il lui avait fait du mal, tellement de mal. A cause de lui, Ai avait finit par devenir l’ombre d’elle-même, une poupée sans âme ni volonté. Alors peut-être… peut-être qu’il devait s’en éloigner ? Est-ce qu’il devrait revenir plus tard ? Peut-être qu’en lui laissant un peu de temps elle redeviendrait elle-même, qui sait ?

Ces pensées étaient rassurantes, suffisamment pour que Haruhiro se retourne et fasse deux pas en direction de la porte. S’éloigner et attendre que les choses se règlent d’elles-mêmes, cette idée le remplissait d’espoir et pourtant… qu’est-ce que c’était facile.

[Hypocrite.]

Le garçon s’arrêta et reposa son pied qui s’apprêtait à achever un troisième pas. S’il passait cette porte maintenant, il ne pourrait plus revenir. Quel lâche il était pour partir aussi vite après une telle tentative. Partir et attendre ne réglerait rien, ça serait seulement plus confortable pour lui. Il n’aurait pas à souffrir en voyant Ai dans cet état. Mais et elle ? Ne souffrait-elle pas ? Il ne l’avait pas blessée directement mais c’était tout comme. Haruhiro regarda ses mains bandées et couvertes d’égratignures. C’était ses actions qui avaient provoqué ça, il était responsable alors comment pouvait-il seulement songer à s’enfuir comme ça ? Est-ce qu’il était vraiment quelqu’un d’aussi mauvais ? Non il assumerait ses responsabilités. Puisqu’il avait mit Ai dans cet était il était de son devoir de la ramener.

L’adolescent prit une grande inspiration qu’il expira doucement avant de se retourner, un large sourire sur le visage. Posant un regard bienveillant sur la jeune fille, il s’approcha de sa camarade et s’accroupit devant elle.

« Ai ? Je peux rester un petit peu avec toi ? »

Derrière son visage souriant et enjoué, Haruhiro faisait le tri dans les pensées sombres qui s’entassaient dans son esprit. Même si Ai ne se souvenait de rien, l’infirmière lui avait intimé de ne pas évoquer les événements de la fameuse nuit. Et d’une manière plus générale, tout ce qui pouvait être négatif était interdit. Pour qu’elle aille mieux, il allait falloir qu’il prenne sur lui. Afin de l’aider à recouvrer la mémoire, Haruhiro était bien décidé à lui construire un petit univers doux et bienveillant, où elle se sentirait en sécurité. Peu importait si ça devait prendre des jours, des semaines, des mois, même des années ! Il la sauverait, même si ça signifiait la perdre. Dans tous les cas, il fallait maintenant procéder avec précaution.
Passant sa main valide dans les cheveux, Haruhiro se gratta l’arrière de la tête avant d’ajouter, tout sourire :

« Comme l’a dit l’infirmière, moi c’est Haruhiro mais tu peux m’appeler Haru ! Tu veux bien qu’on discute quelques minutes ? »
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Ai Etsu

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MessageSujet: Re: Retrouvailles éprouvantes [PV Haruhiro]   Sam 3 Mar - 2:02

Ai restait prostrée dans son fauteuil, semblant ignorer totalement ce qui se passait autour d’elle. Elle poussa un léger gémissement de protestation lorsque l’infirmière quitta la salle pour la laisser avec le garçon au regard triste. Pourquoi avait-il l’air si triste ?

« S-salut ! Hm… t-tu admires la vue de temps en temps ? C’est plutôt joli d’ici... Ma fenêtre à moi ne donne que sur la rue en contrebas. »

La jeune fille s’agita un peu sur son siège en répétant doucement quelques-uns des mots que le garçon avait prononcés. « J’admire la vue de temps en temps… de temps en temps… Haruhiro… Ami… ».

Le garçon se retourna et fit quelques pas en direction de la porte et Ai redressa légèrement la tête pour le regarder s’éloigner.

-« Au revoir… Haruhiro… Tu viens me voir… maintenant… »

Mais il finit par s’arrêter et resta debout devant la porte quelques instants avant de faire demi-tour avec un large sourire qu’il avait visiblement du mal à garder. Il s’accroupit devant Ai qui baissa encore plus les yeux pour éviter le contact et prit le même ton compatissant et gentil que les autres dames qui venaient la mettre devant la fenêtre quand elle le voulait.

« Ai ? Je peux rester un petit peu avec toi ? Comme l’a dit l’infirmière, moi c’est Haruhiro mais tu peux m’appeler Haru ! Tu veux bien qu’on discute quelques minutes ? »

Ai s’arrêta de trembler un instant et leva les yeux pour regarder le bras que le garçon avait en écharpe. Il avait des bandages partout et semblait triste.

-« Tu… as mal ? Pou… pourquoi on me laisse pas sortir ? C’est moi qui te fait mal ? » dit-elle, commençant de nouveau à s’agiter, son visage commençant à se crisper. « Ha… Haruhiro… Je suis malade… Ils te l’ont dit ? Je veux pas… Je veux pas que Haruhiro ait mal… C’est… mon ami… »

S’arrêtant un instant, la jeune fille commença à se balancer d’avant en arrière sur sa chaise, mettant ses mains devant son visage et parlant de plus en plus fort.

-« Non ! Pourquoi tu me fais mal ? Je veux pas, je veux pas, je veux pas, je veux pas, je veux pas ! » et soudain l’infirmière entra dans la chambre et s’approcha rapidement du garçon pour le forcer à s’éloigner.

-« Je suis désolée jeune homme mais ça fait beaucoup de visites pour elle aujourd’hui, elle a besoin de se reposer. Vous pourrez revenir demain si vous le voulez. » puis elle s’accroupit aux côtés de Ai et tenta de la calmer.

La jeune fille sanglotait sur son fauteuil en prononçant des choses incompréhensibles en boucle.

****************************

Le lendemain, la même infirmière vint accueillir le jeune garçon. Elle était seule cette fois, il n’y avait plus besoin de préparer le garçon avant la visite, il savait à quoi s’attendre désormais. Elle l’accompagna jusque devant la porte et lui sourit légèrement.

-« C’est gentil à vous de revenir la voir malgré son état, je suis certaine que ça lui fera du bien. Elle était assez agitée après votre départ hier mais je ne l’avais encore jamais vue poser de questions ou s’inquiéter pour les autres, c’est bon signe. » Puis elle ouvrit doucement la porte « Attendez que je vienne vous dire d’entrer pour entrer à votre tour s’il-vous-plaît » dit-elle avant de disparaître dans la chambre de la lycéenne.

Elle revint finalement au bout de plusieurs minutes et fit un léger signe de tête au garçon pour lui indiquer que tout allait bien et qu’il pouvait y aller.
-« Comme hier, je reste là en cas de besoin. »


Ai était toujours sur son fauteuil comme la veille. A côté d’elle, sur une petite table, se trouvait son repas qu’elle avait refusé de manger. Roulant les yeux vers le sol, elle semblait toujours fuir le garçon des yeux, n’osant toujours pas le regarder.

-« Haruhiro… Le garçon d’hier… » dit-elle avant de s’immobiliser, tournant la tête vers la droite pour regarder son plateau repars. « Je veux… De temps en temps… De temps en temps… Pourquoi tu es revenu ? Ils reviennent pas, eux. Je veux de temps en temps… »

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Haruhiro Wilkowski

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MessageSujet: Re: Retrouvailles éprouvantes [PV Haruhiro]   Sam 3 Mar - 19:33

« Tu… as mal ? Pou… pourquoi on me laisse pas sortir ? C’est moi qui te fait mal ? Ha… Haruhiro… Je suis malade… Ils te l’ont dit ? Je veux pas… Je veux pas que Haruhiro ait mal… C’est… mon ami… »

« Non ! Pourquoi tu me fais mal ? Je veux pas, je veux pas, je veux pas, je veux pas, je veux pas ! »

Ces quelques phrases n’avaient cessées de résonner encore et encore dans la tête du jeune homme, l’empêchant de dormir et transformant ses courts assoupissements en soubresauts incontrôlés dans son lit. La voix apeurée et désespérée de Ai et ses cris l’avaient littéralement hantés depuis qu’il avait quitté la chambre de la jeune fille.

Ayant peu dormi, Haruhiro se força à avaler un café afin de tenir toute la journée, l’infirmière lui avait proposé de revenir voir Ai malgré la réaction qu’avait eu la jeune fille, c’était déjà un début. Se rappelant la réaction de la jeune fille une fois de plus, l’adolescent retira une bonne partie de la quantité astronomique de pansements qui le recouvraient, ils étaient plus là par précaution que par réelle nécessité maintenant. La prochaine nuit qu’il passerait à l’hôpital serait d’ailleurs la dernière, ses blessures ayant été réduites à de simples égratignures. Pour les jours suivants, il devrait partir directement de chez eux.

« Chez « nous », hein ? » murmura-t-il pour lui-même.

Avec Ai dans cet état, est-ce qu’il avait vraiment le droit de considérer l’appartement comme son lieu de vie ? L’adolescent secoua vivement la tête pour s’éclaircir les idées, ça n’était pas le moment de penser à ce genre de choses. Ramener Ai, c’était ça sa priorité.

Haruhiro traversa le même couloir avec légèrement moins d’appréhension que le jour précédent, remplacée par une sensation bizarre qu’il n’arrivait pas à définir avec des mots. S’il savait à quoi s’attendre, ça ne rendait pas l’expérience moins difficile pour autant. Et puis, savait-il vraiment comment elle réagirait en le revoyant ?

« C’est gentil à vous de revenir la voir malgré son état, je suis certaine que ça lui fera du bien. Elle était assez agitée après votre départ hier mais je ne l’avais encore jamais vue poser de questions ou s’inquiéter pour les autres, c’est bon signe. »

Une lueur d'espoir s’alluma en Haruhiro qui ne put retenir une expression étonnée. C’était une nouvelle… incroyablement bonne ! Est-ce que quelque part au fond d’elle, Ai se souvenait de lui finalement ? Peut-être qu’inconsciemment elle le reconnaissait et était contente de le voir ! Mais Haruhiro se crispa à cette pensée, il ne devait pas être trop optimiste, il risquerait de s’emporter et de briser le rythme qu’il essayait d’installer en douceur. Quand bien même la réaction d’Ai était encourageante, rien n’indiquait que l’inverse ne pouvait pas se produire aussi facilement, comme sa réaction un jour plus tôt… L’adolescent souffla longuement, évacuant lentement l’air de ses poumons. Il devait garder la tête froide sous peine de toute gâcher. Après tout, si Ai se… non, lorsque Ai se réveillerait, peut-être le haïrait-elle de tout son cœur, qui sait ?

Alors que l’infirmière ressortait de la chambre, lui indiquant qu’il pouvait entrer, Haruhiro s’arma d’un sourire joyeux puis passa la porte.

En revoyant la jeune fille dans son fauteuil et le regard fuyant, il ressentit un pincement au cœur malgré sa préparation mentale. La voir dans cet état… peut-être que ça n’allait pas être aussi facile que ça finalement.

« Haruhiro… Le garçon d’hier… Je veux… De temps en temps… De temps en temps… Pourquoi tu es revenu ? Ils reviennent pas, eux. Je veux de temps en temps… »

Haruhiro haussa les sourcils dans une mine étonnée puis s’approcha de quelques pas. Elle voulait… « De temps en temps ? » est-ce que ça comptait pour lui aussi ? Posant les mais sur ses genoux et se penchant en avant, il adressa de nouveau un large sourire à la jeune fille en rigolant.

« Naaani, c’est pas évident ? Je suis revenu parce que je voulais te revoir voyons ! »

Gardant son expression enjouée, l’adolescent déglutit imperceptiblement avant de reprendre la parole. Les battements de son cœur s’accélérèrent.

« Tu veux de temps en temps ? Je serai super content de revenir te voir, moi ! Et je peux même venir tous les jours si tu t’ennuies !»

Haruhiro voulut continuer, l’envie de lui parler était si forte qu’il ne réussit pas à fermer entièrement sa bouche. Il avait envie de lui dire ! De lui dire à quel point il était désolé, de lui dire à quel point il voulait la serrer dans ses bras, de lui dire… il y avait tellement de choses et pourtant, aucun son ne sortit d’entre ses lèvres, seulement un souffle chaud qui s’évanouit dans l’air de la pièce. Il n’y arrivait pas. Et en avait-il seulement le droit, de dire ces choses emprisonnées dans son cœur ? Il voulait les lui dire, mais il voulait par-dessus tout ne pas lui faire mal.

[ Tu ne me fais pas mal Ai, tu me soignes.]

Après un court instant durant lequel l’adolescent fut incapable de dire un mot, il tourna la tête sur le côté avisa l’assiette non entamée sur la petite table. Rallumant la lumière positive qui avait quitté son regard l’espace de quelques secondes, il reposa les yeux sur la jeune fille en tirant une barre chocolatée de sa poche.

« Hm… t’as pas trop mangé non plus hein ? Tu veux qu’on mange ensemble ? J’ai faim et puis… manger à deux c’est plus amusant que manger toute seule, tu penses pas ? »
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Ai Etsu

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MessageSujet: Re: Retrouvailles éprouvantes [PV Haruhiro]   Dim 4 Mar - 20:51

Le garçon de la veille était de nouveau là et il semblait la fixer toujours avec ce sourire qu’elle trouvait si triste. Lorsqu’il se pencha vers elle, les mains sur ses genoux, Ai tourna vivement la tête sur le côté et se recula autant que possible dans son siège. Elle le trouvait brusque et les autres personnes se conduisaient avec beaucoup plus de précaution avec elle mais après tout, c’était peut-être ça qui la poussait à vouloir s’intéresser à lui ?

« Naaani, c’est pas évident ? Je suis revenu parce que je voulais te revoir voyons ! Tu veux de temps en temps ? Je serai super content de revenir te voir, moi ! Et je peux même venir tous les jours si tu t’ennuies ! »

Emettant un léger gémissement, Ai bougea un peu sur son siège, sentant une frustration monter. Elle ne comprenait pas tout et n’arrivait pas à exprimer ce qu’elle voulait, ce qu’elle ressentait. Et en même temps elle n’arrivait pas à le comprendre elle-même, comment pourrait-elle exiger de qui que ce soit qu’il ne puisse lire en elle alors qu’elle-même n’y arrivait pas ?

Le garçon… Haruhiro marqua un temps de pause durant lequel son expression joviale le quitta presque imperceptiblement. Il avait quelque chose qui n’allait pas et qui dépassait la simple tristesse que les autres personnes qui venaient voir la jeune fille éprouvaient. Ai ne comprenait pas vraiment qui il aurait dû être pour elle et qui elle aurait dû être pour lui et c'était peut-être ce qui la perturbait le plus quand elle essayait de le regarder.

Reprenant son air plus joyeux, le garçon sortit quelque chose de sa poche.
« Hm… t’as pas trop mangé non plus hein ? Tu veux qu’on mange ensemble ? J’ai faim et puis… manger à deux c’est plus amusant que manger toute seule, tu penses pas ? »

Ai ne répondit pas mais bougea un peu dans son fauteuil. Osant difficilement relever les yeux vers le garçon, elle tendit doucement la main vers la chose qu’il avait sortie de sa poche. Cherchant à la récupérer, elle finit par la saisir, le garçon la laissant probablement faire et elle se remit dans son fauteuil, gardant la barre dans la main, ne cherchant pas à l’ouvrir ni à la manger.

Tournant vivement la tête sur le côté, elle commença à s’agiter, comme cherchant à bouger le fauteuil vers la droite.
-« De temps en temps… C’est plutôt joli d’ici… »

Puis elle finit par s’immobiliser et se tourner à nouveau vers son interlocuteur.
-« Tu… as mal ? Tu es malade ? Il faut manger pour reprendre des forces… Pour reprendre des forces… C’est Haruhiro, le garçon d’hier…Il est revenu te voir... »

S’arrêtant un instant, elle finit par regarder Haru directement pour la première fois durant ces deux jours, des larmes commençant à couler sur ses joues.
-« Je… Je veux pas lui faire ça… Mais… Je sais pas comment arrêter ! Je veux juste qu’elle arrête de crier ! Qu’elle arrête de crier dans ma tête ! » dit-elle en commençant à crier avec un regard implorant, tenant sa tête entre ses mains avant de se calmer et de sembler s’éteindre à nouveau.

L’infirmière commença à entrer pour voir si tout  allait bien, consultant le garçon du regard pour savoir si il voulait qu’elle intervienne ou non. Ai, de son côté, fixait à nouveau le sol en murmurant des mots qu’elle avait probablement entendu durant la journée, les répétant comme si elle cherchait à les remettre dans l’ordre alors qu’ils n’avaient absolument aucun sens les uns entre les autres…

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Haruhiro Wilkowski

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MessageSujet: Re: Retrouvailles éprouvantes [PV Haruhiro]   Lun 5 Mar - 1:31

Haruhiro retint son souffle lorsque la jeune fille tendit la main vers la barre chocolatée. La regardant faire sans bouger le moindre muscle, il desserra juste son étreinte sur l’encas au moment où Ai l’attrapait, ses doigts effleurant les siens l’espace d’une fraction de seconde. Il ne s’était pas attendu à une telle réaction. L’adolescent commença à baisser la main puis se figea de nouveau en entendant la jeune fille reprendre la parole.

« De temps en temps… C’est plutôt joli d’ici… Tu… as mal ? Tu es malade ? Il faut manger pour reprendre des forces… Pour reprendre des forces… »

Le sourire de Haruhiro s’affaissa légèrement, est-ce qu’elle se rendait compte de ce qu’elle disait ? Ces mots étaient ceux de quelqu’un qui s’inquiétait pour autrui. Devait-il les prendre tels quels ? Est-ce que Ai s’inquiétait vraiment, au fond d’elle ?

Toutes les interrogations du garçon furent soudain balayées par la phrase qui suivit, des mots qui ne lui appartenaient pas, qui ne provenaient pas d’elle… une simple répétition de ce qu’avait dit l’infirmière quelques instants plus tôt.

« C’est Haruhiro, le garçon d’hier…Il est revenu te voir... »

« O-oui Ai, c’est moi… tu te souv- »

Une fois de plus, Haruhiro cessa de bouger. Cette fois-ci il était pétrifié. La sensation qui l’avait assailli lors de sa dernière visite lui comprima violemment le cœur sans prévenir tandis que pendant moins de deux secondes, les regards des deux adolescents s’alignèrent. De grosses larmes se mirent à perler aux coins des yeux de la jeune fille.

« Je… Je veux pas lui faire ça… Mais… Je sais pas comment arrêter ! Je veux juste qu’elle arrête de crier ! Qu’elle arrête de crier dans ma tête ! »

Un haut le cœur souleva la poitrine de Haruhiro qui fut incapable d’émettre le moindre son en réaction à ce qu’il venait de voir. Des yeux si tristes et si désespérés, des larmes et des sanglots qui semblaient provenir tout droit d’une âme déchirée… comment une expression aussi ravagée pouvait seulement exister ? La douleur qui s’était gravée aussi bien sur le visage d’Ai qu’au plus profond de son regard secoua violemment l’adolescent qui se retrouva avec une unique question en tête, prononcée par sa propre voix, aussi désespérée que celle d’Ai.

[Qu-qu’est-ce que j’ai fait ?]

Une fois de plus, il s’était retrouvé face à face avec les conséquences de ses actes. Son cœur semblait saigner tant il lui faisait mal et rapidement, ses bras l’abandonnèrent pour tomber au sol, inertes. Pourtant, toute cette douleur qu’il venait de voir avait disparu aussi vite qu’elle était apparue. Ai était de retour dans son monde, la seule trace rémanente de la brève crise étant les traces des larmes sur ses joues.

Alors voilà ce qu’il en était vraiment, voilà la douleur et la souffrance que ressentait Ai. Ses sentiments venaient d’exploser le temps de quelques cris qui furent si profondément gravés dans la mémoire du garçon qu’il serait désormais impossible à quiconque de les effacer. Derrière Haruhiro, la porte s’ouvrit sur l’infirmière qui ne semblait pas sûre de la situation. Comme si le désespoir de la jeune fille avait été transmit à l’adolescent, ce dernier eut tout juste la force de tourner la tête pour croiser le regard de la femme en blouse.

Pendant quelques instants, seuls les murmures d’Ai occupèrent le silence qui s’était brusquement installé dans la pièce à la suite des cris. Voyant l’expression du jeune homme, l’infirmière s’apprêta à faire un pas dans la pièce mais s’immobilisa aussitôt. Un petit signe de la main lui était adressé de la part de Haruhiro qui affichait de nouveau un sourire réconfortant. Se retournant vers Ai, il s’inclina légèrement en avant pour que son visage entre dans le champ de vision de la jeune fille. S’il laissait faire l’infirmière maintenant, il perdrait peut-être la force de revenir. Une nouvelle fois, les regards des deux adolescents se croisèrent.

« C’est juste moi, Haruhiro. Tu veux bien me regarder encore ? Je suis là pour toi, tout va bien. »

Je… Je veux pas lui faire ça… Mais… Je sais pas comment arrêter !

« Il faut prendre des forces, et pour prendre des forces il faut bien manger ! »

Je veux juste qu’elle arrête de crier ! Qu’elle arrête de crier dans ma tête !

« Je vais te dire un secret, tu veux bien ? Regarde, ça c’est un cadeau de moi, pour toi ! Il t’aidera à prendre pleeeein de forces ! » ajouta-t-il en pointant du doigt la barre chocolatée dans les mains d’Ai.

Qu’elle arrête de crier… de crier dans ma tête !

« Mais il faut aussi que tu manges touuuute ton assiette, d’accord ? », continua l’adolescent en décalant légèrement la table pour la rapprocher de la jeune fille.



***



Haruhiro quitta la chambre après avoir assuré à la jeune fille qu’il repasserait le lendemain, avec un autre cadeau spécialement pour elle. Il échangea quelques mots avec l’infirmière une fois derrière la porte puis reprit le chemin du couloir, comme il l’avait fait le jour d’avant.

Marchant droit devant lui, l’adolescent comptait les mètres, les portes et les carreaux au sol qui le séparaient de la chambre d’Ai. Une fois à une distance qu’il jugea suffisante, il s’arrêta soudainement de marcher et resta immobile quelques instants avant de tituber vers la droite, heurtant le mur avec son épaule comme si toute force et équilibre l’avaient quittés. Dans sa tête, les mêmes paroles semblaient se répercuter encore et encore contre son crâne, comme des balles qui ne s’arrêteraient jamais d’heurter les parois d’une boîte.

De crier de crier de crier ! De crier dans ma tête ! Je veux pas lui faire ça… Mais… Je sais pas comment arrêter ! Je veux pas ! Je veux pas !

D’un seul coup, Haruhiro pivota sur lui-même et, dans un cri étouffé, frappa le mur de toutes ses forces avec son poing droit. Un craquement se fit entendre. Après une courte seconde durant laquelle il demeura immobile, du sang se mit lentement à couler le long du mur. Des larmes s’écrasèrent au sol alors que l’adolescent posait son autre main et sa tête contre la surface froide. Un gémissement s’échappa de sa gorge avant qu’il ne se mette à sangloter doucement dans le couloir désert.

« Putain… c’est dur... »
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Ai Etsu

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MessageSujet: Re: Retrouvailles éprouvantes [PV Haruhiro]   Lun 5 Mar - 20:49

Finalement, le garçon avait décidé de ne pas repartir et fit un signe discret de la main pour indiquer que la dame n’avait pas besoin d’intervenir. La crise passée, Ai avait repris son attitude réservée et totalement fermée comme si rien ne s’était passé. Vu de l’extérieur il était même impossible de savoir si elle avait conscience de ce qu’il venait de se passer. Elle regardait le sol, légèrement sur sa gauche, évitant à nouveau tout contact visuel avec son interlocuteur et murmurant des mots qui n’avaient aucun sens la plupart du temps, ou qui étaient simplement des répétitions de ce qu’on lui avait dit avant.

Le garçon se retourna à nouveau vers elle et se pencha en avant comme pour forcer un contact visuel, ce qui eut pour effet de provoquer un mouvement de recul chez la jeune fille. Malgré la proximité du garçon, elle évitait toujours de le regarder directement et tournait maintenant complètement la tête sur sa gauche, cherchant à mettre de la distance entre elle et lui. Elle joint ses mains sur sa poitrine, tenant toujours fermement la barre chocolatée dans une de ses mains et arrêta de bouger tandis que le garçon reprit la parole.

« C’est juste moi, Haruhiro. Tu veux bien me regarder encore ? Je suis là pour toi, tout va bien. »

Sa voix semblait encore plus triste et déchirée qu’avant et, même s’il essayait de le dissimuler, de légers tressaillements dans sa voix montraient bien qu’il était à deux doigts de craquer.

« Il faut prendre des forces, et pour prendre des forces il faut bien manger ! Je vais te dire un secret, tu veux bien ? Regarde, ça c’est un cadeau de moi, pour toi ! Il t’aidera à prendre pleeeein de forces ! »

A ces mots, la jeune fille se serra un peu plus contre le dossier de son fauteuil, se tournant sur le côté en semblant protéger ce qu’elle avait dans la main, de peur que le garçon ne la lui prenne.

« Mais il faut aussi que tu manges touuuute ton assiette, d’accord ? » dit-il en approchant la table où se trouvait le repas que la jeune fille avait totalement refusé de toucher jusqu’ici.

Ai resta un moment sans bouger, ne murmurant même plus. Tournant à peine la tête pour voir la table du coin de l’œil, elle finit par se détendre et accepta finalement de se retourner, acceptant de manger ce que lui donnait le garçon sans opposer plus de résistance. Le repas se passa tranquillement sans qu’Ai ne dise le moindre mot, et, une fois le plateau terminé, le garçon resta encore un moment à lui parler sans obtenir de réponse avant de finalement partir. Cela dit il assura à la jeune fille de revenir le lendemain, et qu’il lui apporterait un autre cadeau.

L’infirmière passa la voir après que le garçon ne soit partit, comme à chaque fois, et vint s’assurer que Ai allait bien et qu’elle était calme. Elle tenta de récupérer la barre chocolatée que Ai tenait toujours dans sa main mais finit par abandonner cette idée face au refus catégorique de sa patiente qui semblait s’énerver chaque fois qu’elle approchait sa main de l’objet.

Ai resta ensuite seule dans sa chambre, tournée vers la fenêtre, jusqu’au soir où une autre infirmière vint la préparer à aller dormir et la mettre dans son lit.


Le lendemain commença comme tous les jours. Au matin, une infirmière qui faisait le tour des chambres des patients qui avaient perdu leur autonomie finit par passer dans la chambre de Ai pour l’aider à se changer et faire sa toilette. Ensuite elle fut mise sur son fauteuil roulant et placée devant la fenêtre vu qu’elle n’appréciait visiblement pas le bruit de la télévision qu’elle avait dans sa chambre. Elle resta plantée là jusqu’à ce qu’une autre infirmière ne la fasse manger et attendit ensuite l’arrivée du garçon qui lui avait promis de repasser ce jour-là.

***

Lorsque le garçon arriva, c’est toujours la même infirmière qui l’accueillit et l’emmena vers la chambre de sa camarade. Elle n’était pas la seule à s’occuper de la jeune fille mais elle avait l’impression de mieux la comprendre et de mieux réussir à communiquer avec elle, pour peu que l’on puisse appeler ça communiquer. De plus, elle trouvait admirable de voir ce jeune homme venir tous les jours voir sa camarade bien que cela devait être difficile à chaque fois et elle souhaitait autant que possible qu’il continue à le faire et comptait bien s’arranger pour qu’il ne perde pas l’envie d’aller visiter la pauvre fille qui se remettait difficilement de la terrible nuit qu’elle avait vécu avant d’arriver ici.

Elle arriva devant la chambre accompagnée du garçon, comme les deux fois précédentes, et posa la main sur la poignée, indiquant au garçon qu’elle allait préparer Ai avant qu'il n'entre, comme d'habitude. Puis, s’arrêtant un instant, elle se tourna vers le garçon et le regarda d’un air sérieux :

-« Vous pourriez peut-être m’accompagner cette fois, si vous le voulez. Peut-être qu’elle acceptera de vous voir sans avoir besoin de préparations maintenant. Et sinon, vous sortirez en attendant qu’elle soit prête et on essayera une nouvelle fois un autre jour, d’accord ? » Puis elle entra dans la chambre, attendant que le garçon n’entre à son tour pour refermer la porte derrière eux.

Ai était là, toujours dans le même fauteuil, face à eux. L’infirmière s’approcha doucement d’elle en souriant et vint s’accroupir à côté d’elle, faisant signe au garçon d’approcher.

-« Bonjour Ai, regarde qui est venu te voir aujourd’hui. Tu sais qui c’est ? »

Regardant Haru l’espace d’un instant en évitant de croiser son regard, elle détourna finalement les yeux pour fixer à nouveau le sol, tournant la tête du côté de l’infirmière qui lui parlait.

-« Ha… Haruhiro… Il a un cadeau pour moi… » dit la jeune fille avec un peu de difficulté, marquant des pauses entre certains mots pour réfléchir.

-« Vraiment ? » questionna l’infirmière en regardant le garçon. « Je vais peut-être vous laisser tous les deux alors, si tu veux bien, Ai. » dit-elle en se levant, ce à quoi Ai ne répondit pas.

Voyant que la lycéenne ne protestait pas, l’infirmière prit ça comme une réponse positive et se dirigea vers la porte. Elle s’arrêta un instant à côté de Haru et lui dit de sonner en lui montrant le bouton pour appeler les infirmières si il avait besoin d’elle, après quoi elle disparut derrière la porte en la fermant bel et bien cette fois.

Ai semblait moins agitée que d’habitude et ne bougeait pas sur son fauteuil. Elle n’osait toujours pas regarder le garçon directement dans les yeux mais il lui arrivait de tourner les yeux dans sa direction par moments, comme si elle cherchait à le regarder sans croiser son regard.

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Haruhiro Wilkowski

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MessageSujet: Re: Retrouvailles éprouvantes [PV Haruhiro]   Sam 10 Mar - 2:15

Après une nouvelle nuit agitée dans sa chambre d’hôpital, Haruhiro avait finalement été autorisé à rentrer chez lui dans la matinée, ce qu’il fit malgré ses quelques réticences. Revenir dans l’appartement qu’il partageait avec Ai était étrange, comme si les pièces dégageaient une atmosphère différente maintenant qu’elle était à l’hôpital. C’était vide. Trop fatigué pour commencer à y réfléchir, l’adolescent fila directement dans sa chambre et s’écroula dans son lit, s’endormant dans la seconde.

Haruhiro passa la porte d’entrée de l’hôpital en début d’après midi, un sac plastique contenant quelque chose au bout du bras. Presque toute trace de ses blessures avait déjà disparue, en surface du moins et même les égratignures sur ses phalanges étaient à peine visibles, résultat de la médecine avancée de Gakuen Toshi. Et pourtant, même cette médecine prodigieuse ne pouvait apparemment rien pour Ai.

Tout comme lors de ses deux précédentes visites, le jeune brun fut accompagné par la même infirmière jusqu’à la chambre, cette fois-ci cependant, elle s’arrêta pour lui parler, juste en face de la porte de la chambre d’Ai.

« Vous pourriez peut-être m’accompagner cette fois, si vous le voulez. Peut-être qu’elle acceptera de vous voir sans avoir besoin de préparations maintenant. Et sinon, vous sortirez en attendant qu’elle soit prête et on essayera une nouvelle fois un autre jour, d’accord ? »

Les yeux de l’adolescent s’illuminèrent, qu’elle lui propose ça voulait dire qu’il y avait du progrès ! Sentant rapidement son excitation monter de plusieurs niveaux, Haruhiro s’intima mentalement de se calmer. Il ne devait pas se précipiter, s’il était trop différent de d’habitude, Ai pourrait le sentir et qui sait comment elle réagirait. D’autant plus qu’une amélioration ne signifiait pas forcément grand-chose, et s’il se trompait, ça pourrait leur couter très cher, à lui comme à elle.

[Reste calme.], pensa Haruhiro en pénétrant dans la pièce, affichant un sourire légèrement plus enjoué que d’habitude malgré tout.

« Bonjour Ai, regarde qui est venu te voir aujourd’hui. Tu sais qui c’est ? »

« Ha… Haruhiro… Il a un cadeau pour moi… »

Le cœur du garçon battait à tout rompre dans sa poitrine. Même si ça n’était peut-être que temporaire, même si ça ne voulait probablement rien dire… entendre ces mots, ça le rendait heureux, quelque part.

Hochant la tête lorsque l’infirmière lui indiqua qu’elle allait sortit, Haruhiro attendit qu’elle sorte de la pièce avant de prendre la parole.

« Bonjour, comment tu te sens aujourd’hui, ça va bien ? »

« Alors alors, je t’avais promis un cadeau pas vrai ? Je viens tenir ma promesse ! » dit-il d’un ton enjoué avant de se tirer la petite table vers Ai en prenant garde de ne pas l’approcher trop près pour ne pas la gêner. Sortant le petit paquet cartonné du sa plastique, il le posa doucement en face de l’adolescente avant de se racler la gorge et de jeter un coup d’œil furtif en direction de la porte derrière lui.

« Hum, je sais pas trop si t’as le droit d’en avoir ici, mais on s’en fiche, moi je t’en donne le droit, alors tu peux l’ouvrir. » chuchota-t-il avec une main devant la bouche et un manque de discrétion qui l’aurait certainement rendu assez comique dans une situation normale.

Les yeux pleins d’espoir, Haruhiro regardait Ai et le paquet juste devant elle. A l’intérieur se trouvait un dessert, identique à celui qu’elle avait prit à l’Effervescence, le jour de leur première rencontre. Après s’être réveillé de sa sieste, l’adolescent avait foncé en direction d’une pâtisserie du district 7, célèbre pour ses reproductions de desserts et chefs-d’œuvre culinaires du monde entier.

L’authenticité du goût, de la texture et de la qualité était assurée mais ça n’était pas exactement ça qui faisait battre le cœur de Haruhiro aussi fort. La mémoire gustative et la mémoire olfactive, voilà l’idée qui l’avait frappée un jour plus tôt. Le gout, et surtout l’odora pouvaient peut-être l’aider. Ce dernier en particulier était d’après les études le plus efficace pour réveiller des souvenirs, puisqu’il se situait plus près de l’hippocampe, structure du cerveau responsable de la mémoire. Mais tous les détails qu’il avait pu lire n’importaient pas, s’il y avait une infime chance que les sens d’Ai la transportent en arrière et ravivent des souvenirs heureux, ceux qu’ils avaient passés ensemble, alors il voulait la saisir.
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Ai Etsu

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MessageSujet: Re: Retrouvailles éprouvantes [PV Haruhiro]   Mar 13 Mar - 1:08

Ai semblait clairement moins agitée que d’habitude. Elle ne bougeait pas frénétiquement les doigts ni les jambes et ne disait rien contrairement à d’habitude où elle répétait sans cesse les mots qu’elle avait entendus. Elle n’osait toujours pas regarder les gens en face mais elle semblait s’être habituée à la présence du garçon et acceptait totalement sa présence.

Elle était toujours sans la même position, assise sur son fauteuil avec les mains serrées contre sa poitrine mais cette fois il y avait un léger changement. Dans sa main se trouvait la barre chocolatée que le garçon lui avait donnée la veille et qu’elle n’avait toujours pas quittée ni mangée depuis lors. Le garçon était donc entré en compagnie de l’infirmière qui semblait prendre à cœur de s’occuper de la lycéenne et il arborait toujours son sourire forcé qui semblait si triste. Cela dit cette fois il avait l’air un peu plus sincère que d’habitude et encore plus après que Ai ne le reconnaisse et n’annonce qu’elle l’attendait pour avoir son cadeau.

L’infirmière sortit et le garçon prit la parole, toujours sur un ton enjoué.
« Bonjour, comment tu te sens aujourd’hui, ça va bien ? » demanda-t-il, n’obtenant aucune réponse de la part de l’intéressée. « Alors alors, je t’avais promis un cadeau pas vrai ? Je viens tenir ma promesse ! »

A ces mots, il tira la table pour la placer devant Ai et cette dernière tourna la tête, intriguée, pour regarder ce qu’il faisait. Enfin, il sortit un petit paquet en carton qu’il posa bien en évidence sur la table.

« Hum, je sais pas trop si t’as le droit d’en avoir ici, mais on s’en fiche, moi je t’en donne le droit, alors tu peux l’ouvrir. » chuchota-t-il.

Ai fixait le paquet sans bouger, semblant ne pas vraiment comprendre. Elle ne fit pas le moindre geste pour tenter de s’approcher ou pour saisir la boîte. Elle fixait l’objet simplement en ne lâchant toujours pas ce qu’elle tenait dans la main.

Au bout d’un moment le garçon finit par ouvrir la boîte et découvrit la fameuse tarte au citron meringuée que Ai aimait tant avant toute cette histoire. Aidée par le garçon, elle finit par déposer la barre sur la table et se saisit maladroitement de la tarte. Devant l’insistance du garçon, elle finit par la porter à sa bouche et en prit une petite bouchée. Elle la garda dans sa bouche sans la mâcher et finit par plisser les yeux tout en continuant de mâcher le bout de gâteau qu’elle avait dans la bouche.

Reculant sa tête sur son siège, elle sembla parcourue d’un frisson et finit par avaler avec difficulté.
-« Bwah c’est acide ! » dit-elle simplement avant de faire un geste de ses mains pour repousser la part de gâteau le plus loin possible. Puis elle se tourna sur le côté et tendit la main vers un gros gobelet vide qui se trouvait sur la table à côté du paquet vide du gâteau « Acide, acide, à boire ! ».

Le garçon finit par lui remplir son gobelet avec la bouteille d’eau qui se trouvait à côté et Ai le récupéra dans ses mains, buvant son contenu rapidement, en laissant couler un peu sur ses joues. Une fois fini, elle laissa directement le gobelet tomber au sol et regarda Haru directement.

-« C’est acide, Haru, ça pique ! » dit-elle, les yeux mouillés à cause de l’acidité du citron.

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Haruhiro Wilkowski

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MessageSujet: Re: Retrouvailles éprouvantes [PV Haruhiro]   Mer 14 Mar - 1:52

Haruhiro ne quittait pas Ai du regard, guettant le moindre mouvement de muscle sur son visage après qu’elle ait pris une petite bouchée de la tarte. L’approche était peut être un peu brutale et le pari osé, si des souvenirs remontaient d’un seul coup, rien n’indiquait qu’ils seraient heureux et positifs. Les réactions d’Ai pourraient très bien être décourageantes voir complètement négatives.

« Bwah c’est acide ! »

La mine étonnée qui apparut sur le visage de Haruhiro correspondait exactement à ce qui se passa soudain dans sa tête. S’il y avait une réaction à laquelle il ne s’était pas attendue, c’était bien celle là. Sans lui laisser le temps de dire quoi que ce soit, la jeune fille repoussa le gâteau, manquant de peu de le faire tomber de la table, puis enchaîna sur un ton impatient et quémandeur qui prit le garçon de court.

« Acide, acide, à boire ! »

« Ah, oui ! Attends, tiens. »

Tout en versant de l’eau dans le gobelet, Haruhiro se pinça les lèvres et baissa les yeux. Ça n’avait pas marché. Si Ai n’avait pas du tout réagit, peut-être n’aurait-il pas été aussi accablé par cet échec. C’était toujours mieux qu’on rejet catégorique de sa personne, ou l’était-ce vraiment ? Si même une stimulation à la fois gustative et olfactive n’aidait pas, que pourrait-il faire ? A cela s’ajoutait un autre point qui taraudait l’esprit de l’adolescent depuis la réaction enfantine de Ai. « c’est acide » ? C’était tout ce qu’elle trouvait à dire à propos du dessert, en plus de faire une grimace ?

[ C’est son dessert préféré… si elle a oublié ça aussi est-ce que… ses souvenirs sont perdus à jamais ? ]

Haruhiro serra le poing. Non, il ne devait pas abandonner comme ça. Il s’était juré de la ramener, s’il devait retenter un stratagème différent chaque jour, il le ferait. Jusqu’à ce qu’Ai soit de retour.

[ Ça serait trop beau sinon. ]

L’adolescent fut brusquement tiré de ses pensées par le gobelet vide qui tomba juste devant lui, rependant quelques gouttelettes d’eau tout autour. Relevant les yeux vers la jeune fille, Haruhiro se figea soudain lorsque son regard se trouva pile en face de celui d’Ai. Elle ne détournait pas le regard, elle ne le fuyait plus !

« C’est acide, Haru, ça pique ! »

Un court instant s’écoula avant que Haruhiro ne se mette à rire joyeusement, un sentiment de soulagement parcourant tout son corps. Même si le gâteau n’avait pas fonctionné, elle l’avait regardé directement et de son plein gré. Peut-être que ça n’en avait pas l’air à l’extérieur mais pour Haruhiro, cet échange de regards avait été un pas de géant. Petit à petit, il la ramènerait. C’était sûr.

« Haha, oui c’est vrai ! C’est le citron qui fait ça, c’est pas très bon ? Oulala regarde-moi ça, t’en as partout. » rigola l’adolescent en sortant un paquet de mouchoirs de la poche de son pantalon.

S’approchant légèrement, il inclina légèrement la tête sur le côté et, continuant de sourire, tendit sa main droite tenant un mouchoir vers le visage d’Ai.

« Ai, je peux ? Ne bouge pas trop. »

Lentement et avec mille précautions, Haruhiro essuya l’eau des joues de la jeune fille et sécha les larmes qui avaient commencé à se former aux coins de ses yeux. Son rythme cardiaque avait largement augmenté bien qu’il faisait des efforts pour ne rien laisser paraître. Le contact physique n’avait eu lieu que par l’intermédiaire du mouchoir, fine protection qui séparait les doigts du garçon de la peau d’Ai. C’était encore trop tôt pour essayer de la toucher, il ne devait pas se reposer sur une avancée qui venait de paraître, peut-être même qu’elle n’était que temporaire.

Malgré tout, Haruhiro ne pouvait s’empêcher de se sentir bien mieux à l’intérieur. L’oppression sur son cœur avait comme été très légèrement desserrée. Si le regard d’Ai était comme un pas que la jeune fille avait fait vers lui, il avait maintenant fait un pas de plus vers elle, dans l’espoir de pénétrer dans sa coquille.

[ Doucement, ça fait déjà beaucoup pour aujourd’hui… je dois aller moins vite. ]

« Cette petite bouille... ouais t’aime pas le citron hein ? C’est trop ac- »

[ Une seconde. Attends une seconde… ]

Plusieurs secondes s’écoulèrent durant lesquelles Haruhiro s’était figé, la bouche entrouverte et le regard bloqué sur Ai. L’adolescent venait de remarquer quelque chose. Un détail, une simple petite chose du quotidien comme il y en a plein d’autre. Une chose tellement normale et habituelle qu’elle n’attirait pas l’attention, ou du moins c’était le cas dans sa précédente réalité. Mais maintenant tout était différent, et même une simple appellation pouvait être le plus grand des miracles.

« Ai, tu… Oui, c’est moi ! C’est Haru, je suis Haru ! »
s’émerveilla soudainement le garçon. Elle ne l’avait pas appelé comme ça involontairement ! Même si c’était un réflexe, ça devait vouloir dire quelque chose.

L’adolescent dut freiner ses envies de toutes ses forces. Il voulait la prendre dans ses bras, la serrer contre lui et lui dire tant de choses ! Mais il ne pouvait pas, il avait déjà fait son pas en avant aujourd’hui, s’il essayait de se rapprocher d’avantage tout pouvait tomber à l’eau, comme ça en une seconde. Haruhiro visualisa un mur entre lui et la jeune fille, fin et fragile, il pouvait le briser d’un simple mouvement de bras, il n’avait qu’à tendre la main pour pouvoir atteindre Ai. Redoublant d’efforts, l’adolescent s’obligea à rester immobile, transformant le mur en véritable muraille épaisse et indestructible. Et pourtant, il avait tant envie de marteler cet obstacle de coups jusqu’à ce qu’il s’effondre qu’il se surprit à avoir des pensées négatives. Balayant ses doutes, il jeta un rapide coup d’œil au morceau de tarte sur la table puis se focalisa à nouveau sur le visage de la jeune fille.

[ Tu vas revenir, tu vas voir. Je ne te laisserai pas ! ]




***



Au moment de partir, Haruhiro fit un petit signe de la main à Ai. Il lui avait laissé le morceau de tarte au citron, au cas où elle voudrait en manger malgré tout. Il y avait peu de chance, il en était bien conscient, tout comme du fait que les points positifs de la journée pouvaient n’être que des coïncidences. Le comportement d’Ai pouvait changer d’une seconde à l’autre en fonction d’un facteur qui était difficilement déterminable, ce qui pouvait expliquer son regard droit sur lui. Quand au diminutif, il pouvait s’agir d’un simple raccourcit de la part de l’adolescente pour faciliter son élocution entravée. Mais malgré toutes les possibilités et explications logiques qu’il pouvait trouver, Haruhiro voulait croire, croire en ces améliorations qu’il avait perçues un peu plus tôt et par-dessus tout, il voulait croire en Ai.

Une fois à l’extérieur de la chambre, l’adolescent se tourna vers l’infirmière, un air sérieux sur le visage.

« Je trouve qu’il y a de l’amélioration, il y a des choses qui ont comme changé avec Ai, très légèrement peut-être mais, ça vaut le coup d’être pris en compte ! On pourrait continuer sur cette lancée… en faisant attention de ne pas la brusquer bien-sûr ! Ah... hem… »

Haruhiro prit un temps de pause, il devait mettre de l’ordre dans son esprit mais n’y parvenait pas à cause des émotions et des trop nombreuses pensées qui y résidaient maintenant. Tant pis, il allait le dire tel quel.

« Écoutez… ce que je veux dire, c’est que peut-être qu’emmener Ai à l’extérieur pour qu’elle visite des endroits pas trop éloignés de l’hôpital serait bénéfique. Je viendrai même la nuit ! Je sais qu’elle n’aime pas les bruits maintenant… Enfin, je m’en remets à votre jugement. Je ne veux pas aller trop vite alors dites-moi seulement ce que vous en pensez, il suffira de me prévenir quand vous la jugerez prête. Je… je ferai tout ce qu’il faudra ! »
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Ai Etsu

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MessageSujet: Re: Retrouvailles éprouvantes [PV Haruhiro]   Lun 19 Mar - 1:14

Un court instant s’écoula durant lequel Haruhiro soutint le regard de Ai, l’air totalement surpris, avant qu’il n’éclate de rire sans que la jeune fille n’esquisse autre chose qu’une expression neutre teintée d’une légère pointe d’incompréhension. Détournant finalement le regard, elle observa un instant le gâteau posé sur la table devant elle. Elle ne comprenait pas vraiment pourquoi Haru avait voulu lui offrir une telle chose mais il était certain qu’elle n’y toucherait plus.

« Haha, oui c’est vrai ! C’est le citron qui fait ça, c’est pas très bon ? Oulala regarde-moi ça, t’en as partout. » dit-il en rigolant toujours, ayant visiblement du mal à se calmer.

Il s’approcha de la jeune fille en prenant un mouchoir dans la main, l’approchant de son visage avec précaution avant de demander l’autorisation de la toucher sans obtenir, ni attendre, une réponse. Il approcha lentement le papier de la joue de Ai qui tourna la tête de l’autre côté, gémissant légèrement en protestation mais se laissa tout de même faire, n’appréciant visiblement pas mais sans déclencher une quelconque crise pour autant.

« Cette petite bouille... ouais t’aime pas le citron hein ? C’est trop ac- » dit-il avant de se figer, ne terminant même pas son mot.

Il sembla se perdre dans ses pensées pendant une poignée de secondes et Ai, curieuse, tourna un regard interrogateur dans sa direction avant de voir son visage s’illuminer, ses lèvres s’étirant enfin en un sourire vraiment franc.

« Ai, tu… Oui, c’est moi ! C’est Haru, je suis Haru ! » dit-il, soudain très agité.

Ai marqua une pause, les yeux baissés. Elle réfléchit un instant et tourna son regard vers le visage du garçon pour voir son sourire, ne le regardant plus directement dans les yeux.

-« Tu… tu t’appelles Haruhiro mais tu as dit que je p… que je pouvais t’appeler Haru… » dit-elle, visiblement peu sure d’elle, ayant peur d’avoir fait quelque chose qu’il ne fallait pas.

Elle ne comprenait pas vraiment les réactions du garçon qui passait de la tristesse à l’étonnement et à la joie aussi rapidement. Qui était-il ? Il y avait forcément quelque chose. Après tout il était le seul qui était revenu la voir plusieurs fois depuis… Depuis quoi ? Se crispant légèrement, Ai chassa ces idées le plus loin possible et se ferma légèrement au monde, évitant de repenser à ces choses qui lui faisaient si peur.

La suite de la visite se passa comme les précédentes même si Ai semblait répondre plus souvent et arrêter de répéter en boucle ce qu’elle entendait. Il y avait de la progression après tout mais elle était encore fragile et sentait parfois un stress immense l’envahir quand elle songeait à certaines choses. S’ouvrir au monde était difficile et elle avait peur que des ténèbres dont elle ignorait totalement l’existence ne puissent pénétrer son esprit si elle se laissait aller. Elle ne toucha plus au gâteau si acide et resta en compagnie du garçon jusqu’au moment où il se leva pour partir, promettant de revenir encore et encore tant qu’elle le voudrait.

***

Les jours suivants passèrent tranquillement, Haru passant quand il le pouvait. Les infirmières autorisèrent le garçon à tenter de sortir Ai de sa chambre au bout de quelques jours, voyant qu’elle ne faisait plus ce qu’elles appelaient des « crises d’anxiété ». La première tentative s’avéra être un échec, la jeune fille paniquant en approchant de la porte et faisant tout pour empêcher le fauteuil de sortir plus du couloir, manquant de tomber au sol, rattrapée par une des infirmières. Ces dernières tentèrent tout de même de rassurer le jeune homme qui avait eu l’idée de la faire sortir et l’encouragèrent à réessayer lorsqu’il sentirait que c’était le bon moment.

Finalement au bout de quelques essais, ils réussirent à sortir Ai de sa chambre pour l’emmener dans les couloirs de l’hôpital, le personnel soignant refusant encore qu’ils n’aillent trop loin du poste d’infirmières. Plus le temps passait et plus Ai voulait sortir, emmenée dans son fauteuil par Haru partout où elle le voulait. Elle montra un intérêt de plus en plus grand pour l’extérieur, demandant systématiquement à pouvoir sortir et au bout de trois jours, les infirmières donnèrent leur accord pour laisser Ai sortir un moment en compagnie de Haru le week end suivant si tout allait bien.

***

Les jours étaient passés extrêmement lentement et même les visites régulières de Haruhiro n’arrivaient pas à détourner Ai de son envie de sortir plus de quelques minutes. Le courant passait de mieux en mieux entre les deux adolescents et Ai avait fini par trouver comme un genre de repère chez le garçon qui venait toujours pour éclaircir ses journées lorsqu’il avait le temps de passer.

Elle espérait qu’il pourrait continuer de venir la voir tous les après-midi et avait peur que quelque chose ne le retienne ou qu’il ne finisse par se lasser mais pour le moment il continuait de venir et se montrait toujours aussi bienveillant.

La matinée fut encore plus longue que la somme des jours passés depuis que les infirmières lui avaient donné l’autorisation de sortir. Elle sursautait chaque fois que quoique ce soit effleurait la porte, espérant voir émerger la silhouette familière de celui qu’elle voyait tous les jours, déçue chaque fois que la porte ne s’ouvrait pas ou quand elle s’ouvrait pour découvrir une infirmière qui venait lui donner son repas, des médicaments ou juste voir si elle allait bien.

Finalement le moment tant attendu arriva et le garçon entra dans la chambre, n’étant même plus accompagné par une infirmière désormais. Ai ne sourit pas, elle ne l’avait pas fait depuis… depuis qu’elle était là. Regardant dans sa direction, elle ne le laissa pas dire le moindre mot et commença :

-« On y va ? Je veux voir dehors ! » dit-elle, une pointe d’impatience dans sa voix.

Le chemin jusqu’à la porte du jardin de l’hôpital sembla durer une éternité durant laquelle Ai resta totalement silencieuse, ne faisant même pas attention à ce qu’aurait pu lui dire le garçon. Elle voyait défiler les mêmes murs que toutes les autres fois om elle était sortie, toujours assise sur le même fauteuil poussé par Haru.

Son cœur accéléra légèrement lorsqu’elle aperçut la porte qui la mènerait dehors. Chaque pas accélérait encore davantage ses battements de cœur et un stress immense l’envahit lorsqu’elle se trouva sur le point de voir la porte s’ouvrir.

-« Ah ! Attends ! Je… Je sais pas si je veux sortir Haru… J’ai peur… »

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Haruhiro Wilkowski

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MessageSujet: Re: Retrouvailles éprouvantes [PV Haruhiro]   Jeu 22 Mar - 0:45

Quelques temps s’étaient maintenant écoulés depuis la demande osée du garçon de faire sortir Ai de l’hôpital, et Haruhiro n’avait cessé de venir la voir chaque jour sans exception, présent à chaque fois à la même heure sans même une minute de retard. Tout comme les journées de la jeune fille semblaient rythmées par les visites récurrentes de l’adolescent, les siennes l’étaient par ses passages à l’hôpital. Haruhiro avait même entièrement aménagé son emploi du temps ; une demande à Tokumei avait permit de repousser encore sa reprise de cours et ses derniers jours d’entrainement pour devenir recrue de Judgement avaient été décalés à une date ultérieure. De toute façon, s’il ne pouvait pas la sauver elle, qui pourrait-il seulement protéger ?

Lorsqu’il ouvrit finalement la porte de la chambre, ce fut une petite voix impatiente qui l’accueillit, lui arrachant un petit rire.

« On y va ? Je veux voir dehors ! »

« C’est partiiii ! »

Malgré le stress qu’il ressentait, Haruhiro était bien décidé à ne rien montrer à Ai aujourd’hui, de peur de la détourner de son envie de sortir. D’autant plus qu’elle avait fait de nombreux progrès récemment, le ton qu’elle employait évoluait également par moments, et comme quand elle s’était exclamée lorsqu’il était entré dans sa chambre, il arrivait que sa voix soit agrémentée d’émotions positives comme la surprise ou même l’impatience. Même Haruhiro était incapable de dire si elle ressentait réellement de la joie, cependant.

Les réactions enfantines d’Ai étaient parfois très présentes parfois complètement inexistantes, ce qui donnait du fil à retordre au garçon pour suivre le cheminement de la pensée de la jeune fille. « Haru », le diminutif par lequel Ai avait décidé de l’appeler était très vite resté, donnant parfois l’impression à Haruhiro que la jeune fille était redevenue la même qu’avant, l’espace de quelques secondes.

Avançant dans le couloir en poussant le fauteuil devant lui, l’adolescent sentait son cœur s’accélérer au fur et à mesure que la porte du jardin se rapprochait. Il devrait faire très attention à ce qu’il ferait maintenant sans oublier que Ai devait être stressée elle aussi, puisque c’était sa première vraie sortie depuis bien trop longtemps. Le résultat de cet essai serait probablement décisif pour la suite car s’il pouvait en ressortir quelque chose de positif, le contraire était tout aussi possible.

S’apprêtant à ouvrir la porte, Haruhiro interrompit son mouvement en remarquant que la jeune fille commençait à s’agiter sur son fauteuil. Il baissa les yeux sur Ai en même temps qu’une voix anxieuse parvenait jusqu’à ses oreilles.

« Ah ! Attends ! Je… Je sais pas si je veux sortir Haru… J’ai peur… »

Se penchant en avant au dessus d’Ai, le jeune homme la regarda relever doucement deux yeux apeurés vers lui. L’expression peu rassurée qu’elle affichait le figea l’espace d’une fraction de seconde avant qu’il n’esquisse un sourire emplit d’empathie à son attention.

« Ne t’en fais pas je suis là. Tout va bien je ne laisserai rien t’arriver. »

Doucement et avec mille précautions, Haruhiro tendit le bras jusqu’à atteindre la main droite de l’adolescente qu’il enveloppa délicatement avec sa propre main, sans arrêter de la regarder dans les yeux.

« J’ai confiance en toi alors… tu veux bien avoir confiance en moi aussi ? »

Une fois qu’il fut certain que Ai s’était calmée, Haruhiro rouvrit la porte et poussa le fauteuil à l’extérieur, sans lâcher à aucun moment la main de la jeune fille.
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Ai Etsu

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MessageSujet: Re: Retrouvailles éprouvantes [PV Haruhiro]   Ven 20 Avr - 1:59

Haru s’arrêta un instant en comprenant que Ai n’était pas prête, avant même qu’elle ne l’exprime à voix haute. Le jeune garçon se pencha en avant et planta son regard dans celui de la jeune fille visiblement perturbée et terrorisée et qui évitait à nouveau de le regarder dans les yeux. Quelque chose l’effrayait véritablement, une chose sur laquelle elle ne pouvait pas mettre de mots mais qui, elle en était certaine, se cachait en elle et pourrait se révéler à n'importe quel moment si elle ne faisait pas attention.

« Ne t’en fais pas je suis là. Tout va bien je ne laisserai rien t’arriver. » dit le garçon avec une voix la plus douce possible.

Doucement et avec une infinie délicatesse, il tendit son bras et vint poser sa main sur celle de Ai qui s’arrêta de trembler en sentant une légère chaleur apaisante qui remonta son bras jusqu'à son coeur et qui finit par l’envelopper totalement.

« J’ai confiance en toi alors… tu veux bien avoir confiance en moi aussi ? »

*Il a… confiance en moi ? Comment peut-il avoir confiance en moi alors que je ne sais même plus qui je suis ? Et... Est-ce que j’ai confiance en lui ?* Pensa-t-elle, fixant le sol sans dire un mot.

Réfléchissant un instant, Ai repensa à tout ce dont elle se souvenait depuis son réveil. Les infirmières, la peur constante de ce qu’elle pourrait retrouver dans ses souvenirs perdus. Qu’est-ce qu’il pouvait bien y avoir de si terrible pour que même inconsciemment elle cherche à tout prix à l’éviter ? Comment avait-elle pu vivre avant ça en gardant ses souvenirs ? Et soudain la réponse à la question du garçon s’imposa d’elle-même. Entrouvrant la bouche, Ai ne dit d’abord rien. Baissant les yeux pour regarder sa main, elle vint à son tour poser sa main gauche sur celle de Haru avec délicatesse.

-« D’accord… Je te fais confiance alors… Tu veux bien me promettre que tu me protégeras de tout ce que je pourrai trouver là-bas ? Je… J’ai besoin de toi Haru… » dit-elle avec une voix légèrement chevrotante, emplie de tout en tas d’émotions qu’elle ne comprenait pas encore. La seule chose dont elle était sûre c’est que le stress et la peur l’avaient quittée pour le moment.

Gardant sa main dans celles de Ai, Haru se redressa et ouvrit finalement la porte avant de pousser doucement le fauteuil vers l’extérieur. Ai détourna la tête, fermant les yeux en attendant d’être arrêtée pour les ouvrir. La première chose qu’elle sentit était l’air froid de l’extérieur. Le mois de novembre avait déjà commencé et l’air d’hiver était vraiment gelé et passait sous chacun de ses vêtements pour venir refroidir chaque centimètre carré de peau de la jeune fille.

Ensuite ce que Ai ressentit fut à la fois cette sensation d’air pur, bien plus agréable que celui à l’intérieur et étrangement facile à respirer. Puis vint la sensation agréable du soleil qui la réchauffait doucement et le bruit des oiseaux, des quelques enfants qui jouaient dans le parc de l’hôpital et même des voitures au loin qui dénotait du silence total de l’hôpital ou des bruits des diverses machines qui se trouvaient dans les chambres.

Inspirant longuement, Ai ouvrit enfin les yeux et découvrit le parc qu’elle voyait par la fenêtre depuis tant de temps. Il y avait de l’herbe au milieu de laquelle passait un petit chemin qui allait de portes en portes et tournait autour d’un grand arbre au milieu, le tout surplombé d’un magnifique ciel bleu au soleil éblouissant. Restant sans bouger, à admirer le décor avec l’air émerveillé, Ai finit par se tourner vers le garçon qui venait d’entrer dans son champ de vision.

-« Haru ! C’est… un oiseau là-bas ? Tu veux bien m’approcher ? » dit-elle en le regardant, l’air émerveillé.

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MessageSujet: Re: Retrouvailles éprouvantes [PV Haruhiro]   Sam 28 Avr - 14:42

-« D’accord… Je te fais confiance alors… Tu veux bien me promettre que tu me protégeras de tout ce que je pourrai trouver là-bas ? Je… J’ai besoin de toi Haru… »

Après ce qui lui parût être une interminable seconde, Haruhiro adressa un sourire chaleureux à la jeune fille puis lui répondit, faisant bien attention à ne pas changer de ton.

« Je te le promets. »

Un fort sentiment de mélancolie envahit peu à peu le jeune homme qui reprit doucement la parole, resserrant légèrement son étreinte sur la main d’Ai.

« Je suis juste là, derrière-toi. Et je resterai avec toi pour toujours s’il le faut ! Tu es en sécurité avec moi ne t’en fais pas. »


[ Parce que moi aussi Ai... Moi aussi j'ai besoin de toi... ]

Laissant Ai regarder autour d’elle et admirer le monde extérieur qu’elle avait tant voulu voir, Haruhiro redressa la tête et aussitôt, son regard se voila. Les images de la nuit qui avait été le début de tout défilèrent à nouveau dans son esprit, violentes, sanglantes, effrayantes. Un véritable cauchemar.
L’adolescent fit de son mieux pour chasser ces images qu’il n’arrivait pas à oublier, sa main gauche se resserrant sur la poignée du fauteuil.

[ La protéger ? Comme tu l’a protégée cette nuit là ? ]

Le rythme cardiaque du jeune brun augmenta de nouveau mais cette fois, c’était sous le coup de la colère, une colère dirigée contre lui-même. Un flot d’insultes commença à traverser son esprit, créant un brouillard noir vrombissant dans la tête de l’esper, un enchevêtrement de mots semblables à des fils sombres emmêlés dont ni le début ni la fin n’étaient distinguables. Le vrombissement se mit à grandir et s’épaissir au fur et à mesure que le flot s’intensifiait et que le jeune homme s’enfonçait de plus en plus dans ses pensées. Soudain, tout disparut d’un seul coup à l’instant où les dents de Haruhiro grincèrent tant il serrait fort la mâchoire. Le flot incessant d’injures et de reproches s’était arrêté sur un seul mot qui fit frémir l’adolescent. « Inutile ». Un frisson parcourut soudain son dos lorsque la voix rauque de l’homme qui avait manqué de le tuer résonna dans sa tête « Inutile !!! ».

Haruhiro ne savait pas si cette parole le concernait lui ou non, ni même si elle lui était vraiment destinée. Et il ne le saurait probablement jamais. Mais c’était justement pour cette raison que le garçon avait décidé d’interpréter ce mot à sa manière. Ce qui faisait que oui, cet homme, aussi monstrueux soit-il avait peut-être raison quelque part : Haruhiro avait été inutile du début jusqu’à la fin. Pire encore, ce qui arrivait maintenant était entièrement de sa faute.

Au fond de lui-même, le jeune brun avait bien une petite part de lui qui tentait de le réconforter, en disant qu’il avait contribué au sauvetage de nombreuses personnes, qu’il s’était battu au péril de sa vie pour protéger ceux qu’il aimait mais rien n’y faisait, une culpabilité sans fin le rongeait, chassant cette petite voix à chaque fois qu’elle tentait d’émettre le moindre son. Les faits étaient là, et Haruhiro les récita mentalement pour la énième fois. Il avait égoïstement impliqué Ai et par sa faute, elle avait perdu son identité. Et maintenant il faisait de son mieux pour recoller les morceaux, c’était bien la moindre des choses non ?

Finalement, qu’est-ce que ça pouvait être ironique… le symbole du bouclier de Judgement symbolisait la protection, le rempart qui protégeait les étudiants de tout danger. Voilà à quoi avait aspiré Haruhiro depuis qu’il avait débuté son entraînement en tant que future recrue et pourtant, cette image protectrice lui paraissait bien lointaine maintenant. Personne n’avait pu les aider lorsqu’ils étaient en danger, personne. Oui, voilà quelle était la pensée de l’adolescent qui à défaut d’avoir réussi à devenir un bouclier, faisait tout son possible pour réparer les dégâts qu’il avait causé, à l’image d’une simple et futile épingle empêchant deux bouts de tissu de se séparer à jamais.

-« Haru ! C’est… un oiseau là-bas ? Tu veux bien m’approcher ? »

La petite voix d’Ai le tira finalement de ses pensées, quelque chose semblait avoir suffisamment attiré son attention pour faire pétiller son regard. Cette vision positive remémora à Haruhiro ce qu’elle lui avait dit quelques instants plus tôt.

« Je te fais confiance alors…  J’ai besoin de toi Haru… »

[ Allez, reprends-toi ! C’est pas le moment de rêvasser ! ]

Il y avait plein de choses que Haruhiro avait besoin de dire, et une bonne partie de ces choses devaient être dites à Ai directement, mais pas encore, plus tard peut-être.

« Bien sûr, on va aller le voir ! » dit l’adolescent en poussant le fauteuil dans la direction de l’arbre désigné par la jeune fille.

[ C’est vrai qu’après être restée aussi longtemps à l’intérieur, voir un animal lui ferait plaisir ! ]

Le jardin de l’hôpital n’était pas immense mais sa petite surface suffisait à le rendre appréciable, aussi bien des patients que d’une petite population d’oiseaux pour laquelle trouver des espaces verts accueillants était devenu une tâche difficile. L’endroit était calme et paisible et l’atmosphère y était dénuée de toute tension, parfait pour se remettre lentement d’un accident ou d’un traumatisme. Haruhiro s’arrêta finalement devant l’arbre et leva la tête vers le petit oiseau, il lui était impossible de savoir de quel type d’oiseau il s’agissait mais cela n’était pas si important au final, tant que ça pouvait aider Ai, tout était à prendre.

Baissant à nouveau le regard vers la jeune fille, il reprit la parole, sa main toujours contre celles de l’adolescente.

« Tu aimes les oiseaux, Ai ? »

Son sourire emplit d’empathie n’avait pas changé, la Ai qui était là n’était pas celle qu’il connaissait, comme s’il s’agissait d’une autre personne. Elle n’aimait pas les mêmes choses, n’avait pas les mêmes réactions, ne se souvenait plus ou vaguement de son passé. Est-ce que la solution était juste là ? Si seulement. Mais peut-être qu’en réapprenant à la connaître, Haruhiro arriverait à briser la coquille enfantine que s’était créée Ai pour ramener celle à qui il avait tant à dire.
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MessageSujet: Re: Retrouvailles éprouvantes [PV Haruhiro]   Mer 9 Mai - 0:42

« Bien sûr, on va aller le voir ! »

Quelque chose dans la voix de Haru donnait montrait qu’il était perturbé, perdu dans ses pensées comme bien souvent quand il était en compagnie de Ai. Chaque fois qu’il revenait de ses pensées il semblait plus triste et il était évident qu’il cherchait à chaque fois à le cacher pour essayer d’agir normalement. Ai ne savait pas ce à quoi il pensait à chaque fois pour avoir l’air aussi morose mais il y avait tellement de choses qu’elle comprenait pas qu’elle avait fini par se résoudre à attendre d’avoir retrouvé l’esprit pour vraiment chercher à aider ce garçon qui lui était si cher.

Les infirmières auraient encore râlé si elles l’avaient entendu dire ça tout haut, elles n’aimaient pas entendre Ai dire qu’elle avait perdu l’esprit ou qu’elle était devenue folle mais, même si elle avait vu qu’elle allait bien mieux qu’avant, la jeune fille en fauteuil se rendait bien compte que quelque chose n’allait pas chez elle. Déjà il y avait cette chose qui l’effrayait, comme une ombre. Elle pouvait la voir lorsqu’elle s’endormait, elle faisait toujours le même rêve, ou plutôt le même cauchemar.

Ai était là, ou plutôt l’ancienne Ai pour ainsi dire. Elle était assise dans le coin d’un pièce toute blanche, ses bras entourant ses genoux repliés sur sa poitrine. Elle avait la tête enfouie dans ses bras et ne semblait pas voir qu’elle était observée. Elle pleurait sans bouger et, lorsque la nouvelle Ai tenta de s’approcher, des voix retentirent et des silhouettes derrière une fenêtre apparurent, montrant deux personnes qui discutaient en observant la jeune fille prostrée dans un coin. Le volume des voix augmentait progressivement jusqu’à devenir audible et, au moment où Ai était certaine qu’un nom allait retentir, elle reculait et basculait dans le vide pour finalement se réveiller dans sa chambre d’hôpital.

Le rêve était venu progressivement. Tout d’abord elle ne put se voir qu’elle-même et tombait en reculant, effrayée mais, petit à petit, elle avait trouvé le courage d’avancer et pouvait en voir un peu plus sur ce que cachait cette scène étrange. Cela n’avait peut-être aucun sens mais Ai était persuadée que ce rêve était la clé vers ses souvenirs mais l’état de panique dans lequel elle se réveillait à chaque fois la faisait toujours hésiter au même moment et elle avait peur de trouver la clé qui lui permettrait d’aller plus loin.


Le fauteuil avança pour que les deux jeunes adultes puissent s’approcher tranquillement de l’oiseau que Ai avait vu, posé sur une branche du grand arbre central. Le fauteuil s’immobilisa et tous deux levèrent la tête pour regarder cette petite bête chantonner tranquillement en sautillant de branche en branche.

« Tu aimes les oiseaux, Ai ? » demanda soudain Haru.

Ai réfléchit quelques instants avant de répondre.
-« Je sais pas, tu crois qu’il vient pour voir les gens malades et les réconforter ? Ou alors il est malade aussi ! Pourquoi personne l’aide ? » demanda Ai en tendant la main vers l’oiseau qui semblait l’ignorer totalement.

Elle resta immobile un instant, attendant la réponse de Haru avant de reposer son bras sur l’appui-coude de son fauteuil. Soudain l’oiseau s’envola et Ai le suivit du regard avant de lever les yeux vers le ciel.

-« Dis Haru, pourquoi tu continues de venir me voir ? Les autres ils ont arrêté depuis longtemps eux. Ah et quand je sortirai tu crois qu'on pourra aller prendre une glace ? Il y en a dans le livre que m'a donné l'infirmière. » demanda-t-elle l’air de rien.

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Haruhiro Wilkowski

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MessageSujet: Re: Retrouvailles éprouvantes [PV Haruhiro]   Mer 9 Mai - 21:07

Un petit thème !:
 

« Je sais pas, tu crois qu’il vient pour voir les gens malades et les réconforter ? Ou alors il est malade aussi ! Pourquoi personne l’aide ? »

Haruhiro sourit sans quitter l’oiseau du regard. Ai avait une vision plutôt enfantine du monde qui l’entourait. Se souciant des choses les plus simples comme si elles étaient très importantes pour elle. La jeune fille lui avait demandé la même chose lors de sa seconde visite dans la chambre, « Tu… as mal ? Tu es malade ? », tout comme pour l’oiseau à l’instant avec le même ton inquiet et ce besoin d’être rassurée. Elle était gentille. Cette idée réconforta étrangement Haruhiro, chassant loin les pensées qui lui avaient parasité l’esprit un peu plus tôt. Ai redécouvrait le monde d’un point de vue différent. Elle avait bien changé depuis la première fois qu’il lui avait rendu visite, la lueur qui s’allumait parfois dans son regard suffisait à faire battre le cœur du garçon sur un rythme différent. Il continuerait de l’aider, encore plus !

Se penchant en avant pour que sa tête se retrouve au même niveau que celle d’Ai juste au dessus de son épaule, Haruhiro reprit la parole, les yeux toujours levés vers le petit oiseau.

« Regarde bien, il est plein de vie. Il est joyeux et libre, en parfaite santé ! Je pense que tu as raison, il vient rendre visite aux gens. Et cette fois, il est peut-être venu te voir toi, qui sait ? »

Aussitôt ces mots prononcés, l’oiseau quitta sa branche et s’envola en quelques battements d’aile, laissant les deux adolescents seuls près de l’arbre.

« Dis Haru, pourquoi tu continues de venir me voir ? Les autres ils ont arrêté depuis longtemps eux. Ah et quand je sortirai tu crois qu'on pourra aller prendre une glace ? Il y en a dans le livre que m'a donné l'infirmière. »

La bouche de Haruhiro s’entrouvrit légèrement mais aucun son n’en sortit. Après quelques instants, ses lèvres se refermèrent sur un sourire, toujours le même. L’adolescent tourna la tête sur le côté et regarda le visage d’Ai, ses yeux à elle étaient tournés vers le ciel bleu. Une chaleur provenant de sa poitrine se répandit progressivement dans tout son corps, son cœur était comme étreint par une force, contracté sans qu’il ne puisse rien y faire. Mais ça n’était pas douloureux, pas trop. C’était différent de ce qu’il avait ressentit deux semaines plus tôt dans la chambre, une douce mélancolie pour laquelle il n’avait pas de mots s’était emparée de lui, plutôt que l’ancienne tristesse froide et déchirée.
L’adolescent se redressa et inspira longuement, attrapant la poignée du fauteuil de sa main libre, le regard de nouveau levé vers le ciel.

« Si je devais te donner une raison… je dirai que c’est parce que j’ai envie de te voir, te parler, passer du temps avec toi, tout simplement. Tu sais Ai, j’aime bien passer du temps avec toi, ça me, hm… Comment dire ça ? »

Le jeune brun sembla réfléchir un instant à comment exprimer ce qu’il ressentait, essayant plusieurs mots avant de continuer à haute voix :

« Ça me fait plaisir, ça me fait du bien ! »

[ Ouais, voilà ! Ça et puis… ]

Il y avait encore d’autres choses qu’il devait lui dire, bien sûr, mais pas encore. Comment le pourrait-il aussi subitement ? Le moment n’était pas encore arrivé. Haruhiro baissa le regard vers la jeune fille.

[ …tu me manques, Ai. ]

« Alors une glace ça te dirait hm ? Bah ça doit bien pouvoir se faire ! T’inquiètes pas, je vais m’en occuper, je te promets qu’on ira se manger une glace ! » dit-il d’un ton joyeux en remettant le fauteuil en mouvement pour que Ai puisse découvrir le reste du jardin. Une question fit soudain lever un sourcil au jeune homme alors qu’ils passaient de l’ombre au soleil.

« Tu l’aimerais à quoi ta glace Ai ? Il y a pleeeeein de goûts alors tu pourras choisir ce que tu veux, et même mélanger les gouts ! Tu aimes le chocolat, ou bien la framboise ? Moi j’adore la vanille, oh et avec de la chantilly c’est super bon ! »

[ Probablement pas citron, hein ? ]
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MessageSujet: Re: Retrouvailles éprouvantes [PV Haruhiro]   Lun 21 Mai - 2:24

« Si je devais te donner une raison… je dirai que c’est parce que j’ai envie de te voir, te parler, passer du temps avec toi, tout simplement. Tu sais Ai, j’aime bien passer du temps avec toi, ça me, hm… Comment dire ça ? Ça me fait plaisir, ça me fait du bien ! »

Ai regardait l’oiseau s’en aller au loin, partant là où il le voulait sans se poser la question. Là où il le voulait dans ce monde qui lui était totalement inconnu. Lorsque le petit animal disparut de son champ de vision, Ai tourna la tête sur le côté pour voir le visage du garçon qui était juste à côté du sien. Il baissa le regard et reprit une expression que Ai avait vu sur son visage bien des fois depuis la première fois qu’il était venu la voir. Ce n’était pas de la tristesse, enfin plus depuis un moment, mais il n’avait rien de joyeux en tout cas. La jeune fille n’aimait pas tellement le voir avec cette expression mais elle était plus sincère que tous les faux sourires qu’elle voyait à longueur de journée.

Haruhiro, qui s’était redressé, vint pousser à nouveau le fauteuil roulant pour traverser tout le jardin, faisant découvrir tout l’endroit à la jeune fille qui regardait tout autour d’elle avec l’air émerveillé.

« Alors une glace ça te dirait hm ? Bah ça doit bien pouvoir se faire ! T’inquiètes pas, je vais m’en occuper, je te promets qu’on ira se manger une glace ! Tu l’aimerais à quoi ta glace Ai ? Il y a pleeeeein de goûts alors tu pourras choisir ce que tu veux, et même mélanger les gouts ! Tu aimes le chocolat, ou bien la framboise ? Moi j’adore la vanille, oh et avec de la chantilly c’est super bon ! » demanda le garçon en avançant tranquillement.

Le jardin était vraiment beau, il y avait des arbustes bien taillés, des arbres sur lesquels reposaient des petites maisons à oiseaux et des fleurs de toutes les couleurs placées dans des parterres cernés par des petits grillages verts hauts de quelques centimètres à peine. Ai et Haru passèrent derrière l’arbre central en s’éloignant de la porte depuis laquelle ils étaient arrivés et Ai esquissa un large sourire avant de répondre à la question.

-« Moi je veux une glace à tous les parfums du monde ! C’est possible ? Sinon je veux au moins deux boules de chaque, ok ? Avec de la chantilly et des gâteaux ! »

************

Le grand jour était arrivé. Ai attendait, assise sur son lit, que l’infirmière ne vienne lui annoncer que celui qu’elle attendait était venu la chercher. Cela faisait plusieurs heures qu’elle était levée déjà, elle n’avait pas tellement dormi de toute façon. Au réveil, Ai alla se doucher directement et passa un temps fou à préparer ses cheveux, les démêlant doucement et arrangeant sa frange avec une mèche en plus ou en moins jusqu’à ce que ce soit parfait. Allant ensuite s’habiller, elle mit une tenue assez chaude pour l’extérieur, enfilant son manteau et ses gants qu’elle enleva rapidement en constatant qu’ils n’étaient pas faits pour être portés à l’intérieur. Depuis, elle attendait, assise sur son lit, relisant un des livres que l’infirmière lui avait donnés et qui étaient empilés sur sa table de chevet.

Il y avait un côté apaisant à la lecture et les histoires que ces livres contenaient permettaient à Ai de voyager et vivre de grandes choses sans même avoir à sortir mais elle espérait qu’elle n’en aurait plus besoin désormais. Plus besoin car aujourd’hui était le jour de sa sortie de l’hôpital.

La rééducation avait été assez rapide et Ai avait pu tenir debout et marcher difficilement après seulement une semaine de dur labeur mais avait toujours besoin d’un déambulateur. Elle avait commencé le lendemain de sa première sortie dans la cour et maintenant, un peu moins de deux semaines après avoir commencé à apprendre à réutiliser ses jambes, elle était jugée capable de se débrouiller seule et pouvait rentrer chez elle si elle s’en tenait aux exercices qu’on lui avait donnés.

Elle pouvait rentrer chez elle lui avait-on dit, mais elle ne savait même pas où c’était. Elle avait appris qu’elle habitait au même endroit que Haruhiro, le garçon qui s’était si bien occupé d’elle depuis le tout début. Décidément, ils étaient proches même avant tout ça et cela expliquait peut-être pourquoi il avait continué à venir et pourquoi elle se sentait si en confiance avec lui. En fait elle en était venue à se poser une question qu’elle n’avait pas encore osé lui poser, pensant qu’elle aurait la réponse bien assez vite de toute façon.

Les souvenirs de la jeune fille ne lui étaient pas du tout revenus. C’était assez compliqué à expliquer mais elle avait l’impression de tomber face à un véritable gouffre lorsqu’elle cherchait des réponses et elle préférait éviter de se jeter dedans pour le moment. Ce serait probablement nécessaire un jour mais en tout cas, Ai préférait repousser cette échéance le plus possible tant qu’elle le pouvait.

Finalement, la porte s’ouvrit et découvra non seulement l’infirmière mais aussi Haruhiro qui avait probablement tout fait pour être là à la seconde où il serait autorisé à venir chercher Ai. Ai se leva d’un bond et sourit en regardant le jeune homme qui venait d’entrer dans la chambre. Se mettant bien droite, elle prit un air faussement sérieux et redressa la tête.

-« Ai Etsu ! Droite sur ses jambes et prête à rentrer chez elle ! » dit-elle en imitant assez mal le ton d’un militaire saluant un supérieur.

Reprenant une posture normale, Ai attrapa ses gants et son manteau, qu’elle enfila avant d’attraper la poignée de sa valise roulante avec sa main gauche.
-« Valise prête, je pense n’avoir rien oublié, on peut y aller. » dit-elle, toujours aussi souriante.

Le voyage jusqu’à la sortie fut agrémenté de tout un tas de conseils et de directives de l’infirmière qui indiqua à Ai les choses qu’elle devait faire, celles qu’elle ne devait pas faire, ce qu’elle devait et ne devait pas manger. Quelqu’un d’autre aurait pu trouver ça embêtant ou intrusif mais Ai comprenait que l’infirmière s’inquiétait réellement pour elle et qu’elle cherchait à l’aider. C’était toujours la même femme qui s’était occupée de Ai depuis le tout début et, si Haru avait été là à chaque moment où les visites étaient autorisées, cette infirmière avait été là pratiquement tout le reste du temps et un lien particulier s’était formé entre les deux jeunes femmes.

Arrivant finalement à la porte de sortie, Ai se retourna vers l’infirmière et toutes les deux se regardèrent en silence. Aucune d’entre elles n’osait prendre la parole. Finalement, c’est Ai qui s’approcha de l’autre femme qui vint la serrer dans ses bras, fondant toutes les deux en larmes à l’idée de se quitter alors même que rien ne les empêchait de se revoir.

-« M… Merci pour tout… Je reviendrai vous voir souvent… » balbutia Ai tout en reniflant.

-« Prends soin de toi. » répondit-elle simplement.

Finalement, au bout de plusieurs dizaines de secondes, elle se lâchèrent et Ai se tourna vers le garçon qui l’attendait, essuyant ses yeux avant de faire un léger sourire.

-« On y va ? »

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Haruhiro Wilkowski

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MessageSujet: Re: Retrouvailles éprouvantes [PV Haruhiro]   Jeu 31 Mai - 17:13

Depuis qu’il s’était levé, Haruhiro n’avait pas arrêté de courir dans tous les sens, s’activant dans tous les recoins de l’appartement. Le grand jour était enfin arrivé, Ai allait rentrer. Alors pour son retour, il fallait que tout soit parfait, meubles cirés, sol lavé, tapis et coussins dépoussiérés, vaisselle faite, placards et chambres rangées et fenêtres impeccables.

Deux gants en caoutchouc roses enveloppant ses mains, Haruhiro s’essuya le front d’un revers du bras droit, admirant le fruit de son travail acharné.

« Pfew, heureusement que j’ai pensé à faire les courses hier, j’aurais jamais eu le temps là… Allez, c’est quasiment l’heure. »

Une douche et un trajet à la fois stressant et excitant plus tard, Haruhiro arrivait à l’hôpital. Sa respiration un peu trop rapide indiquait qu’il avait couru, après avoir manqué se mettre en retard pour une bête hésitation entre deux t-shirts.

Il faisait beau encore une fois ce jour là et la luminosité du soleil confortait Haruhiro dans l’idée que tout allait bien se passer. Il avait soigneusement choisi quoi acheter la veille, ne sélectionnant que les choses qu’aimait Ai et prenant très au sérieux les conseils des infirmières.

-« Ai Etsu ! Droite sur ses jambes et prête à rentrer chez elle ! », l’accueillit une Ai visiblement bien motivée pour sa mission du jour.

« Repos soldat ! » s’esclaffa Haruhiro en entrant dans la pièce, tout sourire. Voir la jeune fille ainsi lui réchauffa le cœur, bien habillée et bien coiffée, avec son sourire et son regard pétillant Ai semblait radieuse. Sa bonne humeur avait d’ailleurs le don de contaminer l’adolescent, faisant s’évanouir les quelques doutes qui le dérangeaient encore.

-« Valise prête, je pense n’avoir rien oublié, on peut y aller. »

Une fois dans le couloir, Haruhiro déchargea Ai de sa valise, restant un peu derrière elle pendant que l’infirmière prodiguait à l’adolescente conseils et avertissements, les mêmes qu’il avait pris le temps d’écouter la veille.

Une fois devant la porte, il sortit le premier et fit quelques mètres dehors avant de s’arrêter, laissant Ai et l’infirmière entre elles un petit moment. Haruhiro inspira un bon coup d’air frais, le sourire aux lèvres. Il ressentait une vraie joie à l’intérieur, tout ce qu’il avait fait avait porté ses fruits petit à petit et maintenant Ai franchissait un grand pas pour lequel il nourrissait de grands espoirs. Revenir chez eux pourrait avoir de nombreux effets, aussi bien positifs que négatifs mais il avait confiance. Petit à petit, il rongerait les ténèbres qui enveloppaient Ai, pour finalement la délivrer.

-« On y va ? », demanda-t-elle d’une petite voix, des larmes perlant encore aux coins de ses yeux.

« Oui. On rentre à la maison, Ai. » sourit-il à son tour, avant de tendre un mouchoir à la jeune fille. L’adolescent adressa un signe de la main à l’infirmière avant de se retourner, espérant malgré tout ne plus jamais avoir à passer de nouveau par les portes de cet hôpital.

Après toutes ces visites, Haruhiro avait connu des joies et des peines mais à chaque fois qu’il traversait les portes principales, il ressentait un pincement au cœur. Jamais il ne pourrait oublier la réaction d’Ai lorsqu’il était venu la voir la première fois et même si la situation s’était nettement améliorée depuis, ce moment resterait à jamais ancré dans sa mémoire. C’est pourquoi à défaut de pouvoir l’oublier, il préférait l’enterrer profondément dans son esprit et penser à ce qu’il devait faire maintenant. Il n’avait pas encore atteint son but mais là commençait un autre chapitre de l’histoire.

Il fallut une petite demi-heure de transports aux deux adolescents pour arriver devant l’imposant immeuble dans lequel se trouvait l’appartement. Haruhiro avait fait tout particulièrement attention à Ai sur le trajet, veillant à ce qu’elle ne soit pas prise d’une soudaine crise de panique ou d’un coup de fatigue. Chaque détail comptait, et même si son comportement surprotecteur le surprit lui-même, le jeune homme ne put s’empêcher de s’auto-féliciter mentalement une fois dehors.

« C’est là, tu vas voir c’est énoooorme ! »

Tout comme l’avait fait Ai le premier jour de leur rencontre (et bien des fois ensuite jusqu’à ce qu’il mémorise enfin le code d’entrée), Haruhiro tapa la série de chiffres sur le panneau électrique qui permettait de déverrouiller la porte d’entrée. Ceci fait, il la maintint ouverte en se décalant sur le côté, laissant la jeune fille rentrer la première.

A partir de là, chaque réaction de l’adolescente allait compter comme une information capitale. Revoir le hall d’entrée et l’ascenseur n’étaient que la première étape mais on ne savait jamais ce que ça pourrait provoquer chez elle. Après avoir appelé l’ascenseur, le jeune homme ouvrit la porte en verre et fit signe à Ai d’entrer avant lui, puis appuya sur le bouton affichant « 26 ».

« On est au vingt-sixième étage, l’ascenseur est sympa mais… t’as pas le vertige au moins ? »

Après quelques minutes supplémentaires, le duo arriva enfin devant l’épaisse porte de l’appartement. Haruhiro déglutit en entrant la clé dans la première serrure. C’était peut-être là que tout allait se jouer, l’appartement où avait vécu Ai pendant des années devrait avoir un effet sur ses souvenirs, probablement. En un sens, il avait l’impression de reproduire la scène de l’après-midi qui avait suivit leur première rencontre en ayant inversé les rôles. A ce moment là c’était elle qui l’avait emmené ici et lui qui restait derrière, à regarder autour de lui avec émerveillement.

Les bruits de déverrouillage des deux autres serrures se firent entendre avant que Haruhiro ne pose sa main sur la poignée, se tournant vers Ai avec un sourire.

« Prête ? L'intérieur est génial, et t’as une super grande fenêtre rien que pour toi dans le salon ! »
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Ai Etsu

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MessageSujet: Re: Retrouvailles éprouvantes [PV Haruhiro]   Jeu 7 Juin - 14:13

Ai fit un dernier signe à la gentille infirmière qui s’était tant occupée d’elle pendant ces longues semaines entre son arrivée et son départ. Il y avait eu tant de chemin de parcourut et la jeune fille allait enfin pouvoir rentrer « chez elle ». Souriant à Haru après avoir séché ses larmes, Ai vint prendre la main du garçon et tous deux s’éloignèrent du grand bâtiment médical, seul endroit que la fille amnésique connaissait au final. C’était effrayant mais aussi excitant et Ai savait que rien de mal ne pouvait arriver tant qu’elle était avec le garçon, celui qui l’avait tellement aidée et protégée. De simple inconnu il était devenu sa boussole, son seul repère dans ce monde duquel elle ignorait tout.

Le trajet se passa en silence, Ai était trop concentrée sur tout ce qui l’entourait, découvrant les beaux paysages de la cité scolaire. Tout était si lumineux et baigné de soleil malgré la période de l’année. Il y avait des gens partout, des magasins, des restaurants et Ai espérait qu’elle pourrait aller dans chacun des lieux qu’elle voyait sur le chemin. Ils prirent une espèce de train sur des rails surélevées ce que la jeune fille trouva très marrant, toujours guidée par le garçon à qui elle n’avait toujours pas lâché la main.

Une demi-heure après leur départ, ils arrivèrent finalement sur place et Haru s’arrêta pour se tourner vers la façade d’un grand immeuble absolument magnifique. Tout s’était bien passé et Ai sembla émerveillée par ce qu’elle voyait, observant l’édifice de bas en haut, soufflant un « Whoaaaa » tout en voyant l’endroit où elle allait vivre désormais.

« C’est là, tu vas voir c’est énoooorme ! »

Ai tourna son regard vers le garçon et fit un léger signe de tête pour lui dire qu’elle était prêt à entrer. Les deux jeunes gens s’approchèrent de la porte et Haruhiro saisit un code sur le panneau placé à côté de la porte avant qu’un bruit de mécanisme et bip continu ne leur indique que la porte était ouverte. Les sol avec les tapis, les murs, les escaliers et même l’ascenseur en verre étaient absolument magnifiques et témoignaient de la richesse de ceux qui habitaient l’endroit.

Une fois dans l’ascenseur, Ai lacha enfin la main de Haru pour placer ses deux paumes sur une des parois vitrées, regardant les étages défiler devant eux. C’était vraiment incroyable et elle avait du mal à se dire qu’elle verrait ça tous les jours, chaque fois qu’elle entrerait et sortirait de chez elle.

« On est au vingt-sixième étage, l’ascenseur est sympa mais… t’as pas le vertige au moins ? »

-« 26 ?! Ouaaaah ça doit être super haut ! Et nan je crois pas que j’ai le vertige, ça va. » dit Ai en se retournant vers le garçon.

L’ascenseur s’immobilisa doucement et une petite voix annonça « 26 ème étage, bienvenue » avant que la porte ne s’ouvre pour laisser les deux jeunes gens sortir. Ai suivit Haru dans le couloir et tous deux s’immobilisèrent devant une grosse porte qui semblait vraiment lourde. Même la porte était impressionnante aux yeux de la jeune fille et elle observa attentivement celui qui l’avait accompagnée jusqu’ici déverrouiller les diverses serrures avant de pousser la porte pour entrer. Ce dernier se tourna vers elle avec un large sourire.

« Prête ? L'intérieur est génial, et t’as une super grande fenêtre rien que pour toi dans le salon ! »

Et il ouvrit l’appartement. La première chose que Ai remarqua c’était que la pièce dans laquelle ils allaient entrer était très lumineuse. Abandonnant son sourire, Ai entra doucement dans le salon, regardant à gauche pour voir la cuisine derrière un bar qui lui arrivait à mi-hauteur. Il y avait un grand frigo couleur métal et tout un tas de plans de travail sur lesquels étaient disposés tout ce qu’il fallait pour cuisiner absolument n’importe quoi et, elle le devinait assez facilement, il devait y en avoir encore plus dans les placards au-dessus et en dessous.

Sur la droite se trouvait directement le salon. Il y avait une très grande télé contre le mur le plus proche face à laquelle se trouvait une table basse et un grand canapé et, en lieu et place du mur du fond, il y avait une immense fenêtre qui montrait une vue splendide de la cité scolaire. On pouvait voir jusqu’à l’horizon, peut de bâtiments étant assez grands pour dépasser la hauteur de l’appartement et Ai comprit que c’était pour ça qu’elle avait choisi ce lieu pour s’installer il y a bien longtemps.

Ai retira ses chaussures et son manteau et vint les ranger dans le placard qui se situait tout de suite à gauche en entrant, juste avant la cuisine, de façon machinale et sans réfléchir, puis elle avança dans l’appartement en regardant tout autour d’elle, la bouche entrouverte et concentrée sur le moindre détail qu’elle pouvait voir. Un fois le salon dépassé, les murs se resserraient pour donner un couloir où des portes pouvaient être vues de part et d’autre.

-« C’est… c’est super. Tu me montres ma chambre maintenant ? Et la tienne ? » demanda-t-elle d’un ton enthousiaste.

Le garçon lui montra donc la salle de bain d’abord, première porte visible puis sa chambre et enfin ils finirent par arriver dans la chambre de la jeune fille. Ai joignit ses mains sur sa poitrine tout en entrant tout doucement dans sa chambre, se demandant ce qu’elle allait y trouver.

Il y avait au fond de la pièce une bibliothèque remplie de divers livres surmontée d’une étagère qui courait sous le plafond sur toute la longueur et sur laquelle étaient disposées des encyclopédies. Sur la gauche se trouvait son lit, impeccablement fait à côté duquel se trouvait une petite lampe de chevet posée sur une table. Et à droite, face au lit, se trouvait un grand bureau.

Tout était impeccablement rangé et propre, à l’exception du bureau sur lequel se trouvaient encore un cahier, des livres de cours et tout un tas de fournitures. Il y avait même un surligneur posé sur une feuille et qui semblait s’être arrêté au milieu d’une ligne pour rester là, totalement desséché tandis que son bouchon reposer juste à côté de lui. Ai avança doucement vers le bureau et reboucha doucement le surligneur avant d’attraper une feuille pour constater qu’elle ne comprenait pas du tout son contenu, probablement des cours qu’elle avait totalement oubliés depuis.

Reposant finalement la feuille, Ai regarda le garçon avec un léger sourire ému.
-« Je crois… Je crois que je suis contente d’être rentrée chez moi. Ça m’avait… manqué je dirais. Et puis comme ça tu seras juste en face, je pourrai venir t’embêter tout le temps dès que je le voudrai. »

Puis ils allèrent tous deux s’installer dans le canapé, Ai prenant la place proche de la vitre pour profiter du paysage tandis que Haru leur apportait de quoi boire. Elle était à sa place ici, elle ne savait pas pourquoi mais elle en était sure.

Soudain Ai sembla troublée. Réfléchissant un instant, elle fronça légèrement les sourcils et se tourna vers son colocataire, l’air d’avoir une question importante.

-« Dis Haru… Du coup on vivait ensemble et tout… Est-ce qu’on… était en couple tous les deux ? »

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Retrouvailles éprouvantes [PV Haruhiro]
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